Les Livres d'Aline

14 août 2018

Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

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Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

Titre original : Beyond the Blonde

Edition : J'ai lu

Nombre de pages : 314

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Bienvenue chez Jean-Luc, dans un monde où la coiffure est un art! Faites entrer les artistes, qu'ils prennent place sur scène! Le bruit des ciseaux et des potins rythme le spectacle. Colorations, mèches et balayages ajoutent de la couleur au décor. Tandis que toutes ces mains s'affairent pour faire des mannequins, des actrices et des rédactrices branchées de véritables gravures de mode, mensonges et trahisons font également partie du scénario... "

 

Mon avis

Ce roman de chick-lit est tout simplement étonnant.

Pour une fois, l'héroïne ne provient pas d'un milieu privilégié, bien au contraire. 
Georgia est née dans une petite ville des Etats-Unis. Élevée par une mère célibataire qui tenait un petit salon de coiffure, la jeune fille n'a qu'un rêve : devenir un jour coloriste.

A force de travail, Georgia est engagée chez "Jean-Luc", un salon chic de New York. le travail est difficile, les collègues et les clientes ne sont pas toujours sympas... Mais, heureusement, les personnages ne sont pas (tous) totalement superficiels : nombre d'entre eux, en plus de Georgia, ont les pieds sur terre et apportent donc un petit quelque chose en plus à ce roman qui, sans cela, serait une simple comédie.

Seul bémol à cette histoire très sympa : la fin très précipitée. En une cinquantaine de pages, l'auteur nous règle les problèmes de ses personnages principaux comme par magie. Franchement, j'aurais préféré lire une bonne centaine de plus et garder le rythme adopté tout au long du roman, plutôt que de finir sur ce dénouement qui semble bâclé.

A part cela, c'était une excellente lecture, avec des personnages attachants et une histoire crédible. Une belle découverte !

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25 juillet 2018

L'essence des ténèbres, Thomas Clearlake

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L'essence des ténèbres, Thomas Clearlake

Edition : Moonlight

 

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d'enfants inexpliquées. Cinq au total, en l'espace de quatre mois. Bien qu'aucun indice formel n'ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu'il s'agit d'enlèvements. Le FBI est chargé du dossier. L'agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter. Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d'agents, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s'être emparé des forêts alentour de la ville... et ce n'est que le début de son enquête. "

 

Mon avis

L'essence des ténèbres est un excellent roman, qui mêle différents genres littéraires et permet également de réfléchir sur certaines problématiques très actuelles.

Tout commence par des disparitions d'enfants dans un village calme et reculé de Pennsylvanie. St Mary's n'a pas l'habitude de connaître de tels événements, aussi le FBI y dépêche-t-il l'un de ses meilleurs agents, Eliott Cooper.

Dès son arrivée dans les forêts qui entourent le village, celui-ci se rend compte que quelque chose d'anormal s'y déroule. Un calme étrange semble flotter sur la région : aucun bruit ne s'y fait entendre et les animaux sauvages semblent avoir déserté les lieux. De plus, l'agent Cooper trouve, au milieu des bois, une étrange construction : des mégalithes en matériau inconnu et extrêmement résistant.

Après des investigations plus poussées, Eliott Cooper se retrouve plongé dans une sorte de rituel de sorcellerie dont il ne sortira pas tout à fait indemne...

L'essence des ténèbres m'a beaucoup plu, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, si vous me connaissez un peu, vous savez que j'adore les thrillers, les polars, la SF et la fantasy. Et, avec cette lecture, je me suis retrouvée plongée dans un mélange de ces différents genres qui, en outre, fonctionne particulièrement bien.

Mais en plus d'être un bon divertissement, ce roman permet de réfléchir à des problématiques plus sérieuses qui sous-tendent l'intrigue mise en place par Thomas Clearlake.

[Attention, risque de quelques spoilers - très légers - dans la suite de ce commentaire]

Ainsi, le conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord résonne-t-il étrangement... Tout comme la troisième guerre mondiale dont il est à l'origine et qui, avec ses déportations de masse à l'aide de wagons menant les victimes aux extracteurs, rappelle douloureusement les convois partant pour Auschwitz et ses fours crématoires...

