Les Livres d'Aline

02 décembre 2018

Sansonnets aux sirènes s'arriment, Pierre Thiry

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Sansonnets aux sirènes s'arriment, Pierre Thiry

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Edition : Books on Demand

Nombre de pages : 132

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

Tu cours, tu n'as pas le temps, tout va de travers... Cher.e ami.e prends ton temps et ne prends pas la fuite ! Viens flâner par ici, ce bouquin prend la suite Du précédent "Sansonnets un cygne à l'envers." Ici les sansonnets aux sirènes s'arriment... Pour s'élancer vers de nouvelles aventures, Se balancer vers d'inédites ouvertures, Là où ces cent sonnets oscillent, règne la rime... "

 

Mon avis

Quand j'ai reçu ce nouvel ouvrage de Pierre Thiry, la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que le morceau de bois sur la couverture ressemblait à une pieuvre se reposant sur le sable.

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J'ai donc été très agréablement surprise de par le sonnet n°11 (qui parle de pieuvre) et le sonnet n°12 (intitulé "Pieuvre traqueuse") : j'avais apparemment vu juste.

Ces Cent sonnets sont en réalité la suite des premiers sonnets de Pierre Thiry, Sansonnets, un cygne à l'envers, mais ces deux ouvrages peuvent se lire de façon tout à fait indépendante

Ici, la mythologie antique, l'art sous toutes ses formes (littérature, opéra) et même le sport sont à l'honneur. Pierre Thiry mélange les influences et nous donne envie de tout découvrir, de tout lire, de tout goûter, de tout expérimenter.

Ces sonnets font bien plus que jouer avec le langage : ils stimulent nos cinq sens et l'on se sent emporté ailleurs, là où l'auteur veut nous emmener. Et tout cela rien qu'en utilisant les mots et la langue... C'est magique, non ? Ou peut-être est-ce juste normal ? Car comme Pierre Thiry le dit lui-même dans sa postface :

" Une immense partie de notre vie se déroule dans et par la langue, par ses bonheurs et par ses pièges, par ses clartés et ses obscurités, par ses ambiguïtés ou son humour, dans le bruit ou le silence. "

Ces sonnets reflètent bien cela car, dans chacun d'entre eux, l'auteur joue avec la langue et les sons (Ovide devenant "O" vide dans le sonnet n°3). Certains sonnets gagnent d'ailleurs à être lus à haute voix : on prend alors toute la mesure du talent qu'il faut pour écrire de tels merveilles, qui (san)sonnent aussi bien à l'oreille et donnent une impression tellement musicale qu'on a l'impression de se trouver face à une partition ! Moi qui ne lit jamais à haute voix, j'ai pourtant plusieurs fois répété divers sonnets Mes préférés à lire "tout haut" sont les n°4, 14 et 25.

L'auteur l'affirme : ces sonnets sont une "invitation à l'écriture". Pari gagné pour M. Thiry, qui, avec ce second volume de sonnets, nous donne envie de nous inspirer d'un mot, d'une sensation ou d'une image et de les transformer en ode au langage !

 

Un grand merci à Pierre Thiry pour ce merveilleux ouvrage !

 

Pour découvrir ce recueil de sonnets, c'est par ici.

Pour connaître toute l'actu de Pierre Thiry, c'est par là.

 

Infos utiles

Pierre Thiry anime des ateliers d'écriture. Un jour, quand j'aurai à nouveau des vacances dignes de ce nom, je m'y inscrirai (dans 10 ans, en fait...). En attendant, si vous êtes plus libres que moi, n'hésitez pas à y participer (ça doit valoir le détour) et à me raconter comment ça se passe ! Toutes les infos utiles sont disponibles en cliquant sur ce lien.

Enfin, Pierre Thiry sera présent au Salon Livre Paris, en mars 2019. 

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20 octobre 2018

The Nix, Nathan Hill

The Nix

The Nix, Nathan Hill

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Titre français : Les fantômes du vieux pays

Edition : Knopf

Nombre de pages : 640

 

 

 

Résumé

Chicago, 2011. Samuel Andresen-Anderson, professeur d'université et écrivain raté n'a plus eu de nouvelles de sa mère, Faye. Celle-ci a quitté le domicile conjugal alors que Samuel n'était encore qu'un enfant et n'a plus donné signe de vie depuis.

