Les Livres d'Aline

21 septembre 2019

Tu seras un homme mon fils, suivi de Lettre à mon fils, Rudyard Kipling

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Tu seras un homme mon fils, suivi de Lettres à mon fils, Rudyard Kipling

Titre original : If

Edition : Mille et une nuits

Traduction : Jean-Luc Fromental

Nombre de pages : 95

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Tu seras un homme mon fils, l'un des plus, célèbres poèmes de la littérature, est enfin réédité. Ce poème qui magnifie l'enfance et exalte l'autonomie et la droiture est suivi des lettre qu'échangèrent Kipling et son fils John alors que ce dernier était au front en 1915. Il y trouva la mort quelques semaines avant ses dix-huit ans. L'ensemble exprime avec une grande émotion les espoirs, l'inquiétude et finalement l'impuissance d'un père vis-à-vis de son fils. "

 

Mon avis

Grosse déception en ce qui concerne la traduction du célèbre poème de Kipling Tu seras un homme mon fils. Dans cette édition Mille et une nuits, le texte est disponible en bilingue (anglais sur la page de gauche - français sur la page de droite) et, honnêtement, certains passages de la traduction n'ont rien à voir avec l'original. D'accord, les rimes sont respectées en français, mais ne valait-il pas mieux conserver le sens plutôt que le son ? La question mérite d'être posée...

La seconde partie de ce petit ouvrage (à peine 95 pages, il se lit en quelques heures) se compose d'une sélection de lettres échangées entre Rudyard et John Kipling en 1915, alors que John, le fils du célèbre écrivain, venait de rejoindre le bataillon des Irish Guards. John sera porté disparu en France et son corps ne sera jamais retrouvé. Il n'avait que 18 ans.

Les lettres de Kipling à son fils débordent de fierté. On sent bien que le père admire son jeune fils qui part à la guerre alors qu'il est encore si jeune. Kipling donne des conseils à John, lui raconte des anecdotes lorsque lui-même se trouve également en France, comme reporter de guerre. Les deux hommes échangent donc une correspondance très complice ; on comprend bien vite que Kipling était très proche de ses deux enfants, John et Elsie.

Les lettres de John sont plus "jeunes" que celles de son père. Normal, me direz-vous, tout le monde n'a pas la plume de Rudyard, et le fait de porter le même patronyme n'a apparemment pas d'incidence sur le talent de narrateur. Non pas que les lettres de John sont désagréables à lire, mais les premières missives semblent très puériles. John y parle de la préparation de son bataillon et on a l'impression de lire les lettres d'un scout racontant son camp à ses parents. Le jeune homme ne semble pas se rendre compte de l'importance et du danger de la guerre à laquelle il va participer et même s'il se fait remarquer pour l'excellence de son service, John donne d'abord l'impression de bien s'amuser.

Petit à petit, les lettres changent de ton. Une fois arrivé en France, John constate apparemment les ravages de la guerre. Il demande à ses parents, de façon parfois pressante, de lui envoyer du matériel supplémentaire, des denrées alimentaires, divers articles vestimentaires... Sa façon d'écrire se fait plus "sèche" et il n'hésite pas, de temps à autre, à critiquer les conseils que lui donne son père.

Les dernières missives sont particulièrement émouvantes lorsque l'on connaît le destin de John. Dans l'une de celles-ci, le jeune homme demande à ses parents de lui envoyer une plaque d'identification portant son nom. Il a perdu la sienne. Peut-être est-ce en partie à cause de cela que le corps de John n'a jamais été retrouvé.

La dernière lettre est celle où John explique l'importance de la manœuvre à venir. D'après lui, avec cette offensive, son bataillon pourrait bien changer la donne et mettre fin à la guerre... Enthousiaste, mais plus lucide qu'au début de sa formation, John paraît aussi angoissé.

Ce court ouvrage était une très belle découverte. La plume de Kipling m'a séduite par sa vivacité et par la facilité avec laquelle l'écrivain "croquait" certains de ses contemporains en quelques mots. Le destin de son jeune fils, par contre, m'a beaucoup émue.

