Première récap du challenge Thrillers et Policiers scandinaves
Voici un lien qui devraient intéresser ceux et celles d'entre vous qui souhaitent découvrir un peu plus les auteurs de polars et thrillers scandinaves : Première récap du Challenge Thrillers et Policiers scandinaves.
Emmanuelle y a indiqué l'ensemble des liens vers les billets des participants au challenge. Lars Kepler, Arni Thorarinsson, Ake Edwardson et beaucoup d'autres vous y attendent. Bonne visite !
Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates
Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates
Titre original : Beasts
Edition : J'ai lu
126 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" ' Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées par le coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gillian. Je prendrai soin de toi. '
Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.
Un récit haletant, un roman dense et pervers par l'un des plus grands auteurs américains de ce siècle. "
Commentaire
Choquant et cruel, Délicieuses pourritures porte particulièrement bien son titre anglais. Beasts. C’est un peu ce que deviennent les victimes de Dorcas et Harrow au contact des ces deux êtres dépravés et sans scrupules. Des animaux de compagnie. Des domestiques. Des pantins dont le couple agite les fils. Les jeunes filles sur lesquelles le couple presque démoniaque jette son dévolu n’ont aucune chance d’échapper à leur emprise. Et les fantasmes que ces jeunes proies évoquent lors de la lecture publique de leur journal intime, lors des séances du séminaire de poésie de Harrow, semblent devenir réalité…
Délicieuses pourritures est bien dans la continuité des œuvres de Joyce Carol Oates. En général, cette grande dame de la littérature contemporaine traite surtout de la dégradation humaine, des vices cachés, des douleurs refoulées. Ce court roman ne fait pas exception à la règle. La dégradation est là et bien là. Les jeunes filles la subissent dans toute sa cruauté. Mais l’une d’elles (Gillian) , tout en faisant partie de ces victimes, se rend compte de ce qu’il se passe dans la maison des Harrow. Et, un beau jour, cette conscience la pousse à commettre un acte répréhensible.
Ce qui est étonnant, dans ce roman, c’est que la plupart des étudiantes d’Andre Harrow semblent être folles de lui malgré le fait que certaines d’entre elles aient déjà expérimenté les épisodes dégradants dont Gillian nous parle. Ces jeunes filles sont réellement des otages psychologiques du couple infernal et pourtant, elles ne parviennent pas à s’en détacher, elles semblent fascinées par Dorcas et Harrow, comme si toutes souffraient du fameux syndrome de Stockholm.
Joyce Carol Oates nous enfonce ici dans un univers glauque et inquiétant. Elle nous confronte à la manipulation comme instrument de satisfaction des désirs les plus pervers. Et cela met mal à l’aise. Délicieuses pourritures est fascinant dans la laideur des sentiments qu’il illustre, comme les totems sculptés par Dorcas, qui captivent l’attention des visiteurs de son exposition tout en les choquant profondément. Ce roman pourrait se lire d’une traite grâce à sa brièveté, mais il est impossible de le terminer en une seule fois, tant l’intensité des – mauvais – sentiments qui y sont dévoilés est puissante.
Quelques extraits :
" Dominique (qui, comme d'autres filles de Catamount, avait une provision de pilules pour chaque occasion) me proposa un "bennie" - de la Benzédrine ? - pour me remonter le moral. Non merci ! répondis-je catégoriquement.
Je voulais affronter les yeux ouverts ce que l'on appelle la réalité.
J'en ai fait un des principes de ma vie;
Je me demande parfois si la décision était sage. "
" Le meurtre d'âme, ça existe, dit Penelope. Sauf qu'il n'est pas visible comme l'autre. Il y a des gens mauvais. Il y a des gens cruels. Des gens qui devraient être punis. S'il y avait quelqu'un pour les punir. "
" Je voyais leurs yeux. Leurs yeux qui se posaient sur moi. Même Cassie, mon amie. Je voyais les questions dans ses yeux et je l'évitais. J'étais malade d'angoisse à l'idée d'être démasquée ( mais j'avais vingt ans, je n'étais plus vraiment une enfant), et je débordais aussi de fierté. Maintenant je suis bienheureuse. Je ne suis pas comme les autres. Ils m'aiment. "
" Elles avaient été droguées. Comme moi.
Elles avaient été amoureuses. Comme moi.
Elles garderaient toujours leurs secrets. Comme moi.
Nous sommes des bêtes et c'est notre consolation. "
Il est encore dans ma PAL :
Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates, aux Editions Philippe Rey.
