Les Livres d'Aline

24 septembre 2016

The Home and the World, Rabindranath Tagore

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The Home and the World, Rabindranath Tagore

Titre original : Ghare Baire

Titre en français : La maison et le monde

Edition : Penguin Books

Nombre de pages : 213

 

 

 

Résumé

Bimala et Nikhil sont mari et femme depuis neuf ans déjà. Leur union est le fruit d'un arrangement entre leurs deux familles, mais les époux s'entendent bien.

Nikhil participe au mouvement « Swadeshi » et reçoit, chez lui, l'un de ses amis, qui est aussi l'un des leaders du mouvement nationaliste en question, Sandip Babu. Cet homme aux idées bien arrêtées se sent attiré par Bimala. Et l'attirance est réciproque… Nikhil remarque bien vite ce qu'il se passe entre sa femme et son ami mais ne dit rien.

 

Commentaire

The Home and the World (ou La Maison et le Monde) a été publié pour la première fois en 1916. Etonnant d'apprendre cela lorsqu'on découvre ce récit plein de modernité.

Avant de commencer ma chronique sur ce beau roman, j'aimerais vous parler du mouvement « Swadeshi », dont il est beaucoup question dans le récit de Tagore.

Le Swadeshi est l'un des nombreux mouvements non-violents par lesquels la population indienne a réagi à l'occupation anglaise. Le Bengale, où est situé l'action de La Maison et le Monde, était devenu, dès 1900, l'un des centres névralgiques du nationalisme indien. Afin de lutter contre cette tendance, le vice-roi d'Inde, Lord Curzon, a proposé la division de cette région en deux parties. La raison officielle invoqué par Curzon, était purement administrative, mais les nationalistes indiens ont rapidement compris que l'objectif réel était d'affaiblir leur mouvement.

Pamphlets, réunions publiques et boycott des produits britanniques furent alors organisés par les leaders du mouvement nationaliste.

Voilà pour le contexte politique.

La Maison et le Monde se compose de sept chapitres, chacun d'eux étant raconté par l'un des trois personnages principaux. Cela nous permet de constater l'évolution de chacun, notamment de la jeune Bimala.

Bimala commence son récit en femme soumise à l'autorité de son mari, ce dernier se montrant pourtant particulièrement doux et respectueux. Mais pour la jeune femme, l'important est de prouver son respect à son époux par des actes tels que le lavage de pieds (nous sommes au début du XXe siècle, ne l'oublions pas). Grâce au récit de Bimala, nous découvrons aussi la vie que mènent les jeunes épouses indiennes dans la demeure familiale de leur époux. Confrontée à sa belle-sœur, une femme aigrie qui passe son temps à la critique, Bimala doit subir ces brimades en silence.

Les chapitres « racontés » par Nikhil (le mari de Bimala) sont également très intéressants. Cet homme qui parle peu et qui n'agit qu'après avoir bien réfléchi aux conséquences possibles de ses actes, possède pourtant une vie intérieure très riche et un sens de l'observation très aiguisé. Ainsi, le jeune homme ne se laisse-t-il pas abuser par les excuses que Sandip invente pour justifier ses tête-à-tête avec Bimala ; très vite, Nikhil comprend que ces deux-là sont attirés l'un par l'autre. Pourtant, il se tait et observe. Il décide d'attendre et de voir venir.

Sandip, s'il est particulièrement intelligent, m'a pourtant déplu. Je ne sais pas trop pourquoi. J'ai préféré les personnages de Nikhil et de Bimala et j'ai eu du mal à comprendre ce que cette dernière pouvait bien trouver à Sandip… J'ai trouvé ce brillant orateur hypocrite et même parfois cruel. Ses discours, bien que soignés et percutants, m'ont souvent semblé creux… Passons, ce n'est pas, selon moi, le plus important.

Loin d'être uniquement la chronique d'un amour triangulaire abrité par la demeure familiale de l'un des personnages (« La Maison » dont il est question dans le titre du roman), le récit traite aussi – et même surtout – des événements agitant l'Inde. Les trois narrateurs du roman nous parlent, chacun à leur tour, de leur vision des choses et de ce qu'il se passe, non seulement dans leur communauté, mais aussi dans l'ensemble de la nation indienne (« le Monde » du titre).

C'est d'ailleurs aussi cette participation à une action nationale qui transforme Bimala. Ses discussions avec Nikhil d'abord, et avec Sandip ensuite, font d'elle une citoyenne indienne à part entière et non plus une épouse soumise.

Cette transformation de Bimala et sa volonté de participer à un mouvement nationaliste ne sont pas les seuls éléments de modernité du roman de Tagore. L'un des points essentiels se situe au niveau de la relation entre Sandip et Bimala et, plus particulièrement, au niveau de la réaction de Nikhil. Le jeune homme se demandera s'il doit plutôt laisser partir Bimala, ou demander à Sandip de quitter leur maison. Sa conscience le torture : que faire ?