De plus, l'effondrement économique global provoqué par les Hominum primus permet de réaliser à quel point nos sociétés sont devenues dépendantes de la technologie et des flux monétaires. En effet, dans le roman, il suffit aux têtes pensantes des Hominum primus d'orchestrer un effondrement des bourses des principales villes du monde et de propager un virus sur le Web pour que même un petit village reculé comme St Mary's finisse plongé dans le chaos et l'anarchie la plus totale... 

Si le scénario imaginé par Thomas Clearlake se réalisait vraiment (non par le biais d'Hominum primus mais par des moyens disons plus terre-à-terre), comment nos économies modernes s'adapteraient-elles ? En lisant la description du cataclysme qui suit cet effondrement économique, on ne peut s'empêcher de se poser la question.

Autre point fort du roman : les personnages principaux, Lauren et Eliott.

Ce dernier, malgré les soucis (euphémisme obligatoire pour ne pas gâcher le suspense) auxquels il est confronté, reste fort et lucide. Et cette force de caractère de l'agent spécial renforce encore le suspense du roman car, comme l'explique Lauren à un moment du récit, la manière qu'a Eliott d'analyser sa situation - froide et réaliste - est assez effrayante et amène à se demander s'il s'en sortira ou non (lui-même semblant d'ailleurs peu convaincu de sa guérison). Est-il assez fort pour se défendre face aux assauts d'Hominum primus ? Ou cette force le perdra-t-il une fois que les créatures auront réussi à en prendre le contrôle et à la retourner contre lui-même ? Mystère... au moins jusqu'à la fin du récit.

Lauren, quant à elle, est une héroïne très intéressante, indépendante et optimiste, qui ne se laisse pas facilement abattre et garde la tête froide, y compris dans les situations les plus désespérées.

Avec ce tandem de choc, le roman ne connaît aucun temps mort et nous entraîne de Pennsylvanie jusqu'en Sibérie.

Qu'attendez-vous pour faire le voyage à leurs côtés et découvrir ce récit ?

 

Un grand merci aux Editions Moonlight pour cette belle découverte !

Pour découvrir ce roman, c'est par ici

21 juillet 2018

Première lumière, Paul-François Husson

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Première lumière, Paul-François Husson

Edition : Independently published

Nombre de pages : 218

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Tout le monde a peur du noir. Pas Mattieu, aveugle depuis l’accident qui a coûté la vie à sa mère. L’été de ses douze ans, une greffe de cornée lui donne l’espoir de revoir un jour. Son bonheur s’altère quand il commence à être tourmenté par une présence que lui seul perçoit. Personne ne prend au sérieux ses histoires “d’Invisible” et l’enfant s'isole dans son angoisse. Pourtant les attaques se multiplient, bien réelles. Les vacances familiales basculent dans un cauchemar, une traque dont le petit aveugle est la proie… Une page Facebook Livenovel est dédiée à toutes les critiques de lecteurs : https://www.facebook.com/PaulF.Husson/ "

 

Mon avis

J'ai enfin pris le temps de découvrir cet excellent suspense et j'en suis ressortie époustouflée. Paul-François Husson est décidément doué pour donner la chair de poule à ses lecteurs !

Tout au long de ce roman court mais très prenant, j'ai douté. On sent quelqu'un ou quelque chose en veut à Mathieu, le jeune garçon malvoyant qui vient de subir une greffe de cornée, mais on ne parvient pas à déterminer de qui ou de quoi il s'agit. On en vient vraiment à soupçonner tout le monde : le coupable est-il Julien, le père légèrement irresponsable de Mathieu ; Isabelle, la soeur de Mathieu, qui prend soin de lui mais oublie parfois son handicap ; Alice, la belle-mère chirurgien qui cache de nombreuses blessures ou encore Eugène et Françoise, ce couple mal assorti ? Mystère... Et il faut attendre la toute fin du roman pour le savoir, car il est impossible de deviner qui rôde autour du jeune garçon, tant l'intrigue est bien construite.

