Les Livres d'Aline

26 novembre 2016

The Corfu Trilogy, Gerald Durrell

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The Corfu Trilogy, Gerald Durrell

Titre français : La trilogie de Corfou

Edition : Penguin Books

 

 

 

 

Résumé

Gerald Durrell nous raconte son enfance passée à Corfou avec sa mère, ses deux frères et sa soeur... ainsi qu'avec leur chien, Roger et toute une ménagerie réunie par les soins du jeune Gerald. Passionné d'entomologie (et même de zoologie en général étant donné son amour pour tous les animaux), le jeune Gerald s'en donne à coeur joie sur l'île : il observe des araignées, des scorpions, adopte des tortues et des pigeons et fait la connaissance de Théodore, un jeune homme qui partage ses centres d'intérêts.

 

Commentaire

Quelle belle histoire que cette autobiographie de Gerald Durrell ! Non seulement l'humour et la douceur y sont bien présents mais, en plus, il s'en dégage un amour de la nature et des animaux qui fait plaisir à lire.

Durrell nous décrit ses jeunes années d'une façon très douce : il donne vraiment l'impression d'avoir passé des années tout à fait idylliques à Corfou. On ressent réellement, à plusieurs reprises, cette douceur de vivre qui se dégage du roman. 

Même quand il décrit ses rencontres avec les insectes les plus étranges ou les plus effrayants, Durrell parvient à passionner et à fasciner. Moi qui ai une peur atroce des araignées, je peux vous dire que j'ai pourtant adoré lire certains passage où figurent ces dames à huit pattes. Car la passion de Durrell pour les insectes et pour une vie proche de la nature est communicative ! 

En plus de cela, Durrell nous parle également de sa famille (forcément, puisqu'il s'agit d'une autobiographie). Et, là aussi, on a droit à des passages très intéressants et à des descriptions pleines d'humour. Il faut dire que la famille Durrell était apparemment composée d'une belle bande d'excentriques ! Mrs Durrell, passionnée de cuisine, semble parfois totalement dépassée face aux lubies de ses quatre enfants. Larry, le frère aîné de Gerald, aime être entouré de toute une bande d'amis/artistes tous plus originaux les uns que les autres et se plonge des heures durant dans ses livres (c'est un côté très sympathique de sa personnalité, si vous voulez mon avis). Margo, la soeur du jeune Gerald, elle est décrite comme obsédée par son apparence... et par les magazines. Enfin, le second frère de Gerald, Leslie, m'a bien fait rire : il semble nourrir une certaine passion pour les armes, mais est aussi le seul à conserver son sang froid lorsque des bébés scorpions "apparaissent" à la table de la villa des Durrell (Gerald était passé par là) : Leslie conseille en effet à sa soeur de simplement les écraser avec un livre (“‎All we need is a book,' roared Leslie; 'don't panic, hit 'em with a book”), ce que j'ai trouvé assez comique. Personnellement je n'oserais pas approcher un scorpion, bébé ou adulte, à moins de 10 mètres, alors de là à l'écraser avec un livre... Mais Leslie est apparemment très courageux.

Vous l'aurez compris, cette Trilogie de Corfou est un roman excessivement coloré et agréable à lire. Chaque nouveau chapitre promet de beaux moments de poésie, de fous rires ou d'émerveillement. Que demander de plus ?


25 novembre 2016

Frankenstein, Mary W. Shelley

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Frankenstein, Mary W. Shelley

Titre français : Frankenstein ou le Prométhée moderne

Edition : Penguin Books

Nombre de pages : 273

 

 

Résumé

Victor Frankenstein, jeune homme fasciné par l'alchimie, décide de se lancer dans une expérience sans précédent : il souhaite créer de toute pièce un être vivant. Grâce à ses connaissances, acquises à l'université et dans des ouvrages assez obscurs, le jeune homme atteint bientôt son but : une créature repoussante, constituée de différents morceaux de cadavres voit le jour. Bien vite, le "monstre" s'échappe. Le jeune Frankenstein croit en être débarrassé, mais c'était sans compter l'intelligence de la créature, qui entend bien retrouver Victor afin d'en obtenir une faveur...

 

Commentaire

Frankenstein fait partie de ces romans que l'on connaît – ou que l'on croit connaître – instinctivement. L'imaginaire collectif joue son rôle à fond quand on entend le titre de ce roman et, immédiatement, toute une série d'images nous passent par la tête rien qu'en y pensant. Mais la réalité est bien loin de ce qu'on imagine, et le roman est, à ce titre, assez surprenant.

En commençant cette lecture, on s'attend plus ou moins à un récit effrayant ou, à tout le moins, plein de suspense et de tension. Frankenstein semble être la parfaite lecture d'Halloween (j'ai d'ailleurs lu ce roman au mois d'octobre, en espérant me mettre dans l'ambiance), mais ce n'est pas le cas. En fait, le récit n'est pas effrayant du tout et il est même assez triste, par moments.

Les métaphores et pensées philosophiques sont nombreuses, avec des références à la religion, aux hommes qui se prennent pour Dieu en tentant de donner vie à d'autres hommes, à la mort, à la relation entre les êtres humains… En cela aussi, le récit est déroutant : je ne m'attendais pas, même si ce roman est un classique, à trouver tant de pensées aussi profondes dans cette lecture. Pour moi, Frankenstein était juste un roman "d'horreur", sans plus. Mais j'ai été bien surprise et j'ai trouvé, plus d'une fois, des passages que je relisais plusieurs fois, tant ils me semblaient refléter certaines vérités universelles.

