Les Livres d'Aline

09 avril 2021

Impériûs - La Cité des anges, Jule Gallin

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Impériûs - La Cité des anges

Jule Gallin

Editions Librinova, 368 pages

 

Un extrait

" Ce paysage est digne des plus grands livres de science-fiction. Les roches sont en suspension dans les airs, certaines mêmes sont en mouvement. Elles tournent autour d’autres roches, le tout donne une consistance incroyable. Impériûs et ses sculptures était déjà impressionnante mais là on touche à la version XXL de la puissance artistique ! Jamais je n’ai vu quelque chose d’aussi beau de toute mon existence ! J’ai presque envie de pleurer tellement le spectacle est extraordinaire, alors nous sommes dans le « jardin du paradis » … "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) " Forêt de Fontainebleau.

Alors que l’humanité est menacée par une épidémie sans précédent, Archaiêl est retrouvé nu et délirant près d’un cadavre. L’enquête progresse, et l’homme, qui se prétend Archange, est vite innocenté. Sous étroite surveillance policière après plusieurs annonces prophétiques concernant la pandémie, il part à la recherche d’Ulysse, un orphelin sans histoire qui aurait accidentellement provoqué le suicide de la victime.

Grâce à la mystérieuse Clémentine, Archaiêl révèle à Ulysse qu’il a mis en péril l’équilibre de l’univers. Un seul moyen de découvrir la nature de sa faute et sauver l’humanité : faire confiance à cet étrange duo. Archaiêl accompagne Ulysse vers Impériûs, la cité des Anges, gardiens de la paix et des réponses à nos questions existentielles.

Émerveillé par cette nouvelle vie spirituelle, Ulysse découvre alors le monde de l’invisible. Il se trouve pourtant dans une situation périlleuse, car le désordre qu’il a provoqué a libéré Xénos et sa horde d’âmes noires, prêts à tout pour étendre leur empire sur Impériûs et sur la Terre. La guerre tant redoutée finit par éclater. Parviendra-t-il à sauver sa vie et à rétablir l’harmonie qu’il a bousculée ? La Terre échappera-t-elle au chaos ?

Avec un style efficace et rythmé, Jule Gallin nous plonge dans le destin hors du commun d’Ulysse, qui mène de front la résistance aux forces obscures et la quête de ses origines. Plongez dans une aventure unique, à la frontière entre deux mondes ! "

 

Mon avis

Peut-on, tout d’abord, prendre quelques secondes pour admirer la magnifique couverture réalisée par Alexandra Charlier ? Ouvrir un livre sur une liseuse pour se retrouver face à une telle beauté coupe réellement le souffle et semble déjà prometteur.

Et, en effet, la couverture n’est pas la seule qualité de ce roman fantastique, loin s’en faut. L’histoire et les personnages sont également de gros points forts de ce récit.

Le héros est Ulysse Solo. Et, au début de l’histoire, pour être honnête, Ulysse n’a rien d’héroïque, sauf peut-être son prénom. C’est un gars un peu terne et banal, qui travaille dans une entreprise pharmaceutique et mène une vie assez rangée et routinière. Le seul élément un peu folichon de son existence, c’est la thérapie qu’il suit pour tenter de se remettre du décès de sa mère, survenu dans des circonstances aussi mystérieuses que dramatiques. A part ça, Ulysse est Monsieur-tout-le-monde.

Mais cet homme en apparence si banal est en réalité au cœur d’une intrigue tout à fait exceptionnelle. Car un virus bien plus mortel que le Covid a fait son apparition sur Terre et c’est Ulysse qui en est à l’origine… Pourquoi ? Comment ? Ulysse ne le sait pas, et Archaiêl, un personnage mystérieux dont Ulysse croise la route, n’en sait pas plus malgré son statut d’archange.

Oui, vous avez bien lu : Archaiêl est un archange. Il est même le premier des dix-huit archanges d’Impériûs. Et c’est lui qui fait le voyage sur Terre, via la forêt de Fontainebleau, pour prévenir Ulysse du danger qui le guette et le ramener sur Impériûs (ou, tout au moins, pour y amener son âme pendant que son corps reste sur Terre).