 

Voici If en anglais :

" If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'

If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son! "


24 août 2019

Le crime de Paragon Walk, Anne Perry

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Le crime de Paragon Walk, Anne Perry

Titre original : Paragon Walk

Edition : 10/18

Traduction : Roxanne Azimi

Nombre de pages : 315

 

 

 

 

Résumé

Fanny Nash, une jeune fille de bonne famille, est rentrée d'une courte visite chez une amie pour mourir dans les bras de sa belle-soeur. La jeune victime a été violée avant d'être sauvagement poignardée.

L'inspecteur Thomas Pitt est chargé de l'enquête, ce qui promet d'être difficile. Fanny vivait chez son demi-frère, à Paragon Walk, l'un des hauts lieux de la noblesse londonienne. Pitt pourra-t-il enquêter dans un milieu aussi fermé ?

C'est d'ailleurs à Paragon Walk que vit Emily, la jeune sœur de Charlotte, devenue Lady Ashworth après son mariage. Ces liens familiaux, loin de faciliter la tâche de Pitt, sont plutôt inquiétants : que faire si George, le mari d'Emily, est mêlé de près ou de loin au drame qui agite le quartier ?

 

Mon avis

Cette enquête de Thomas Pitt était des plus agréables

Mais en vous parlant de l'enquête comme étant celle de Thomas, je me trompe presque... Le pauvre semble effectivement peu présent et, surtout, peu efficace. Ce sont Charlotte et Emily qui accomplissent le gros du travail policier, furetant à droite et à gauche, questionnant avec plus ou moins de tact et de discrétion les habitants de Paragon Walk. Il faut dire que les deux femmes semblent mieux adaptées à ce milieu qu'un policier. Le pauvre Pitt est d'ailleurs considéré par ses suspects potentiels comme la lie de la société. Honneur aux dames pour cette enquête !

Les différents habitants de Paragon Walk m'ont fanchement choquée. Ces personnes se considèrent elles-mêmes comme le gratin de la société, mais leurs manières laissent souvent à désirer. Enfermées dans le carcan de codes sociaux aussi fermement que dans les corsets de l'époque, les familles de Paragon Walk frisent la grossièreté lorsqu'elles sont confrontées à des personnes ne faisant pas partie de leur petit cercle, de leur "milieu". Plus d'une fois, Pitt se sent honteux et Charlotte se voit vertement remise à sa place : celle d'une femme de basse extraction. Heureusement, la jeune Mrs Pitt n'a pas la langue dans sa poche et sait quoi répondre aux langues de vipères de Paragon Walk.

Le meurtre, dans un tel milieu, est des plus choquants pour ceux qui en font partie. Paragon Walk n'hébergeant que des gentlemen, il est tout à fait inconcevable, pour les habitants, d'imaginer l'un de ceux-ci s'en prenant à la pauvre Fanny. Pourtant, le résultat de l'enquête montrera bien que le criminel s'est toujours caché dans le quartier... Bien fait pour eux, non ?

 

Extraits

" Pitt aurait dû s'habituer à ce réflexe de groupe défensif, aux protestations d'innocence, voire au déni de toute implication. Il s'y heurtait chaque fois, d'une manière où d'une autre. Et cependant, il trouvait cela particulièrement répugnant. "

 

" Aimer, c'est savoir donner, ainsi que recevoir: une fois qu'on a connu l'amour, le besoin de conquérir apparaît comme une preuve de faiblesse et d'égoïsme, la satisfaction éphémère d'un désir. Ce n'est plus attrayant du tout, alors; c'est simplement triste. "

 

Fait partie de la série Charlotte et Thomas Pitt

Tome 1 : L'étrangleur de Cater Street

Tome 2 : Le mystère de Callander Square

Tome 3 : Le crime de Paragon Walk

Tome 4 : Resurrection Row

Tome 5 : Rutland Place

Tome 6 : Le cadavre de Bluegate Fields

Tome 7 : Mort à Devil's Acre

Tome 8 : Meurtres à Cardington Crescent

Tome 9 : Silence à Hanover Close

Tome 10 : L'égorgeur de Westminster Bridge

Tome 11 : L'incendiaire de Highgate

Tome 12 : Belgrave Square

Tome 13 : Le crucifié de Farriers' Lane

Tome 14 : Le bourreau de Hyde Park

Tome 15 : Traitors Gate

Tome 16 : Pentecost Alley

Tome 17 : Ashworth Hall

Tome 18 : Brunswick Gardens

Tome 19 : Bedford Square

Tome 20 : Half Moon Street

Tome 21 : La conspiration de Whitechapel

Tome 22 : Southampton Row

Tome 23 : Seven Dials

Tome 24 : Long Spoon Lane

Tome 25 : Buckingham Palace Gardens

Tome 26 : Lisson Grove

Tome 27 : Dorchester Terrace

Tome 28 : Bryanston Mews

Tome 29 : L'inconnue de Blackheath

20 juillet 2019

Hunger Games, tome 1, Suzanne Collins

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Hunger Games, tome 1, Suzanne Collins

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Titre original : The Hunger Games

Edition : Pocket (Jeunesse)

Nombre de pages : 382

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.

Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix.

Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est une seconde nature… "

 

Mon avis

Que dire sur Hunger Games qui n'a pas déjà été dit ? Je trouve ce billet particulièrement difficile à écrire, car il faut que je vous parle du roman sans spoiler l'intrigue. Il faut aussi que je vous parle de mon ressenti et ça, c'est sans doute le plus difficile : j'ai adoré ce premier tome d'Hunger Games mais c'est vraiment dramatique de dire cela, car la société décrite par Suzanne Collins est tellement sombre et cruelle que cela semble affreux de dire que l'on adore un tel livre.

Ce roman a de nombreuses qualités. La première est sans doute son réalisme. On se trouve plongé dans un nouveau monde :  celui des Etats-Unis alternatifs. Malgré cela, pas une seconde je n'ai douté de l'existence des districts. C'est presque un choc de revenir à la réalité une fois que l'on a refermé le livre, tant on se trouve absorbé par l'écriture de Suzanne Collins. Sous nos yeux, l'auteure donne vie à Panem, à ses coutumes, à ses spécialités culinaires.

Les personnages sont sans aucun doute la plus grande réussite de ce roman. Au début, Katniss me semblait assez antipathique. J'ai eu du mal à m'attacher à elle. Bien sûr, j'admire son courage et sa volonté de se sacrifier pour sauver sa soeur est tout simplement admirable. Mais j'ai trouvé ses réactions parfois un peu irrégulières : à certains moments elle semble très mûre pour son âge (attention, spoilers : sélectionnez le texte avec votre souris pour pouvoir le lire) - ce qui est normal, puisqu'elle a dû assumer sa famille après la mort de son père ; c'est elle qui nourrit sa mère et sa soeur et gagne un peu d'argent en vendant ses butins de chasse - mais d'autres passages du livre l'ont rendue très puérile à mes yeux. Ainsi, je n'ai pas compris pourquoi elle analyse chacun de ses actes et de ses sentiments tout au long du roman : une fois dans l'arène, sa préoccupation principale est sa survie, non ? Alors, pourquoi encore se poser des questions sur sa relation avec Chase, sur les révélations de Peeta, sur les autres concurrents ?

Et puis, j'ai compris (du moins je crois). Si Katniss hésite autant, c'est parce qu'elle est encore un être humain et pas une machine programmée pour remporter les Jeux de la Faim. Panem n'a pas encore réussi à lui voler sa personnalité. Même si elle a appris, au cours des années, à dissimuler certaines choses, à prétendre se conformer aux règles de Panem, Katniss a gardé son libre arbitre.

Le suspense et le rythme endiablé du récit sont encore un bon point. Impossible de refermer le livre tant qu'on ne connaît pas le destin de Katniss et Peeta déjà parce qu'on s'attache à eux, mais aussi parce que l'auteure dose parfaitement bien son suspense.

Enfin, je dirais qu'au niveau des personnages, ma préférence va à Peeta et Haymitch. Peeta est moins doué pour la chasse que Katniss, mais il est rusé et s'en sort presque aussi bien qu'elle. Quant à Haymitch, malgré son mauvais caractère, sa personnalité est franchement savoureuse. 

J'ai hâte de lire les deux autres volumes. Heureusement, ils se trouvent dans ma monstrueuse PAL.

 

Fait partie de la série Hunger Games

Tome 1 : Hunger Games

Tome 2 : L'Embrasement

Tome 3 : La Révolte

20 avril 2019

The Children Act, Ian McEwan

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The Children Act, Ian McEwan

Titre français : L'intérêt de l'enfant

Edition : Vintage

Nombre de pages : 216

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Fiona Maye est une brillante juge de la famille à la Haute Cour. Elle est renommée pour son intelligence, sa précision mais aussi pour sa sensibilité. Malheureusement, sa vie privée n'est pas aussi réussie que sa vie professionnelle. Fiona regrette de ne pas avoir d'enfants et, après 30 ans de mariage, elle et son mari traversent une véritable crise conjugale.