Présentation de l'éditeur :
" Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique. "
L'Echo des morts, Johan Theorin
L'Echo des morts, Johan Theorin
Titre original : Nattfak
Edition : Albin Michel
409 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" N°1 des ventes dans son pays, le Suédois Johan Theorin s'impose désormais comme un des maîtres du polar scandinave. Après L'Heure trouble, salué par la critique internationale, L'Echo des morts explore à nouveau l'atmosphère étrange de l'île d'Öland, où les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s'installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée au coeur de l'hiver, Katrine Westin est retrouvée noyée et son mari sombre dans la dépression. Alors que d'inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l'enquête est vite convaincue qu'il ne s'agit pas d'un accident...
Porté par l'écriture très personnelle de Theorin, un suspense où passé et présent s'entrecroisent dans un climat troublant, aux limites du fantastique. "
Commentaire
Quelle ambiance ! L'Echo des morts repose sur une légende qui nous est contée dès le début du polar et selon laquelle les morts de l'année se réuniraient durant la nuit de Noël. A partir de cette croyance, Johan Theorin construit toute une intrigue reposant sur les morts d'Aludden, la nouvelle demeure des Westin.
D'autres légendes existent au sujet de la vieille demeure : le phare Nord, dont la lumière ne s'allume que lorsqu'un habitant du domaine d'Aludden va mourir ;l e mur du fond du grenier à foin, dans le bois duquel sont gravés les noms et dates de décès de ceux qui sont morts dans la maison.
Theorin parvient, en exploitant ce climat de mystère qu'il met en place dès les premières pages, à nous détourner complètement du vrai motif de son polar : Katrine Westin est-elle morte accidentellement ou l'a-t-on assassinée ? Après quelques pages, cette question devient secondaire et ce qui nous préoccupe, ce sont surtout les étranges manifestations surnaturelles animant la vie de Joakim Westin à Aludden : la porte de la grange qui semble s'ouvrir toute seule, la jeune Lydia Westin qui parle dans son sommeil et déclare voir sa mère et sa tante, toutes deux décédées, se promener autour de la maison...
Au niveau des personnages, j'ai beaucoup apprécié Tilda, la jeune policière qui enquête sur le drame de la mort de Katrine, et son grand-oncle Gerlof. Ces deux-là sont très impliqués dans l'enquête et finissent par résoudre plusieurs mystères qui planent, non seulement à Aludden, mais sur toute l'île d'Öland.
Par contre, le personnage principal, Joakim Westin, n'a pas vraiment réussi à s'attirer ma sympathie. Certes, le drame qui le frappe est des plus malheureux, mais Westin m'a donné l'impression d'être prêt à échanger bien volontiers la vie de ses deux enfants contre celle de sa femme... Dépressif après le décès de Katrine (compréhensible), il ne s'occupe plus beaucoup des deux petits, les laissant souvent livrés à eux-mêmes pour aller explorer la grange (où il est persuadé de retrouver le fantôme de sa femme) ou tout simplement s'enfoncer dans son désespoir. Drôle de père !
Enfin, je ne sais pas qui lit les romans avant de les résumer chez Albin Michel, mais la quatrième de couverture me paraît franchement bâclée... Ce n'est pas quelques jours après l'installation des Westin que Katrine meurt, mais quelques jours après l'installation de Joakim à Aludden que survient ce décès. Katrine et ses enfants s'étaient déjà installés à Aludden depuis plusieurs semaines quand Joakim est venu les rejoindre ; ce dernier étant demeuré plus longtemps à Stockholm pour raisons professionnelles et afin de vider leur villa de banlieue. Quant à Tilda, elle enquête bien sur la mort de Katrine, mais peut-on réellement la qualifier de " chargée de l'enquête " alors que ses supérieurs ont conclu à une mort accidentelle et que Tilda et Gerlof sont les seuls à croire au meurtre ?
Challenge Thrillers et Policiers scandinaves
Ma prochaine lecture dans le cadre du challenge :
Hiver arctique de Arnaldur Indridason, aux Editions Seuil.
Présentation de l'éditeur :
" Comment peut-on poignarder un enfant ? Au cœur de l’hiver arctique, en Islande, un garçon d’origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ?