Mais un beau jour, Samuel entend parler de sa mère... à la télévision. Faye a agressé un politicien en campagne et a été arrêtée. 

Samuel est alors contacté par l'avocat de sa mère, qui souhaite que le jeune homme écrive une lettre au juge chargé du dossier de Faye. Simultanément, l'éditeur de Samuel lui signale que le contrat pour le roman qu'il n'a jamais écrit arrive à sa fin et qu'il devra rembourser les avances financières qui lui ont été faites, à moins qu'il n'accepte d'écrire un livre assez scandaleux sur sa mère, qui fait la une de tous les journaux. 

Samuel hésite : après tout, que sait-il de cette femme qui, même avant qu'elle ne quitte la maison, ne s'est jamais vraiment livrée à personne ? Serait-ce si grave d'écrire un livre dans lequel il la fait passer pour un monstre qui a abandonné son enfant ?

Avant de prendre sa décision, le jeune homme décide d'en apprendre plus sur sa mère et se lance à la recherche de personnes l'ayant connue alors qu'elle étudiait à l'université de Chicago. Petit à petit, alors qu'il découvre certaines choses sur Faye, Samuel va également en apprendre plus sur lui-même.

 

Mon avis

The Nix m'a tout d'abord attirée car c'est un roman recommandé par John Irving, un auteur que j'apprécie particulièrement. Et je compte bien suivre toutes les recommandations de Mr Irving à l'avenir, car j'ai vraiment adoré cette lecture.

Nous y faisons donc connaissance avec Samuel Andresen-Anderson qui, en plus d'être un écrivain (un peu raté) devenu professeur d'université est un adepte des jeux vidéos en ligne. Cette addiction, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste de l'histoire est tout de même amusante et permet de faire connaissance avec des personnages secondaires intéressants et très humoristiques.

Samuel a été très marqué par un événement ayant eu lieu dans son enfance : sa mère, Faye, a quitté le domicile conjugal lorsqu'il avait 10 ans.

Au début du roman, j'avoue avoir eu du mal avec le personnage de Faye. Puisque les premières pages de l'histoire sont surtout centrées sur l'histoire de Samuel, et sur le mal-être qu'il a développé suite au départ de sa mère, on a tendance à rapidement juger Faye comme étant une "mauvaise mère".

Mais certains événements vont lancer Samuel sur les traces du passé de sa mère et nous permettre d'en apprendre plus sur la jeunesse de Faye. Les détails sur sa vie chez ses parents et sur sa scolarité dans un petit lycée du Midwest, prouvent à quel point être une jeune fille dans les années 60 était compliqué. Cette jeunesse dans une société qui ne permettait pas encore aux femmes de s'affirmer hors du mariage et de la maternité a, bien entendu, eu des conséquences sur le caractère de Faye. Et grandir avec un père plus que taciturne n'a pas non plus aidé cette jeune fille timide et perfectionniste à s'affirmer.

Faye, a donc vu son admission à l'université comme une chance de prendre ses distances avec une vie assez étouffante, mais son cursus ne va pas se dérouler comme prévu...

Au fil des pages, donc, on comprend mieux les motivations de cette jeune femme qui a quitté son mari et son fils pour tenter de se trouver elle-mêmeEt Samuel finit par comprendre à quel point cette quête était essentielle pour Faye et par se rendre compte à quel point il ressemble à sa mère. 

J'ai particulièrement apprécié la fin du roman. Tout n'est pas bien qui finit bien et on est loin du conte de fées, puisque les personnages de Nathan Hill sont profondément humains : ils ont donc, comme nous tous, des défauts et des faiblesses et leur vie n'est pas parfaite. Mais chacun semble avoir envie d'avancer et de s'ouvrir aux autres. Une belle leçon d'optimisme !

29 septembre 2018

April, May & June, Robin Benway

April, May, June

April, May & June, Robin Benway

Titre original : The Extraordinary Secrets of April, May & June

Edition : Nathan

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Trois soeurs
Trois secrets
Trois pouvoirs

C'est arrivé le lendemain de la rentrée.
Alors que la journée s'annonce tout à fait ordinaire, April découvre qu'elle peut prédire l'avenir. Le même jour, sa soeur May connaît un soudain accès d'invisibilité, qui semble se déclencher à la moindre émotion. Et enfin June, leur benjamine, parvient à lire dans les pensées de tous ceux qui l'entourent! Génial, non ?
Eh bien non. Prévoir les catastrophes sans pouvoir les éviter, draguer un mec avec un corps qui disparaît à moitié et connaître les pensées pas toujours reluisantes de ses copines, voilà qui vous décourage d'avoir des superpouvoirs !
Et si le véritable pouvoir de ces trois soeurs-là était le lien qui les unit ? "

 

Mon avis

Entre deux lectures très sérieuses, j'avais envie de quelque chose de plus léger.

