Les Livres d'Aline

28 février 2020

Weekend RAT British Mysteries - 28 février au 1 mars 2020

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C'est parti pour le premier RAT du Challenge British Mysteries ! 

Ce sera ma première participation à un RAT, et je suis aussi excitée qu'une gamine la veille de Noël. Ma PAL spécial RAT est d'ailleurs prête depuis 2 jours et j'ai clairement eu les yeux plus gros que le ventre en sélectionnant les livres que je souhaiterais lire durant ces trois jours.

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Je compte aussi me faire un petit plaisir en visionnant des épisodes de la dernière saison des Enquêtes de Vera, qui sont pile dans le thème du challenge.

Et au niveau culinaire, j'ai prévu de déguster des fromages typiquement anglais : Stilton et (mon préféré) Wensleydale with Cranberries <3

Je partagerai ma progression sur Instagram (@livres_aline), mais je compte également vous faire un petit bilan dimanche après-midi.

Je vous quitte déjà pour rejoindre Lynley et Havers ! 

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P.S. : pour ceux qui veulent connaître les règles de ce RAT, voici le rappel de Hilde, qui a aussi prévu un très chouette billet de suivi !

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Challenge British Mysteries


Imogène McCarthery, tome 1 : Ne vous fâchez pas Imogène, Charles Exbrayat

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Ne vous fâchez pas Imogène

Charles Exbrayat

Editions Librairie des Champs-Elysées, 249 pages

 

Un extrait

" Imogène McCarthery - que son caractère et sa chevelure carotte faisaient surnommer 'The red bull" par ses compagnes de bureau - entrait d'un pas assuré dans la cinquantaine. Elle devait son énergie indomptable à la passion qu'elle nourrissait pour son pays natal, l'Ecosse - ce qui lui permettait de mépriser hautement ses collègues anglaises - et à la dévotion dont elle entourait la mémoire d'un père qui, jusqu'à sa mort, avait considéré sa fille comme une domestique dévouée et non rétribuée. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) Depuis vingt ans, Imogène McCarthery sème la perturbation dans le bureau de l'Amirauté où elle travaille. Depuis vingt ans, la fière descendante des Mac Gregor fait tourner en bourrique son chef de service. Mais cette fois, la coupe est pleine. Trop, c'est trop. Voilà que cette grande bringue à la tignasse rouge se pavane en clamant qu'elle a été investie d'une mission secrète de la plus haute importance ! Et par le patron de l'Intelligence Department lui-même ! Pas de doute, elle est mûre pour l'hôpital psychiatrique... Pauvre Imogène ! Elle qui est prête à mourir pour la couronne ! Les héros se heurtent parfois à des murs d'incompréhension...

 

Mon avis

Je ne suis pas le genre de fille à se planter devant sa garde-robe en pleurant « Je n'ai plus rien à me mettre ».

Par contre, je suis le genre de personnes qui se plante régulièrement devant sa méga-super-gigantesque PAL et qui soupire « Pff, je ne sais plus quoi lire ». Et dans ces moments-là, deux solutions s'offrent à moi : 1° Me diriger vers mes auteurs favoris (Tolkien, King, Irving, Brontë, Austen et les autres) ; 2° Choisir de lire des romans policiers.

Atteinte d'une panne de lecture fin janvier (après avoir relu Oedipe sur la route, l'un de mes romans chouchous), j'ai passé un assez mauvais début de mois en matière de lectures. Jusqu'à ma découverte du Challenge British Mysteries, qui m'a rappelé mon goût pour les polars et pour la littérature anglaise. Passionnée par ce projet, je me suis mise à fouiller dans ma PAL et j'y ai déniché quelques pépites qui m'ont permis de sortir de ma panne de lecture.

CBM

Ne vous fâchez pas Imogène tire son titre de la phrase-clé que toute l'Amirauté (et d'autres personnes) a l'habitude de lancer à Miss McCarthery lorsque son mauvais caractère ou son nationalisme la mettent hors d'elle. Il faut dire que la vieille demoiselle est dotée d'un caractère bien trempé, encore renforcé par une grande discipline personnelle (qui fait qu'Imogène ne supporte pas le lassiez-aller des Anglais) et par un certain penchant pour le whisky. C'est donc une héroïne assez atypique, pas très futée de surcroît, ce qui est assez étonnant lorsqu'on songe qu'Imogène est choisie par le grand patron de l'Amirauté pour remplir une mission digne d'un agent secret. Mais bon, le courage d'Imogène rachète bien ces quelques défauts ! 