A vous de découvrir la réaction de Nikhil en même temps que le reste du roman ! C'est une lecture qui se laisse savourer et qui vaut vraiment le temps qu'on lui consacre.  


18 septembre 2016

Sidney Chambers and the Shadow of Death, James Runcie

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Sidney Chambers and the Shadow of Death, James Runcie

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Titre français : Sidney Chambers et l'ombre de la mort

Edition : Bloomsbury

 

 

 

 

Résumé

Sidney Chambers est vicaire de l'Eglise anglicane à Grantchester, un petit village proche de Cambridge.

Il y mène une vie apparemment tranquille, jusqu'au jour où une femme venant d'assister à l'enterrement de son amant lui confie ses doutes : d'après elle, l'homme ne s'est pas suicidé mais a été tué.

Malgré les réticences de son ami l'inspecteur George Keating, Sidney se lance alors dans une petite enquête privée.

 

Commentaire

Avant de lire les aventures de Sidney Chambers et de Geordie Keating, j'ai découvert la série télé. Et je dois avouer que, maintenant que je peux comparer la série et le roman, j'ai une nette préférence pour ce dernier.

Les personnages sont plus sympathiques dans la version roman. Chambers, même s'il a une passion pour le whisky et le jazz et se pose beaucoup de questions (sur sa vocation, sur ses qualités de pasteur, sur la foi, etc.) est moins dissipé que dans la série télé : pas de gueule de bois qui dure trois jours ou d'accès de rage dans le roman. Il ne semble pas non plus aussi "dépressif" que son alter-ego télévisuel : malgré certains doutes sur sa propre valeur et sur autrui, il m'a paru résolument optimiste.

Même Amanda Kendall est plus sympathique ici ! Moins superficielle et plus intelligente, elle a droit à sa propre petite enquête dans les nouvelles qui composent ce roman.

Si, comme moi, vous avez visionné la série télé avant de lire le roman, les premières nouvelles ne vous prendront pas par surprise, puisqu'elles sont presque identiques même si, là aussi, le roman est plus complet et nous fournit des détails supplémentaires, à la fois sur les personnages, mais aussi sur le contexte.

D'autres nouvelles n'ont pas été transposées à l'écran et sont donc très agréables à découvrir : on peut essayer de démasquer les coupables potentiels en même temps que Chambers et Keating.

J'ai trouvé quelques similitudes entre Chambers "version roman" et les enquêtes du Père Brown, le héros de G.K. Chesterton. Tous deux sont, bien entendu membres du clergé, mais c'est plus une question d'ambiance que de personnages : dans les deux cas, on est plus dans un registre de roman policier à énigmes ou de cosy mystery que dans un polar bien sanglant. L'ambiance est également très british avec de petits détails qui permettent à tout anglophile de se sentir en terrain connu. J'ai ainsi retrouvé avec plaisir certains détails des menus composés par Mrs Maguire : Toad in the Hole, Welsh Rarebit, Shepherd's Pie et autres m'ont plu d'une fois mis l'eau à la bouche. 

Ce recueil de nouvelles avait donc tout pour me plaire. J'ai hâte de découvrir les autres volumes qui ont, bien entendu, rejoint ma PAL.

 

L'avis de Niki est par ici.

 

Extraits

" Autumn was his favourite time of year, not simply for its changing colours but for the crispness in the air and the sharpness of the light. As the leaves fell the landscape revealed itself, like a painting being cleaned or a building being renewed. He could see the underlying shape of things. This was what he wanted, he decided: moments of clarity and silence. "

 

" Sidney had never been very good at differentiating between tasks that were urgent and those which were important, and often those tasks that seemed urgent, but were not important, took precedence over the duties that were important, but not urgent. "

 

" Sometimes, I think, we are not always aware of how much we have to live with what we have done in the past. We can’t predict how these things will affect us. "

 

" First you get a dog, and then you develop a taste for wine. God knows what might happen next. "

 

" He had never taken such dislike to a man before and immediately felt guilty about it. He remembered his old tutor at theological college telling him, ‘There is something in each of us that cannot be naturally loved. We need to remember this about ourselves when we think of others.' "

 

" Introspection and self-awareness were the enemies of contentment. "

 

Fait partie de la série The Grantchester Mysteries

Tome 1 : Sidney Chambers and the Shadow of Death

Tome 2 : Sidney Chambers and the Perils of Night

Tome 3 : Sidney Chambers and the Problem of Evil

Tome 4 : Sidney Chambers and the Forgiveness of Sin

Tome 5 : Sidney Chambers and the Dangers of Temptation

 

 

 

17 septembre 2016

Le testament de Galilée, tome 1 : L’œil, Sébastien Tissandier

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Le testament de Galilée, tome 1 : L’œil, Sébastien Tissandier

Edition : L'ivre-Book

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Nous sommes tous génétiquement différents. Nos capacités dépendent de notre patrimoine génétique. Et ce n’est pas Jules Galio qui dira le contraire : il est l’assistant de recherches d’un des Professeurs les plus renommés dans le domaine de la génétique.

