Les Livres d'Aline

14 avril 2018

Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy

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Les charmes discrets de la vie conjugale, Douglas Kennedy

Titre original : State of the Union

Edition : Pocket

Nombre de pages : 600

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Pour ses intellectuels de parents, Hannah Buchan est une vraie déception. A vingt ans, au lieu de grimper sur les barricades et de se fondre dans l'ébullition sociale des années soixante-dix, elle n'a d'autre ambition que d'épouser son petit ami médecin et de fonder une famille. Installée dans une petite ville du Maine, Hannah goûte aux charmes très, très discrets de la vie conjugale. C'est alors que le hasard lui offre l'occasion de sortir du morne train-train de son quotidien : malgré elle, Hannah va se rendre complice d'un grave délit. Trente ans plus tard survient le 11 septembre, et avec lui le temps du doute, de la remise en question, de la suspicion. Le passé de Hannah va resurgir inopinément. Et du jour au lendemain son petit monde soigneusement protégé va s'écrouler... "

 

Mon avis

Voilà un roman de Douglas Kennedy que j'ai beaucoup apprécié !

Le récit se déroule en deux parties. La première partie nous décrit la vie d'Hannah durant les années 70, alors qu'elle n'est qu'une toute jeune fille à peine diplômée de l'université du Vermont. Durant la seconde partie, on retrouve Hannah, son mari et ses enfants durant les années 2000. Les années ont passé et les personnages ont forcément évolué.

Et c'est justement cette évolution qui est agréable à suivre. 

Lorsqu'on rencontre Hannah, elle est encore très jeune et a de nombreux rêves. le principal d'entre eux est d'effectuer un séjour à Paris afin d'améliorer sa connaissance du français. Mais Hannah rencontre Dan et les projets du jeune homme, étudiant en médecine, vont prendre le pas sur ceux de la jeune femme. Les deux jeunes amoureux se marient et s'installent bien vite dans une routine qui ne plaît pas trop à Hannah. Cette dernière se rend en effet bien vite compte que la vie qu'elle mène avec Dan n'est pas en tous points conforme à ce qu'elle espérait...

Cette partie du roman nous permet d'en apprendre plus sur les divers personnages. On fait la connaissance de Dan qui, loin d'être le petit ami parfait qu'Hannah imaginait semble assez égoïste. Sa jeune épouse doit se plier à ses désirs et le suivre dans tous ses projets en oubliant les siens : Hannah n'est là que pour élever Jeff (le fils qu'elle a eu avec Dan) et tenir le ménage du jeune médecin.
On rencontre également les parents d'Hannah qui, entre nous, ne valent pas mieux que Dan. Le père d'Hannah est tout aussi égoïste que son gendre et va d'ailleurs placer sa fille dans une situation plus que délicate. Quant à la mère d'Hannah, que dire ? Les mots "manipulatrice" et "mauvaise mère" semblent beaucoup trop faible pour décrire cette femme, ça vous donne une idée...

Mais loin d'être désagréable, ce mélange de personnages aux caractères tout à fait opposés fonctionne à merveille. Les difficultés relationnelles entre Hannah et son entourage rendent l'histoire de la jeune fille encore plus intéressante à suivre.

Dans la seconde partie, on suit une Hannah plus âgée. La petite cinquantaine, elle est toujours mariée à Dan (qui est devenu un orthopédiste respecté) et est maman de deux grands enfants (Jeff ayant eu une petite soeur). Hannah semble "rangée", elle a apparemment respecté le voeu qu'elle a fait à la fin de la première partie (non, non, je ne vous en dirai pas plus) et avoir accepté sa vie de femme de médecin. Elle est même devenue professeur, comme elle le souhaitait.

Mais la "disparition" de sa fille après une énième relation amoureuse ratée va précipiter les événements. Et ces Charmes discrets de la vie conjugale dont Douglas Kennedy nous parle dans le titre vont voler en éclats : le passé d'Hannah la rattrape et ce qu'elle a mis si longtemps à construire commence lentement à se fissurer... Tout ça à cause d'une sale gamine devenue une adulte névrosée puisque, honnêtement, la fille d'Hannah et de Dan est assez... spéciale (pour ne pas dire complètement cinglée --> ceux qui l'ont lu et qui ont suivi les péripéties de sa relation avec un médecin marié comprendront ce que je veux dire).

Bref, ces charmes discrets sont loin d'être de tout repos, mais ils sont particulièrement intéressants à suivre. Douglas Kennedy remonte (enfin) dans mon estime ;-)

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25 mars 2018

A Little Life, Hanya Yanagihara

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A Little Life, Hanya Yanagihara

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Titre français : Une vie comme les autres

Edition : Picador

Nombre de pages : 720

 

 

 

Résumé

Malcolm Irvine, Jude St Francis, Willem Ragnarsson et Jean-Baptiste « JB » Marion se rencontrent à l’université. Les quatre jeunes garçons partagent une chambre sur le campus et deviennent amis. 

Mais Jude cache beaucoup de secrets. Il semble avoir vécu une vie assez malheureuse, et l’amitié des trois autres ne l’aide pas à oublier son passé.