L'intrigue ne casse pas trop pattes à un canard et on devine bien vite l'identité du ou des coupable(s), même si Imogène, elle, se laisse plus d'une fois berner. Mais on retrouve dans ce roman sans prétention, tout le charme des polars d'Exbrayat : l'humour, les personnages se découvrant des penchants héroïques insoupçonnés, la fierté nationale, et les bagarres (Imogène n'hésitant pas à assommer des bandits à coups de poêle à frire).

 

En bref

Imogène est une héroïne attachante malgré – ou peut-être grâce à – ses quelques défauts. Elle a un certain côté romanesque, mais est aussi courageuse et déterminée, deux qualités qui lui permettent de se sortir de situations parfois rocambolesques, lesquelles sont très agréables à suivre. Ce roman se laisse donc lire avec beaucoup de plaisir !

 

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Challenge British Mysteries

27 février 2020

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La quiche fatale, M.C. Beaton

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La quiche fatale

M.C. Beaton

Editions Albin Michel, 320 pages

 

Un extrait

" Les gens du coin l'avaient accueillie, comme toujours, avec cette singulière sorte d'amabilité qui n'allait jamais plus loin. (...), les gens du village avaient une façon imperceptible, découvrit-elle, de repousser les nouveaux venus. Ils ne les rejetaient pas. En surface, ils les accueillaient. Pourtant, elle savait que sa présence ne faisait pas une ride sur la surface lisse de la vie villageoise. "

 

Résumé

Agatha Raisin, grande prêtresse des relations publiques londoniennes, a décidé de prendre sa retraite. Elle a vendu sa société à un concurrent afin de réaliser un rêve d’enfant : acheter un cottage dans les Cotswolds.

Une fois installée chez elle, Agatha déchante pourtant rapidement. Les habitants de son village ne l’accueillent pas aussi chaleureusement que ce qu’elle espérait et, même s’ils se montrent aimables, ils ne sont pas du tout impressionnés par cette femme qui a pourtant l’habitude d’être au centre de l’attention.

Heureusement, un concours de quiches est prévu lors d’une fête du village. Agatha entend bien épater tout le monde avec sa quiche aux épinards achetée chez un traiteur londonien reconnu pour la qualité de ces tartes salées.

Mais la pauvre Agatha va bien vite déchanter. Non seulement sa quiche ne remporte pas le premier prix, mais en plus, Mr Cummings-Browne, le juge du concours de quiches, meurt après en avoir consommé une part…

 

Mon avis

J’ai mis un peu de temps avant de découvrir les aventures d’Agatha Raisin.

Le responsable de cette (honteuse) procrastination est d’ailleurs un autre personnage de M.C. Beaton, à savoir Hamish Macbeth, mon chouchou depuis ma lecture de Death of a Nag. Ayant plusieurs fois entendu des lecteurs comparer les deux séries et préférer Hamish à Agatha, je nourrissais quelques préjugés à l’égard de la seconde, d’autant que je n’ai pas été épatée par la série télé : le personnage d’Agatha y étant assez agaçant et parfois à la limite du ridicule, j’ai tenu 15 minutes avant de couper la télévision et de me rabattre sur ma lecture de l’époque.

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Source

Dans le roman, Agatha est censée être brune et trapue, avec de "petits yeux d'ours". Cherchez l'erreur par rapport à la série...

Mais le Challenge British Mysteries auquel je participe m’a finalement donné envie d’enfin me plonger sérieusement dans les aventures d’Agatha (version littéraire, cette fois), d’autant qu’une lecture commune hommage à M.C. Beaton (décédée le 30 décembre 2019) est prévue pour le 5 mars. Et j’avoue que le personnage, heureusement très différent de son pendant télévisuel, a fini par me séduire.

Car en réalité, Agatha m’a un peu rappelé l’Imogène de Charles Exbrayat, que j’apprécie beaucoup. Les deux femmes ont en commun leur envie de briller aux yeux de leurs contemporains et leur caractère bien trempé. Elles sont aussi deux adorables gaffeuses dont les initiatives tournent bien souvent mal.