Mais lorsque la NASA fait appel à eux pour étudier le génome d’individus aux capacités particulières, Jules est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer : ces individus sont mystérieusement assassinés par une organisation se faisant appeler « Les Originels ».

Jules et ses nouveaux amis partent en quête des survivants, mais ce qu’il découvre est sur le point d’ébranler ses certitudes de scientifique et l’amène à se retrouver impliqué de force dans un affrontement fondé sur les travaux de Galilée il y a plus de 400 ans !

Entre amitiés, passions, trahisons et affrontements, seules les capacités pourront faire la différence ! "

 

Commentaire

Après une nouvelle orgie de polars (ça redevient une habitude, je dois encore vous parler de quelques-uns d'entre eux), j'ai eu envie de lire autre chose et je me suis attaquée à ce roman de science-fiction grâce à Kidae, qui en a fait une très belle critique sur son blog (lien plus bas) et au Café la Jasette.

Et, franchement, ce roman vaut le détour. Il est très crédible malgré les super-pouvoirs de certains personnages. Peut-être parce que les explications données par le professeur Lombard, au début du roman, sont réalistes ? J'y ai retrouvé des souvenirs de mes cours de criminologie (= grand moment de nostalgie). En tout cas, on ne se retrouve pas une seule seconde plongé dans un récit invraisemblable.

Les rebondissements sont plus que nombreux et s'enchaînent à un rythme assez soutenu, sans toutefois être trop fatigants : certaines périodes de répit sont prévues par l'auteur, qui en profite pour nous faire faire plus ample connaissance avec ses personnages.

Ces derniers sont d'ailleurs très sympathiques et on s'attache vraiment à plusieurs d'entre eux : Kurtis, Jules, Emma, McFerty, Lombard, Tom, Nikki... Ils donnent l'impression de former une grande famille que l'on aimerait rencontrer "en vrai". Et malgré les difficultés et les problèmes, ils restent soudés et s'entraident autant qu'ils le peuvent. 

L'oeil est donc un excellent premier roman, qui laisse présager une trilogie très intéressante.


L'avis de Kidae est ici.

 

Fait partie de la série Le testament de Galilée

Tome 1 : L'oeil

Tome 2 : Le parchemin

Tome 3 : L'enfant

 

16 septembre 2016

Piège pour un élu, Ian Rankin

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Piège pour un élu, Ian Rankin

Titre original : Strip Jack

Edition : Livre de poche

Nombre de pages : 410

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Lorsque Gregor Jack, jeune et brillant député, se fait surprendre dans un bordel à l'occasion d'une rafle de police, la presse à scandale est prompte à se déchaîner. Si le sémillant politicien peut compter sur le soutien du Clan, un groupe d'amis qui ne se sont jamais perdus de vue depuis les bancs de l'école, en revanche, Liz, son épouse, une riche héritière, brille par son absence. Ce qui pouvait passer pour une bouderie vire à la tragédie lorsque le cadavre de la jeune femme est retrouvé. Plus aucun doute n'est permis : quelqu'un veut la peau de Jack. L'inspecteur Rebus se retrouve alors plongé dans un univers de faux-semblants, où les paillettes cachent souvent une réalité des plus glauques. Pris entre une hiérarchie calculatrice et des subordonnés entreprenants, il mène l'enquête dans la campagne écossaise, s'ingéniant à faire tomber les masques les uns après les autres. "

 

Commentaire

Eh bien voilà : j'ai enfin découvert Ian Rankin et John Rebus. Je me le promettais à chaque billet de Niki, donc il était plu que temps.

Au départ, j'ai été assez déroutée par la personnalité de l'inspecteur Rebus. Il faut dire que je sortais de la lecture d'une trilogie de romans de Petros Markaris, et que le caractère de Rebus est très éloigné de celui de Charitos (le héros de Markaris). Ainsi, alors que le commissaire grec se montre philosophe (normal pour un Grec, me direz-vous) et fait preuve d'une certaine forme d'humour qui résiste à toute épreuve, l'inspecteur écossais semble plutôt râleur et même hargneux.

Après quelques pages, toutefois, on s'habitue à la personnalité de Rebus. Et il faut bien avouer que, quand on voit ses supérieurs hiérarchique, on comprend les accès de mauvaise humeurs de Rebus : impossible de faire preuve d'humour avec Watson et Lauderdale sur le dos !

Parlons de l'intrigue à présent. Dans ce Piège pour un élu, Rebus doit enquêter sur plusieurs fronts.

La disparition de certains livres de valeur, volés dans le bureau d'un éminent professeur d'université, lui est confiée. Parallèlement, Rebus va devoir enquêter sur la découverte de deux cadavres de femmes, qui semblent avoir été tuées par le même auteur. Et puis, officieusement, Rebus décide de s'intéresser à l'affaire qui nous est présentée dès le début du roman : la présence de Gregor Jack, un député écossais, dans une maison close dans laquelle la police a fait une descente. 