J'ai commencé ce roman sans grande conviction, en me disant que j'allais sans doute retomber dans l'intrigue habituelle des romans pour jeunes adultes = le triangle amoureux ou l'amour impossible entre deux ados que tout sépare... 

Je me suis donc dit que si l'histoire ne me plaisait pas, je m'arrêterais à la page 50. Et au final, j'ai dévoré ce roman en une soirée et quelques heures. Comme quoi, on a parfois des préjugés sur les romans et, bien souvent, ils tombent à l'eau.

On est en effet bien loin des clichés habituels. Certes, les trois soeurs s'intéressent aux garçons, mais comme toute ado normalement constituée (et pas comme ces nombreuses héroïnes de roman qui hésitent entre deux garçons et - comme par hasard - choisissent toujours le mauvais numéro). Et, surtout, tout ne tourne pas autour de leurs histoires d'amour : on est plutôt plongés dans une histoire de famille assez sympa, avec quelques éléments fantastiques. Car les trois soeurs ont des super-pouvoirs et ne savent pas trop quoi en faire, ce qui donne des passages assez sympathiques où nos héroïnes frôlent le désastre.

Et on retrouve aussi les petits problèmes des ados que nous avons été à travers les trois filles : June, qui tente de se fondre dans la masse et d'être appréciée de tous ; May, qui tente une autre approche et tente de jouer à la dure qui n'a besoin de personne (plutôt mourir qu'avouer qu'elle se sent seule) et enfin April, la bonne élève qui a intérêt à maintenir sa moyenne si elle veut entrer dans une bonne fac. 

June m'a parfois agacée, mais c'est surtout parce qu'elle est jeune et écervelée, et ne se rend pas vraiment compte des mauvais choix qu'elle fait. Mais April et May ont été très amusantes à suivre.

Le suspense n'est pas insoutenable, mais l'auteure parvient quand même à retenir notre attention, parce que le roman est bien écrit et amusant (notamment les passages consacrés à May, puisqu'elle a beaucoup d'humour).

Bref, mon moment de détente était réussi cette fois !

14 août 2018

Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

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Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

Titre original : Beyond the Blonde

Edition : J'ai lu

Nombre de pages : 314

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Bienvenue chez Jean-Luc, dans un monde où la coiffure est un art! Faites entrer les artistes, qu'ils prennent place sur scène! Le bruit des ciseaux et des potins rythme le spectacle. Colorations, mèches et balayages ajoutent de la couleur au décor. Tandis que toutes ces mains s'affairent pour faire des mannequins, des actrices et des rédactrices branchées de véritables gravures de mode, mensonges et trahisons font également partie du scénario... "

 

Mon avis

Ce roman de chick-lit est tout simplement étonnant.

Pour une fois, l'héroïne ne provient pas d'un milieu privilégié, bien au contraire. 
Georgia est née dans une petite ville des Etats-Unis. Élevée par une mère célibataire qui tenait un petit salon de coiffure, la jeune fille n'a qu'un rêve : devenir un jour coloriste.

A force de travail, Georgia est engagée chez "Jean-Luc", un salon chic de New York. le travail est difficile, les collègues et les clientes ne sont pas toujours sympas... Mais, heureusement, les personnages ne sont pas (tous) totalement superficiels : nombre d'entre eux, en plus de Georgia, ont les pieds sur terre et apportent donc un petit quelque chose en plus à ce roman qui, sans cela, serait une simple comédie.

Seul bémol à cette histoire très sympa : la fin très précipitée. En une cinquantaine de pages, l'auteur nous règle les problèmes de ses personnages principaux comme par magie. Franchement, j'aurais préféré lire une bonne centaine de plus et garder le rythme adopté tout au long du roman, plutôt que de finir sur ce dénouement qui semble bâclé.

A part cela, c'était une excellente lecture, avec des personnages attachants et une histoire crédible. Une belle découverte !