Autre élément étonnant : plus d'une fois, j'ai été prise de pitié pour ce « monstre » que tout le monde, et son créateur en premier, rejette rien qu'en le voyant. Car la créature créée par Frankenstein est effrayante, et tout le monde s'enfuit à son approche… Il cherche l'amitié et ne trouve que la haine, il voudrait connaître les hommes mais doit vivre seul, car il est jugé sur son apparence, laquelle est épouvantable : animé des meilleures intentions à l'égard de certaines personnes, la créature est tout simplement haïe et rejetée.

Par bien des côtés, la créature de Frankenstein m'a rappelé Heathcliff des Hauts de Hurle-Vent. Tous deux sont rejetés et malheureux de l'être et leur mauvais caractère et leur tendance à la violence ne sont pas uniquement leur fait : ces traits de caractère sont les conséquences de la manière dont les autres êtres humains les ont traité et d'une vie passée à tenter de se faire apprécier. En vain…

18 novembre 2016

Tout est dit !

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#maPALesténormemaisj'assume #déculpabilisons

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31 octobre 2016

Le Combat de l'Epouvanteur, L'Epouvanteur tome 4, Joseph Delaney

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Le Combat de l'Epouvanteur, L'Epouvanteur tome IV, Joseph Delaney

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Titre original : The Spook's Battle

Edition : Bayard

Nombre de pages : 406

 

 

 

Résumé

A Pendle, trois conventus (des groupes de treize sorcières) semblent se rapprocher pour une cérémonie très particulière de Lammas, qui sera fêté le 1er août.

Pour l'occasion, les trois familles de sorcières de Pendle, les Malkin, les Deane et les Mouldheel, sont prêtes à oublier leurs incessantes querelles pour se réunir afin d'invoquer Satan en personne. Alors, l'obscur s'étendra sur le monde...

 

Commentaire

Thomas Ward, l'apprenti de l'Epouvanteur, et Alice, son amie sorcière, ont bien grandi dans ce quatrième tome. En fait, ce sont eux qui sont au premier plan du récit, alors que M. Gregory donne l'impression de faire peu de choses.

Il faut dire que Tom a une motivation extrêmement importante : son frère, Jack, et la famille de celui-ci ont été enlevés par les Malkin. Ces derniers ont réussi à voler, dans la ferme de Jack, les malles que la mère de Tom lui avait léguées. Ces malles contenaient, d'après elle, quelque chose qui aiderait Tom dans son combat contre l'obscur...

L'obscur. Parlons-en. Il est très présent dans ce récit. Plus désespéré que les trois premiers tomes de la série, Le Combat de l'Epouvanteur se termine également de façon beaucoup plus dramatique. L'avenir du Comté s'annonce sombre et celui de Tom encore plus.

J'apprécie de plus en plus le personnage d'Alice. Ingénieuse et courageuse, elle est pourtant toujours soupçonnée par l'Epouvanteur, qui est certain qu'elle basculera un jour du côté obscur et utilisera ses pouvoirs pour servir le mal. A-t-il raison ? A l'issue des quatre premiers tomes, j'ai du mal à y croire. Alice semble se rapprocher de plus en plus des bénévolentes, ces sorcières qui utilisent leurs pouvoirs pour servir le bien.

Un point important est également à souligner en ce qui concerne ce roman : le passé des parents de Tom semble se préciser. Quelques détails nous sont fournis, notamment sur les origines de sa mère. Cela se révèlera-t-il utile pour la suite de la série ? A suivre.

 

Extraits

" Le monde serait bien différent s'il correspondait à nos désirs. Mais ce qui compte, c'est la façon dont nous menons notre vie. "

 

" Une silhouette bossue marchait entre les arbres, ses pieds remuant les feuilles pourrissantes du dernier automne. C'était peut-être l'une de ces puissantes créatures capables de quitter la combe pour chasser. Elle venait vers nous, sans hâte. "

 

" Je devais contrôler ma peur, car c'est de la peur que l'obscur se nourrit. "

 

" Aucun d'entre nous n'est parfaitement bon ni totalement mauvais. Les uns et les autres, nous nous situons quelque part entre les deux. Il survient cependant un moment, dans la vie, où nous faisons un pas décisif, soit vers la lumière, soit vers l'obscur...Parfois, une rencontre particulière en est la cause. "

 

Fait partie de la série L'Epouvanteur

Tome 1 : L'Apprenti Epouvanteur

Tome 2 : La Malédiction de l'Epouvanteur

Tome 3 : Le Secret de l'Epouvanteur

Tome 4 : Le Combat de l'Epouvanteur

Tome 5 : L'Erreur de l'Epouvanteur

Tome 6 : Le Sacrifice de l'Epouvanteur

Tome 7 : Le Cauchemar de l'Epouvanteur

Tome 8 : Le Destin de l'Epouvanteur

Tome 9 : Grimalkin et l'Epouvanteur

Tome 10 : Le Sang de l'Epouvanteur

24 octobre 2016

Bilan de mes relectures - Harry Potter à l'école des sorciers

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Harry Potter à l'école des sorciers, J.K. Rowling

Afin de préparer dignement l'un de mes moments préférés de l'année (Halloween), j'ai décidé de me mettre dans l'ambiance avec une relecture de la saga Harry Potter

Le petit sorcier et ses amis me plaisent toujours autant. Mon volume préféré restera toujours La coupe de feu, mais ce premier tome est franchement agréable à relire, puisqu'il met en place les différents personnages et décors qui nous accompagneront tout au long des sept volumes de la saga.