Au même moment, Fiona est amenée à statuer dans un dossier délicat : Adam, un beau jeune homme de 17 ans refuse, pour raisons religieux, le seul traitement qui pourrait lui sauver la vie ; ses parents, très pratiquants, approuvent ce choix. Commence alors une véritable course contre la montre. Un tribunal peut-il faire prévaloir le séculaire sur la foi ? Afin de se forger une opinion, Fiona se rend à l'hôpital et y rencontre Adam - une rencontre qui va ramener à la surface des souvenirs que Fiona pensait oubliés depuis longtemps et qui va émouvoir Adam. Le jugement que rendra Fiona aura des conséquences importantes pour elle et pour le jeune Adam. "

 

Mon avis

Quel bien ça fait de retrouver Ian McEwan ! J'ai l'impression que cela fait des années que je n'ai plus lu un de ses romans, et j'ai été très heureuse de retrouver son style si particulier, très élégant mais aussi un peu déroutant. Ian McEwan donne toujours plein de détails sur ses personnages et leurs sentiments : au début, on se demande un peu où tout cela va mener. Et puis, tout se met en place, et on comprend que cette générosité dans les descriptions était bien utile pour la suite.

Avec The Children Act, en plus, je suis gâtée question personnages, puisque le roman se concentre sur la vie et la carrière d'une magistrate de la Haute Cour de Londres. Et à partir du moment où un livre parle d'avocats, de magistrats ou de notaires, je ne peux qu'apprécier. J'ai d'ailleurs trouvé quelques pépites dans le texte :

" She belonged to te law as some women had once been brides of Christ. "

Des passages comme ça me parlent tout de suite !

Au niveau de l'histoire en tant que telle, ce roman n'est pas mal non plus, même s'il traite d'une problématique assez difficile. Adam souffre d'une leucémie et seule une transfusion sanguine pourrait lui sauver la vie. Mais Adam et ses parents sont témoins de Jéhovah, et leur appartenance à cette religion les pousse à refuser le traitement médical en question. Adam affirme d'ailleurs haut et fort son intention de mourir pour sa foi et est soutenu par toute sa communauté.

Le sujet n'est donc pas facile à traiter, mais McEwan s'en sort brillamment, sans mélodrame et sans sensiblerie inutile. On a même plutôt l'impression d'être plongé dans une analyse méthodique - presque détachée - de la situation. Peut-être McEwan a-t-il écrit ce roman de cette façon à dessein, afin d'imiter, en quelque sorte, le ton professionnel et froid des jugements de Fiona (on a droit à quelques extraits de ceux-ci au fil des pages) ? En tout cas, ce roman est une belle réussite et a eu le mérite de me rappeler tout ce que j'aime dans le style de Ian McEwan.

02 mars 2019

Vieux, râleur et suicidaire : La vie selon Ove, Fredrik Backman

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Vieux, râleur et suicidaire : La vie selon Ove, Fredrik Backman

Titre original : En man som heter Ove

Edition : Presses de la Cité

 

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" La nouvelle comédie irrésistible venue de Suède ! 

« Ove et le chat se sont rencontrés un matin à six heures moins cinq. Le chat a détesté Ove sur-le-champ. Le sentiment était plus que réciproque »

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Mais depuis qu'il est sans travail, il se sent seul et inutile. Il erre dans sa maison, fait des rondes de quartier pour relever les infractions des habitants. Jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l'acte...

C'est sans compter l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné. Interrompant involontairement ses tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie !

Tel un chat de gouttière amoché et craintif, à la fois drôle et touchant, Ove réveille l'instinct protecteur qui sommeille en chacun de nous. Mais attention, il griffe ! "

 

Mon avis

Grosse déception que ce roman !

Etant donné la quatrième de couverture, qui parle de "comédie irrésistible", je m'attendais à quelque chose d'amusant ou, à tout le moins, à un récit plein d'ironieEt bien on en est loin !