Le commissaire Erlendur mène l’enquête, s’acharne et s’embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s’obstine à survivre dans une nature hostile. L’absurdité du mal ordinaire lui échappe… "
L'appel du sang, La seconde vie de Bree Tanner, Hésitation novella, Stephenie Meyer
L'appel du sang, La seconde vie de Bree Tanner, Hésitation novella, Stephenie Meyer
Titre original : The Short Second Life of Bree Tanner. An Eclipse Novella
Edition : Hachette
211 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" L'heure était venue de chasser. Inhalant profondément, j'ai reniflé l'odeur du sang des humains dans la rue. S'ils n'étaient pas les seuls alentour, ils étaient les plus proches. Le gibier qu'on se choisissait relevait d'une décision que l'on devait prendre avant d'en humer le parfum. Après, il était trop tard poue changer d'avis. Un râle sourd s'est échappé de mes lèvres. Ce sang était à moi. L'incendie de ma gorge a redoublé d'intensité, et je n'ai plus songé qu'à m'abreuver. "
Commentaire
Cela fait un petit temps que j'ai découvert Twilight. Du coup, je ne me rappelais plus trop les détails concernant Bree Tanner. Je savais bien qu'elle avait été transformée par un vampire femelle, mais impossible de me souvenir de son nom. Pour les distraits dans mon genre, voici le petit résumé que propose Wikipédia (qui n'est pas la source que je préfère, je l'avoue franchement, mais impossible de trouver des précisions sur Bree dans l'encyclopédie Britannica !) :
" Ce nouveau roman raconte l’histoire de Bree Tanner, une vampire de 15 ans transformée par Victoria (l’une des ennemies des Cullen, la famille d’Edward) en même temps qu’une vingtaine d’autres adolescents, pour former une armée de vampires qui combattrait les Cullen. Le roman se focalisera sur les trois mois qui se déroulent entre sa transformation en vampire et le combat final à la fin d’Hésitation à l’issue duquel elle meurt, tuée par les Volturi. Nouveau-née torturée par sa transformation et la soif de sang qu’elle ne contrôle pas, elle est l’alter-ego de Bella et lui renvoie l’image de ce qu’elle serait si elle allait jusqu’au bout de sa décision de se transformer pour rester toute sa vie avec Edward. D'ailleurs, à la fin, lorsque Edward demande à Bella de ne pas regarder, Bree ferme les yeux. "
C'est déjà un peu plus clair, non ? Et pour tout replacer dans son contexte, Hésitation est le troisième volume de la saga.
Stephenie Meyer souligne, dans sa préface, qu'elle souhaite nous donner un aperçu de ce que les vampires pensent des humains et que, pour ce faire, elle les a observés au travers des pupilles rouges de Bree. C'est très poétique de l'exprimer ainsi (pupilles rouges, ça capte tout de suite l'intérêt du lecteur). Mais, le problème, c'est que je n'ai pas vu beaucoup d'humains dans L'appel du sang... A part deux prostituées qui servent de proies à Bree. Et Bella Swan, bien entendu. Mais quand Bree choisit les prostitués comme objectif de sa chasse, elle est tellement obnubilée par sa soif qu'elle nous en dit très peu sur ces deux femmes (on apprend juste qu'elle sont droguées). Et lorsqu'elle rencontre Bella, le fumet du sang de Bella (qui avait déjà mis Edward Cullen K.O.) la rend complètement cinglée. Bree n'a donc pas vraiment l'occasion de nous communiquer ce qu'elle pense des humains.
En réalité, ce que Bree observe, c'est sa communauté de vampires. Mais là aussi, j'ai regretté le manque de précision. Peut-être parce que ce roman est bien trop court, on n'en apprend pas assez sur ce mélange hétéroclite de créatures assoiffées de sang. De nombreuses questions me sont venues à l'esprit, mais n'ont pas trouvé de réponses. Quelle était la vie de Bree avant qu'elle soit transformée ? Qui est Riley, ce vampire qui a déniché pour Victoria tous ceux qu'elle a transformés ? Comment Victoria et Riley se sont-ils rencontrés ? Quelle vie menait Riley avant sa transformation ? En 211 pages seulement, pas moyen de développer tout cela. Dommage...
Par contre, j'ai été agréablement surprise par le style de Stephenie Meyer. Son écriture m'a semblé plus mûre que dans Twilight, sans doute parce que l'histoire de Bree est plus désespérée et ne permet pas de se lancer dans les mêmes détails romantiques (et parfois nunuches, avouons-le) que celle du trio Bella/Edward/Jacob.
Bref, je suis légèrement plus optimiste en ce qui concerne la bit-lit : tout n'est pas bon à jeter.
Merci à Anne, grande fan des Cullen (et d'un en particulier, tu vois sans doute qui je veux dire ??) pour ce prêt.