L'humour est bien présent et, bien évidemment, la magie aussi - dans tous les sens du terme, puisqu'on se trouve plus d'une fois émerveillé par certaines descriptions (Poudlard, le Chemin de Traverse, la salle commune de Gryffondor, etc.). Et, ce qu'il y a de bien avec Harry Potter, c'est qu'on peut lire les sept volumes 20 fois chacun, on remarquera toujours quelque chose que l'on n'avait pas encore relevé au cours des 19 lectures précédentes. 

Pour vous donner quelques exemples, voici, en vrac, des éléments que j'ai relevés au cours de cette relecture :

  1. Non, Hermione n'est pas hyper douée pour tout. Les cours de vol sur balai lui posent quelques petits problèmes, puisque son balai ne "saute" pas aussi vite dans sa main que celui de Harry ;
  2. Pourquoi Mrs Weasley demande-t-elle le numéro de la voie du Poudlard Express à ses enfants ?? Ça fait genre 10 ans qu'elle accompagne l'un ou l'autre de ses enfants à King's Cross : a-t-elle encore besoin qu'on lui rappelle le numéro de la voie alors que, apparemment, il ne change jamais ?
  3. Franchement, ça ne m'étonne pas que tout le monde ait pris Rogue pour un "méchant" depuis le début. Il est parfois vraiment ignoble dans ce volume ;
  4. Ah, la queue de cochon de Dudley... Ce n'est évidemment pas la première fois que je la remarque, mais c'est un passage que j'adore ;
  5. Même chose en ce qui concerne les friandises que Harry et Ron mangent durant leur trajet vers Poudlard. J'attends encore avec impatience ma lettre m'annonçant que je suis inscrite à Poudlard rien que pour pouvoir goûter les fondants du chaudron et les patacitrouilles ;
  6. C'est moi ou Mme Bibine n'est pas particulièrement sympa ? En tout cas, elle a l'air assez sèche...

Voilà pour ce premier tome. Rendez-vous dans quelques jours pour le bilan de ma relecture de La chambre des secrets !


16 octobre 2016

Avant le gel, Henning Mankell

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Avant le gel, Henning Mankell

Titre original : Innan frosten

Edition : Points

Nombre de pages : 486

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Des animaux immolés par le feu, la tête et les mains d'une femme gisant près d'une bible aux pages griffonnées... Le commissaire Wallander est inquiet. Ces actes seraient-ils un prélude à des sacrifices humains de plus vaste envergure ? La propre fille de Wallander, impatiente d'entrer dans la police, se lance dans une enquête parallèle. Entraînée vers une secte fanatique résolue à punir le monde de ses péchés, elle va rapidement le regretter. "

 

Commentaire

A première vue, le résumé de ce polar semble assez gore. Il faut dire que dès qu'on parle d'animaux torturés, j'attrape des sueurs froides... Heureusement pour moi, les passages concernant ces pauvres bêtes ne sont ni trop nombreux ni excessivement détaillés.

Ce qui est surtout intéressant dans Avant le gel, c'est que l'on découvre plus en détail la personnalité de Linda Wallander et les relations qu'elle entretient avec son père.

Linda vient de terminer l'école de police et s'apprête à intégrer le commissariat d'Ystad, où elle commencera au bas de l'échelle : patrouilles consistant à ramasser les ivrognes et à les enfermer en cellule de dégrisement, intervention dans des disputes conjugales, et autres missions très (hum, hum) passionnantes. Mais son entrée en service n'est pas pour toute de suite, et Linda s'ennuie... Heureusement, elle renoue avec deux amies depuis longtemps perdues de vue : Zeba, dite "le Zèbre" et Anna Westin. 

Mais un beau jour, alors qu'elle se présente chez Anna, avec laquelle elle avait rendez-vous, Linda constate la disparition de son amie. Elle est inquiète, car cela ne ressemble pas à Anna de partir ainsi. Et puis, quelques jours avant, son amie a prétendu avoir reconnu Erik Westin, son père, à Malmö, alors que celui-ci a disparu plus de vingt ans auparavant.

Linda se lance donc dans sa propre enquête, pendant que son père cherche l'identité de celui ou celle qui a atrocement mutilé Birgitta Medberg, une géographe sans histoires. Et, bien vite, les enquêtes des deux Wallander vont se croiser, pour le plus grand malheur de l'ami Kurt, qui voudrait voir sa fille s'occuper à d'autre chose qu'une enquête criminelle durant ses vacances.

Grande nouvelle, les amis : Kurt Wallander est encore plus colérique (oui, oui c'est possible) vu par les yeux de sa fille. Linda avoue d'ailleurs plusieurs fois qu'elle a toujours été terrorisée par les sautes d'humeur et par les rugissements et hurlements divers de son père. Par contre, ce dont la jeune femme ne se rend pas vraiment compte, c'est qu'elle ressemble beaucoup à son cher papa : elle jette des objets contre les murs, perd son téléphone mobile au mauvais moment (son père tout craché, je vous le dis), rabroue tout le monde dès qu'elle est de mauvais poil et va même jusqu'à ouvrir l'arcade sourcilière de son père en lui jetant un cendrier de verre à la tête (avant de s'étaler, elle-même dans l'entrée du commissariat et de s'ouvrir la lèvre => comme quoi il y a une justice en ce bas monde). Ambiance, ambiance !