Ove est juste un vieux bonhomme très seul, complètement dépassé par la vie moderne et perdu au milieu de voisins assez méchants. Les personnages sont détestables (même Ove). Les rebondissements, censés apporter un certain relief au récit sans doute, sont ridicules. Et je cherche encore la comédie et l'humour...

A oublier !


09 février 2019

La vie est un arc-en-ciel, Cecelia Ahern

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La vie est un arc-en-ciel, Cecelia Ahern

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Titre original : Where Rainbows End

Edition : J'ai lu

Traduction : Nicole Hibert

Nombre de pages : 409

 

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Sur les bancs de l'école, Rosie et Alex s'étaient juré de ne jamais de séparer. Leur existence bascule pourtant le jour où le jeune garçon déménage avec ses parents aux Etats-Unis. Cet éloignement forcé sera le premier d'une longue série d'imprévus, comme seule la vie sait en réserver, et les deux 'amis' devront apprendre à y faire face. Au fil de leur correspondance, les non-dits et les rendez-vous manqués se devinent... Serait-il possible qu'au plus profond d'eux-mêmes, Rosie et Alex pensent toujours à leur vieux serment ? Mais si parler d'amour est une chose, trouver le moment opportun, dans une vie qui les dépasse, en est une autre... "

 

Mon avis

Roman épistolaire contemporain, La vie est un arc-en-ciel me semblait un peu étrange au début. Pas tellement pour le sujet, mais pour son héroïne

Rosie se rend au bal du lycée et passe la nuit avec son cavalier. La jeune fille se retrouve alors enceinte, et cette grossesse non désirée la pousse à abandonner ses projets d’études supérieures.

Au début, j’ai donc eu du mal. Cela provient sûrement de mes préjugés personnels. J’ai toujours fait passer mes études et ma carrière avant le reste et je ne me serais jamais retrouvée dans une situation telle que celle de Rosie (sans doute parce que je n’aurais jamais pris les mêmes risques qu’elle). Aussi, une jeune fille qui abandonne ses études pour un bébé et qui, ensuite, se plaint du bébé en question dans toutes les lettres qu’elle écrit… Cela semblait trop scabreux pour moi.

Et puis, j’ai tenté d’oublier mes préjugés. De laisser mes réactions d’ « étudiante modèle » au placard. Et j’ai fini par comprendre à quel point Rosie était quelqu’un d’admirable.

La jeune fille voit ses rêves partir en fumée à cause d’un bébé qu’elle n’a pas voulu et qui l’empêche de dormir la nuit par ses hurlements et ses pleurs. Et pourtant, elle aime ce bébé. Elle se sacrifie pour elle (le bébé est une fille), va de petits boulots en petits boulots, accepte n’importe quoi pourvu que cela lui permette de payer ses factures et d’offrir une vie décente à sa fille. Arrivée à la fin du livre, la mère de Rosie lui révèle à quel point elle-même et son mari ont toujours admiré Rosie et tout ce qu’elle a fait. Et arrivée à ce stade de l’histoire, j’ai compris cette révélation des parents de Rosie. Car la jeune fille devenue adulte est quelqu’un « de bien ». Elle est courageuse, travailleuse et a inculqué de bonnes valeurs à sa fille. Elle accepte de la laisser tisser des liens avec son père biologique, malgré l’absence de celui-ci dans leurs vies.

La vie est un arc-en-ciel, c’est aussi une histoire d’amour. Entre Rosie et Alex, bien entendu. Mais pour moi, c’est passé au second plan. Ce roman, c’est l’histoire de Rosie. C’est elle qui amène une âme à ce récit, qui le rend passionnant et intéressant. Si l’on ne devait lire que le point de vue d’Alex, le récit de Cecelia Ahern serait ennuyeux. Pas parce qu’Alex est un personnage barbant, mais parce que, par rapport à Rosie, il n’occupe pas beaucoup de « place » dans le roman. Alex est comme moi : l’élève modèle. Il réussit de brillantes études de médecine. Pendant que Rosie bataille pour nourrir sa fille. Lequel est le plus héroïque des deux ? A vous de lire ce roman et de le découvrir par vous-même. Si, comme moi, vous avez (ou croyez avoir) des idées bien arrêtées sur le sujet, préparez-vous à voir vos certitudes mises à mal par cette héroïne hors du commun.