Quelques extraits :
" - Quel âge as-tu ? m'a-t-il soudain demandé.
- Trois mois. Je te l'ai déjà dit.
Je me suis reculée, mal à l'aise quand j'ai compris qu'il parlait de ma vie humaine. Personne n'abordait ces sujets. Personne ne souhaitait y repenser. Néanmoins, je n'avais pas envie de mettre un terme à la conversation. Une discussion, rien que cela, c'était nouveau et très différent.
- J'avais... euh, quinze ans, je crois. Presque seize. Je ne me souviens pas du jour... Etait-ce après mon anniversaire ?
Je me suis efforcée d'y réfléchir. Malheureusement, ces dernières semaines rythmées par la faim constituaient un vaste flou, et tenter de les éclaircir me donnait un étrange migraine. J'ai renoncé, secoué la tête.
- Et toi ?
- Je venais d'en avoir dix-huit. Si près.
- De quoi ?
- De m'en sortir. "
" Sifflant furieusement, Jasper m'a repoussée par terre. Sans m'en rendre compte, je m'étais accroupie, prête à l'attaque.
Car c'était elle : l'humaine que j'avais traquée un peu plus tôt. L'odeur sur laquelle tout mon corps s'était concentré. Le parfum sucré et humide du sang le plus exquis que j'aie jamais pourchassé. J'ai eu l'impression que ma bouche et ma gorge étaient en feu.
Sauvagement, je me suis accrochée à ma raison. Je me suis focalisée sur le fait que Jasper n'attendait que ça, que je bondisse une nouvelle fois pour me tuer. Malheureusement, je n'arrivais pas à m'y consacrer tout entière. J'allais me déchirer en deux à force d'essayer de rester assise.
L'humaine appelée Bella m'a contemplée avec des yeux bruns étonnés. La regarder empirait les choses. Je distinguais le sang qui pulsait sous sa peau fine. J'ai tenté de détourner la tête, en vain : mes prunelles revenaient sans cesse se poser sur elle. "
Il se trouve toujours dans ma PAL :
The Host (Les Âmes vagabondes) de Stephenie Meyer, aux Editions Sphere.
Présentation de l'éditeur (en français) :
" La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu'elle ne peut pas oublier. L'amour pourra-t-elle la sauver ? "
Vent d'Est, vent d'Ouest, Pearl Buck
Vent d'Est, vent d'Ouest, Pearl Buck
Titre original : East Wind, West Wind
Edition : Livre de poche
314 pages
Résumé
Avant sa naissance, Kwei-Lan a été promise au fils d'un ami de son père. Si la jeune fille a été élevée dans la plus pure tradition chinoise, ce n'est pas le cas de son fiancé. Le jeune homme est parti étudier la médecine en Occident et en est revenu avec des idées extrêmement modernes, oubliant progressivement les traditions de ses ancêtres.
Après son mariage, Kwei-Lan applique les enseignements de sa mère et ne parvient pas à séduire son mari. Elle en souffre beaucoup et commence à se poser beaucoup de questions sur les différences culturelles entre elle et son mari.
Le frère de Kwei-Lan, de son côté, a passé quelques années aux Etats-Unis. Il y a rencontré Mary, une jeune femme américaine, et l'a épousé là-bas, selon les traditions occidentales. Lorsqu'il ramène sa jeune épouse chez lui, cela provoque un véritable choc dans la famille. Sa mère le prie de répudier son épouse et de se marier, comme il était convenu depuis de nombreuses années, avec la jeune Chinoise que ses parents ont choisi pour lui.
Commentaire
Raffinement, douceur et délicatesse sont les premiers mots qui viennent à l'esprit lorsque l'on ouvre Vent d'Est, vent d'Ouest. La plume de Pearl Buck est particulièrement élégante et convient parfaitement à la voix de Kwei-Lan, qui nous raconte son histoire, et que l'on imagine douce et calme.
Kwei-Lan nous est une héroïne particulièrement discrète. Elevée dans la cour des femmes, elle doit se conformer, dès son plus jeune âge, aux ordres de sa mère, qui ne l'élève qu'en vue de son mariage, une fois qu'elle aura atteint l'âge requis :
" Kwei-Lan, ma fille, me dit-elle, tu es sur le point d'épouser l'homme auquel tu fus promise avant que de naître (...). Telle était ta destinée. Tu fus élevée dans ce dessein.