Et ce n'est pas tout. Si l'on organisait un concours du "Wallander le plus bizarre de l'année", Mona, ex-femme de Kurt et mère de Linda, remporterait haut la main la médaille d'or ! Car Avant le gel nous permet aussi d'en apprendre plus sur cette femme qui n'est qu'évoquée par Kurt dans les autres volumes. Ainsi, au gré des pensées de Linda sur ses parents, leurs disputes et leur divorce, on retiendra, en vrac, que Mona a passé son temps à fouiller les affaires de sa fille (même quand celle-ci n'avait que 7 ou 8 ans ; c'est sûr qu'à cet âge elle risque de prendre la pilule contraceptive en cachette ou de cacher des sex-toys sous son lit...), à lire son journal intime, à se plaindre, à rabrouer sa fille et à lui dire qu'elle ne veut pas d'elle et qu'elle n'a qu'à vivre avec son père. Quelle mère idéale ! On atteint le summum des relations mère-fille dysfonctionnelles lorsque Linda, alors en route pour Copenhague, s'arrête chez sa mère (attention, spoiler - pas énorme, mais je ne veux pas gâcher ce moment d'anthologie pour ceux d'entre vous qui souhaiteraient découvrir cette charmante femme) et la trouve dans le plus simple appareil en train de boire de la vodka au goulot... 

Bref, même si Linda a hérité du sale caractère de son père, on peut dire qu'elle a quelques excuses. Et, finalement, même s'il est par moments épouvantable, Kurt Wallander est bien moins cinglé que Mona.

Je vous avoue qu'avec tant de rebondissements familiaux, l'enquête en elle-même passe un peu au second plan. Je me suis tellement amusée en lisant le récit des aventures de la famille Wallander au grand complet que je n'ai pas pu me concenter autant que je le souhaitais sur le reste de l'intrigue (j'attendais avec impatience d'autres révélations croustillantes sur Mona ou Kurt, voire les deux = voyeurisme ?)

Pourtant, la trame de fond de ce polar est excellente. Il y est question de sectes et de fanatisme religieux, thème très actuel de surcroît. Là aussi, on a affaire à une bande de cinglés (Mona devrait envisager de les rejoindre) et, devinez qui on y retrouve ? (Attention spoilers) Henrietta Westin, la mère d'Anna ! Henning Mankell avait-il un problème avec sa propre mère ?

L'équipe de Wallander a donc fort à faire dans ce polar, et on a réellement l'impression qu'ils ne parviendront pas à résoudre les diverses énigmes qui se posent à eux : torture d'animaux, incendies et explosions, destruction d'édifices religieux, disparitions (et parfois réapparitions), meurtre et mutilations... Les enquêteurs n'arrêtent pas une minute mais ne donnent pas vraiment l'impression d'avancer... mais c'est peut-être voulu, puisque cela permet à Linda de venir mettre son grain de sel et de trouver certains indices.

A noter aussi : la réapparition de Stefan Lindman, l'enquêteur dont on fait la connaissance dans le one-shot Le retour du professeur de danse. C'est un personnage que j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver et qui apporte un petit "plus" à l'équipe habituelle d'Ystad.

Amateurs de polars, n'hésitez plus : plongez-vous dans Avant le gel. C'est une lecture jubilatoire.

 

Extraits 

(Mon billet est déjà très long, mais je ne résiste pas à partager quelques extraits)

 

" Des lambeaux de brume dérivaient au-dessus des champs. L'église avait finit de brûler, il ne restait que les murs béants, calcinés. Une épaisse fumée s'élevait encore du toit effondré. Des hommes et des femmes contemplaient, silencieux, les ruines de leur église. Linda vit un vieil homme nettoyer une pierre tombale avec des gestes lents, pour la débarrasser de la suie, et pensa qu'elle n’oublierait jamais cette image. "

 

" Linda ne savait jamais à l'avance quand se déclencheraient les crises de rage subites et excessives de son père. Elle se rappelait la peur qui avait accompagné toute son enfance, et qu'ele partageait avec sa mère. Son grand-père, lui, se contentait de hausser les épaules ou de crier encore plus fort. "

 

" Elle entendit son pas lourd dans l’escalier. Il va réveiller tout l’immeuble. J’ai un père qui se déploie dans la vie comme un peloton d’infanterie en colère. "

 

" Certains se fixent quelques semaines dans l'année pendant lesquelles ils ne touchent pas à l'alcool. C'est sûrement une initiative raisonnable. Pour ma part, je réserve dans l'année un certain nombre de semaines, appelons-les les blanches, appelons-les les noires, où je n'accorde aucun intérêt, quel qu'il soit , au monde qui m'entoure. Quand j'émerge de cette abstinence médiatique, il s'avère toujours que je n'ai rien raté d'important. Nous vivons sous une pluie crépitante de désinformation et de rumeurs, avec un nombre très réduit de nouvelles décisives. Au cours de ces semaines d'absence, je me consacre à la recherche d'autre sorte d'information : celle que j'ai en moi. "

 

" Ce type n’a jamais appris l’art du réveil en douceur. Il tape des poings, ou alors il vous secoue par l’épaule. Ce n’est pas qu’il réveille les gens ; il les arrache en sursaut à leurs rêves "

 

" Personne ne savait faire autant de bruit que lui dans une salle de bains. À croire qu’il livrait une bataille rangée contre les savons, les robinets et les serviettes. "

 