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25 juillet 2018

L'essence des ténèbres, Thomas Clearlake

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L'essence des ténèbres, Thomas Clearlake

Edition : Moonlight

 

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d'enfants inexpliquées. Cinq au total, en l'espace de quatre mois. Bien qu'aucun indice formel n'ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu'il s'agit d'enlèvements. Le FBI est chargé du dossier. L'agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter. Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d'agents, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s'être emparé des forêts alentour de la ville... et ce n'est que le début de son enquête. "

 

Mon avis

L'essence des ténèbres est un excellent roman, qui mêle différents genres littéraires et permet également de réfléchir sur certaines problématiques très actuelles.

Tout commence par des disparitions d'enfants dans un village calme et reculé de Pennsylvanie. St Mary's n'a pas l'habitude de connaître de tels événements, aussi le FBI y dépêche-t-il l'un de ses meilleurs agents, Eliott Cooper.

Dès son arrivée dans les forêts qui entourent le village, celui-ci se rend compte que quelque chose d'anormal s'y déroule. Un calme étrange semble flotter sur la région : aucun bruit ne s'y fait entendre et les animaux sauvages semblent avoir déserté les lieux. De plus, l'agent Cooper trouve, au milieu des bois, une étrange construction : des mégalithes en matériau inconnu et extrêmement résistant.

Après des investigations plus poussées, Eliott Cooper se retrouve plongé dans une sorte de rituel de sorcellerie dont il ne sortira pas tout à fait indemne...

L'essence des ténèbres m'a beaucoup plu, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, si vous me connaissez un peu, vous savez que j'adore les thrillers, les polars, la SF et la fantasy. Et, avec cette lecture, je me suis retrouvée plongée dans un mélange de ces différents genres qui, en outre, fonctionne particulièrement bien.

Mais en plus d'être un bon divertissement, ce roman permet de réfléchir à des problématiques plus sérieuses qui sous-tendent l'intrigue mise en place par Thomas Clearlake.

[Attention, risque de quelques spoilers - très légers - dans la suite de ce commentaire]

Ainsi, le conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord résonne-t-il étrangement... Tout comme la troisième guerre mondiale dont il est à l'origine et qui, avec ses déportations de masse à l'aide de wagons menant les victimes aux extracteurs, rappelle douloureusement les convois partant pour Auschwitz et ses fours crématoires...

De plus, l'effondrement économique global provoqué par les Hominum primus permet de réaliser à quel point nos sociétés sont devenues dépendantes de la technologie et des flux monétaires. En effet, dans le roman, il suffit aux têtes pensantes des Hominum primus d'orchestrer un effondrement des bourses des principales villes du monde et de propager un virus sur le Web pour que même un petit village reculé comme St Mary's finisse plongé dans le chaos et l'anarchie la plus totale... 

Si le scénario imaginé par Thomas Clearlake se réalisait vraiment (non par le biais d'Hominum primus mais par des moyens disons plus terre-à-terre), comment nos économies modernes s'adapteraient-elles ? En lisant la description du cataclysme qui suit cet effondrement économique, on ne peut s'empêcher de se poser la question.

Autre point fort du roman : les personnages principaux, Lauren et Eliott.

Ce dernier, malgré les soucis (euphémisme obligatoire pour ne pas gâcher le suspense) auxquels il est confronté, reste fort et lucide. Et cette force de caractère de l'agent spécial renforce encore le suspense du roman car, comme l'explique Lauren à un moment du récit, la manière qu'a Eliott d'analyser sa situation - froide et réaliste - est assez effrayante et amène à se demander s'il s'en sortira ou non (lui-même semblant d'ailleurs peu convaincu de sa guérison). Est-il assez fort pour se défendre face aux assauts d'Hominum primus ? Ou cette force le perdra-t-il une fois que les créatures auront réussi à en prendre le contrôle et à la retourner contre lui-même ? Mystère... au moins jusqu'à la fin du récit.

Lauren, quant à elle, est une héroïne très intéressante, indépendante et optimiste, qui ne se laisse pas facilement abattre et garde la tête froide, y compris dans les situations les plus désespérées.

Avec ce tandem de choc, le roman ne connaît aucun temps mort et nous entraîne de Pennsylvanie jusqu'en Sibérie.

Qu'attendez-vous pour faire le voyage à leurs côtés et découvrir ce récit ?

 

Un grand merci aux Editions Moonlight pour cette belle découverte !