" Durant les dix-sept années de ta vie, j'ai eu en vue cette heure de ton mariage. En faisant ton éducation, j'ai songé à deux personnes : la mère de ton mari et ton mari lui-même. C'est pour sa mère que je t'ai appris à préparer et à présenter le thé à une personne âgée, à te tenir devant elle comme il sied, et à écouter en silence ses paroles, soit de louange soit de blâme. En tout cas, je t'ai dressée à te soumettre, de même qu'une fleur subit le soleil et la pluie. "
Kwei-Lan a appris des traditions centenaires, selon lesquelles une femme ne peut séduire un homme que par des sous-entendus. On ne dévoile pas ses sentiments, on ne montre aucun signe d'affection et, surtout, on ne tente pas d'imiter les Occidentaux, ces gens vulgaires et barbares. La séduction Chinoise est toute en retenue et très pudique.
Tout cela se révèle malheureusement inutile. Le mari de Kwei-Lan est revenu d'Occident avec de nombreux préjugés sur les traditions de ses ancêtres et il ne parvient plus à comprendre les femmes Chinoises. Il remet en question les coutumes de son pays et souhaite que sa jeune épouse rejette les principes qu'elle tient de sa mère. Le jeune homme choque Kwei-Lan le jour où il lui affirme que ses pieds bandés sont vilains et mauvais pour sa santé. La jeune fille est si fière de ses petits pieds ! Elle a tant souffert avant de pouvoir supporter les bandes sans pleurer !
" ' Depuis notre mariage, je veux vous demander si vous ne voudriez pas débander vos pieds. C'est malsain pour votre corps tout entier. (...) ' "
" '(...) Aussi je désire que vous débandiez vos pieds, car ce n'est pas beau, et puis, c'est passé de mode. Cela ne vous touche-t-il pas ? ' Il sourit légèrement et me regarda avec bienveillance.
Mais je retirai hâtivement mes pieds sous mon fauteuil. J'étais saisie par ses paroles. Pas beau ? Moi qui avais toujours été si fières de mes petits pieds ! Toute mon enfance, ma mère elle-même avait présidé aux bains d'eau chaude et à l'enveloppement des bandes - de plus en plus serrées - chaque soir. Quand je pleurais, dans ma souffrance, elle me priait de songer au jour où mon mari louerait la beauté de mes pieds.
Je baissai la tête pour cacher mes larmes. Je me rappelais toutes ces nuits agitées, ces journées pendant lesquelles je ne voulais ni manger ni jouer, et où je restais assise sur le bord de mon lit en balançant mes pauvres pieds pour alléger la pression du sang. Et maintenant, après avoir tout supporté jusqu'à ce que la douleur cesse - depuis à peine un an - apprendre qu'il les trouvait laids ! "
La pauvre Kwei-Lan va donc devoir choisir entre la tradition et l'amour de son mari. Si elle souhaite intéresser et séduire ce dernier, elle doit oublier tout ce qu'elle a appris dans la cour des femmes de la maison de ses parents. Peut-on oublier aussi facilement dix-sept années de sa vie ?
Petit à petit, la jeune fille s'ouvre aux idées de son mari et leur couple atteint enfin une certaine forme d'harmonie, celle que Kwei-Lan espérait tant. Mais malgré tout l'amour qu'elle porte à son époux, Kwei-Lan ne parvient pas à se détacher tout à fait des coutumes de son pays : elle se rend plusieurs fois en cachette au temple, pour brûler de l'encens devant les dieux ; habille son enfant comme un vrai petit Chinois ; révère les anciens, ses parents comme ses beaux-parents.
A peine le ménage de Kwei-Lan a-t-il atteint un certain équilibre que celui-ci se retrouve menacé par l'arrivée du frère de la jeune fille et de celle que tout le monde appelle " l'étrangère " (la femme américaine du frère de notre héroïne). Kwei-Lan et son mari acceptant d'héberger le jeune couple, la mère de Kwei-Lan ne va-t-elle pas penser que sa fille prend parti contre elle et soutient son frère qui n'a pas respecté ses obligations filiales ?
Kwei-Lan a plutôt tendance à partager l'avis de sa mère et ne comprend tout d'abord pas pourquoi son frère s'obstine à refuser le mariage prévu avec une jeune Chinoise. Elle est également choquée de la tendresse que l'étrangère manifeste à son frère en public. Mais, en y réfléchissant, Kwei-Lan se rend compte que l'amour de l'étrangère pour son frère n'est pas très différent du sentiment qu'elle-même éprouve pour son mari. Les deux jeunes femmes se rapprochent petit à petit, mais sans vraiment devenir intimes.