" Elle pensa aux signalements, aux portraits robots et aux exercices informatisés qu’ils avaient faits à l’école. Chacun d’entre eux avaient eu la possibilité de se voir à l’écran tel qu’il ou elle serait vingt ans plus tard. Linda avait constaté qu’elle ressemblerait de plus en plus à son père, voire à son grand-père. Nous suivons la trace des ancêtres, se souvenait-elle d’avoir pensé. Au cours de notre vie, ils font tour à tour de rôle une apparition furtive. Si on ressemble à sa mère quand on est petit, on finit sa vie avec le visage de son père. Quand on ne se reconnaît plus, ce sont les aïeuls qui ressurgissent. "

 

 

Fait partie de la série Commissaire Wallander

Tome 0 : La faille souterraine et autres enquêtes

Tome 1 : Meurtriers sans visage

Tome 2 : Les chiens de Riga

Tome 3 : La lionne blanche

Tome 4 : L'homme qui souriait

Tome 5 : Le guerrier solitaire

Tome 6 : La cinquième femme

Tome 7 : Les morts de la Saint-Jean

Tome 8 : La muraille invisible

Tome 9 : Avant le gel

Tome 10 : L'homme inquiet

 

15 octobre 2016

La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier

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La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier

Titre original : Girl with a Pearl Earring

Edition : Gallimard

Nombre de pages : 313

 

 

 

 

Résumé

A seize ans, Griet est placée comme servante afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père, artisan faïencier, a perdu la vue suite à l'explosion de son four et, depuis, la survie est difficile.

Griet entre donc au service d'une famille de ce qu'elle appelle " le coin des papistes ". Il s'agit, en réalité, de la maisonnée du peintre Johannes Vermeer.

Fascinée par les tableaux de son maître, dont elle est chargée de nettoyer l'atelier, Griet va devenir très proche de Vermeer. Et, par là-même, s'attirer les foudres de son épouse, Catharina et de Tanneke, l'autre servante, toutes deux jalouses des prérogatives de Griet.

 

Commentaire

La présentation de l'éditeur parle, en ce qui concerne la relation entre Griet et Vermeer, de " corruption de l'innocence ". Pourtant, dès le début du récit, on a l'impression que Griet n'est pas si innocente que cela. Au départ, elle est fascinée par Vermeer, probablement parce qu'il est peintre et que Griet a grandi dans un foyer où la peinture occupait une place essentielle (le père de Griet peignait des carreaux de faïence). Mais Griet semble très vite vouloir supplanter Catharina dans l'affection de Vermeer. Ce n'est jamais énoncé clairement, écrit noir sur blanc par Tracy Chevalier, mais on sent très vite s'installer un certain jeu de séduction entre le peintre et la jeune servante, laquelle semble s'en rendre compte et ne pas s'en formaliser plus que cela. En ce qui concerne l'innocence, Griet n'est donc pas un modèle.

Un bon point de ce récit, outre qu'il traite d'un des peintres les plus talentueux, est l'ambiance particulière aux Pays-Bas de cette époque, parfaitement rendue par l'auteure.

La vie quotidienne est rythmée par les achats au marché et par la navigation sur les canaux, qui occupent une place importante dans la vie des habitants. Ces canaux ne sont pas seulement un moyen de communication, reliant Delft aux autres villes de Hollande (ils permettent, entre autres, aux différents marchands de vendre leur production au marché), ils sont aussi une source d'eau pour les travaux ménagers : lessive, lavage des sols,... Griet fait d'incessants allers-retours, en une seule journée, entre le canal qui passe devant la demeure des Vermeer et sa cuisine, où elle se livre à différentes tâches réclamant de l'eau bouillie.

Dans un contexte plus léger, la jeune fille mentionne plus d'une fois la douceur d'un moment passé à flâner le long de ces mêmes canaux, lors d'une chaude journée d'été... Et l'on se prend à rêver à cette époque révolue, où la vie était si difficile pour des filles comme Griet, mais qui a vu l'éclosion de grands artistes, comme Vermeer.

Une interrogation m'a trotté dans la tête tout au long de ma lecture : une jeune fille d'origine modeste, au XVIIe siècle, peut-elle employer un langage aussi châtié que celui de Griet ? Est-ce l'influence du milieu artistique dans lequel elle a grandi ? Toujours est-il que Griet semble parler (si l'on peut employer ce verbe à propos d'un personnage de roman) beaucoup mieux que les autres femmes de sa condition (je pense à Tanneke, par exemple). Malgré ses difficultés à lire, dont elle parle elle-même, Griet semble très cultivée. Peut-être est-ce voulu de la part de l'auteure, comme un moyen de singulariser Griet au milieu de personnes qui lui en veulent.

En tout cas, le langage particulièrement soigné de la jeune servante, les descriptions détaillées des tableaux de Vermeer et des rues de Delft, tout cela fait de cette Jeune fille à la perle un très beau roman, empreint d'une grande nostalgie.

 

Extraits

" Son regard vint se poser sur moi comme un papillon sur une fleur, je ne pus m'empêcher de rougir. "

 

" Je tournai la tête et le regardai par-dessus mon épaule droite.