Un autre bon point réside dans le réalisme avec lequel l'auteur décrit le handicap de son jeune héros. Loin de tomber dans le mélodrame, Paul-François Husson raconte la cécité de Mathieu de façon très neutre : c'est un fait parmi d'autres dans la vie de ce garçon, mais ça ne l'empêche pas de vivre relativement normalement (même si l'intrigue tourne un peu autour de ce handicap). Mathieu est même, pour certaines choses, bien plus malin que son père ou sa soeur, qui voient pourtant parfaitement. J'ai particulièrement apprécié ce côté réaliste car, ayant des amis malvoyants, je sais qu'ils sont bien plus autonomes qu'on ne l'imagine et qu'ils n'ont pas toujours besoin des voyants pour se repérer dans l'espace ou pour pouvoir cerner la personnalité de leurs interlocuteurs. En cela, Mathieu est un bon représentant des personnes malvoyantes : ses autres sens sont tellement aiguisés qu'ils compensent l'absence de vision et qu'ils rendent ce garçon beaucoup plus réceptif aux changements d'atmosphère des lieux dans lesquels il se trouve ou aux sautes d'humeur des personnes qui l'entourent. Ce jeune héros est donc très sympathique et l'on se prend très vite d'affection pour lui.

Lancez-vous dans ce roman sans hésiter ! C'est une parfaite lecture de vacances. Mais préparez-vous à quelques nuits blanches, car il est impossible à refermer...

 

Un grand merci à Paul-François Husson pour cette histoire passionnante !

 

Pour découvrir ce roman, c'est par ici.

 

30 juin 2018

The Hotel New Hampshire, John Irving

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The Hotel New Hampshire, John Irving

Titre français : L'hôtel New Hampshire

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Edition : Black Swan

Nombre de pages : 520

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Ils auraient pu mener une vie tranquille. Mais comment vivre comme tout le monde quand on a Winslow Berry pour père ? Quand on passe sa vie à courir d’hôtel en hôtel, de Vienne à New York, armé d’un ours et du petit Freud pour tout bagage ? Dans le regard de John, l’un des cinq enfants, les aventures de la famille Berry, prennent des airs de conte de fée loufoque… "

 

Mon avis

Je dois être dans une période monomaniaque mais, en ce moment, j'ai bien envie de sortir tous les romans de John Irving que je possède et de les lire l'un à la suite de l'autre. 

Une fois terminé L'oeuvre de Dieu, la part du diable, je me suis donc lancée dans la lecture de L'Hôtel New Hampshire. Et au début, j'ai eu un peu de mal à m'habituer à celui-ci car, même si l'humour de John Irving fait toujours merveille, certains passages m'ont semblé plus sombres et plus mélancoliques.

La famille Berry, qui sont tous de grands excentriques, est amusante à découvrir. Chaque membre de la famille a ses propres manies, et chacun est un peu bizarre. D'ailleurs, le narrateur (qui s'appelle John, tiens, tiens) le remarque lui-même lorsque sa famille a des invités : le contraste entre ces derniers et sa famille lui semble alors immense.

Mais, très vite, l'amusement cède la place au drame. En plus d'être bizarre, chacun sera aussi blessé par la vie. La famille traverse, en effet, plusieurs drames, et les particularités du caractère de Win Berry n'aident pas spécialement ses enfants à faire face aux difficultés en question : les enfants Berry sont souvent livrés à eux-mêmes. Mais malgré cela, ils restent non seulement très soudés, mais aussi très attachés à leur père.

Tout cela donne un roman assez mélancolique et nostalgique, qui pourrait sembler sombre au premier abord, mais la plume de John Irving fait des merveilles et, juste au moment où les choses semblent désespérées, l'auteur parvient à nous faire rire grâce à quelques petites anecdotes glissées ici ou là.

09 juin 2018

The Cider House Rules, John Irving

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The Cider House Rules, John Irving

Titre français : L'oeuvre de Dieu, la part du diable

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Edition : Black Swan

Nombre de pages : 731

 

 

 

Résumé

Wilbur Larch dirige un orphelinat perdu dans une petite bourgade du Maine. Mais le fait que l'institution soit isolée arrange plutôt bien le Docteur Larch, qui s'y livre à des avortements, opérations interdites au début du XXe siècle.