J'ai trouvé Kwei-Lan particulièrement touchante. La peine qu'elle éprouve lorsque, au début de son mariage, son mari ne semble pas la remarquer, est tellement profonde que l'on ne peut que ressentir de la sympathie pour cette toute jeune fille perdue au milieu de courants contraires. D'un côté, le vent d'est, celui de son pays et de ses ancêtres ; de l'autre le vent d'ouest, celui de son mari, de son frère et de l'épouse de celui-ci. Ces deux influences s'opposent dans le coeur de Kwei-Lan qui ne sait laquelle choisir. Bien souvent, elle choisit de suivre les coutumes occidentales, pour plaire à son mari. Mais dans son coeur, Kwei-Lan reste fidèle à ce que sa mère lui a appris.
"(...) Même à présent, je lis clairement dans le coeur de ma mère, et si j'étais seule, je trouverais qu'elle a raison, selon les traditions de notre peuple.
C'est mon mari qui a opéré en moi ce changement (...) "
Vent d'Est, vent d'Ouest m'a complètement dépaysée, grâce à l'excellente connaissance de la culture chinoise de son auteure (Pearl Buck a grandi en Chine). Un grand merci à Suzanne qui a suggéré cette lecture commune !
Quelques extraits :
" Je puis vous raconter ces choses, à vous, ma sœur. Je ne saurais en parler avec l'un des miens, car il ne se ferait aucune idée de ces contrées lointaines où mon mari a passé douze ans, et je ne me sentirais pas libre non plus auprès de ces étrangères qui ne connaissent ni mon peuple ni notre manière de vivre depuis l'Ancien Empire. Mais vous ? Vous avez passé votre existence entière parmi nous. Même si vous appartenez au pays où mon mari a étudié dans ses livres occidentaux, vous comprendrez, je ne vous cacherai rien. Je vous ai appelée ma sœur, je vous dirai tout. "
" - (...) Ce sont des jours cruels pour les vieux ; aucun compromis n'est possible entre eux et les jeunes ; ils sont aussi divisés que si un couperet neuf avait tranché la branche d'un arbre.
- C'est très mal, murmurai-je.
- Non, ce n'est pas mal, répondit-elle, mais seulement inévitable. La chose la plus triste du monde. "
" Je suis assez belle alors, et prête pour lui. Mais dès l'instant où son regard s'abaisse sur moi, je m'aperçois qu'il ne remarque rien, ni lèvres ni sourcils. Ses pensés voguent ailleurs, par terre et par mer, partout où je ne suis pas à l'attendre. "
" Je ne me tourmentais plus de mon apparence en face de mon mari. Je ne lançais même pas le moindre coup d'oeil à la glace, pour voir si je semblais fraîche ou bien arrangée. Le soir, mes yeux étaient gonflés de larmes et ma voix rauque de sanglots impossibles à contenir. Chose étrange, demeuré froid devant ma beauté, mon mari s'émut de ma détresse. "
Lecture commune du Café La Jasette
Dans le même genre, j'ai envie de découvrir :
Le Palanquin des larmes de Chow Ching Lie, aux Editions J'ai lu.
Présentation de l'éditeur :
" Mariée de force lors de l'avènement de la Chine nouvelle, la jeune écolière Chow Ching Lie, choisie pour sa beauté exceptionnelle par la plus riche famille de Shanghai, monte à treize ans sur le palanquin fleuri qui la conduira dans sa belle-famille: pour elle, ce sera le palanquin des larmes.
Ecrasée sous la tutelle d'une belle-mère tyrannique, Chow Ching Lie arrivera quand même à devenir une pianiste internationale.
En même temps que son drame personnel elle nous fait vivre à travers ses yeux d'enfant, ses larmes de jeune mariée et ses joies de mère, les bouleversements d'une Chine ancestrale face à la révolution de Mao Tsé Toung. "
Une pensée à partager
Ceux qui lisent et apprécient les mêmes livres que vous connaissent le chemin vers votre âme.
Retour de libairie, prêt et récupération
J'ai passé la journée d'hier à Namur, en compagnie de ma soeur et de ma maman. Le but de cette journée de shopping entre filles était de dénicher quelques tenues sympas pour l'été. Mais, comme on ne se refait pas, nous avons évidemment terminé l'après-midi dans une librairie...