A priori, cette dernière enquête, ne devrait pas vraiment intéresser Rebus : n'est-il pas assez banal de croiser des politiciens dans les maisons closes (c'est du moins ce qui est sous-entendu au début du roman). Mais ce qui ennuie Rebus, c'est que la presse était présente lors de la descente de police : qui a prévenu les journalistes ? Le but n'était-il pas exclusivement de nuire à Gregor Jack, député très populaire dans sa circonscription ? Rebus croit à une conspiration visant à salir la réputation de Jack.

A force de creuser, Rebus va finir par trouver certains liens entre ses différentes enquêtes. Et par identifier un coupable pour le moins inattendu ! 

Le dénouement de ce polar m'a donc étonnée. Je ne m'attendais pas du tout à ce coupable et à ce mobile : Ian Rankin avait bien caché son jeu tout au long du récit...

Pour une première rencontre avec Rebus, je suis satisfaite. J'ai fini par apprécier cet inspecteur assez bourru et à la vie personnelle très compliquée. Je pense le retrouver avec beaucoup de plaisir lors de prochaines lectures des polars de Ian Rankin.

 

Le billet de Niki est ici.

 

Fait partie de la série Inspecteur John Rebus

Tome 1 : L'étrangleur d'Edimbourg

Tome 2 : Le fond de l'enfer

Tome 3 : Rebus et le loup-garou de Londres

Tome 4 : Piège pour un élu

Tome 5 : Le carnet noir

Tome 6 : Causes mortelles

Tome 7 : Ainsi saigne-t-il

Tome 8 : L'ombre du tueur

Tome 9 : Le jardin des pendus

Tome 10 : La mort dans l'âme

Tome 11 : Du fond des ténèbres

Tome 12 : La colline des chagrins

Tome 13 : Une dernière chance

Tome 14 : Cicatrices

Tome 15 : Fleshmarket Close

Tome 16 : L'appel des morts

Tome 17 : Exit Music

Tome 18 : Debout dans l'ombre d'un autre

07 septembre 2016

Pain, éducation, liberté, Petros Markaris

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Pain, éducation, liberté, Petros Markaris

Titre original : Psōmí, paideía, eleuthería

Edition : Points

Nombre de pages : 256

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" 2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés. C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté». Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable."

 

Commentaire

Avec Pain, éducation et libertéPetros Markaris nous plonge dans un avenir hypothétique : la Grèce renonce à l'euro pour revenir à la drachme.

Le chaos qui s'ensuit dans le pays est encore plus marqué que dans Liquidations à la grecque ou Le justicier d'Athènes. Le pays sombre de plus en plus et Charitos et ses collègues apprennent qu'ils ne seront plus payés pendant 3 mois.

Heureusement, Adriani, l'épouse de Charitos, a veillé à mettre un peu d'argent de côté. La famille va se serrer la ceinture (encore plus) et partager les repas car, d'après Adriani, cela coûte moins cher que cuisiner chacun chez soi.

Les rues d'Athènes sont toujours régulièrement bloquées par des manifestations en tous genres. Et, cette fois, elles sont aussi peuplées des corps d'anciens occupants de l'école Polytechnique (= protestation des étudiants contre la dictature des Colonels en 1973) qui sont assassinés.

Charitos et ses collègues pensent d'abord à des terroristes, mais l'affaire semble être plus compliquée que cela...

Cette enquête de Charitos (la troisième que je lis) est plus sombre que les autres, même si les touches d'humour sont toujours bien présentes. La politique est également toujours là : les enquêtes du commissaire semblent d'ailleurs toujours impliquer, de près ou de loin, les ministres ou des personnes ayant au moins un lien ténu avec le système politique grec.

Katérina, la fille de Charitos, occupe une place plus importante dans le récit, ce qui n'est pas désagréable, puisque cela permet de "faire le lien" avec la jeune génération grecque, qui tente de survivre malgré les difficultés rencontrées par le pays.

C'est ce qui m'a principalement marquée dans cette enquête : la vie des jeunes grecs. Il faut dire qu'elle est bien illustrée par l'auteur, puisque les jeunes sont plus présents dans ce volume que dans les deux autres : ainsi,les initiatives que certains d'entre eux mettent en place pour s'en sortir sont bien décrites et montrent que, comme le disent Katérina et Mania dans leurs émissions de radio, il y a encore de l'espoir.


06 septembre 2016

Le justicier d'Athènes, Petros Markaris

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Le justicier d'Athènes, Petros Markaris

Titre original : Peraíōsī

Edition : Points

Nombre de pages : 312

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" De la ciguë. Comme pour Socrate. Tandis que chaque jour, Athènes, paralysée par des manifestations, menace de s'embraser, un tueur sème la mort antique. Mais en ciblant de riches fraudeurs fiscaux, d'assassin il devient héros populaire. Le stopper, c'est l'ériger en martyr ; le laisser libre, c'est voir la liste de cadavres s'allonger. En bon flic, Charitos se doit de l'arrêter. En bon citoyen... "

 

Commentaire

Seconde enquête de Kostas Charitos en ce qui me concerne, et le personnage me plaît de plus en plus.