Larch, qui se fait vieux, s'inquiète pour l'avenir de sa clinique. Mais, heureusement pour lui, Homer, un jeune orphelin, semble inadoptable. Larch décide donc d'apprendre à Homer tout ce qu'il sait : non seulement l'oeuvre de Dieu (l'accueil des orphelins), mais aussi la part du diable (les avortements).

 

Mon avis

John Irving fait partie de mes valeurs sûres, de ces auteurs vers lesquels je me tourne quand je ne sais plus quoi lire. Parce que je sais qu'il ne me décevra jamais (Stephen KingP.G. Wodehouse et J.R.R. Tolkien - entre autres - font partie du même "groupe" --> ai-je un faible pour les plumes masculines ?)

Après avoir lu A Little Life d'Hanya Yanagihara, je me suis trouvée désemparée lors du choix de ma lecture suivante. Et donc, tout naturellement, je me suis tournée vers un roman d'Irving. J'avais envie de lire celui-ci depuis des années, donc ça tombait plutôt bien.
Et j'ai bien choisi car, bien qu'assez long, ce roman est passionnant à lire.

On y retrouve tout le talent de John Irving pour mélanger les genres : on est ému par la situation des orphelins, on rit des remarques du Dr Larch, on est effrayé par la terrible Melony... Et surtout, l'auteur nous fait réfléchir sur un sujet sensible : le droit (ou non) à l'avortement. Car le Dr Larch ne fait pas que diriger un orphelinat : il pratique également des avortements à une époque où cette pratique médicale est encore illégale (l'histoire se déroule dans le Maine des années 40). 

John Irving présente les choses avec beaucoup de subtilité, finalement, car ses personnages sont partagés : certains estiment que l'avortement devrait être un droit, d'autres qu'il s'agit d'une abomination. Et entre les deux se trouve Homer Wells.

Cette manière de laisser le lecteur se faire sa propre opinion à propos d'un sujet sensible est quelque chose que j'apprécie beaucoup chez John Irving. Il ne nous impose pas son propre point de vue (après tout, il dit lui-même qu'il est un romancier et pas un théoricien), mais donne malgré tout de nombreux éléments sur un sujet, afin de nous permettre de nous forger notre propre opinion.

Bien sûr, L'oeuvre de Dieu, la part du diable traite aussi de bien d'autres sujets : l'amitié, la guerre, le traumatisme subi par les enfants abandonnés... Le tout avec beaucoup de délicatesse et d'humour, mélange très personnel à Irving. 

Si vous ne l'avez pas encore lu, lancez-vous : même si c'est un pavé, il est très passionnant et se lit assez vite.


26 mai 2018

The Curious Case of Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

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The Curious Case of Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

Titre français : L'étrange histoire de Benjamin Button

Edition : Scribner

Nombre de pages : 52

 

 

 

Résumé

Benjamin Button est un petit garçon pas comme les autres : il est né vieillard et, au fur et à mesure que les années passent, il rajeunit. Cette situation est difficile pour Benjamin, mais aussi pour ses parents, dont la vie sociale est quelque peu chamboulée par la particularité de leur fils.

 

Mon avis

J'ai vu le début du film plusieurs fois. Quand je dis (ou plutôt écris) "début", c'est tout simplement parce que je ne suis jamais parvenue à le regarder en entier. Je n'aime pas les personnages et l'histoire est tellement triste que je déprime au bout d'un quart d'heure.

J'ai donc commencé la lecture de cette nouvelle avec beaucoup d'appréhension, mais également avec beaucoup d'impatience : j'ai aime Gatsby le Magnifique du même auteur, et j'avais l'impression que Francis Scott Fitzgerald n'allait pas nous plonger en plein mélodrame amoureux (comme dans le film) en nous parlant de la vie de Benjamin Button.

Et j'avais raison, car la nouvelle s'est révélée bien plus humoristique et poétique que le film. Elle est centrée sur Benjamin et sur sa famille, plutôt que sur une histoire d'amour compliquée et ennuyeuse. La plume de l'auteur est vive et donne un beau rythme à ce récit pourtant très court. L'histoire de Benjamin n'est jamais triste, même si certains passages sont un peu cruels (notamment la "vieillesse" de Benjamin, durant laquelle il redevient un nouveau né et semble être livré à lui-même par sa famille). Benjamin a beaucoup d'humour (le passage où son inscription à Yale est refusée est très amusant et la vengeance de Benjamin particulièrement féroce) et accepte sa situation avec philosophie... même quand on le prend pour le jeune frère de son propre père !