Bilan du butin :
- Les Romains, tome 1 à 5, Max Gallo ;
- Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates ;
- Mémoire de mes putains tristes, Gabriel Garcia Marquez (normalement je préfère lire cet auteur en espagnol, mais j'ai fait une exception pour celui-ci, dont le résumé me semblait prometteur) ;
- Le festin de Babette, Karen Blixen (j'aime beaucoup le film. Le roman sera-t-il aussi apprécié ?) ;
- Pays de neige, Yasunari Kawabata ;
- L'ennemi de Dieu, tome 2 de La Saga du Roi Arthur, Bernard Cornwell (les tomes 1 et 3 traînent déjà dans ma PAL).
Mes deux compagnes de la journée ayant trié dans leurs biblios afin de trouver de la place pour leur propres acquisitions, j'ai également récupéré trois polars qu'elles ne voulaient pas conserver :
- Un anneau pour l'éternite et L'empreinte du passé, Patricia Wentworth ;
- La gueule du loup, Ruth Rendell (auteure repérée ches Niki).
Ma soeur, grande fan de Twilight, a aussi souhaité me faire découvrir L'appel du sang de Stephenie Meyer. Elle vient juste de le terminer et m'a promis qu'il était très bon (j'attends toutefois de vérifier par moi-même...) :
A la recherche d'Hemingway, Leif Davidsen
A la recherche d'Hemingway, Leif Davidsen
Titre original : Pa udkig efter Hemingway
Edition : Gaïa
335 pages
Résumé
John Petersen, un professeur Danois menant une vie des plus ordinaires, a décidé de se lancer dans un véritable pèlerinage sur les traces de son écrivain préféré, Ernest Hemingway. Veuf depuis près d'un an, John s'habitue mal à la solitude et décide de réaliser son vieux rêve : partir à Key West et visiter les endroits où Hemingway a laissé sa trace.
La chaleur et le décalage horaire ont déjà mis la résistance de John à rude épreuve, mais c'est la déshydratation qui provoque le malaise dont le touriste danois est victime. Alors qu'il se recueille sur la tombe de Sloppy Joe, au cimetière de Key West, John s'évanouit. Un vieil homme qui visitait la tombe de son épouse lui vient alors en aide. Il dit s'appeler Carlos et est originaire de Cuba.
Au fil de leurs rencontres, John en apprend plus sur Carlos. Ce dernier finit par demander un service à son nouvel ami européen : transmettre une lettre à sa fille, Carla, qui vit à Cuba et avec laquelle il n'a plus eu de contact depuis près de vingt ans. Après tout, John est un touriste, il parle espagnol et souhaite visiter les lieux chers à Hemingway (qui a vécu à Cuba) ; toutes ses raisons font de lui l'homme idéal, celui qui ne sera pas repéré par la police secrète qui surveille le mari de Clara. John accepte.
C'est alors qu'un homme se présentant sous le nom de Dylan Thomas contacte John à son tour. Il dit appartenir à la CIA et demande à John de profiter de son séjour à Cuba pour contacter Hector, le mari de Clara. La CIA souhaite en effet qu'Hector les rejoigne lorsque Fidel Castro mourra, ce qui ne saurait tarder vu l'état de santé du vieux dictateur.
Commentaire
" Tout a commencé au cimetière. Pas n'importe quel cimetière, un cimetière poussiéreux où régnait une chaleur torride, tout aussi désordonné que le reste des Etats-Unis. Je ne sais pas ce que j'avais imaginé. Après avoir vu des milliers de films ou de séries télévisées, nous sommes nombreux à croire tout connaître des Etats-Unis. J'avais quarante ans révolus et je n'avais jamais mis les pieds sur le sol américain, mais d'une certaine manière, le pays était reconnaissable. Et différent malgré tout. La télé et le cinéma nous trompent en nous montrant juste une dimension plate, qui n'intègre pas la chaleur, la poussière, les sons et les odeurs, ni surtout la diversité des êtres humains. "
C'est donc ainsi que commence l'histoire. Et le ton du roman est donné. John Petersen observe ce qui l'entoure, mais ne donne pas l'impression de participer aux événements. Plusieurs fois, il réfléchit à sa vie passée et il remarque à quel point celle-ci semble banale, terne et grise :
" On voudrait faire tant de choses, étant jeune, mais soudain, on se réveille et l'on a quarante ans, et le temps a fondu comme la neige sous le soleil printanier. "
Et pourtant, John ne donne pas l'impression de vouloir y changer grand chose. Cette vie toute simple lui convient et, au fil de l'histoire, on se rend compte qu'elle est en accord avec sa personnalité. John est lui-même un homme simple, qui se contente des petits plaisirs que la vie lui a offert. Il ne recherche pas l'aventure, même s'il l'accepte volontiers lorsqu'elle vient le chercher, de façon à tester un autre mode de vie.