Vous l’aurez donc compris : Impériûs – La Cité des anges est un roman de fantasy mêlant habilement des éléments fantastiques avec des codes empruntés au polar (le frère d’Ulysse, Benjamin, est policier et va lui aussi se trouver mêlé à l’intrigue).

Le sort de Xénos, l’ennemi qui « diffuse » le nouveau virus sur Terre, m’a un peu rappelé celui de Morgoth dans Le Silmarillion, de Tolkien. Tous deux sont rejetés à l’écart de leur monde par la puissance des forces du « bien » : ils ne sont pas mis à mort, mais gardés prisonniers, jusqu’au moment où ils pourront s’échapper, ce qui signera l’avènement d’une dernière grande bataille et de la fin du monde (chez Tolkien) ou la vengeance ultime et l’extermination de la race humaine (chez Gallin). Les similitudes s’arrêtent là, car Jule Gallin parvient à mettre en place son propre univers et ses propres personnages.

Et quel univers ! Impériûs est un monde absolument fascinant, et la hiérarchie entre les différents archanges l’est tout autant. Au milieu de ces personnages fabuleux, Ulysse va évoluer : il devient peu à peu le « vrai » héros de l’histoire et s’éloigne de plus en plus de sa vie de tous les jours.

Les rebondissements sont nombreux, les révélations sont distillées en petites touches afin de maintenir le suspense. Et, en prime, comme dans un film, on a droit à des « scènes bonus » à la fin du roman !

SB

C’est une idée originale et je trouve ça sympa de la part d’un auteur de partager avec ses lecteurs des espèces de « fins alternatives » à différents chapitres : cela permet de mieux réaliser tout le travail qui réside derrière les romans que nous lisons, et de se rendre compte de l’ampleur du processus créatif (qui doit certainement être encore plus important pour un roman de fantasy que pour une histoire contemporaine).

 

Un grand merci à Mathieu de Librinova pour cette belle lecture !

Pour découvrir Impériûs – La Cité des anges, c’est par ici que ça se passe.

 

En bref

Tout en utilisant des éléments d’actualité (le Covid, encore lui) et de réalisme (enquête policière, urgence sanitaire déclarée par l’OMS, etc.), Jule Gallin parvient à créer une intrigue fantastique très originale. J’ai adoré découvrir Impériûs, Paradisius et les différents « habitats » des archanges, tout comme leurs différentes personnalités (certaines attachantes, d’autres effrayantes). Et la mention spéciale de l’originalité revient aux chapitres parlant de l’Air Ball, l’équivalent sur Impériûs du Super Bowl américain : tout comme c’est le cas avec le Quidditch de J.K. Rowling, je regrette presque que l’Air Ball n’existe pas réellement sur Terre, car ce serait un sport passionnant à suivre !


02 avril 2021

Marre du COVID ? Les livres peuvent nous aider

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Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais personnellement, j'en ai assez d'entendre parler du Covid et de constater que personne ne semble avoir de solution au problème (à part la vaccination, mais vu qu'on est bien à la traîne de ce côté-là et que certains vaccins semblent provoquer encore plus de problèmes de santé, ça promet...)

J'en suis au point où je n'écoute les infos que d'une oreille, étant donné que cela fait un an qu'on tourne avec les mêmes sujets "d'actualité" : on change un peu les intervenants et les personnes interviewées, histoire de donner l'impression de varier, mais en réalité on parle de la même chose, encore et toujours.

En ce moment, la littérature semble vouloir nous apporter plus de réponses que la presse et les gouvernements. Certains auteurs et philosophes proposent de beaux essais et se lancent dans des réflexions intéressantes sur le monde "d'après". En nous obligeant à réfléchir à des sujets inconfortables, en nous faisant sortir de nos zones de confort et en nous confrontant à la dure réalité du monde que nous ne voyons pas avant la pandémie, certains livres nous proposent de mettre à profit les confinements successifs afin d'en tirer quelque chose de positif.

J'ai donc dressé une petite liste de ces livres qui peuvent nous pousser à changer notre mode de vie et à redonner un sens à notre existence post-Covid.