12 mai 2018

L'empreinte des amants, John Connolly

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L'empreinte des amants, John Connolly

Titre original : The Lovers

Edition : Pocket

Nombre de pages : 448

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" L'enquête la plus personnelle de Charlie " Bird" Parker, au coeur de ses origines. Charlie Parker n'a que quinze ans lorsque son père, policier, se donne la mort après avoir abattu un couple d'adolescents dans une voiture. Cette tragédie, jamais expliquée, n'a cessé de hanter Bird Ayant perdu sa licence de détective privé, il décide d'employer son temps libre à faire la lumière sur son histoire familiale, et se rend dans l'Etat de New York, sur les lieux de son adolescence, afin d'interroger les anciens collègues de son père. En fouillant dans son passé, Charlie va réveiller certains fantômes qui sont tout sauf bien intentionnés... "

 

Mon avis

Après une mauvaise surprise en termes de lecture, rien de tel qu'un bon thriller/polar ou un roman fantastique. Dans le cas présent, je suis gâtée, puisque ce roman mêle les deux genres !

Charlie Parker, détective privé, vient de perdre sa licence. Pour passer le temps, puisqu'il ne peut plus exercer, il décide d'enquêter sur le suicide de son père, survenu 25 ans plus tôt. Will Parker était policier à New York et s'est tiré une balle dans la tête après avoir tué deux adolescents. Charlie se lance donc dans une enquête personnelle qui va l'amener à apprendre certaines informations déstabilisantes sur son propre passé...

Au début, le récit commence comme un véritable thriller et la surprise est totale quand des éléments fantastiques viennent se mêler à l'histoire. Mais même si le mélange des genres est étonnant, il fonctionne plutôt bien et, finalement, se révèle assez logique par rapport à l'intrigue de base.

Plus d'une fois, le suspense se trouve renforcé justement grâce à ce mélange et on se retrouve à ne plus pouvoir lâcher le roman jusqu'à connaître le fin mot de l'histoire.

A noter que ce roman fait partie d'une série (encore une !) et qu'il en constitue le 8e opus. Pas de crainte à avoir, toutefois si, comme moi, vous vous lancez dans la lecture de la série dans le désordre le plus complet : j'ai parfaitement suivi l'histoire de ce roman, même sans avoir lu les sept premiers. Je pense toutefois lire les autres si j'arrive à mettre la main dessus, car j'ai vraiment apprécié celui-ci.

28 avril 2018

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand

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Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand

Edition : Livre de Poche

Nombre de pages : 287

 

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" La gloire d'Edmond Rostand est inimaginable aujourd'hui. Ses contemporains le tiennent pour le plus grand écrivain de tous les temps. Cyrano de Bergerac suscite une véritable adoration, indéfiniment renouvelée. On devrait encore savoir par cœur ces vers piaffants, cliquetants, étourdissants, à l'image de ce héros romantique et baroque, de ce d'Artagnan amoureux. Savant fou tombé de la Lune ou ferrailleur éblouissant, si tous les Français se reconnaissent en lui, s'il nous arrache des larmes, c'est parce qu'il est vrai, d'une profonde vérité humaine. C'est lui que Roxane aimait, son intelligence, son esprit, et non le beau et ennuyeux Christian. Cyrano est une part de nous-mêmes, le vengeur des humiliés et des offensés, des timides et des ratés de l'amour. À la fin de l'envoi, c'est toujours lui qui gagne. "

 

Mon avis

J'adorerais voir jouer Cyrano, mais je dois dire que prendre le temps d'enfin le découvrir par écrit était une excellente idée.

Ce classique des pièces de théâtre mêle de nombreux genres, pour le plus grand bonheur des lecteurs que nous sommes : le récit de cape et d'épée, la romance, la poésie, le drame... Tout y est, et joliment écrit en plus !