Durant plusieurs décennies, Jude va mettre la fidélité de ses amis à rude épreuve.

 

Mon avis

Gros coup de coeur de l'année 2017 !!

Avec A Little Life, Hanya Yanagihara nous fait passer par toutes les émotions.

Je n’ai jamais lu un roman aussi intense. D’une page à l’autre, on passe de la joie à l’horreur, du calme à la tempête. Et, loin d’être déstabilisante, cette succession d’émotions les plus diverses est, au contraire, parfaitement en phase avec les histoires qui nous sont racontées.

Toutes ces émotions viennent de Jude et de l’histoire dramatique qui est la sienne. On rencontre le jeune homme et ses amis alors qu’ils sont à peine âgés d’une vingtaine d’années et, déjà à ce moment, on constate que Jude n’a pas eu une vie aussi simple que celle de ses amis. Même si JB a grandi sans père, si Malcolm a des difficultés avec ses riches parents et si Willem est orphelin, leurs problèmes ne sont rien par rapport à ceux de Jude. 

Peu à peu, des pans de l’histoire de Jude nous sont révélés. Ces passages sont durs et cruels. Ils sont aussi extrêmement réalistes et permettent de mieux comprendre les réticences que Jude éprouve à l’idée de se confier même à ses amis les plus proches : le jeune homme n’a pas envie d’être perçu comme un handicapé et d’être pris en pitié, lui qui s’est tant battu pour « y arriver ».

Mais A Little Life ce n’est pas seulement une histoire triste. Même si le roman est empreint de mélancolie et si la fin est assez dramatique, les moments de joie sont nombreux, eux aussi et ils sont aussi intenses que le reste du roman.

Plusieurs passages du roman sont également très marquants du fait que l’auteure nous assène quelques vérités qui, loin d’être uniquement valables pour la vie de ses personnages, le sont aussi pour les nôtres. Yanagihara parle de l’amitié, du temps qui passe, du sentiment d’impuissance que l’on peut ressentir face à son propre corps lorsqu’on est malade, des relations sentimentales ou professionnelles, de l’ambition… Et elle le fait avec tellement de justesse que l’on comprend parfaitement ce que les personnages du roman peuvent ressentir : les mêmes choses que nous

Du fait de ce réalisme, A Little Life reste longtemps présent à l’esprit une fois la lecture terminée. Les différents personnages deviennent presque familiers et, plusieurs jours après avoir refermé le livre, je me suis surprise à encore penser à leur histoire. Celle de Willem, en particulier, car c’est sa trajectoire qui m’a le plus touchée.

A Little Life est l’une des plus belles découvertes de ma vie de lectrice. Je ne peux que vous le conseiller !

 

Quelques extraits

" It's often the most naturally intelligent students who have the most difficult time in their first year -- law school, particularly the first year of law school, is not really a place where creativity, abstract thought, and imagination are rewarded. In this way, I often think -- based on what I've heard, not what I know firsthand -- that it's a bit like art school. "

 

" Perhaps because of this, he felt he always knew who and what he was, which is why, as he moved farther and then further away from the ranch and his childhood, he felt very little pressure to change or reinvent himself. He was a guest at college, a guest in graduate school, and now he was a guest in New York, a guest in the lives of the beautiful and thhe rich.He would never try to pretend he was born to such things, because he knew he wasn't; he was a ranch hand's son from western Wyoming, and his leaving didn't mean that everything he had once been was erased, written over by time and experiences and the proximity of money. "

 

" But then the feeling would dissipate, and he would be left alone to scan the arts section of the paper, and read about other people who were doing the kinds of things he didn’t even have the expansiveness, the arrogance of imagination to dream of, and in those hours the world would feel very large, and the lake very empty, and the night very black, and he would wish he were back in Wyoming, waiting at the end of the road for Hemming, where the only path he had to navigate was the one back to his parents’ house, where the porch light washed the night with honey. "

 

" He will be reminded of how trapped he is, trapped in a body he hates, with a past he hates, and how he will never be able to change either. "

 

" He wanted to scream at his parents, to hit them, to elicit from them something - some melting into grief, some loss of composure, some recognition that something large had happened, that in Hemming's death they had lost something vital and necessary to their lives. He didn't care if they really felt that way or not: he just needed them to say it, he needed to feel that something lay beneath their imperturbable calm, that somewhere within them ran a thin stream of quick, cool water, teeming with delicate lives, minnows and grasses and tiny white flowers, all tender and easily wounded and so vulnerable you couldn't see them without aching for them. "

 

" But what Andy never understood about him was this: he was an optimist. Every month, every week, he chose to open his eyes, to live another day in the world. He did it when he was feeling so awful that sometimes the pain seemed to transport him to another state, one in which everything, even the past that he worked so hard to forget, seemed to fade into a gray watercolor wash. He did it when his memories crowded out all other thoughts, when it took real effort, real concentration, to tether himself to his current life, to keep himself from raging with despair and shame. He did it when he was so exhausted of trying, when being awake and alive demanded such energy that he had to lie in bed thinking of reasons to get up and try again. "

 

" Ethics and morals do, in reality, have a place in law—although not in jurisprudence. It is morals that help us make the laws, but morals do not help us apply them. "

 

" They all—Malcolm with his houses, Willem with his girlfriends, JB with his paints, he with his razors—sought comfort, something that was theirs alone, something to hold off the terrifying largeness, the impossibility, of the world, of the relentlessness of its minutes, its hours, its days. "

 

" When your child dies, you feel everything you'd expect to feel, feelings so well-documented by so many others that I won't even bother to list them here, except to say that everything that's written about mourning is all the same, and it's all the same for a reason - because there is no read deviation from the text. Sometimes you feel more of one thing and less of another, and sometimes you feel them out of order, and sometimes you feel them for a longer time or a shorter time. But the sensations are always the same.