 

51-AQ8YTmjLCroire ou savoir ? Petites graines de réflexion pour un monde meilleur, de Gérard Santarini

Ce livre apporte des pistes pour lutter contre bien des problèmes que connaissent nos sociétés modernes : nationalisme, racisme, détournement des connaissances scientifiques et technologique.

L'auteur y propose de revenir aux sources de la spiritualité et des sciences et de les utiliser à bon escient. Loin de nous dire "quoi faire", il nous donne des indices nous permettant de trouver la bonne voie, celle qui nous convient le mieux.

Ce qui me plaît :

  • - Le fait que l'auteur n'impose pas son point de vue mais propose des pistes à ses lecteurs ;
  • - L'utilisation des connaissances acquises à bon escient, afin d'améliorer notre milieu ;
    - Le fait que l'auteur partage son parcours personnel. Et il sait de quoi il parle, étant lui-même de formation scientifique.

Où le trouver :

- Amazon ;
- Fnac ;
- Librinova.

 

CVT_Ou-suis-je-_8132Où suis-je ? Leçons de confinement à l'usage des terrestres, de Bruno Latour

Dans cet essai philosophique, l'auteur nous parle d'un confinement plus grave que celui que nous subissons actuellement.

Il nous prévient en effet que la crise sanitaire va de pair avec une autre crise, bien pire : celle du climat.

On a tendance à l'oublier du fait de la pandémie, mais notre Terre va mal. Les éléphants d'Afrique sont menacés d'extinction. L'utilisation de plastique a même augmenté depuis le début de la crise sanitaire et ce sont maintenant des masques et gants chirurgicaux qui se retrouvent dans les océans...

Et tout cela revient à un confinement de l'être humain car il n'y a pas de seconde planète Terre. Nous sommes obligés de vivre avec les conséquences de nos actes sur le climat et la biodiversité.

Bruno Latour nous propose donc des pistes pour comprendre où nous vivons, pour remettre en perspective la façon "dont nous habitons la Terre" et nos modes de vie.

Ce qui me plaît :

- Le fait que le confinement soit vu comme quelque chose de positif, qui nous permet de réfléchir sur nos modes de vie et de les améliorer ;
- La préoccupation pour le climat, qui ne semble plus inquiéter personne depuis l'arrivée du Covid-19 dans nos vies.

Où le trouver :

- Amazon ;
- Fnac.

 

41PhEiVY0gLA l'aube de la 6e extinction : Comment habiter la terre ?, de Bruno David

Cet essai est un peu un condensé des deux premiers. 

Il nous donne des pistes afin d'éviter la catastrophe qui nous attend si nous ne réagissons pas à l'augmentation des températures. Et loin d'être pessimiste, l'auteur se contente d'être réaliste et d'analyser notre situation actuelle et ses évolutions possibles.

Ce qui me plaît :

- Le fait que l'auteur ne soit pas moralisateur mais se contente de parler objectivement de la situation actuelle des êtres humains et de la planète ;
- Le retour dans le passé afin de comprendre les différences entre la situation actuelle et les précédentes extinctions.

Où le trouver :

- Amazon ;
- Fnac.

 

Je l'ai lu récemment

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Edward Abbey était un essayiste américain connu pour ses positions écologiques radicales. Il plaidait pour des lieux de nature sauvage, où la faune et la flore pourraient se développer sans aucune intervention humaine : selon lui, même un rocher devait pouvoir vivre sa vie de rocher sans que les êtres humains viennent se mêler de sa destinée minérale.

En descendant la rivière est une sorte de journal de bord des différentes descentes de rivière (justement) effectuées par Abbey au fil des ans. Il nous y livre ses réflexions sur la place de l'homme dans le monde, sur la nature et la gestion de l'écologie.

Où le trouver :

- Amazon ;
- Fnac.

 

Il est dans ma PAL

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La Traversée des Temps est le grand œuvre d'Eric-Emmanuel Schmitt, qui y travaille depuis plus de trois décennies !

Son projet est de nous parler de l'évolution de l'humanité depuis ses premiers pas sur la Terre et donc, forcément, de provoquer une certaine réflexion sur ladite évolution.