Ses yeux s'immobilisèrent dans les miens et tout ce qui me vint à l'esprit ce fut que leur gris me rappelait l'intérieur d'une coquille d'huître. "

 

" Je ralentis le pas. Toutes ces années passées à aller chercher de l'eau, à essorer des vêtements, à laver par terre, à vider des pots de chambre, sans espoir drentrevoir la moindre beauté, couleur ou lumière dans ma vie, défilèrent devant moi comme une immense plaine, au bout de laquelle on apercevait la mer sans jamais pouvoir l'atteindre. S'il m'était plus possible de travailler avec les couleurs, s'il ne m'était plus possible d'être auprès de lui. je ne savais comment je pourrais continuer à travailler dans cette maison. "

 

" Le canal que je longeai était un miroir de lumière blanche moirée de vert.  Plus le soleil deviendrait intense, plus le canal s’assombrirait, jusqu’à prendre la couleur de la mousse.
Frans, Agnès et moi venions souvent nous asseoir au bord de ce canal.  Nous y jetions cailloux, bouts de bois et même, un jour, un carreau de faïence en morceaux, nous plaisant à imaginer ce qu’ils pourraient rencontrer au fond, non point des poissons, mais des créatures dotées d’innombrables yeux, d’écailles, de mains et de nageoires. "

 

" Ce n'est pas le tableau qui est catholique ou protestant, reprit-il, mais ceux qui le regardent et ce qu'ils s'attendent à voir.  Un tableau dans une église est comme une chandelle dans une pièce obscure, on s'en sert pour mieux voir.  Elle est un pont entre Dieu et nous-mêmes, mais ce n'est pas une chandelle protestante ou une chandelle catholique, c'est juste une chandelle. "

 

" Il refusa de me montrer le tableau. Il le posa sur un autre chevalet, de biais par rapport à la porte, et m'interdit de le regarder. Je promis de lui obéir, mais certains soirs, couchée en chemise de nuit  dans mon lit, j'avais envie de m'envelopper d'une couverture et d'aller pieds nus, en cachette y jeter un coup d'oeil. Il n'en saurait rien. "

 

" Je jetai un dernier coup d'oeil au tableau, mais à force de l'étudier aussi intensément, je sentis que quelque chose m'échappait. Cela revenait à regarder une étoile dans un ciel nocturne. Pour peu que je la fixe du regard, j'avais peine à la voir, mais sitôt que je la regardais du coin de l'oeil, elle se mettait à briller de tous ses feux. "

14 octobre 2016

La lionne blanche, Henning Mankell

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La lionne blanche, Henning Mankell

Titre original : Den vita lejoninnan

Edition : Points

Nombre de pages : 487

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Scanie, avril 1992.

Louise Akerblom, agente immobilière et jeune mère de famille, disparaît dans des conditions mystérieuses. Pendant ce temps, en Afrique du Sud, un groupe d'Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre une importante figure politique. Quelques jours plus tard, le corps de Louise, le front troué d'une balle, est repêché dans un puits. L'inspecteur Wallander et son équipe enquêtent. Mais le passé de la victime est limpide et les recherches piétinent.

C'est alors que les policiers découvrent près des lieux du crime le doigt tranché d'un homme noir. Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à un autre bout du monde ? Wallander en sait peu sur l'apartheid ou sur la situation internationale. Et il ignore la relation qui peut exister entre l'ex-KGB et les nationalistes blancs d'Afrique du Sud.

Cette fois, ce n'est plus le sort de quelques individus qu'il a entre ses mains, c'est le destin d'une nation. "

 

Commentaire

Le personnage de Kurt Wallander m'avait quelque peu agacée dans Le guerrier solitaire, la dernière enquête de Wallander que j'avais lue. J'avais donc laissé les autres romans de la série de côté.

Aujourd'hui, je m'y remets enfin et c'est en partie grâce à Kenneth Branagh, qui incarne à l'écran et avec beaucoup de talent le commissaire Wallander. Car, à force de visionner la série, j'ai eu très envie de me replonger dans les romans.

La lionne blanche se passe à Ystad, le fief de Wallander, mais aussi en Afrique du Sud. Le rapport entre ces deux régions du monde ne semblent, a priori, pas très évident, mais Mankell parvient à créer un lien assez logique entre la Suède et l'Afrique. En effet, le jeune Africain chargé, par des Boers sans scrupules, d'assassiner une figure importante de la lutte contre l'apartheid vient s'entraîner à la maîtrise des armes en Scanie. Cette intrigue, qui peut sembler un peu spéciale, est donc doublement dépaysante.

On ressent, tout au long du roman, la grand amour de l'auteur pour l'Afrique. Mankell connaît parfaitement bien le continent (il a partagé sa vie entre la Suède et le Mozambique) et l'histoire compliquée de l'Afrique du Sud devient preque simple quand on lit les explications qu'il donne. 

Le récit est assez long. Comme toujours (et comme la plupart de ses collègues scandinaves), Mankell prend le temps de présenter ses personnages et de développer son histoire. Il remonte même parfois fois dans le temps, afin de mieux nous parler des Boers et du "Comité", ce mouvement qui envoie Victor Mabasha en Suède.

L'écriture est toujours simple : les phrases sont courtes et sans emphase. Il n'y a pas de vrais rebondissements, pas de suspense insoutenable, mais on se sent tout de même entraîné dans l'histoire et on suit presque avec plaisir les trajectoires des différents personnages. En tout cas, les presque 500 pages de ce roman défilent assez vite, tant on a envie de connaître le destin du personnage qui doit se faire assassiner : Wallander parviendra-t-il à déjouer l'attentat sans quitter la Scanie ?

La lionne blanche était donc un bon polar, qui m'a donné envie de continuer mes retrouvailles avec Wallander et ses collègues. Prochaine lecture : Avant le gel.