But here's what no one says - when it's your child, a part of you, a very tiny but nonetheless unignorable part of you, also feels relief. Because finally, the moment you have been expecting, been dreading, been preparing yourself for since the day you became a parent, has come.

Ah, you tell yourself, it's arrived. Here it is.

And after that, you have nothing to fear again. "

 

" Fairness is for happy people, for people who have been lucky enough to have lived a life defined more by certainties than by ambiguities.

Right and wrong, however, are for—well, not unhappy people, maybe, but scarred people; scared people. "

 

" Things get broken, and sometimes they get repaired, and in most cases, you realize that no matter what gets damaged, life rearranges itself to compensate for your loss, sometimes wonderfully. "

 

" But these were days of self-fulfillment, where settling for something that was not quite your first choice of a life seemed weak-willed and ignoble. Somewhere, surrendering to what seemed to be your fate had changed from being dignified to being a sign of your own cowardice. "

 

" When did pursuing your ambitions cross the line from brave into foolhardy? "

10 mars 2018

La chatte sur un toit brûlant, Tennessee Williams

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La chatte sur un toit brûlant, Tennessee Williams

Titre original : Cat on a Hot Tin Roof

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Edition : 10/18

Nombre de pages : 283

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Naufragés des tempêtes matrimoniales, Brick et Margaret semblent avoir touché le fond. Véritable " scandale vivant ", Brick éteint ses angoisses à coups de whisky... Comme une chatte sur un toit brûlant, Margaret tente de ranimer leur couple... Mais le fantôme de Skipper, ami défunt de Brick et amant malheureux de Margaret, persiste à semer la discorde parce qu'il " est des sentiments que rien ne peut toucher sous peine de corruption "... "

 

Mon avis

Les œuvres de Tennessee Williams fait partie de ces lectures imposées qui m'ont totalement bouleversée.

J'ai tout de suite adoré Un tramway nommé désir, Le doux oiseau de jeunesse et La ménagerie de verre. L'intensité des émotions que Williams y dépeint est absolument étonnante.

La chatte sur un toit brûlant est d'un style très proche. On y retrouve des personnages écorchés par l'existence, qui s'aiment et se détestent, qui s'entre-déchirent et tentent de faire souffrir les autres autant qu'ils souffrent eux-mêmes.

On ne peut donc pas vraiment dire que les sujets de Williams soient très réjouissants, mais cela passe totalement inaperçu, car ce n'est pas ce qui importe le plus dans ses pièces. Ce qui est le plus marquant, outre l'intensité des émotions décrites, c'est la complexité des personnages : chacun cache bien plus que ce qu'il laissait voir au premier abord. 

A découvrir, à relire, à savourer dans toutes les langues dans lesquelles les ouvrages de Williams ont été traduits. Vous ne le regretterez pas !

03 mars 2018

Lady Barberina, Henry James

 

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Lady Barberina, Henry James

Titre original : Lady Barberina

Edition : Archipoche

Nombre de pages : 358

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Le docteur Jackson Lemon, millionnaire américain expatrié à Londres, est tombé sous le charme d'une marquise anglaise. Barberina Canterville est la dernière fille d'un lord distingué, mais quelque peu désargenté, qui hésite à recevoir un simple médecin.

Chacun, avec ses atouts et ses préjugés, pèse les avantages et les inconvénients d'une mésalliance. Mais nul ne songe à connaître l'avis de « lady Barb ». La jeune femme, « dont le caractère, comme la silhouette, semblait avoir été formé par des chevauchées dans la campagne », est-elle vraiment prête à s'installer à New York ?

Henry James, dans Lady Barberina (1884), ironise sur les a priori des sociétés américaine et britannique. Ce court chef-d'oeuvre est ici complété de deux nouvelles, Les Raisons de Georgina (1884) et Dans la cage (1898), dont les héroïnes sont l'épouse anglaise d'un militaire de Brooklyn et une télégraphiste new-yorkaise trop imaginative. L'ironie subtile et l'inspiration transatlantique du maître de la nouvelle y font merveille. "

 

Mon avis

Lady Barberina, la nouvelle qui donne son titre à ce roman est un merveilleux portrait de société. Henry James y oppose les Anglais aux Américains, et l'on comprend tout de suite que, bien que proches, ces deux civilisations n'ont rien pour s'entendre. Lady Barb, totalement dépaysée, déteste tout de suite l'Amérique (au contraire de sa jeune soeur, qui s'y sent plus libre qu'en Angleterre) et son époux, Jackson, ne comprend pas ses réticencesChacun campe sur ses positions et ne semble vouloir tenter de s'adapter à l'autre. Les préjugés des deux sociétés sont mis en évidence par Henry James : les Anglais considèrent les Américains comme des rustres sans éducation et sans élégance ; tandis que les Américains voient les coutumes Anglaises comme de vieilles manies dont il faudrait se débarrasser au plus vite.