Pour découvrir ce roman, c'est par ici


21 juillet 2018

Première lumière, Paul-François Husson

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Première lumière, Paul-François Husson

Edition : Independently published

Nombre de pages : 218

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Tout le monde a peur du noir. Pas Mattieu, aveugle depuis l’accident qui a coûté la vie à sa mère. L’été de ses douze ans, une greffe de cornée lui donne l’espoir de revoir un jour. Son bonheur s’altère quand il commence à être tourmenté par une présence que lui seul perçoit. Personne ne prend au sérieux ses histoires “d’Invisible” et l’enfant s'isole dans son angoisse. Pourtant les attaques se multiplient, bien réelles. Les vacances familiales basculent dans un cauchemar, une traque dont le petit aveugle est la proie… Une page Facebook Livenovel est dédiée à toutes les critiques de lecteurs : https://www.facebook.com/PaulF.Husson/ "

 

Mon avis

J'ai enfin pris le temps de découvrir cet excellent suspense et j'en suis ressortie époustouflée. Paul-François Husson est décidément doué pour donner la chair de poule à ses lecteurs !

Tout au long de ce roman court mais très prenant, j'ai douté. On sent quelqu'un ou quelque chose en veut à Mathieu, le jeune garçon malvoyant qui vient de subir une greffe de cornée, mais on ne parvient pas à déterminer de qui ou de quoi il s'agit. On en vient vraiment à soupçonner tout le monde : le coupable est-il Julien, le père légèrement irresponsable de Mathieu ; Isabelle, la soeur de Mathieu, qui prend soin de lui mais oublie parfois son handicap ; Alice, la belle-mère chirurgien qui cache de nombreuses blessures ou encore Eugène et Françoise, ce couple mal assorti ? Mystère... Et il faut attendre la toute fin du roman pour le savoir, car il est impossible de deviner qui rôde autour du jeune garçon, tant l'intrigue est bien construite.

Un autre bon point réside dans le réalisme avec lequel l'auteur décrit le handicap de son jeune héros. Loin de tomber dans le mélodrame, Paul-François Husson raconte la cécité de Mathieu de façon très neutre : c'est un fait parmi d'autres dans la vie de ce garçon, mais ça ne l'empêche pas de vivre relativement normalement (même si l'intrigue tourne un peu autour de ce handicap). Mathieu est même, pour certaines choses, bien plus malin que son père ou sa soeur, qui voient pourtant parfaitement. J'ai particulièrement apprécié ce côté réaliste car, ayant des amis malvoyants, je sais qu'ils sont bien plus autonomes qu'on ne l'imagine et qu'ils n'ont pas toujours besoin des voyants pour se repérer dans l'espace ou pour pouvoir cerner la personnalité de leurs interlocuteurs. En cela, Mathieu est un bon représentant des personnes malvoyantes : ses autres sens sont tellement aiguisés qu'ils compensent l'absence de vision et qu'ils rendent ce garçon beaucoup plus réceptif aux changements d'atmosphère des lieux dans lesquels il se trouve ou aux sautes d'humeur des personnes qui l'entourent. Ce jeune héros est donc très sympathique et l'on se prend très vite d'affection pour lui.

Lancez-vous dans ce roman sans hésiter ! C'est une parfaite lecture de vacances. Mais préparez-vous à quelques nuits blanches, car il est impossible à refermer...

 

Un grand merci à Paul-François Husson pour cette histoire passionnante !

 

Pour découvrir ce roman, c'est par ici.

 

30 juin 2018

The Hotel New Hampshire, John Irving

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The Hotel New Hampshire, John Irving

Titre français : L'hôtel New Hampshire

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Edition : Black Swan

Nombre de pages : 520

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Ils auraient pu mener une vie tranquille. Mais comment vivre comme tout le monde quand on a Winslow Berry pour père ? Quand on passe sa vie à courir d’hôtel en hôtel, de Vienne à New York, armé d’un ours et du petit Freud pour tout bagage ? Dans le regard de John, l’un des cinq enfants, les aventures de la famille Berry, prennent des airs de conte de fée loufoque… "

 

Mon avis

Je dois être dans une période monomaniaque mais, en ce moment, j'ai bien envie de sortir tous les romans de John Irving que je possède et de les lire l'un à la suite de l'autre. 