Charitos et son équipe sont confrontés à un tueur qui s'en prend aux fraudeurs fiscaux. Autant dire que, puisque la crise économique bat toujours son plein dans le pays au moment du récit, le Percepteur national (comme le tueur s'est lui-même baptisé) rencontre un franc succès populaire!

Les citoyens vont jusqu'à organiser des manifestations de soutien, tant ils sont heureux de l'aide providentielle de cet homme qui, en quelques jours à peine, fait rentrer près de 8 millions d'euros dans les caisses de l'Etat grec...

Du coup, la police, qui cherche à arrêter le tueur, n'est pas spécialement en odeur de sainteté auprès de la population.

Mais il en faut plus pour inquiéter Charitos, qui reste toujours très calme et fait son petit bonhomme de chemin. Car le commissaire travaille lentement (son supérieur le lui fait d'ailleurs remarquer), mais il est assez tenace et ne se décourage pas, même quand les ministres et vice-ministres sont mécontents de son travail. Charitos considère que les pressions politiques ne le concernent pas, en quelque sorte.

Contrairement à ce qui s'est passé lors de ma lecture de Liquidations à la grecque, je ne suis pas parvenue à identifier le coupable. Mais il faut dire que Petros Markaris ne nous donne pas vraiment d'indice, si ce n'est à la toute fin du roman.

Le côté "social" est toujours aussi développé. La crise grecque est toujours bien exploitée par l'auteur, qui cette fois illustre le désastre vécu par la population en mêlant quelques suicides aux meurtres commis par le Percepteur national.

05 septembre 2016

La Reine de la Baltique, Viveca Sten

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La Reine de la Baltique, Viveca Sten

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Titre original :  I de lugnaste vatten

Edition : Livre de Poche

Nombre de pages : 476

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Archipel de Stockholm, en pleine saison estivale : les cadavres s'accumulent, la population s'affole...

Un corps est retrouvé sur une plage de l''île de Sandhamn. L'inspecteur Thomas Andreasson est chargé de l'enquête. Habitué des lieux pour y passer toutes ses vacances, il va se voir proposé une aide bien inattendue : celle de Nora, son amie d'enfance, jeune femme d'une perspicacité redoutable.

L'été vire au cauchemar quand un second cadavre est découvert dans une chambre d'hôtel. Et si, désormais, plus personne n'était à l'abri ? 

Thomas croyait tout savoir de sa petite île paradisiaque. Il n'est pourtant pas au bout de ses lugubres découvertes... "

 

Commentaire

Il y a un petit temps déjà, j'ai visionné sur Arte une série policière suédoise qui m'a bien plu. Dans le générique est apparu le classique "adapté du roman de" et j'avais pris note des références en espérant trouver le roman en question quelque part.

J'ai finalement réussi à mettre la main sur cette Reine de la Baltique de Viveca Sten et je ne le regrette pas, d'autant qu'une chaîne de télévision belge a diffusé à son tour le téléfilm en question. Impatiente d'enfin lire ce polar, je me suis plongée dedans et j'ai donc découvert un nouvel auteur scandinave à suivre.

Ce polar suédois est de facture assez classique : comme tous les polars nordiques, le décor et les personnages sont d'abord bien présentés avant que l'auteure ne rentre dans le vif du sujet. Nous commençons donc par faire la connaissance de Thomas Andreasson et de Nora Linde (juriste dans une banque, Kidae va tout de suite comprendre pourquoi j'apprécie Nora), par découvrir Sandhamn et son importance en tant que lieu de villégiature pour les suédois.

L'environnement que nous décrit Viveca Sten est bien entendu magnifique. On dira ce qu'on voudra des auteurs scandinaves, ils ont quand même un fameux talent pour "vendre" leur pays. Je défie quiconque lit ce polar de ne pas avoir envie de passer un été à Sandhamn (avec Nora comme cuisinière, je pars tout de suite).

L'intrigue commence donc tout doucement et, sur ce point, Viveca Sten présente bien sûr de grandes similitudes avec ses confrères nordiques (Henning Mankell et Arnaldur Indridason entre autres). Parmi celles-ci, donc, le fait de prendre son temps pour présenter ses personnages et pour mettre ses intrigues en place. Mais aussi le fait de ne pas épargner ses personnages : Thomas Andreasson a, bien entendu, vécu un drame personnel qui a marqué profondément son existence.

Au niveau des meurtres, au début, le mystère semble insoluble. Mais pour un lecteur attentif, quelques indices sont semés à un endroit bien précis du texte, qui permettent de soupçonner la bonne personne. Du coup, pour une fois, j'ai trouvé le bon coupable. 