 

Extraits

" La beauté survivait à tout, à l'humiliation, à la contrainte à la douleur tant que subsistait une résistance. La résignation, elle, entrainait la laideur, le tassement, le délabrement mortel. "

 

" Une femme noire qui informait la police, quel droit avait-elle de vivre? Elle avait beau supplier, son corps a bientôt été recouvert d'herbe et de branches sèches. On l'a brulée vive. Elle essayait d'échapper aux flammes, mais on l'a maintenue jusqu'à ce que son visage noircisse. C'était le premier être humain que je tuais, songoma, et je ne l'ai jamais oublié, car, en la tuant, je me suis tué moi-même. L'apartheid avait triomphé. J'étais devenu une bête, songoma. C'était fini. "

 

" Kurt Wallander, commissaire principal de la brigade criminelle d'Ystad, avait quarante-quatre ans. Il était généralement considéré comme un policier habile, entêté, faisant preuve par moments d'une certaine acuité d'esprit. Mais ce matin- là, il n'éprouvait que de la colère et un découragement croissant. Le dimanche qu'il venait de vivre...non, il préférait l'oublier. A cause de son père, en premier lieu. Leur relation, complexe depuis toujours, ne s'était pas simplifiée du jour où Wallander avait commencé à s'apercevoir qu'il lui ressemblait. En imaginant sa propre vieillesse à l'image de celle de son père, il sentait tout son courage l'abandonner. Finirait-il lui aussi dans la peau d'un vieillard irascible, imprévisible, capable de caprices frisant...la folie pure ?  "

 

" Victor détacha un bijou qu'il portait au cou et le lui tendit. C'était une dent de fauve. 

- Le léopard est un chasseur solitaire, dit-il. Contrairement au lion, il ne croise que ses propres traces. Pendant la chaleur du jour , il se repose dans les arbres avec les aigles. La nuit, il se lève. Le léopard est un chasseur hors pair. Il est aussi le plus grand défi pour les autres chasseurs. Ceci est une canine de léopard. Je veux que tu la gardes.

- Je ne suis pas sûr d'avoir compris, dit Wallander. Mais j'accepte le cadeau. "

 

" La sensation d'une menace diffuse, capable de se muer d'un instant à l'autre en violence incontrôlable...C'était la vie quotidienne en Afrique du Sud. tout le monde attendait que quelque chose se passe. Le fauve était en eux. Les Noirs avec leur impatience devant la lenteur des changements, les Blancs avec leur crainte de perdre leurs privilèges, leur peur de l'avenir... "

 

 

Fait partie de la série Commissaire Wallander

Tome 0 : La faille souterraine et autres enquêtes

Tome 1 : Meurtriers sans visage

Tome 2 : Les chiens de Riga

Tome 3 : La lionne blanche

Tome 4 : L'homme qui souriait

Tome 5 : Le guerrier solitaire

Tome 6 : La cinquième femme

Tome 7 : Les morts de la Saint-Jean

Tome 8 : La muraille invisible

Tome 9 : Avant le gel

Tome 10 : L'homme inquiet

Le testament de Galilée, tome 2 : Le parchemin, Sébastien Tissandier

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Le testament de Galilée, tome 2 : Le parchemin, Sébastien Tissandier

Edition : L'Ivre-Book

Lecture commune avec Kidae

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Quelques semaines après les événements du premier volume, remis de ses blessures et libéré de l’armée, Kurtis Monroe part à la recherche de Jules Galio et de ses amis, périple qui le conduira jusqu’en France.

Des questions l’obsèdent : que sont devenus Anna et Hector ? Anna, enfermée dans son sarcophage, a-t-elle obtenu toutes les capacités en étant inondée par la Lumière Originelle filtrée par L’Œil de Galilée ?

Mais le temps presse car Kurtis ne semble pas être seul à suivre les traces laissées par son ami : les Ghosts, mystérieux groupe militaire, sont sur ses talons.

Après le succès de « L’œil », ce deuxième volume lèvera un peu plus le voile sur le Testament de Galilée ! "

 

Commentaire

Êtes-vous d'accord avec moi pour dire que les suites sont toujours quelque chose de périlleux ? Surtout lorsqu'on a affaire à une trilogie, car le second volume sert bien souvent de transition entre les deux autres et fait parfois figure de parent pauvre entre le début d'une histoire et son dénouement.

Eh bien, ce n'est pas le cas ici ! Sébastien Tissandier s'en sort haut la main et propose un second volume d'une qualité tout à fait équivalente au premier. 

Dans ce second tome, nous faisons plus ample connaissance avec les Originels, cette sorte de société secrète/secte qui souhaite éliminer tous les détenteurs de capacités. Et même si ces Originels sont les "méchants" de l'histoire, ce n'est pas désagréable de suivre leurs aventures parallèlement à celles des héros du premier tome, car Anna et sa bande sont presque aussi passionnants que Jules, Kurtis, Emma et tous les "gentils". Anna semble très bien organisée et parvient plus d'une fois à prendre nos héros de vitesse...

Et, puisqu'on parle des "gentils", je précise que leur amitié est tout aussi amusante à suivre que dans le premier volume. Tous sont différents, à la fois parce qu'ils proviennent de milieux différents et qu'ils possèdent diverses capacités (ou pas de capacité du tout dans le cas de certains), mais ils parviennent à vivre en parfaite harmonie. Les quelques désaccords qui surgissent parfois entre eux sont bien vite apaisés par des discussions calmes et raisonnées. En bref, nos super-héros semblent idéaux et on aimerait presque les rencontrer dans la vie réelle ! J'ai donc retrouvé avec plaisir tous ceux qui m'avaient plu dans le premier tome (il ne manquait que McFerty pour que tout soit parfait).