Comme on peut s'en douter, la vie conjugale du jeune couple Lemon s'en ressent et la cohabitation n'est pas de tout repos...

Les raisons de Georgina met en scène une femme extrêmement étrange, dont on ne comprend pas réellement les motivations. Pourquoi Georgina épouse-t-elle son officier de marine et a-t-elle un enfant avec lui ? Ce n'est pas comme si elle était follement amoureuse... En réalité, on a plutôt l'impression d'être face à une héroïne qui se laisse porter au gré du vent, mais qui ne prend pas vraiment de décisions mûrement réfléchie, sauf à la toute fin de l'histoire.

Enfin, Dans la cage met en scène une jeune fille qui, parce qu'elle lit et apprend presque par coeur les télégrammes de la bonne société londonienne, a tendance à se prendre pour l'une d'entre eux. Elle finira même par utiliser les informations ainsi récoltées pour affirmer sa domination sur l'un de ses habitués. 

J'ai apprécié me replonger dans l'oeuvre de James. C'est toujours un plaisir de retrouver son analyse psychologique de personnages qui, tous, semblent avoir une faille dans leur personnalité. Certains sont manipulateurs, d'autres ont tendance à se laisser aller, et d'autres encore ont une imagination bien trop active. 

La psychologie n'est pas le seul point fort de ce recueil de nouvelles : j'ai également beaucoup apprécié l'opposition Angleterre-Etats-Unis, constante tout au long des trois récits repris dans cet ouvrage. Après tout, Henry James est né en Amérique mais a grandi en Europe : il connaît donc bien le sujet et n'hésite pas à "appuyer" sur l'incompréhension mutuelles entre ces deux civilisations. 

Et, en plus, chose inattendue, quelques touches d'humour apparaissent plusieurs fois dans Lady Barberina (franchement, de la part de James, je ne m'y attendais pas).

Ce roman était donc une belle surprise et je compte bien continuer ma découverte des oeuvres de l'auteur.

 

Les Bingos du Café la Jasette

Bingo Vert - Copie

Auteur américain

 

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23 février 2018

Tell the Wolves I'm Home, Carol Rifka Brunt

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Tell the Wolves I'm Home, Carol Rifka Brunt

Titre français : Dites aux loups que je suis chez moi

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Edition : Pan MacMillan

Nombre de pages : 355

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" 1987. Une seule personne comprend June Elbus, 14 ans : son oncle, le célèbre peintre Finn Weiss. Timide et pas vraiment proche de sa grande soeur, June ne peut être elle-même qu'avec Finn, son parain, son confident et son meilleur ami. Lorsque Finn meurt, beaucoup trop jeune, et d'une maladie que sa mère évoque à peine, le monde de June s'écroule. Mais la mort de Finn est l'occasion pour June de faire connaissance avec quelqu'un qui l'aidera à faire son deuil et l'amènera à remettre en question ce qu'elle pense savoir de Finn, de sa famille et d'elle-même.

Aux funérailles de Finn, June remarque un homme étrange, caché au milieu de la foule. Quelques jours plus tard, elle reçoit un paquet dans lequel se trouvent la superbe théière de Finn et un mot de Toby, l'étranger présent aux funérailles de Finn. Toby lui demande de le rencontrer. En passant du temps avec lui, June réalise qu'elle n'est pas la seule à ne pas pouvoir vivre sans Finn et que cet ami inattendu auquel elle doit apprendre à faire confiance pourrait être celui dont elle a le plus besoin ".

 

Mon avis

Tell the Wolves I'm Home est le meilleur roman que j'aie lu depuis A Little Life, d'Hanya Yanagihara. Ce qui n'est pas peu dire, puisque ce dernier a été mon énorme coup de coeur de 2017 (je vous en parle très bientôt).

Dans ce roman jeunesse, nous suivons l'histoire de June Elbus, une jeune ado de 14 ans dont l'oncle Finn vient de mourir du SIDA. L'intrigue se déroule dans l'Amérique du milieu des années 80, et la maladie en question (tout comme l'homosexualité, d'ailleurs) est encore un tabou que l'on n'évoque qu'à demi-mot, voire pas du tout.

La vie de June est donc pleine de non-dits : on ne parle presque pas de la maladie de son oncle, et surtout pas de son compagnon, Toby, accusé par toute la famille Elbus d'avoir refilé le SIDA à Finn. Or, on sent tout de suite que June a besoin de parler et de savoir exactement ce qu'il se passe dans sa famille. 