En bref, La Reine de la Baltique est un bon roman policier, que je recommanderais au fans de polars scandinaves. Il se lit rapidement malgré les nombreux détails dont il fourmille et permet vraiment de passer un excellent moment, très dépaysant de surcroît.

 

Le billet de Niki est ici.

04 septembre 2016

The Castle of Otranto, Horace Walpole

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The Castle of Otranto, Horace Walpole

Titre français : Le château d'Otrante

Edition : Penguin

Nombre de pages : 148

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Dans la province d'Otrante en Italie, vit le terrible prince Manfred. Le jour de ses noces, son fils est retrouvé écrasé par un casque majestueux et recouvert de plumes de corbeaux, présage funeste à n'en pas douter. Manfred décide alors de s'approprier la fiancée de son fils et de répudier sa femme, qui pourra déjouer ses sombres machinations ? "

 

Commentaire

Voilà un roman qui m'a donné beaucoup de mal.

Ce n'est pas tant la langue qui m'a posé problème, bien que certains mots soient en vieil anglais (ce roman datant du XVIIIe siècle, mais il est accessible si vous êtes bilingue), mais la mise en page.

En fait, chaque chapitre n'est constitué que de quelques énormes paragraphes. Même les dialogues se suivent, ce qui donne un truc du genre "As-tu tué mon fils ? Non, messire, je n'aurais pas osé. Alors qui l'a fait ? Je n'en sais rien." Et je vous assure que 150 pages à lire de la sorte, c'est loin d'être agréable.

Plusieurs fois, je me suis perdue dans les dialogues (car il n'est que rarement fait mention de celui/celle qui parle, histoire de simplifier les choses), ne sachant plus qui parlait à qui : j'étais alors condamnée à revenir cinq pages en arrière (horreur) pour reprendre le dialogue dès le début (horreur bis) afin de comprendre qui jase à qui et sans être certaine d'y parvenir (horreur ter).

Je suppose que je n'ai donc pas besoin de vous expliquer plus en détail pourquoi je suis un peu passée à côté de ce classique. A la fin et malgré une histoire intéressante, je n'avais même plus envie de lire ce roman, parce que je savais déjà que j'allais retomber sur des paragraphes qui feraient pâlir de jalousie Marcel Proust.

Je me dis que c'est aussi peut-être un problème d'édition, mon roman étant assez "vieux". Du coup, comme c'est un roman libre de droits, j'essaierai de le trouver sous format numérique : peut-être a-t-il été remis en page et est-il plus lisible de cette façon.

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03 septembre 2016

Les Oiseaux et autres nouvelles, Daphné du Maurier

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Les Oiseaux et autres nouvelles, Daphné du Maurier

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Titre original : The Birds and other Stories

Edition : Livre de Poche

Nombre de pages : 446

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Au coeur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes... On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d'oeuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommier à forme étrangement humaine, ou d'une ouvreuse de cinéma qu'un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance..."

 

Commentaire

Après quelques déceptions au niveau lectures, j'enchaîne les bonnes découvertes (ouf).

Les Oiseaux et autres nouvelles est ma première incursion, très réussie donc, dans l'oeuvre de Daphné du Maurier.

La nouvelle titre a inspiré Alfred Hitchcock, et pourtant le film et le récit ne pourraient être plus différents l'un de l'autre. Le suspense est tout aussi présent dans le texte de Daphné du Maurier : on sent la tension des personnages monter avec la marée qui ramène les oiseaux vers les terres. Mais les personnages semblent plus réalistes ce qui rend les attaques d'oiseaux encore plus inquiétantes.

Le pommier, la seconde nouvelle, est un vrai coup de coeur. Il y est question d'un homme, devenu récemment veuf et qui, mentalement, associe la forme d'un vieux pommier de son jardin à celle de sa défunte épouse. Le jeune pommier qui se trouve juste à côté du vieil arbre lui rappelle quant à lui une jeune fille qu'il a aimée. Au fil du temps, la paranoïa semble s'installer dans la vie de cet homme : il a l'impression que le vieux pommier lui en veut et fait tout pour l'accuser de quelque chose.

Là aussi, le suspense est bien présent et les ''liens'' développés par du Maurier entre l'épouse morte et le pommier sont très ingénieux.

Encore un baiser nous plonge, une fois de plus, dans un certain suspense, mais aussi dans le traumatisme de la guerre. Des aviateurs sont tués, probablement par une femme, et la police recherche activement la coupable. Malheureusement pour lui, le héros de cette nouvelle a peut-être croisé son chemin...

Le vieux est une nouvelle étonnante. Je ne vais pas vous la résumer, afin de ne pas gâcher le plaisir des lecteurs potentiels, mais je peux vous assurer que la fin de ce court récit prend vraiment par surprise ! Je ne m'attendais certainement pas à un tel dénouement, surtout après les deux premières nouvelles.