02 décembre 2018

Sansonnets aux sirènes s'arriment, Pierre Thiry

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Sansonnets aux sirènes s'arriment, Pierre Thiry

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Edition : Books on Demand

Nombre de pages : 132

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

Tu cours, tu n'as pas le temps, tout va de travers... Cher.e ami.e prends ton temps et ne prends pas la fuite ! Viens flâner par ici, ce bouquin prend la suite Du précédent "Sansonnets un cygne à l'envers." Ici les sansonnets aux sirènes s'arriment... Pour s'élancer vers de nouvelles aventures, Se balancer vers d'inédites ouvertures, Là où ces cent sonnets oscillent, règne la rime... "

 

Mon avis

Quand j'ai reçu ce nouvel ouvrage de Pierre Thiry, la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que le morceau de bois sur la couverture ressemblait à une pieuvre se reposant sur le sable.

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J'ai donc été très agréablement surprise de par le sonnet n°11 (qui parle de pieuvre) et le sonnet n°12 (intitulé "Pieuvre traqueuse") : j'avais apparemment vu juste.

Ces Cent sonnets sont en réalité la suite des premiers sonnets de Pierre Thiry, Sansonnets, un cygne à l'envers, mais ces deux ouvrages peuvent se lire de façon tout à fait indépendante

Ici, la mythologie antique, l'art sous toutes ses formes (littérature, opéra) et même le sport sont à l'honneur. Pierre Thiry mélange les influences et nous donne envie de tout découvrir, de tout lire, de tout goûter, de tout expérimenter.

Ces sonnets font bien plus que jouer avec le langage : ils stimulent nos cinq sens et l'on se sent emporté ailleurs, là où l'auteur veut nous emmener. Et tout cela rien qu'en utilisant les mots et la langue... C'est magique, non ? Ou peut-être est-ce juste normal ? Car comme Pierre Thiry le dit lui-même dans sa postface :

" Une immense partie de notre vie se déroule dans et par la langue, par ses bonheurs et par ses pièges, par ses clartés et ses obscurités, par ses ambiguïtés ou son humour, dans le bruit ou le silence. "

Ces sonnets reflètent bien cela car, dans chacun d'entre eux, l'auteur joue avec la langue et les sons (Ovide devenant "O" vide dans le sonnet n°3). Certains sonnets gagnent d'ailleurs à être lus à haute voix : on prend alors toute la mesure du talent qu'il faut pour écrire de tels merveilles, qui (san)sonnent aussi bien à l'oreille et donnent une impression tellement musicale qu'on a l'impression de se trouver face à une partition ! Moi qui ne lit jamais à haute voix, j'ai pourtant plusieurs fois répété divers sonnets Mes préférés à lire "tout haut" sont les n°4, 14 et 25.

L'auteur l'affirme : ces sonnets sont une "invitation à l'écriture". Pari gagné pour M. Thiry, qui, avec ce second volume de sonnets, nous donne envie de nous inspirer d'un mot, d'une sensation ou d'une image et de les transformer en ode au langage !

 

Un grand merci à Pierre Thiry pour ce merveilleux ouvrage !

 

Pour découvrir ce recueil de sonnets, c'est par ici.

Pour connaître toute l'actu de Pierre Thiry, c'est par là.

 

Infos utiles

Pierre Thiry anime des ateliers d'écriture. Un jour, quand j'aurai à nouveau des vacances dignes de ce nom, je m'y inscrirai (dans 10 ans, en fait...). En attendant, si vous êtes plus libres que moi, n'hésitez pas à y participer (ça doit valoir le détour) et à me raconter comment ça se passe ! Toutes les infos utiles sont disponibles en cliquant sur ce lien.

Enfin, Pierre Thiry sera présent au Salon Livre Paris, en mars 2019. 

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20 octobre 2018

The Nix, Nathan Hill

The Nix

The Nix, Nathan Hill

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Titre français : Les fantômes du vieux pays

Edition : Knopf

Nombre de pages : 640

 

 

 

Résumé

Chicago, 2011. Samuel Andresen-Anderson, professeur d'université et écrivain raté n'a plus eu de nouvelles de sa mère, Faye. Celle-ci a quitté le domicile conjugal alors que Samuel n'était encore qu'un enfant et n'a plus donné signe de vie depuis.

Mais un beau jour, Samuel entend parler de sa mère... à la télévision. Faye a agressé un politicien en campagne et a été arrêtée. 