En fait, on peut dire que la famille Elbus est assez dysfonctionnelle. Les parents, tous deux comptables, se consacrent entièrement à leur travail et sont rarement à la maison. Et Greta, la soeur aînée de June, est une véritable peste : jalouse et ne supportant pas la pression que sa mère lui inflige (Greta doit réussir pour que maman Danni soit fière d'elle --> vous voyez le tableau), elle se venge sur sa petite soeur.

De ce fait, lorsque Toby décide de prendre contact avec June, cette dernière décide de braver tous les interdits et de le rencontrer. Avec Toby, June a l'impression de retrouver un peu de Finn et, même si la relation avec le compagnon de son oncle n'est pas toujours facile (là aussi il y a des tensions et de la jalousie qui s'immiscent), on voit se développer une belle histoire d'amitié

Auprès de Toby, June va en apprendre plus sur son oncle, mais aussi sur sa famille et sur elle-même : tout ce qu'elle croyait savoir au sujet d'elle-même ou de ses parents va se retrouver mis en pièces et elle va devoir s'adapter à ces nouvelles informations, ce qui n'est pas simple pour une fille de son âge. Au final, certaines vérités, cachées depuis des années, vont refaire surface, non sans mal. Et tout cela va faire grandir June, qui évolue sous nos yeux.

J'ai adoré la plupart des personnages de ce roman (sauf Greta et sa mère, qui étaient insupportables), mais mes deux préférés sont les héros de l'histoire : June et Toby. Ce dernier est totalement loufoque mais, finalement, on se rend compte qu'il y a une certaine logique dans sa folie.

June, quant à elle, semble d'abord très jeune pour son âge : elle se déguise et fait semblant d'être une jeune fille du Moyen âge (période de l'histoire qu'elle affectionne tout particulièrement) perdue dans les années 80. Mais, bien vite, les difficultés et les responsabilités vont la faire grandir et évoluer, jusqu'à finalement lui faire adopter certains comportements d'adulte (puisque June finit par prendre Toby en charge).

L'histoire d'amitié (presque d'amour) qui se met lentement en place sous nos yeux est vraiment bien écrite par l'auteure et on y croit de bout en bout. June ne se jette pas immédiatement au cou de Toby parce qu'il était le compagnon de son oncle adoré : elle se méfie, ne lui fait pas tout de suite confiance et ne se livre pas. Toby, de son côté, semble mal à l'aise. C'est seulement petit à petit que ces deux-là vont s'apprivoiser mutuellement, à travers les souvenirs qu'ils gardent de Finn.

Tell the Wolves I'm Home est un roman triste et mélancolique, mais aussi optimiste. Il nous apprend que tout est possible et que l'on peut toujours évoluer si on en a le courage. Et il nous parle d'amitié, d'amour et d'art. Que demander de plus ?

P.S. : n'hésitez pas à le lire en V.O. le niveau de langue n'est pas insurmontable et l'original est bien plus fluide que sa traduction.

 

Quelques citations

" I really wondered why people were always doing what they didn't like doing. It seemed like life was a sort of narrowing tunnel. Right when you were born, the tunnel was huge. You could be anything. Then, like, the absolute second after you were born, the tunnel narrowed down to about half that size. You were a boy, and already it was certain you wouldn't be a mother and it was likely you wouldn't become a manicurist or a kindergarten teacher. Then you started to grow up and everything you did closed the tunnel in some more. You broke your arm climbing a tree and you ruled out being a baseball pitcher. You failed every math test you ever took and you canceled any hope of being a scientist. Like that. On and on through the years until you were stuck. You'd become a baker or a librarian or a bartender. Or an accountant. And there you were. I figured that on the day you died, the tunnel would be so narrow, you'd have squeezed yourself in with so many choices, that you just got squashed. "

 

" That's the secret. If you always make sure you're exactly the person you hoped to be, if you always make sure you know only the very best people, then you won't care if you die tomorrow. "

 

" I knew the way lost hopes could be dangerous, how they could turn a person into someone they never thought they'd be. "

 

" Because maybe I don't want to leave the planet invisible. Maybe I need at least one person to remember something about me. "

 

" The sun kept on with its slipping away, and I thought how many small good things in the world might be resting on the shoulders of something terrible. "

 

" I thought of all the different kinds of love in the world. I could think of ten without even trying. The way parents love their kids, the way you love a puppy or chocolate ice cream or home or your favorite book or your sister. Or your uncle. There's those kinds of love and then there's the other kind. The falling kind. "

 

" Sometimes it feels good to take the long way home. "

 

" I needed to know that my mother understood that her hand was in this too. That all the jealousy and envy and shame we carried was our own kind of sickness. As much a disease as Toby and Finn’s AIDS. "

Les Bingos du Café la Jasette

Bingo Jaune - Copie

Un roman pour jeunes adultes


18 février 2018

La fille sous la glace, Robert Bryndza

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La fille sous la glace, Robert Bryndza

Titre original : The Girl in the Ice

Edition : Belfond

Nombre de pages : 438

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Encore marquée par la mort en service de son mari, l’inspectrice en chef Erika Foster découvre son nouveau poste dans un commissariat de Londres. Premier jour, première affaire et non des moindres : le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche industriel, a été retrouvé dans le lac gelé du Horniman Museum de Forest Hill. Que faisait la jeune femme mondaine dans ce quartier mal famé ?