En plus d’être amusante, Agatha Raisin est aussi assez touchante. Même si sa tricherie lors du concours de quiches est un peu limite, on finit par comprendre son geste et presque sympathiser : après tout, cette femme a passé quasiment toute sa vie à rêver des Cotswolds et, en allant enfin y vivre, elle espérait être accueillie et acceptée. Pas étonnant, donc, qu’elle tente de s’attirer les bonnes grâces (ou tout au moins l’admiration) de ses nouveaux concitoyens.

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Source

Les Cotswolds. C'est quand on voit un décor pareil qu'on comprend pourquoi Agatha décide de quitter Londres !

L’intrigue policière développée par M.C. Beaton était également très amusante à suivre. Le meurtre est assez pittoresque pour devenir intéressant (et ce n’est rien à côté du troisième tome de la série, le bien nommé Pas de pot pour la jardinière), puisque Cummings-Browne [Spoiler, sélectionnez le texte pour le lire] meurt en ingérant de la cigüe aquatique qui s’est retrouvée dans la quiche à la place des épinards auxquels tout le monde s’attendait. D’ailleurs, au passage, précisons que la victime est assez abjecte : bon choix de la part de l’auteure, qui évite ainsi que l’on s’apitoie sur le sort de l’empoisonné et qui pousse le lecteur à rester concentrer sur les faits et gestes de son héroïne, Mrs Raisin.

Cette dernière, qui n’apprécie décidemment pas la tranquillité de sa retraite (pour une femme active comme elle, le calme du village est parfois déprimant) se lance dans une enquête parallèle à celle de la police, d’autant qu’Agatha se sent personnellement touchée par l’incident : après tout, c’est sa quiche (= celle qu’elle a pris la peine d’acheter à la Quicherie) qui a tué Cummings-Browne, alors pourquoi ne pourrait-elle pas s’impliquer dans la recherche de l’assassin ?

 

En bref

La quiche fatale est un cosy mystery très sympathique à lire. La vie du petit village est amusante à suivre et les (més-)aventures d’Agatha la rendent très touchante.

 

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Challenge British Mysteries

22 février 2020

Challenge British Mysteries

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Parce que les challenges, c'est la vie, et que j'adore les polars ET la littérature anglaise, je ne pouvais pas résister au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Le programme du challenge est très alléchant et, icing on the cake, un mois British Mystery est prévu entre le 1er et le 31 mars.

 

Voici les détails du challenge (très bien) expliqués par Lou : 

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Attendez-vous donc à une avalanche de billets très british ! Pour ma part, j'ouvrirai les festivités avec Imogène (l'héroïne de Charles Exbrayat) et Agatha Raisin. 

Pour ceux d'entre vous qui seraient tentés par une participation, rendez-vous sur les blog de Lou et Hilde, sur leurs comptes Instagram (par ici pour celui de Lou ; par là pour celui de Hilde) ou sur la page Facebook consacrée au Challenge

 

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Juste une trêve, Gaëlle Pennec

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Juste une trêve

Gaëlle Pennec

Editions Librinova, 156 pages

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Un extrait

" M’étant donnée la peine je veux vivre sans haine
Je veux vivre sans rênes je veux vivre sans gêne
Je veux vivre sans crainte je veux vivre sans feinte " 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) De Caracas à Houston, en passant par Paris et Mennecy…

Dans ce recueil de poésie, Gaëlle Pennec met en lumière des thèmes universels : l’enfance, l’adolescence, l’amour, la passion, le temps qui passe, la lutte pour se relever parfois des coups reçus, la mère, le père…

Cet ouvrage est aussi l’opportunité d’une introspection intime partagée avec le lecteur, amené lui aussi à faire le point sur son existence passée et présente.

Porté par une écriture sensible, ce recueil nous transporte de poème en poème pour un agréable voyage de l’esprit !

 

Mon avis

La poésie contemporaine me séduit de plus en plus.

Et ce recueil de Gaëlle Pennec est très séduisant. Sa couverture sobre et très belle y est d'ailleurs pour quelque chose ! Symbole du temps qui passe, cette horloge se marie à merveille avec la nostalgie qui se dégage des poèmes de l'auteure, écrits aux quatre coins du monde.