Samuel est alors contacté par l'avocat de sa mère, qui souhaite que le jeune homme écrive une lettre au juge chargé du dossier de Faye. Simultanément, l'éditeur de Samuel lui signale que le contrat pour le roman qu'il n'a jamais écrit arrive à sa fin et qu'il devra rembourser les avances financières qui lui ont été faites, à moins qu'il n'accepte d'écrire un livre assez scandaleux sur sa mère, qui fait la une de tous les journaux. 

Samuel hésite : après tout, que sait-il de cette femme qui, même avant qu'elle ne quitte la maison, ne s'est jamais vraiment livrée à personne ? Serait-ce si grave d'écrire un livre dans lequel il la fait passer pour un monstre qui a abandonné son enfant ?

Avant de prendre sa décision, le jeune homme décide d'en apprendre plus sur sa mère et se lance à la recherche de personnes l'ayant connue alors qu'elle étudiait à l'université de Chicago. Petit à petit, alors qu'il découvre certaines choses sur Faye, Samuel va également en apprendre plus sur lui-même.

 

Mon avis

The Nix m'a tout d'abord attirée car c'est un roman recommandé par John Irving, un auteur que j'apprécie particulièrement. Et je compte bien suivre toutes les recommandations de Mr Irving à l'avenir, car j'ai vraiment adoré cette lecture.

Nous y faisons donc connaissance avec Samuel Andresen-Anderson qui, en plus d'être un écrivain (un peu raté) devenu professeur d'université est un adepte des jeux vidéos en ligne. Cette addiction, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste de l'histoire est tout de même amusante et permet de faire connaissance avec des personnages secondaires intéressants et très humoristiques.

Samuel a été très marqué par un événement ayant eu lieu dans son enfance : sa mère, Faye, a quitté le domicile conjugal lorsqu'il avait 10 ans.

Au début du roman, j'avoue avoir eu du mal avec le personnage de Faye. Puisque les premières pages de l'histoire sont surtout centrées sur l'histoire de Samuel, et sur le mal-être qu'il a développé suite au départ de sa mère, on a tendance à rapidement juger Faye comme étant une "mauvaise mère".

Mais certains événements vont lancer Samuel sur les traces du passé de sa mère et nous permettre d'en apprendre plus sur la jeunesse de Faye. Les détails sur sa vie chez ses parents et sur sa scolarité dans un petit lycée du Midwest, prouvent à quel point être une jeune fille dans les années 60 était compliqué. Cette jeunesse dans une société qui ne permettait pas encore aux femmes de s'affirmer hors du mariage et de la maternité a, bien entendu, eu des conséquences sur le caractère de Faye. Et grandir avec un père plus que taciturne n'a pas non plus aidé cette jeune fille timide et perfectionniste à s'affirmer.

Faye, a donc vu son admission à l'université comme une chance de prendre ses distances avec une vie assez étouffante, mais son cursus ne va pas se dérouler comme prévu...

Au fil des pages, donc, on comprend mieux les motivations de cette jeune femme qui a quitté son mari et son fils pour tenter de se trouver elle-mêmeEt Samuel finit par comprendre à quel point cette quête était essentielle pour Faye et par se rendre compte à quel point il ressemble à sa mère. 

J'ai particulièrement apprécié la fin du roman. Tout n'est pas bien qui finit bien et on est loin du conte de fées, puisque les personnages de Nathan Hill sont profondément humains : ils ont donc, comme nous tous, des défauts et des faiblesses et leur vie n'est pas parfaite. Mais chacun semble avoir envie d'avancer et de s'ouvrir aux autres. Une belle leçon d'optimisme !

29 septembre 2018

April, May & June, Robin Benway

April, May, June

April, May & June, Robin Benway

Titre original : The Extraordinary Secrets of April, May & June

Edition : Nathan

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Trois soeurs
Trois secrets
Trois pouvoirs

C'est arrivé le lendemain de la rentrée.
Alors que la journée s'annonce tout à fait ordinaire, April découvre qu'elle peut prédire l'avenir. Le même jour, sa soeur May connaît un soudain accès d'invisibilité, qui semble se déclencher à la moindre émotion. Et enfin June, leur benjamine, parvient à lire dans les pensées de tous ceux qui l'entourent! Génial, non ?
Eh bien non. Prévoir les catastrophes sans pouvoir les éviter, draguer un mec avec un corps qui disparaît à moitié et connaître les pensées pas toujours reluisantes de ses copines, voilà qui vous décourage d'avoir des superpouvoirs !
Et si le véritable pouvoir de ces trois soeurs-là était le lien qui les unit ? "

 

Mon avis

Entre deux lectures très sérieuses, j'avais envie de quelque chose de plus léger.