En plus, le héros que l'on va suivre au fil des volumes s'appelle Noam !! (j'ai encore plus hâte de me plonger dedans, du coup)

Où le trouver :

- Amazon ;
- Fnac.

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12 mars 2021

Le Dieu de l'aube: Tarenthä díh Korloc - Tome 1 : La prophétie Comoraï

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La prophétie Comoraï

Ailen J.

Editions Librinova, 720 pages

 

Un extrait

" La tiède chaleur d’un petit matin tropical et les premiers rayons de soleil venant caresser la peau d’une étreinte délicate, réconfortaient l’âme et insufflaient la vie. Ce fut à cette sensation familière, que Djarlo ouvrit faiblement les yeux. La vue très floue, il peinait à faire la distinction entre le rêve et la réalité. Pensant être à l’aube d’un cauchemar qui aurait pris fin avec la nuit, son corps endolori lui rappela qu’il n’en était point. Malgré la douleur, il lui sembla distinguer quelqu’un au-dessus de lui qui psalmodiait des versets étranges. Un individu à la pâleur lunaire, à l’aura karmique plus sombre et plus opaque que l’onyx. Là, une violente décharge électrisa son organisme, le crispant dans un violent réveil, abrégé par un contre coup qui le replongea aussitôt, dans le calvaire de l’obscurité. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) " Et s'il existait une autre espèce ? Des créatures prodigieuses, dont la divinité incarnée résiderait dans le corps de son dernier spécimen.

Plongez dans l'univers initiatique de Djarlo, unique rescapé du genre et enfant refuge d'un dieu, convoité par les forces du mal. "

 

Mon avis

Dans ce premier volume du Dieu de l'aube, Ailen J. Met en place toute une mythologie. Langues, races, géographie, faune et flore, liens familiaux, tous les éléments d'une bonne saga de fantasy sont présents dans ce roman. Et malgré tous ces éléments inventés (ou peut-être justement grâce à eux), la trame de l'histoire reste totalement crédible et l'on est bien vite totalement transporté dans l'univers de Djarlo.

Djarlo est un enfant qui fait l’objet d’une prophétie (d'où le titre du roman). De ce fait, il doit être mis à l'abri car des créatures tentent de s'emparer de lui. Il est confié à Aolorin, un lycanthrope qui le cache sur l'île de Comoraï.

Là, il fait la connaissance de Kayan, un mage exilé qui a choisi de prendre soin des enfants qui, comme Djarlo, sont frappés par une prophétie et exclus de leurs villages et familles.

Tout cela promet une suite (déjà annoncée à la fin de ce volume) très intéressante.

Les événements s'enchaînent sans temps mort ou presque et ce rythme trépidant rend l'histoire extrêmement addictive : on a sans cesse envie de savoir ce qui va se passer dans le chapitre suivant et ce que l'avenir réserve à Djarlo et à ses compagnons d'infortune.

En même temps, tout en suivant les rebondissements de la vie quotidienne des enfants secourus par Kayan, on ne peut que s'attacher à ces jeunes qui, malgré leurs différences physiques et morales, portent tous le même fardeau : le rejet par les autres. Cette mise au ban de leur société est encore plus cruelle du fait que ces enfants n'y sont pour rien : ce ne sont pas des criminels ou des cinglés, mais seulement les victimes de prophéties annonçant des catastrophes pour leurs communautés s'ils restent libres et vivants.

Dans ce roman, j'ai aussi beaucoup apprécié le fait que le mode de vie des différents peuples et races soit détaillé par l'auteure (comme le potager du père de Djarlo, dont j'ai aimé découvrir l'existence), ainsi que les notes de fin de volume expliquant le langage Comoraï ou des éléments de la faune et de la flore locale. De même, les personnages, qui ont tous un physique un peu spécial, sont bien décrits, ce qui permet de mieux les imaginer. Il est toujours plus facile de s'y retrouver dans un univers totalement neuf comme celui-ci lorsque l'auteure prend la peine de se livrer à ce genre d'exercice et d'expliquer ce qu'elle-même visualise en créant son propre monde : cela rend la lecture plus fluide.