Effondrée par la disparition d’Andrea, sa famille semble pourtant redouter ce que l’enquête pourrait dévoiler d’eux. Hasard ? Vengeance ? Crime passionnel ? Pour faire éclater la vérité, Erika Foster devra faire la lumière entre règne des apparences et sombres secrets. "

 

Mon avis

Rien de mieux qu'un bon polar pour bien commencer l'année !

Après plusieurs déceptions au niveau lecture, j'ai été ravie de me plonge dans un roman aussi prenant et passionnant.

On y découvre Erika Foster, qui reprend du service après la mort accidentelle de son mari, qui était policier comme elle. 
La DCI Foster est chargée d'enquêter sur le meurtre d'Andrea Douglas-Brown, une jeune fille de bonne famille qui cache pourtant bien des secrets...

La fille sous la glace nous fait découvrir de nombreuses facettes de la vie des policiers, mais aussi de la société britannique dans son ensemble. À travers les yeux d'Erika, on découvre les pressions que subit la Met (et qui entravent l'enquête), les clivages entre familles favorisées et paumées, les rapports tendus entre la presse et la police...

Tout cela donne un roman assez long (plus de 400 pages), mais on ne s'ennuie pas une seule seconde, tant le roman est bien écrit, avec juste ce qu'il faut de suspense pour tenir en haleine jusqu'à la fin. Les chapitres sont généralement courts et l'alternance entre les divers personnages (car on en suit bien d'autres qu'Erika) donne toujours envie de continuer la lecture. Vous connaissez sûrement  cette phrase mensongère qu'on se répète tous : "plus qu'un chapitre et je vais me coucher" ? Impossible de terminer un chapitre et d'aller se coucher une fois qu'on a commencé ce roman : j'ai enchaîné chapitre après chapitre et j'aurais voulu terminer ma lecture en deux heures, tant j'avais envie de connaître le dénouement de l'histoire.

Un autre bon point réside dans les personnages. Ils sont tous très réalistes et, en nous donnant de nombreux détails sur leur vie privée, l'auteur parvient à les rendre encore plus ''humains''.

D'après la note de l'auteur à la fin du roman, j'ai cru comprendre que Robert Bryndza écrit une suite aux aventures d'Erika Foster, de Peterson et de Kate Moss (oui, oui, vous avez bien lu, mais rien à voir avec la top model). J'espère que ce roman ne se fera pas top attendre, car j'ai hâte de me replonge dans l'univers de ces personnages.

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Belfond pour cet excellent moment de lecture.

 

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Site de l'éditeur

La fille sous la glace

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16 février 2018

De grandes espérances, Charles Dickens

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De grandes espérances, Charles Dickens

Titre original : Great Expectations

Edition : Livre de Poche

Nombre de pages : 608

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Élevé à la mort de ses parents, par sa redoutable soeur, Pip semble promis à l'existence obscure d'un jeune villageois sans fortune. Mais il a le priviège de vivre au milieu de créatures singulières dont l'existence seule accrédite la croyance au miracle : son beau-frère, le forgeron Joe Gargery au sourire débonnaire, Abel Magwitch, le forçat au grand coeur, émule de Jean Valjean et, surtout, la pittoresque Miss Havisham et son éblouissante protégée, Estella. Estella au nom prédestiné, dont la froide et fascinante beauté exalte et désespère tout à la fois le jeune Pip.

Les "grandes espérances" qui portent le jeune garçon ne sont pas les aspirations prosaïques de l'Angleterre victorienne, sa recherche du confort ou de la respectabilité, mais bien les puissances du rève qui nous font chercher le bonheur au-delà de la sagesse".

 

Mon avis

Ça fait un bien fou de retrouver la plume de Dickens après tant de temps sans lire cet auteur !

Il est vrai que les histoires de Dickens ne sont pas les romans les plus joyeux de la littérature anglaise, ne serait-ce que parce que le romancier traite toujours de sujets assez difficiles. Mais malgré cela, j'ai toujours trouvé un petit quelque chose d'optimiste et de léger dans sa plume et dans sa façon d'écrire. Je ne saurais pas vous expliquer ce que j'entends par là , car c'est plus une sensation ressentie à la lecture que l'identification de passages précis, mais cette sensation est bien là : tout n'est pas désespéré et il reste toujours une lueur d'espoir. De plus, Dickens n'hésite pas à faire quelques jeux de mots, et l'humour n'est donc pas tout à fait absent de ses romans.

Les aventures de Pip ne sont donc pas tout à fait désespérées. Si la vie du jeune orphelin commence très mal, vu l'extrême gentillesse de sa soeur (sans commentaire...) , son évolution est assez spectaculaire, puisque ses "grandes espérances" se réalisent lorsqu'un mystérieux tuteur décide de le prendre en charge et de lui donner une éducation de gentleman. Pip quitte alors sa condition d'apprenti forgeron et part vivre à Londres.