J'ai retrouvé dans ce récit des similitudes avec d'autres classiques de la littérature (Don Quichotte, Le Cid, Les trois mousquetaires...) mais, malgré ces ressemblances, Cyrano reste unique en son genre. Le triangle amoureux, bien que souvent exploité dans la littérature, atteint ici son niveau le plus dramatique et pourtant, malgré la fin assez triste, la pièce laisse une impression d'humour et de légèreté.

Sans doute est-ce dû aux talents de poète du personnage principal ? Ou bien, tout simplement, à la très belle plume d'Edmond Rostand.

14 avril 2018

Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy

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Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy

Titre original : State of the Union

Edition : Pocket

Nombre de pages : 600

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Pour ses intellectuels de parents, Hannah Buchan est une vraie déception. A vingt ans, au lieu de grimper sur les barricades et de se fondre dans l'ébullition sociale des années soixante-dix, elle n'a d'autre ambition que d'épouser son petit ami médecin et de fonder une famille. Installée dans une petite ville du Maine, Hannah goûte aux charmes très, très discrets de la vie conjugale. C'est alors que le hasard lui offre l'occasion de sortir du morne train-train de son quotidien : malgré elle, Hannah va se rendre complice d'un grave délit. Trente ans plus tard survient le 11 septembre, et avec lui le temps du doute, de la remise en question, de la suspicion. Le passé de Hannah va resurgir inopinément. Et du jour au lendemain son petit monde soigneusement protégé va s'écrouler... "

 

Mon avis

Voilà un roman de Douglas Kennedy que j'ai beaucoup apprécié !

Le récit se déroule en deux parties. La première partie nous décrit la vie d'Hannah durant les années 70, alors qu'elle n'est qu'une toute jeune fille à peine diplômée de l'université du Vermont. Durant la seconde partie, on retrouve Hannah, son mari et ses enfants durant les années 2000. Les années ont passé et les personnages ont forcément évolué.

Et c'est justement cette évolution qui est agréable à suivre. 

Lorsqu'on rencontre Hannah, elle est encore très jeune et a de nombreux rêves. le principal d'entre eux est d'effectuer un séjour à Paris afin d'améliorer sa connaissance du français. Mais Hannah rencontre Dan et les projets du jeune homme, étudiant en médecine, vont prendre le pas sur ceux de la jeune femme. Les deux jeunes amoureux se marient et s'installent bien vite dans une routine qui ne plaît pas trop à Hannah. Cette dernière se rend en effet bien vite compte que la vie qu'elle mène avec Dan n'est pas en tous points conforme à ce qu'elle espérait...

Cette partie du roman nous permet d'en apprendre plus sur les divers personnages. On fait la connaissance de Dan qui, loin d'être le petit ami parfait qu'Hannah imaginait semble assez égoïste. Sa jeune épouse doit se plier à ses désirs et le suivre dans tous ses projets en oubliant les siens : Hannah n'est là que pour élever Jeff (le fils qu'elle a eu avec Dan) et tenir le ménage du jeune médecin.
On rencontre également les parents d'Hannah qui, entre nous, ne valent pas mieux que Dan. Le père d'Hannah est tout aussi égoïste que son gendre et va d'ailleurs placer sa fille dans une situation plus que délicate. Quant à la mère d'Hannah, que dire ? Les mots "manipulatrice" et "mauvaise mère" semblent beaucoup trop faible pour décrire cette femme, ça vous donne une idée...

Mais loin d'être désagréable, ce mélange de personnages aux caractères tout à fait opposés fonctionne à merveille. Les difficultés relationnelles entre Hannah et son entourage rendent l'histoire de la jeune fille encore plus intéressante à suivre.

Dans la seconde partie, on suit une Hannah plus âgée. La petite cinquantaine, elle est toujours mariée à Dan (qui est devenu un orthopédiste respecté) et est maman de deux grands enfants (Jeff ayant eu une petite soeur). Hannah semble "rangée", elle a apparemment respecté le voeu qu'elle a fait à la fin de la première partie (non, non, je ne vous en dirai pas plus) et avoir accepté sa vie de femme de médecin. Elle est même devenue professeur, comme elle le souhaitait.