Une fois terminé L'oeuvre de Dieu, la part du diable, je me suis donc lancée dans la lecture de L'Hôtel New Hampshire. Et au début, j'ai eu un peu de mal à m'habituer à celui-ci car, même si l'humour de John Irving fait toujours merveille, certains passages m'ont semblé plus sombres et plus mélancoliques.

La famille Berry, qui sont tous de grands excentriques, est amusante à découvrir. Chaque membre de la famille a ses propres manies, et chacun est un peu bizarre. D'ailleurs, le narrateur (qui s'appelle John, tiens, tiens) le remarque lui-même lorsque sa famille a des invités : le contraste entre ces derniers et sa famille lui semble alors immense.

Mais, très vite, l'amusement cède la place au drame. En plus d'être bizarre, chacun sera aussi blessé par la vie. La famille traverse, en effet, plusieurs drames, et les particularités du caractère de Win Berry n'aident pas spécialement ses enfants à faire face aux difficultés en question : les enfants Berry sont souvent livrés à eux-mêmes. Mais malgré cela, ils restent non seulement très soudés, mais aussi très attachés à leur père.

Tout cela donne un roman assez mélancolique et nostalgique, qui pourrait sembler sombre au premier abord, mais la plume de John Irving fait des merveilles et, juste au moment où les choses semblent désespérées, l'auteur parvient à nous faire rire grâce à quelques petites anecdotes glissées ici ou là.

09 juin 2018

The Cider House Rules, John Irving

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The Cider House Rules, John Irving

Titre français : L'oeuvre de Dieu, la part du diable

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Edition : Black Swan

Nombre de pages : 731

 

 

 

Résumé

Wilbur Larch dirige un orphelinat perdu dans une petite bourgade du Maine. Mais le fait que l'institution soit isolée arrange plutôt bien le Docteur Larch, qui s'y livre à des avortements, opérations interdites au début du XXe siècle.

Larch, qui se fait vieux, s'inquiète pour l'avenir de sa clinique. Mais, heureusement pour lui, Homer, un jeune orphelin, semble inadoptable. Larch décide donc d'apprendre à Homer tout ce qu'il sait : non seulement l'oeuvre de Dieu (l'accueil des orphelins), mais aussi la part du diable (les avortements).

 

Mon avis

John Irving fait partie de mes valeurs sûres, de ces auteurs vers lesquels je me tourne quand je ne sais plus quoi lire. Parce que je sais qu'il ne me décevra jamais (Stephen KingP.G. Wodehouse et J.R.R. Tolkien - entre autres - font partie du même "groupe" --> ai-je un faible pour les plumes masculines ?)

Après avoir lu A Little Life d'Hanya Yanagihara, je me suis trouvée désemparée lors du choix de ma lecture suivante. Et donc, tout naturellement, je me suis tournée vers un roman d'Irving. J'avais envie de lire celui-ci depuis des années, donc ça tombait plutôt bien.
Et j'ai bien choisi car, bien qu'assez long, ce roman est passionnant à lire.

On y retrouve tout le talent de John Irving pour mélanger les genres : on est ému par la situation des orphelins, on rit des remarques du Dr Larch, on est effrayé par la terrible Melony... Et surtout, l'auteur nous fait réfléchir sur un sujet sensible : le droit (ou non) à l'avortement. Car le Dr Larch ne fait pas que diriger un orphelinat : il pratique également des avortements à une époque où cette pratique médicale est encore illégale (l'histoire se déroule dans le Maine des années 40). 

John Irving présente les choses avec beaucoup de subtilité, finalement, car ses personnages sont partagés : certains estiment que l'avortement devrait être un droit, d'autres qu'il s'agit d'une abomination. Et entre les deux se trouve Homer Wells.

Cette manière de laisser le lecteur se faire sa propre opinion à propos d'un sujet sensible est quelque chose que j'apprécie beaucoup chez John Irving. Il ne nous impose pas son propre point de vue (après tout, il dit lui-même qu'il est un romancier et pas un théoricien), mais donne malgré tout de nombreux éléments sur un sujet, afin de nous permettre de nous forger notre propre opinion.

Bien sûr, L'oeuvre de Dieu, la part du diable traite aussi de bien d'autres sujets : l'amitié, la guerre, le traumatisme subi par les enfants abandonnés... Le tout avec beaucoup de délicatesse et d'humour, mélange très personnel à Irving. 

Si vous ne l'avez pas encore lu, lancez-vous : même si c'est un pavé, il est très passionnant et se lit assez vite.