J'ai commencé ce roman sans grande conviction, en me disant que j'allais sans doute retomber dans l'intrigue habituelle des romans pour jeunes adultes = le triangle amoureux ou l'amour impossible entre deux ados que tout sépare... 

Je me suis donc dit que si l'histoire ne me plaisait pas, je m'arrêterais à la page 50. Et au final, j'ai dévoré ce roman en une soirée et quelques heures. Comme quoi, on a parfois des préjugés sur les romans et, bien souvent, ils tombent à l'eau.

On est en effet bien loin des clichés habituels. Certes, les trois soeurs s'intéressent aux garçons, mais comme toute ado normalement constituée (et pas comme ces nombreuses héroïnes de roman qui hésitent entre deux garçons et - comme par hasard - choisissent toujours le mauvais numéro). Et, surtout, tout ne tourne pas autour de leurs histoires d'amour : on est plutôt plongés dans une histoire de famille assez sympa, avec quelques éléments fantastiques. Car les trois soeurs ont des super-pouvoirs et ne savent pas trop quoi en faire, ce qui donne des passages assez sympathiques où nos héroïnes frôlent le désastre.

Et on retrouve aussi les petits problèmes des ados que nous avons été à travers les trois filles : June, qui tente de se fondre dans la masse et d'être appréciée de tous ; May, qui tente une autre approche et tente de jouer à la dure qui n'a besoin de personne (plutôt mourir qu'avouer qu'elle se sent seule) et enfin April, la bonne élève qui a intérêt à maintenir sa moyenne si elle veut entrer dans une bonne fac. 

June m'a parfois agacée, mais c'est surtout parce qu'elle est jeune et écervelée, et ne se rend pas vraiment compte des mauvais choix qu'elle fait. Mais April et May ont été très amusantes à suivre.

Le suspense n'est pas insoutenable, mais l'auteure parvient quand même à retenir notre attention, parce que le roman est bien écrit et amusant (notamment les passages consacrés à May, puisqu'elle a beaucoup d'humour).

Bref, mon moment de détente était réussi cette fois !

14 août 2018

Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

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Pure Blonde, Kathleen Flynn-Hui

Titre original : Beyond the Blonde

Edition : J'ai lu

Nombre de pages : 314

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

" Bienvenue chez Jean-Luc, dans un monde où la coiffure est un art! Faites entrer les artistes, qu'ils prennent place sur scène! Le bruit des ciseaux et des potins rythme le spectacle. Colorations, mèches et balayages ajoutent de la couleur au décor. Tandis que toutes ces mains s'affairent pour faire des mannequins, des actrices et des rédactrices branchées de véritables gravures de mode, mensonges et trahisons font également partie du scénario... "

 

Mon avis

Ce roman de chick-lit est tout simplement étonnant.

Pour une fois, l'héroïne ne provient pas d'un milieu privilégié, bien au contraire. 
Georgia est née dans une petite ville des Etats-Unis. Élevée par une mère célibataire qui tenait un petit salon de coiffure, la jeune fille n'a qu'un rêve : devenir un jour coloriste.

A force de travail, Georgia est engagée chez "Jean-Luc", un salon chic de New York. le travail est difficile, les collègues et les clientes ne sont pas toujours sympas... Mais, heureusement, les personnages ne sont pas (tous) totalement superficiels : nombre d'entre eux, en plus de Georgia, ont les pieds sur terre et apportent donc un petit quelque chose en plus à ce roman qui, sans cela, serait une simple comédie.

Seul bémol à cette histoire très sympa : la fin très précipitée. En une cinquantaine de pages, l'auteur nous règle les problèmes de ses personnages principaux comme par magie. Franchement, j'aurais préféré lire une bonne centaine de plus et garder le rythme adopté tout au long du roman, plutôt que de finir sur ce dénouement qui semble bâclé.

A part cela, c'était une excellente lecture, avec des personnages attachants et une histoire crédible. Une belle découverte !

Posté par Aline1102 à 06:59 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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