L'auteure a elle-même illustré son ouvrage, et son travail est vraiment magnifique. Les illustrations me semblaient inspirées du style japonais et il s'avère que l'auteure est justement fan de B.D. japonaises ! En voici deux, afin que vous puissiez les admirer autant que moi :

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Je remercie vivement Summer, des Editions Librinova, pour ce beau moment de lecture.

Si vous souhaitez découvrir les aventures de Djarlo, ça se passe par ici !

 

En bref

Ce sont des univers comme celui de Ailen J. qui me rappellent régulièrement combien j'apprécie la fantasy et ses univers si particuliers. Le fait d'être transportée dans un nouveau monde le temps d'une lecture fait parfois beaucoup de bien, d'autant plus lorsque notre propre monde connaît des périodes troublées telles que les années 2020 et 2021... 

17 février 2021

Harry Bosch, tome 2 : La glace noire, Michael Connelly

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La glace noire

Michael Connelly

Editions Points, 382 pages

 

Un extrait

" L'obscurité sentait le hasard, les caprices de la chance se déployant dans la nuit de néon bleu. Il y avait tant de façons de vivre. Et de mourir. Un jour, on roulait dans la limousine noire d'un studio de cinéma, le lendemain on prenait place à l'arrière d'une camionnette bleue de la morgue. Le bruit des applaudissements ressemblait au bourdonnement d'une balle qui siffle à l'oreille dans l'obscurité. Le hasard. C'était ça, L.A. "

 

Résumé

Harry Bosch est de garde pour la brigade criminelle d'Hollywood la veille de Noël. Il s'apprête à déguster son repas de réveillon - dinde, riz et petit pois - lorsqu'il capte un message diffusé sur le scanner de la police : les grands pontes de la police, dont un chef adjoint, sont appelés dans la chambre d'un motel. Bosch ne comprend pas pourquoi il n'est pas le premier prévenu de cette affaire, puisqu'il est l'officier de garde, et décide de se renseigner par téléphone. C'est ainsi qu'il apprend le suicide de Calexico Moore, sergent responsable de la section anti-drogue.

A première vue, l'affaire semble simple : en pleine procédure de divorce et faisant l'objet d'une enquête des affaires internes, Cal Moore aurait touché le fond. L'homme aurait ainsi loué une chambre dans un motel de L.A. avant de se tirer une décharge de fusil à pompe en plein visage.

(Attention, spoilers !) Toutefois, à l'autopsie, le médecin légiste détecte certaines traces sur les restes du crâne de Moore, qui lui font penser à un meurtre : elle refuse donc de conclure au suicide. Cela alerte Bosch, d'autant que deux de ses propres enquêtes semblent liées à l'affaire Moore.

Bosch décide donc, malgré l'interdiction formelle d'Irving, le chef adjoint de la police, d'enquêter personnellement (et aussi discrètement que possible) sur la mort de Moore.

 

Mon avis

Ce que j'aime dans les enquêtes d'Harry Bosch, c'est la ténacité du personnage. Il ne lâche rien tant qu'il n'a pas résolu l'affaire qui lui est confiée, quelle que soit cette affaire. Avec lui, impossible d'étouffer un dossier, même si celui-ci est susceptible de provoquer un scandale sans précédent pour la police.

Cet état d'esprit, qui pousse Bosch à tout donner au nom de la vérité et de la justice, l'amène souvent aussi à la limite de la légalité : ainsi, il crochète des serrures, drogue des chiens de garde, sert d'indic aux journalistes afin de mettre la pression sur Irving, et brutalise un collègue dans un bar afin d'arriver à ses fins. Il sait pourtant que tout finira par se savoir et qu'il devra rendre des comptes, mais il semble peu s'en soucier. C'est " tout le monde ou personne ".

La glace noire est un bon polar, dans lequel on retrouve ce trait de personnalité de Bosch. Le rythme de l'histoire est assez lent et les méandres des trois enquêtes qu'Harry mène en parallèle paraissent sans fin (même pour lui), mais Michael Connelly a le don de tenir ses lecteurs en haleine, même lorsqu'il se contente de décrire le trajet que Bosch effectue en voiture entre son domicile et Parker Center. Et du coup, les quelques longueurs qui, chez un autre auteur et avec un autre personnage principal, deviendraient gênantes, sont ici parfaitement dans le ton.