26 mai 2018

The Curious Case of Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

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The Curious Case of Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

Titre français : L'étrange histoire de Benjamin Button

Edition : Scribner

Nombre de pages : 52

 

 

 

Résumé

Benjamin Button est un petit garçon pas comme les autres : il est né vieillard et, au fur et à mesure que les années passent, il rajeunit. Cette situation est difficile pour Benjamin, mais aussi pour ses parents, dont la vie sociale est quelque peu chamboulée par la particularité de leur fils.

 

Mon avis

J'ai vu le début du film plusieurs fois. Quand je dis (ou plutôt écris) "début", c'est tout simplement parce que je ne suis jamais parvenue à le regarder en entier. Je n'aime pas les personnages et l'histoire est tellement triste que je déprime au bout d'un quart d'heure.

J'ai donc commencé la lecture de cette nouvelle avec beaucoup d'appréhension, mais également avec beaucoup d'impatience : j'ai aime Gatsby le Magnifique du même auteur, et j'avais l'impression que Francis Scott Fitzgerald n'allait pas nous plonger en plein mélodrame amoureux (comme dans le film) en nous parlant de la vie de Benjamin Button.

Et j'avais raison, car la nouvelle s'est révélée bien plus humoristique et poétique que le film. Elle est centrée sur Benjamin et sur sa famille, plutôt que sur une histoire d'amour compliquée et ennuyeuse. La plume de l'auteur est vive et donne un beau rythme à ce récit pourtant très court. L'histoire de Benjamin n'est jamais triste, même si certains passages sont un peu cruels (notamment la "vieillesse" de Benjamin, durant laquelle il redevient un nouveau né et semble être livré à lui-même par sa famille). Benjamin a beaucoup d'humour (le passage où son inscription à Yale est refusée est très amusant et la vengeance de Benjamin particulièrement féroce) et accepte sa situation avec philosophie... même quand on le prend pour le jeune frère de son propre père !

12 mai 2018

L'empreinte des amants, John Connolly

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L'empreinte des amants, John Connolly

Titre original : The Lovers

Edition : Pocket

Nombre de pages : 448

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" L'enquête la plus personnelle de Charlie " Bird" Parker, au coeur de ses origines. Charlie Parker n'a que quinze ans lorsque son père, policier, se donne la mort après avoir abattu un couple d'adolescents dans une voiture. Cette tragédie, jamais expliquée, n'a cessé de hanter Bird Ayant perdu sa licence de détective privé, il décide d'employer son temps libre à faire la lumière sur son histoire familiale, et se rend dans l'Etat de New York, sur les lieux de son adolescence, afin d'interroger les anciens collègues de son père. En fouillant dans son passé, Charlie va réveiller certains fantômes qui sont tout sauf bien intentionnés... "

 

Mon avis

Après une mauvaise surprise en termes de lecture, rien de tel qu'un bon thriller/polar ou un roman fantastique. Dans le cas présent, je suis gâtée, puisque ce roman mêle les deux genres !

Charlie Parker, détective privé, vient de perdre sa licence. Pour passer le temps, puisqu'il ne peut plus exercer, il décide d'enquêter sur le suicide de son père, survenu 25 ans plus tôt. Will Parker était policier à New York et s'est tiré une balle dans la tête après avoir tué deux adolescents. Charlie se lance donc dans une enquête personnelle qui va l'amener à apprendre certaines informations déstabilisantes sur son propre passé...

Au début, le récit commence comme un véritable thriller et la surprise est totale quand des éléments fantastiques viennent se mêler à l'histoire. Mais même si le mélange des genres est étonnant, il fonctionne plutôt bien et, finalement, se révèle assez logique par rapport à l'intrigue de base.

Plus d'une fois, le suspense se trouve renforcé justement grâce à ce mélange et on se retrouve à ne plus pouvoir lâcher le roman jusqu'à connaître le fin mot de l'histoire.

A noter que ce roman fait partie d'une série (encore une !) et qu'il en constitue le 8e opus. Pas de crainte à avoir, toutefois si, comme moi, vous vous lancez dans la lecture de la série dans le désordre le plus complet : j'ai parfaitement suivi l'histoire de ce roman, même sans avoir lu les sept premiers. Je pense toutefois lire les autres si j'arrive à mettre la main dessus, car j'ai vraiment apprécié celui-ci.