Mobile inconnu est probablement ma nouvelle préférée. Construite comme un petit roman policier (ce qui explique pourquoi j'ai autant apprécié...), elle nous fait suivre les pas d'un détective privé chargé d'enquêter sur le suicide de Mary Farren. Bien sûr, si vous êtes habitués aux romans policiers, le dénouement de cette nouvelle ne sera pas un mystère pour vous, puisque les démarches du détective permettent de comprendre, presque avant lui, ce qui s'est passé. Mais la nouvelle est bien écrite et fait honneur à l'imagination de l'auteur.

Le petit photographe est une nouvelle assez cruelle. La marquise dont il est question est une femme superficielle qui s'ennuie dans son couple et qui souhaiterait mettre un peu de piment dans sa vie en vivant une aventure amoureuse comme celle de ses amies. Elle va donc prendre un amant comme un enfant prend un jouet, pour s'amuser, mais les choses ne vont pas se passer comme elle l'espérait. 

Sans être une déception (loin de là), c'est cette nouvelle que j'ai le moins apprécié. La marquise est bien trop insupportable à mon goût mais, heureusement, la ''punition'' la guette au tournant...

Enfin, Une seconde d'éternité est un bon suspense psychologique. Le personnage principal, Mme Ellis, vit une existence réglée comme une pendule. Après le déjeuner, elle part se promener (comme tous les jours). Mais quand elle revient, elle ne reconnaît plus sa maison et remarque que des inconnus s'y sont installés pendant sa brève absence. Mme Ellis finit au poste de police et là, personne ne semble la reconnaître...

Cette ultime nouvelle est très bien écrite, et on se demande vraiment ce qu'il a bien pu arriver au personnage principal. Le dénouement est une fois de plus très inattendu.

Je suis définitivement conquise par la plume de Daphné du Maurier, qui rejoint en un roman à peine, le groupe de mes auteurs préférés. Il ne me reste donc plus qu'à fouiller dans ma PAL afin d'y trouver ses autres romans, que j'ai hâte de lire.

 

Extraits

" Le frémissement, la vibration des ailes avait cessé. Il dégagea sa tête de la couverture et regarda autour de lui. La lumière froide et grise du matin éclairait la chambre. L'aube et la fenêtre ouverte avaient rappelé au-dehors les oiseaux vivants ; les morts gisaient sur le plancher. Nat, horrifié, regarda les menus cadavres. Il n'y avait là que de tout petits oiseaux, une cinquantaine, peut-être, jonchant le sol. Il y avait des rouge-gorges, des pinsons, des passereaux, des mésanges, des alouettes, oiseaux qui généralement restent entre eux, dans leurs domaines, et voici qu'ils s'étaient rassemblés pour le combat et s'étaient brisés contre les murs de la chambre ou bien avaient été détruits par Nat. Certains avaient perdu des plumes dans la bataille, d'autres avaient du sang — le sang de Nat — sur le bec. " (Les Oiseaux)

 

" L’Ecossais avait une théorie favorite, qu’il se plaisait à exposer souvent devant le directeur de son agence, selon laquelle il n’existait que très peu de gens sur terre n’ayant rien à cacher. " (Mobile inconnu)

 

" Il n'y avait point de vent, et les autres arbres ne bougeaient pas; mais là, quelque chose frémissait, frissonnait dans les plus hautes branches, une brise venue de nulle part et qui mourait aussitôt. Tout à coup, une branche tomba du pommier sur le sol. c'était la branche basse aux petits boutons bruns qu'il n'avait point voulu toucher. Aucun bruissement, aucun signe d'agitation ne venait des autres arbres. Il continua à regarder la branche gisant dans l'herbe sous la lune. Elle était étendue en travers de l'ombre du jeune arbre, tout près de celui-ci et semblait le désigner d'un doigt accusateur.

Pour la première fois de sa vie, aussi loin qu'il lui en souvenait, il tira les rideaux devant la fenêtre pour ne pas laisser entrer la lumière de la lune. " (Le pommier)

 

" Personne ne la regardait, personne ne prêtait attention à elle. Chacun était plongé dans ses propres affaires, ses propres soucis. les gens allaient à leur travail ou rentraient chez eux, et tandis qu'elle montait péniblement la côte qui menait à Hampstead, il parut à Mme Ellis que, pour la première fois de sa vie, elle était entièrement seule, sans amis. Elle désirait sa maison, son foyer, la consolation que lui apporterait la vue de ses objets familiers; elle voulait retrouver sa vie normale, sa vie de tous les jours qui avait été si brutalement interrompue.

Elle avait tant à faire, tant de choses à ranger, à arranger aussi. mais elle ne savait pas par où commencer, à qui s'adresser pour obtenir de l'aide.