Au niveau de l'histoire, les rebondissements sont encore plus présent que dans L'oeil. Le récit s'enchaîne à un rythme dingue mais, pourtant, Sébastien Tissandier ne nous perd jamais en route.

Et puis, soulignons la fin très romantique du volume. Et une petite prophétie qui laisse présager un excellent troisième volume.

D'après la biographie que les Editions L'Ivre-Book donnent de Tissandier, ce sont ses amis qui l'ont convaincu de proposer sa trilogie à un éditeur... Si vous voulez mon avis, ils ont eu une excellente idée !

 

L'avis de Kidae est ici.

 

Fait partie de la série Le testament de Galilée

Tome 1 : L'oeil

Tome 2 : Le parchemin

Tome 3 : L'enfant

09 octobre 2016

Original Sin, P.D. James

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Original Sin, P.D. James

Titre français : Péché originel

Edition : Warner Books

Nombre de pages : 560

 

 

 

Résumé

Peverell Press, une maison d'édition londonienne, connaît des moments difficiles.

Innocent House, le faux palais vénitien qui abrite les locaux des éditions est peut-être magnifique, mais son élégance n'empêche pas un farceur de se manifester avec des blagues de mauvais goût. Des épreuves disparaissent à la veille d'être confié à l'imprimeur et d'autres sont remplacées par des copies pleines de fautes. 

Lord Stilgoe, victime de l'une de ses blagues, demande donc à l'un de ses amis de contacter Adam Dalgliesh, fin limier du Yard. Stilgoe voudrait que Dalgliesh examine de plus près les tristes événements qui se déroulent à Innocent House. 

Dalgliesh refuse. Mais, malheureusement pour lui, il va bien finir par devoir se rendre sur place, puisque le corps sans vie de Gerard Etienne, qui a repris les rênes de la maison d'édition après le décès d'Henry Peverell, est retrouvé dans la salle des archives d'Innocent House. Tout laisse penser à un accident (intoxication au monoxyde de carbone), si ce n'est que Hissing Sid, le serpent en peluche mascotte de la maison, est retrouvé dans la bouche d'Etienne. 

Mauvaise blague de plus ou meurtre ? Dalgliesh et son équipe vont devoir trancher.

 

Commentaire

Après quelques déceptions livresques, retrouver P.D. James a été un véritable plaisir ! Il faut bien avouer que lire un polar de cette grande dame permet toujours de combiner le plaisir et la qualité

La plume de P.D. James est toujours aussi parfaite. Elle nous entraîne réellement là où elle veut nous emmener : dans le monde très particulier et très fermé d'Innocent House.

Car Peverell Press est un véritable microcosme. Ses employés et cadres semblent très fermés sur eux-mêmes et Mandy Price, la jeune dactylo intérimaire engagée par la firme, le ressent apparemment aussi. Peut-être ce comportement est-il dû à la somptuosité du décor dans lequel ils travaillent ? Innoncent House semble être hors du temps, et les personnes qui en foulent les planchers semblent, eux aussi, être presque irréels.

Pourtant, un vilain farceur bien réel les met tous dans l'embarras ! Tout comme le suicide de Sonia Clements, dont le corps est trouvé dans la salle des archives par Claudia Etienne et Mandy Price... alors que cette dernière arrive pour son entretien d'embauche ! Ensuite, survient la mort de Gerard Etienne, qui rend les choses encore plus compliquées pour la maison d'édition.

Dalgliesh, Miskin et Aaron entrent alors en scène. J'ai retrouvé Dalgliesh avec beaucoup de plaisir. Loin de l'image du policier balourd, celui-ci est un vrai gentleman, poète de surcroît. Réfléchi et compréhensif, Dalgliesh avance à son rythme, se permettant même un peu de tourisme lors de sa rencontre avec Jean-Philippe Etienne (le père de Gerard), mais se révèle pourtant très efficace.

La psychologie des personnages est extrêmement bien développée par P.D. James, qui consacre presque un chapitre entier (en alternance) à chacun d'entre eux. J'apprécie beaucoup ce genre de technique, qui permet à la fois de bien présenter les personnages et de plonger les lecteurs dans l'ambiance du roman

J'avais vu juste en ce qui concerne l'identité du coupable, mais j'ai triché : j'en avais sélectionné plusieurs alors, évidemment, je ne pouvais que tomber sur la bonne personne... Mais j'ai quelques excuses quand même : à part un minuscule indice perdu au milieu du roman, P.D. James ne donne que peu d'indications permettant d'arriver à la bonne conclusion (sauf si on est expert, comme Niki ou ma maman).

 

L'avis de Niki est ici.

 

Fait partie de la série Adam Dalgliesh

Tome 1 : A visage couvert

Tome 2 : Une folie meurtrière

Tome 3 : Sans les mains

Tome 4 : Meurtres en blouse blanche

Tome 5 : Meurtre dans un fauteuil

Tome 6 : Mort d'un expert

Tome 7 : Un certain goût pour la mort

Tome 8 : Par action et par omission

Tome 9 : Péché originel

Tome 10 : Une certaine justice

Tome 11 : Meurtres en soutane

Tome 12 : La salle des meurtres

Tome 13 : Le phare

Tome 14 : Une mort esthétique