Par contre, ce qui est déroutant, c'est le dénouement de l'histoire, qui m'a paru un peu étrange même si, a posteriori, il est très logique étant donné l'évolution du personnage de Cal Moore. Toujours est-il que cette tournure des événements place Bosch en particulièrement mauvaise posture, puisqu'il doit choisir entre accepter des pots-de-vin de la part d'un flic corrompu, ou tuer ledit flic. Même pour quelqu'un comme lui, ce choix cornélien ne doit pas être évident mais, heureusement (si je puis dire) Cal Moore lui sauve la mise en forçant Bosch à dégainer et à lui tirer dessus...

 

En bref

La glace noire est au final une lecture prenante et intense, qui permet d'en apprendre plus sur le passé de Bosch, et notamment sur ses parents. Ce polar donne aussi l'impression d'être une véritable déclaration d'amour de Bosch (et Connelly) pour Los Angeles et l'ambiance très particulière de certains quartiers qui sont décrits dans le roman.

01 février 2021

La Fraternité des Maudits, tome 3 : L'Exécuteur, Jack D. Tickett

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L'Exécuteur

Jack D. Tickett

Editions Librinova, 550 pages

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Un extrait

" Alice n’a pas encore trente ans et elle commence à comprendre ce qui abîme vraiment les flics comme Simon Lanterne, son ancien patron à la PJ. Ce qui use dans la durée, ce n’est pas un Jacques Mesrine ou des frangins Kouachi, c’est Monsieur Martin qui dézingue sa Denise au couteau de cuisine, un samedi soir sur la Terre devant une émission de variétés, plus par désœuvrement qu’autre chose. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) " L’heure de l’affrontement entre Simon Lanterne, commissaire de la PJ en détachement à la DGSI, et Dante, le chef de la Fraternité des Maudits, une organisation criminelle œuvrant sur le territoire français depuis des mois, a enfin sonné. Assisté de son fidèle adjoint, Cissou Mokono marabout à Bobigny, et de son colocataire, Timothée Schneiss, hacker de renommée mondiale, Simon connaît déjà la véritable identité de Dante mais entre ce qu’il sait et ce qu’il peut prouver, il y a une marge qu’il doit combler. Simon doit engager les grandes manœuvres pour parvenir à ses fins. Dante est un adversaire redoutable, disposant d’appuis puissants et de ressources insoupçonnées.

 Alice Mariotti, ancienne subordonnée de Simon Lanterne à la PJ, poursuit sa quête de vérité sur la mort de son père, impliqué dans le vol d’un incunable inestimable de Dante Alighieri aux archives du Vatican. Alors qu’elle effectue un voyage à Rome pour confondre le Cardinal Di Stephano, responsable des archives du Saint-Siège, elle fait la rencontre d’un mystérieux prêtre, émissaire spécial du pape. Elle cherche la vérité, il veut récupérer le livre.

Sans le savoir, tous sont à la poursuite du même homme, insaisissable. Ils doivent unir leurs forces pour percer le mystère de Dante. Mais est-ce seulement possible ? "

 

Mon avis

Aussi passionnant qu'un whodunnit et aussi haletant qu'un thriller au rythme effréné, ce polar m'a rappelé, une fois de plus, pourquoi j'affectionne autant ce genre littéraire.

La confrontation entre Simon Lanterne et Dante a tout de la partie d'échecs dont on ne sait qui sortira vainqueur : ce sont deux fortes personnalités qui se lancent dans un bras-de-fer, l'une du côté des « bons », l'autre dans le camp des « méchants ».

Au passage, le récit aborde des thématiques très contemporaines et intéressantes. Se déroulant en 2020, la narration n’échappe pas à la star de l’année (dont on se serait bien tous passés) : le COVID-19.