Mais la "disparition" de sa fille après une énième relation amoureuse ratée va précipiter les événements. Et ces Charmes discrets de la vie conjugale dont Douglas Kennedy nous parle dans le titre vont voler en éclats : le passé d'Hannah la rattrape et ce qu'elle a mis si longtemps à construire commence lentement à se fissurer... Tout ça à cause d'une sale gamine devenue une adulte névrosée puisque, honnêtement, la fille d'Hannah et de Dan est assez... spéciale (pour ne pas dire complètement cinglée --> ceux qui l'ont lu et qui ont suivi les péripéties de sa relation avec un médecin marié comprendront ce que je veux dire).

Bref, ces charmes discrets sont loin d'être de tout repos, mais ils sont particulièrement intéressants à suivre. Douglas Kennedy remonte (enfin) dans mon estime ;-)

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25 mars 2018

A Little Life, Hanya Yanagihara

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A Little Life, Hanya Yanagihara

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Titre français : Une vie comme les autres

Edition : Picador

Nombre de pages : 720

 

 

 

Résumé

Malcolm Irvine, Jude St Francis, Willem Ragnarsson et Jean-Baptiste « JB » Marion se rencontrent à l’université. Les quatre jeunes garçons partagent une chambre sur le campus et deviennent amis. 

Mais Jude cache beaucoup de secrets. Il semble avoir vécu une vie assez malheureuse, et l’amitié des trois autres ne l’aide pas à oublier son passé.

Durant plusieurs décennies, Jude va mettre la fidélité de ses amis à rude épreuve.

 

Mon avis

Gros coup de coeur de l'année 2017 !!

Avec A Little Life, Hanya Yanagihara nous fait passer par toutes les émotions.

Je n’ai jamais lu un roman aussi intense. D’une page à l’autre, on passe de la joie à l’horreur, du calme à la tempête. Et, loin d’être déstabilisante, cette succession d’émotions les plus diverses est, au contraire, parfaitement en phase avec les histoires qui nous sont racontées.

Toutes ces émotions viennent de Jude et de l’histoire dramatique qui est la sienne. On rencontre le jeune homme et ses amis alors qu’ils sont à peine âgés d’une vingtaine d’années et, déjà à ce moment, on constate que Jude n’a pas eu une vie aussi simple que celle de ses amis. Même si JB a grandi sans père, si Malcolm a des difficultés avec ses riches parents et si Willem est orphelin, leurs problèmes ne sont rien par rapport à ceux de Jude. 

Peu à peu, des pans de l’histoire de Jude nous sont révélés. Ces passages sont durs et cruels. Ils sont aussi extrêmement réalistes et permettent de mieux comprendre les réticences que Jude éprouve à l’idée de se confier même à ses amis les plus proches : le jeune homme n’a pas envie d’être perçu comme un handicapé et d’être pris en pitié, lui qui s’est tant battu pour « y arriver ».

Mais A Little Life ce n’est pas seulement une histoire triste. Même si le roman est empreint de mélancolie et si la fin est assez dramatique, les moments de joie sont nombreux, eux aussi et ils sont aussi intenses que le reste du roman.

Plusieurs passages du roman sont également très marquants du fait que l’auteure nous assène quelques vérités qui, loin d’être uniquement valables pour la vie de ses personnages, le sont aussi pour les nôtres. Yanagihara parle de l’amitié, du temps qui passe, du sentiment d’impuissance que l’on peut ressentir face à son propre corps lorsqu’on est malade, des relations sentimentales ou professionnelles, de l’ambition… Et elle le fait avec tellement de justesse que l’on comprend parfaitement ce que les personnages du roman peuvent ressentir : les mêmes choses que nous

Du fait de ce réalisme, A Little Life reste longtemps présent à l’esprit une fois la lecture terminée. Les différents personnages deviennent presque familiers et, plusieurs jours après avoir refermé le livre, je me suis surprise à encore penser à leur histoire. Celle de Willem, en particulier, car c’est sa trajectoire qui m’a le plus touchée.

A Little Life est l’une des plus belles découvertes de ma vie de lectrice. Je ne peux que vous le conseiller !