"Je voudrais tant que tout soit comme avant ma promenade , hier, pensa Mme Ellis, le dos douloureux. Je veux ma maison, je veux ma petite fille. " (Une seconde d'éternité)

 

" En plus, il commençait à pleuvoir, pas fort, juste assez pour qu'on s'en aperçoive et qu'on ait envie de remonter son col, et on était tout au bout d'une grande rue large avec, de chaque côté, des boutiques fermées et pas éclairées, le bout du monde, quoi, et c'est vrai qu'il ya avit une côte qui montait sur la gauche et, au pied de la côte, un cimetière. J'apercevais les grilles et les tombes blanches derrière, et ça s'étendait loin, presque jusqu'à mi-chemin de la côte.

"Eh bien...que je dis, c'est cet endroit-là que vous pensiez?

-Peut-être bien" , qu'elle fait en regardant d'un air distrait par-dessus son épaule, puis la voilà qui passe son bras sous le mien. " (Encore un baiser)

 

" Le vent n'est pas tombé avant le mardi; ce jour-là, je suis retourné à la plage. Y avait plein partout de varech, de bois d'épave, d'huile et de goudron. c'est toujours comme ça après l'ouragan d'est. Je regardai le lac, vers la baraque du Vieux, et je l'ai vu là, avec sa dame, juste au bord. Mais pas trace des enfants.

J'ai trouvé ça un peu drôle et j'ai attendu en pensant qu'ils allaient peut-être venir. Ils ne sont pas venus. " (Le vieux)

 

" Les verres foncés de ses lunettes assombrissaient le paysage. La mer, naturellement d’un bleu de pervenche, lui paraissait presque pourpre, et le sable pâle s’était transformé en un brun verdâtre. Les fleurs luxuriantes, dans leurs pots, avaient quelque chose d’exotique. Tandis qu’elle se penchait au-dessus du balcon, la chaleur du bois brûla ses mains. A nouveau, la fumée d’un cigare flotta jusqu’à elle, de quelque provenance inconnue. Un garçon apporta des verres d’apéritif à une table, sur la terrasse, et elle entendit un tintement de bouteilles. Quelque part, une voix de femme s’éleva et un rire d’homme se joignit au sien. " (Le petit photographe)

02 septembre 2016

Liquidations à la grecque, Petros Markaris

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Liquidations à la grecque, Petros Markaris

Titre original (rien que pour Niki) : Līxipróthesma dáneia

Edition : Points

Nombre de pages : 351

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" À Athènes, plusieurs membres de l'élite financière sont décapités. L'assassin couvre la ville de tracts exhortant les Grecs à ne pas payer leur dette aux banques. Le pays s'enfonce dans la crise: les salaires fondent, les commerçants ruinés se défenestrent... Le commissaire Charitos doit au plus vite confondre ce "Robin des banques" que la population exaspérée commence à prendre en sympathie. "

 

Commentaire

Ce polar est bien plus qu'un polar et devrait plaire même à ceux d'entre vous qui n'ont pas l'habitude de lire des romans policiers.

Nous y découvrons les enquêtes de Kostas Charitos, un commissaire grec aux prises avec un tueur de banquiers. Etant donné les difficultés financières des citoyens grecs, de tels meurtres prennent une dimension tout à fait particulière.

Car le roman se déroule en pleine crise économique, et la population souffre : les salaires et pensions de retraites sont diminuées, l'âge du départ à la retraite est augmenté (ce qui n'arrange pas Charitos), les faillites se multiplient et certains se suicident... On est donc dans une ambiance tout à fait réaliste, qui nous permet d'en apprendre plus sur la vie au jour le jour dans le pays, où règnent la débrouille et, heureusement, l'entraide.

Au début donc, ce polar peut surprendre : meurtres sur fond de politique et d'économie, c'est quand même une combinaison peu courante en termes d'intrigue policière. Mais Markaris s'en sort parfaitement bien, grâce à un élément essentiel : l'humour

Loin de s'apitoyer sur eux-mêmes, les personnages sont tous très ironiques et s'amusent quand même un peu de leur propre situation. D'ailleurs, Charitos m'a fait tellement rire à certains moments, qu'il m'a rappelé Toby Peters, le héros récurrent de Stuart Kaminsky (gros éloge venant de moi, puisque je suis une fan inconditionnelle de Peters).

L'intrigue en elle-même est également très intéressante. Et le coupable facile à identifier, car Markaris nous donne quelques gros indices à plusieurs endroits du roman...

Tout compte fait, même si trois volumes des enquêtes de Charitos sont venus s'ajouter à ma PAL de l'été, je ne m'en plains pas : c'est une excellente découverte

 


Extraits

" Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? - Bertolt Brecht, L'Opéra de quat' sous "


" Un Grec sur deux rêve de prendre sa retraite pour semer le champ de son grand père. Oui, mais le moment venu il s'aperçoit que le champ ne peut être transféré à côté de son appartement et ile le laisse là où il est. "


" - Tu sais pourquoi tu es le plus intelligent ici ? lance t-il en guise de bonjour
- Celle-là je l'entends pour la première fois. Je t'écoute.
- Parce que tous les autres sont des crétins. Tu es le plus intelligent par élimination. "