J'ai de plus en plus d'admiration pour les auteurs contemporains qui se lancent dans la poésie (ou dans les sonnets comme Pierre Thiry). C'est un genre qui n'est plus très répandu de nos jours et qui demande certainement beaucoup plus d'efforts que la prose : calculs du nombre de syllabes acceptables, travail sur les mots afin de respecter les rimes,... Les poètes, encore plus que les autres auteurs, doivent avoir non seulement un vocabulaire très étendu, mais aussi une certaine capacité à rendre un texte "musical" (si je puis dire), à le faire "sonner" correctement à l'oreille du lecteur. Et Gaëlle Pennec relèvent ces défis avec brio !

Pour moi, deux poèmes de ce beau recueil ont été de vrais coups de coeur.

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J'ai d'abord beaucoup apprécié "J'étais hier", qui rappelle que grandir et vieillir ne devrait pas aller de pair avec la perte de l'émerveillement de l'enfance : il faut sourire, s'amuser, s'étonner comme lorsqu'on était petit ; ne pas perdre cette petite étincelle qui fait que quand est enfant, tout ce qui nous arrive est vu comme une belle aventure.

"Au nom des libertés" m'a également impressionnée. Ce poème regrette la perte de valeurs de nos sociétés modernes et le fait que, parfois, l'être humain préfère s'installer dans une vie confortable et sans risques au lieu de lutter pour ses libertés et pour ce qu'il croit juste.

Ces deux poèmes ne sont pas les seules pépites de ce recueil. De grandes émotions se dégagent de chaque texte : amour, douleur, chagrin, mélancolie, nostalgie. C'est beau et tragique à la fois, presque comme ces poésies classiques que l'on n'ose parfois pas découvrir tellement elles semblent intimidantes, mais qui ravissent l'oreille une fois que l'on a osé les aborder et que l'on en découvre les rimes délicates et soignées

Et, chez Gaëlle Pennec, les rimes sont très soignées. Courtes et percutantes, elles vont droit au but et expriment toute leur force en peu de mots. Mais quels mots ! Ils frappent l'imagination et emportent le lecteur dans un monde différent dans chaque poème. 

Au centre du recueil, "Dans une aube incertaine" présente un format qui se rapproche plus du texte en prose que du poème. C'est comme une parenthèse entre deux séries de poèmes au format plus "classique". Comme si l'auteure nous permettait de nous reposer et de reprendre notre souffle avant de nous entraîner à nouveau dans le tourbillon d'émotions que sa poésie provoque.

Dernière qualité du travail de Gaëlle Pennec, et non des moindres, les références culturelles ne maquent pas. Les allusions à l'oeuvre de Marcel Proust sont nombreuses, avec une rime "A la recherche du temps perdu" dans le poème "C'est au coeur un prénom". Un joli texte intitulé "A l'ombre de Paris en fleurs", quant à lui, rappelle "A l'ombre des jeunes filles en fleurs". Ce poème au très beau titre contient d'ailleurs une rime malicieuse ("A l'ombre des jeunes gens qui pleurent") et est très musical, avec son rythme particulier et la répétition d'une sorte de refrain : c'est comme une vielle rengaine entêtante qu'une artiste comme Edith Piaf pourrait avoir chanté. 

D'autres poèmes plus "musicaux" pointent le bout de leur nez ici et là (notamment "A s'en donner la peine" et "Je te dirai Carmen", ce dernier faisant référence à l'opéra bien connu de Georges Bizet) et d'autres références littéraires accrochent l'attention des passionnés de lecture. Il est ainsi fait mention d'une lettre écarlate (toujours dans "A s'en donner la peine"), de Louis Aragon, de Rimbaud et Verlaine (dans "J'irai en solitaire", qui nous parle aussi d'Ulysse, de Merlin et de Lancelot).

Enfin, le poème "Moi j'ai cru" m'a rappelé une lecture d'enfance : ce poème parlant de la rue Mouffetard a fait ressurgir des souvenirs du roman de Pierre Gripari, La sorcière de la rue Mouffetard et autre contes de la rue Broca

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La rue Mouffetard

Source

Un grand merci aux Editions Librinova et à Amélie Marc pour cette belle découverte, que vous pouvez retrouver sur le site Internet de l'éditeur. Il contient d'ailleurs aussi une courte biographie de l'auteure (la curieuse que je suis adore en savoir plus sur les auteurs qui lui plaisent : je suis  donc comblée !)

 

En bref

Si vous aimez la poésie, je ne peux que vous conseiller ce magnifique recueil de Gaëlle Pennec ! C'est beau, c'est mélancolique, c'est musical. Une très douce parenthèse à savourer entre deux romans.