Pip est persuadé que le "tuteur" est en réalité la vieille Miss Havisham, qui a eu quelques bontés pour lui lorsqu'il était petit. Mais, si vous le lisez et que vous êtes moins naïf que Pip (ce qui, soit dit entre nous, n'est pas trop difficile), vous devriez bien vite deviner l'identité de ce tuteur (assez étonnante, mais très logique).

Bien entendu, cela reste du Dickens et, par moments, le récit est assez moralisateur, notamment lorsque l'auteur nous parle des défauts de Pip : une fois bien installé dans sa condition de jeune gentleman, Pip devient dépensier, assez ingrat (il oublie totalement Joe, son beau-frère et, même s'il retourne dans sa contrée d'origine, c'est uniquement pour rendre visite à Miss Havisham et à Estella, et non à la forge dans laquelle il a grandi), un peu fainéant aussi. Mais tous ces défauts seront, bien entendus, "punis" au moment où Pip s'y attend le moins. Et le jeune homme va s'amender, regretter sa mauvaise conduite et demander pardon à tous ceux qu'il a lésés --> d'où le côté moralisateur. 

Les bons sentiments affluent, donc (surtout à la fin du récit), mais ce n'est pas désagréable pour autant. Le roman est bien écrit (forcément, c'est Dickens !) et se lit avec grand plaisir. 

Ne manquez pas de vous plonger dans ce classique. Et passez par ici, afin de me dire ce que vous avez pensé de Miss Havisham (cette vieille intrigante) et si vous avez deviné l'identité du bienfaiteur de Pip.

 

Les Bingos du Café la Jasette

Bingo Bleu - Copie

 

Un classique

12 février 2018

Double exposition, Paul-François Husson

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Double exposition, Paul-François Husson

Edition : Independently Published

Nombre de pages : 140

 

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Le commissaire Tourette s’ennuie à la retraite.
Sur une brocante, il tombe sur un lot de vieux clichés de scènes de crimes. Faisant des recherches par curiosité, il découvre que les photos ne correspondent à aucuneaffaire classifiée. Ignorant s’il s'agit de meurtres factices ou s’il est réellement sur les traces de crimes impunis, il mène une enquête solitaire, personnelle, obsessionnelle. "

 

Mon avis

Seconde plongée dans l'écriture de Paul-François Husson, après La mort est dans l'pré.

J'adhère totalement à ce concept de polars courts et intenses, avec des enquêteurs atypiques et hyper intéressants à suivre.

Dans Double Exposition, on suit le commissaire Tourette (il doit ce surnom au syndrome de Tourette), qui vient de prendre sa retraite et qui s'ennuie. Lorsqu'il trouve, en brocante, une boîte de Banania pleine de photos apparemment prises sur des scènes de crime, il décide de se lancer dans une enquête officieuse, à laquelle participe, par procuration, sa femme de ménage. 

Les photos vont bien vite mener Tourette sur une piste assez sérieuse, mais vont aussi l'obliger à remettre en question une enquête qu'il a lui-même menée il y a plusieurs années. 

Tourette est un personnage très attachant, un peu seul, mais aussi assez imprévisible : il est parfois pris de pulsions qui le pousse à invectiver tout le monde (y compris lui-même). Ça ne le rend pas moins sympathique, au contraire, puisqu'il m'a rappelé le capitaine Haddock de Tintin et ses Bachi-bouzouk (et j'adore Haddock, qui est mon personnage préféré dans la série des Tintin).

L'intrigue est très prenante et nous emmène, à la suite de Tourette, dans différents endroits plus désolés les uns que les autres, et parfaitement adaptés à l'ambiance du récit.

Quant au dénouement, il est totalement inattendu (tout comme les motivations du coupable, d'ailleurs). 

Bref, si vous ne connaissez pas encore les oeuvres de Paul-François Husson, foncez vous les procurer! Double exposition est disponible ici.

 

Les Bingos du Café la Jasette

Bingo Bleu - Copie

Une lecture que vous pouvez terminer en un weekend

10 février 2018

Monsieur Kraft ou la théorie du pire, Jonas Lüscher

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Monsieur Kraft ou la théorie du pire, Jonas Lüscher

Titre original : Kraft

Edition : Autrement

Nombre de pages : 272

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

« Kraft contemple la Silicon Valley, cette vallée mystique, lieux de culte étranges où naissent les créatures digitales. »

Richard Kraft, professeur de rhétorique allemand, malheureux en mariage et financièrement aux abois, est invité à participer à un concours de philosophie organisé dans la Silicon Valley. Sujet : prouver que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, grâce à la technologie. Kraft hésite, mais le prix est doté d'un million de dollars...

Le voici donc qui s'envole pour le pays des start-up, des apps et des millionnaires excentriques. Plus qu'un nouveau monde, c'est une révolution intérieure qui l'attend.

Après Le Printemps des barbares, ce nouveau roman aussi drôle que grinçant confirme le talent de Jonas Lüscher. "

 

Mon avis

Quelle surprise que ce roman de la rentrée littéraire 2017 !