Extrait :

« Malheureusement, il arrive que des choses totalement improbables surgissent, comme un nouveau virus, création de Mère Nature et petit cadeau empoisonné à destination du plus turbulent de ses enfants. La crise sanitaire du coronavirus est inédite, spectaculaire, et mortelle. Elle a requis des moyens et des décisions extraordinaires : restrictions de circulation hors puis à l’intérieur du territoire, fermeture de tous les lieux publics, confinement pendant plusieurs semaines de toute la population, décret d’état d’urgence. Les autorités gouvernementales ont endossé l’habit régalien et pris des dispositions habituellement réservées aux situations de conflit ouvert entre nations. Cette « guerre » a été menée avec des médecins et des infirmières, avec des pompiers et des services d’urgence, et bien évidemment avec des policiers. Quand la catastrophe sanitaire a cogné à la porte de la maison France, les trous dans les blouses et les bottes sont apparus au grand jour, l’absence de stocks pour les consommables s’est fait remarquer, le manque structurel de lits et de matériels a sauté aux yeux. Les Français malades ont découvert leurs hôpitaux aussi malades qu’eux. La situation n’est pas meilleure dans leurs écoles ou dans leurs commissariats. »

Mais le virus qui nous pourrit l’existence depuis près d’un an (du moins en Belgique) doit ici partager la vedette avec d’autres problèmes que l’auteur mêle à son intrigue : situation économique, politique, tension entre civils et forces de police, racisme, cybercriminalité, dangers des réseaux sociaux, omniprésence problématique des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) dans la vie de tous les jours, littérature, … Tout (ou presque) y passe et cela fait mouche, car c’est toujours traité à bon escient, comme lorsque Cissou, l’adjoint de Simon Lanterne, se plaint du racisme latent dans la société.

Au niveau des personnages, parlons des deux principaux protagonistes. Dante m’a paru fascinant, mais en même temps repoussant. Lire les détails de ses mouvements et de ses « opérations », c’est un peu comme observer une grosse araignée en train de tisser sa toile : on est admiratif de tout le travail accompli, tout en ressentant des frissons en observant l’animal en question (ai-je bsoin de préciser que je suis arachnophobe ?) L’homme est intelligent et touche-à-tout, et peu de domaines échappent à son expertise, mais les batailles qu’il mène sur plusieurs fronts sont très personnelles et, surtout, très discutables.

Simon Lanterne, quant à lui, est aussi passionnant que Dante et, heureusement, il est dans le camp des « gentils ». Sous ses aspects bourrus et malgré une carrière en dents de scie, c’est un flic de fiction comme on les aime : honnête, acharné, et bosseur. Il possède aussi un bon sens de l’humour et la plupart de ses échanges avec ses adjoints sont amusants.

Le fait de commencer ma lecture par le troisième (et dernier, oups) tome de la série ne m’a pas gênée outre mesure. Le roman est très bien écrit et, dès les premières pages, on est totalement happés par l’intrigue, ce qui fait que l’on entre facilement dans l’histoire. De plus, l’auteur nous offre un petit rappel des faits lorsqu’il nous présente Darius (un trafiquant d’armes dont je ne vous ai pas encore parlé, mais qui joue un rôle dans l’histoire) et Simon. De plus, j’ai l’habitude de commencer la lecture des sagas dans l’ordre le plus aléatoire qui soit (re-oups). Les anglophones ont un terme intéressant pour cette pathologie : 

MR

Un grand merci à Summer, des éditions Librinova, pour cet exemplaire de L’Exécuteur, que j’ai adoré découvrir.

Si vous souhaitez vous lancer à votre tour, c’est par ici pour le tome 3.

Et si vous êtes un lecteur plus logique que moi, le tome 1 est par là.

 

 

En bref

Si vous êtes fan de bons polars (et, honnêtement, qui ne l’est pas ?) et/ou, de thrillers, n’hésitez pas à prendre quelques jours pour vous plonger dans La Fraternité des Maudits. L’auteur y mêle habilement les deux genres tout en partageant des réflexions profondes sur les problèmes sociaux actuels. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour, histoire de faire du bien aux lecteurs. Et en ces temps troublés, on a bien besoin de passer quelques bons moments…

Prenez-soin de vous avec un bon roman... celui-ci, par exemple !