 

Quelques extraits

" It's often the most naturally intelligent students who have the most difficult time in their first year -- law school, particularly the first year of law school, is not really a place where creativity, abstract thought, and imagination are rewarded. In this way, I often think -- based on what I've heard, not what I know firsthand -- that it's a bit like art school. "

 

" Perhaps because of this, he felt he always knew who and what he was, which is why, as he moved farther and then further away from the ranch and his childhood, he felt very little pressure to change or reinvent himself. He was a guest at college, a guest in graduate school, and now he was a guest in New York, a guest in the lives of the beautiful and thhe rich.He would never try to pretend he was born to such things, because he knew he wasn't; he was a ranch hand's son from western Wyoming, and his leaving didn't mean that everything he had once been was erased, written over by time and experiences and the proximity of money. "

 

" But then the feeling would dissipate, and he would be left alone to scan the arts section of the paper, and read about other people who were doing the kinds of things he didn’t even have the expansiveness, the arrogance of imagination to dream of, and in those hours the world would feel very large, and the lake very empty, and the night very black, and he would wish he were back in Wyoming, waiting at the end of the road for Hemming, where the only path he had to navigate was the one back to his parents’ house, where the porch light washed the night with honey. "

 

" He will be reminded of how trapped he is, trapped in a body he hates, with a past he hates, and how he will never be able to change either. "

 

" He wanted to scream at his parents, to hit them, to elicit from them something - some melting into grief, some loss of composure, some recognition that something large had happened, that in Hemming's death they had lost something vital and necessary to their lives. He didn't care if they really felt that way or not: he just needed them to say it, he needed to feel that something lay beneath their imperturbable calm, that somewhere within them ran a thin stream of quick, cool water, teeming with delicate lives, minnows and grasses and tiny white flowers, all tender and easily wounded and so vulnerable you couldn't see them without aching for them. "

 

" But what Andy never understood about him was this: he was an optimist. Every month, every week, he chose to open his eyes, to live another day in the world. He did it when he was feeling so awful that sometimes the pain seemed to transport him to another state, one in which everything, even the past that he worked so hard to forget, seemed to fade into a gray watercolor wash. He did it when his memories crowded out all other thoughts, when it took real effort, real concentration, to tether himself to his current life, to keep himself from raging with despair and shame. He did it when he was so exhausted of trying, when being awake and alive demanded such energy that he had to lie in bed thinking of reasons to get up and try again. "

 

" Ethics and morals do, in reality, have a place in law—although not in jurisprudence. It is morals that help us make the laws, but morals do not help us apply them. "

 

" They all—Malcolm with his houses, Willem with his girlfriends, JB with his paints, he with his razors—sought comfort, something that was theirs alone, something to hold off the terrifying largeness, the impossibility, of the world, of the relentlessness of its minutes, its hours, its days. "

 

" When your child dies, you feel everything you'd expect to feel, feelings so well-documented by so many others that I won't even bother to list them here, except to say that everything that's written about mourning is all the same, and it's all the same for a reason - because there is no read deviation from the text. Sometimes you feel more of one thing and less of another, and sometimes you feel them out of order, and sometimes you feel them for a longer time or a shorter time. But the sensations are always the same.

But here's what no one says - when it's your child, a part of you, a very tiny but nonetheless unignorable part of you, also feels relief. Because finally, the moment you have been expecting, been dreading, been preparing yourself for since the day you became a parent, has come.

Ah, you tell yourself, it's arrived. Here it is.

And after that, you have nothing to fear again. "

 

" Fairness is for happy people, for people who have been lucky enough to have lived a life defined more by certainties than by ambiguities.

Right and wrong, however, are for—well, not unhappy people, maybe, but scarred people; scared people. "

 

" Things get broken, and sometimes they get repaired, and in most cases, you realize that no matter what gets damaged, life rearranges itself to compensate for your loss, sometimes wonderfully. "

 

" But these were days of self-fulfillment, where settling for something that was not quite your first choice of a life seemed weak-willed and ignoble. Somewhere, surrendering to what seemed to be your fate had changed from being dignified to being a sign of your own cowardice. "

 

" When did pursuing your ambitions cross the line from brave into foolhardy? "