Tout est bien qui commence bien, même si Richard Kraft ne semble pas mener une vie idéale. Sa vie conjugale est compliquée et sa situation financière n'est pas brillante : le professeur Kraft assume en effet deux ménages et quatre enfants en tout, puisqu'il est divorcé et remarié. Tout son salaire y passe ! Aussi n'hésite-t-il pas longtemps lorsque l'un de ses ami lui propose une participation à un concours organisé par un mécène de la Silicon Valley. Le million de dollars promis au vainqueur de ce concours fait rêver Kraft et son épouse Heike : avec une telle somme, chacun sera libre de partir vivre sa vie de son côté en oubliant ce mariage raté qui est le leur.

Mais notre (anti-)héros déchante bien vite, car le sujet du concours ("Tout ce qui est, est bien") ne le passionne pas vraiment. 

Il faut bien avouer que Kraft est à la fois pessimiste et malchanceux, deux traits de caractère qui ne le poussent pas vraiment à être d'accord avec la proposition de base du concours... Comment tout ce qui est pourrait être bien, étant donné le cours qu'a pris son existence ?

De mésaventure en quiproquo, Kraft s'emmêle de plus en plus les pinceaux et ne parvient pas à rédiger l'exposé qui fera de lui un millionnaire en dollars. Il n'ose plus répondre aux coups de téléphones de Heike, restée en Allemagne, et s'appesantit sur son passé, tentant de comprendre pourquoi il bloque sur une proposition de départ aussi simple que celle proposée par l'organisateur du concours.

Jonas Lüscher nous décrit, dans ce roman, des personnages très humains, qui rencontrent des problèmes de tous les jours. Et, après une longue plongée dans de la fantasy (je sortais de ma lecture des Cités des Anciens de Robin Hobb lorsque j'ai découvert ce roman), j'ai trouvé agréable de renouer avec une histoire plus terre-à-terre.

De plus, l'ironie et l'humour noir sont au rendez-vous, ce qui n'était pas pour me déplaire. J'ai retrouvé, chez Lüscher, un petit peu de ce mordant que j'avais déjà rencontré dans Quelle famille de Will Sharpe (encore une lecture dont je dois vous parler).

Du fait de ce côté assez humoristique, la fin du roman m'a totalement prise par surprise. Avec Kraft, je m'attendais à tout... sauf à ça ! 

Un grand merci à Babelio et aux Editions Autrement pour cette découverte.

 

Pour découvrir ce roman, c'est par ici.

 

Babelio-logo-2

Autrement

Site de l'éditeur

06 février 2018

La mort est dans l'pré, Paul-François Husson

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La mort est dans l'pré, Paul-François Husson

Edition : Independently published

Nombre de pages : 171

 

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Après deux thrillers remarqués, Paul-François Husson invente le concept de LIVE NOVEL en ligne. A l'instar des feuilletons de jadis, après 78 jours d'écriture sur la page Facebook La Mort Est Dans L'pré, 78 publications écrites au jour le jour, likées et partagées par centaines, voici ce polar rustique dans son intégralité . " À la suite d’une bavure, le lieutenant Rachida est mise en congés. Célibataire solitaire et cynique, déchirée entre ses origines et la France, Rachida part mûrir sa dépression dans la Creuse. La découverte d’une carcasse de voiture accidentée réveille ses réflexes d’enquêtrice. Son intuition la mène à imaginer une série de meurtres liés à un ex candidat de L'amour est dans le pré, mais personne ne prend son délire au sérieux. Lorsque Rachida apprend que ce même homme tente une Seconde Chance cette saison, elle décide de lui écrire, espérant être choisie pour participer à l’émission..." 

 

Mon avis

Avec ce "Live Novel", Paul-François Husson fait redécouvrir à ses lecteurs un style oublié : celui des romans publiés sous forme de feuilletons

Le concept est né sur Facebook, où l'auteur a publié, pendant 78 jours, des parties de ce polar.

Et quel polar ! 

On y découvre Rachida, une flic algérienne au caractère bien trempé, qui se retrouve en congé forcé. Mais la jeune femme, passionnée par son travail, ne parvient pas à décrocher et finit par se lancer dans une enquête officieuse concernant la mort de deux jeunes femmes également prénommées Rachida.

L'une de celles-ci a participé à l'émission de télé-réalité "L'amour est dans le pré" (d'où le titre de ce roman) et Rachida (notre policière) suspecte le candidat fermier. Elle se lance donc à son tour dans l'aventure de l'émission, espérant séduire le fermier Jeannot et, par la même occasion, fouiller la ferme pour y découvrir une trace de la présence de l'une des deux victimes.

On ne s'ennuie pas une seule seconde durant la lecture de ce court polar. Le scénario est très bien ficelé, les événements s'enchaînent à une vitesse folle et Rachida est une héroïne particulièrement intéressante. Le mobile du coupable est assez "psychologique", dans le bon sens du terme : on s'attend à quelque chose de très simple (du genre meurtre passionnel ou sexuel) et, au final, on se retrouve avec un dénouement complexe et un coupable pour le moins inattendu...

Je me lance tout de suite dans Double exposition, du même auteur. La quatrième de couverture promet un polar tout aussi passionnant que celui-ci.

 

Un grand merci à Paul-François Husson pour cette découverte !

Si vous voulez lire un extrait de ce polar, c'est par ici.