La chaleur torride est mentionnée d'entrée de jeu. Cette chaleur est omniprésente durant tout le récit ; elle enferme Key West et Cuba dans une capsule de soleil et de luminosité qui blesse les yeux et parfois l'âme. La chaleur contraste avec le mal du pays de John, avec ses souvenirs du Danemark. John nous parle de la vue qu'il avait sur le fjord depuis la fenêtre de la chambre de son enfance. Il évoque ces matins où il fait si froid que le simple fait de respirer devient douloureux. Il nous fait sentir, avec lui, l'odeur d'un bon feu de bois.
" Je me sentais bien, mais quelque chose commençait à me ronger. Je me disais que je ne pourrais guère supporter de vivre sous les tropiques, pas tant à cause de la chaleur et de l'uniformité du climat, avec pour seules variations celles du soleil, de la chaleur et du vent. D'effrayants ouragans se déchaînaient périodiquement, ils balayaient l'île en écrasant tout sur leur passage. Je ne pourrais pas me passer du changement des saisons. Le froid et la première âpre tempête de l'automne, qui faisait écumer la mer du Nord et qui rongeait les falaises, me manqueraient. Rien qu'à la pensée de l'automne, j'avais la nostalgie de la fumée odorante d'un feu de bois. "
L'action se déroule lentement et il faut attendre la moitié du livre pour que le roman commence à devenir ce polar que l'éditeur nous annonce. John observe et apprend. On observe avec lui. On rencontre des gens, on explore des lieux nouveaux. On réfléchit. Et petit à petit, on commence à suivre John partout où il va. Le fait de suivre d'aussi près le cheminement de ses pensées nous le rend familier. Son pèlerinage à la recherche d'Hemingway devient le nôtre. Les missions qu'il accepte de remplir pour Carlos et Dylan Thomas également.
Pourtant, alors que John s'investit de plus en plus dans sa mission, des questions commencent à faire surface dans sa conscience. Mais pas dans la nôtre. Car le récit est toujours relaté d'un ton si tranquille, malgré l'intervention de la police secrète cubaine, que l'on n'a pas l'impression de lire un polar. Plutôt les mésaventures d'un touriste danois au pays de Castro. Le rythme de l'histoire n'est pas celui d'un roman policier et empêche donc de se sentir happé par le mystère qui entoure l'aventure de John : pourquoi le suit-on, qui le suit, comment va-t-il prendre contact avec Clara ? Autant de questions dont on ne se soucie pas vraiment d'avoir la réponse. On ne souhaite pas connaître l'identité des coupables des quelques incidents qui jalonnent la route de John. On veut juste continuer le bout de chemin que l'on a commencé avec ce Danois si paisible qui cherchait à enfuir son deuil récent sous une multitude d'aventures inhabituelles. Pour oublier sa douleur et sa solitude.
Je retiendrai de ce polar un sentiment de grande paix et de sérénité. Même si John se pose des questions sur son passé et son avenir, même s'il paraît très malheureux depuis son veuvage, il semble être un homme équilibré et apporte une dimension "normale" au récit. C'est ce qui manque dans beaucoup de polars actuels : un (anti ?) héros normal, un Monsieur tout le monde qui se retrouve, bien malgré lui, emporté dans une série d'événements auxquels il ne s'attendait pas.
Quelques extraits :
" La Havane était l’endroit le plus pauvre que j’ai vue de ma vie, et l’un des plus éhontés, où même les gardiens du musée national des perfections de la révolution mendient de la petite monnaie … Les jeunes filles de couleur, nombreuses et ravissantes, qui semblaient s’offrir à tous les hommes, quel que soit leur âge ou leur physique. Circuler seul à La Havane, c’était comme aller et venir dans le plus grand bordel en plein air du monde. "
" Je suis reparti, l’esprit étrangement élevé par cet évènement, par le fait que la réalité américaine ressemblait à ce que l’on voit à la télé, et j’ai pensé banalement que le monde était étrange. C’est le fait d’être né en un lieu du globe qui décide si l’on devra résoudre des problèmes existentiels au sens le plus pur du terme, ou ne faire face qu’à des défis normaux, que tout individu raisonnable peut résoudre dans une société moderne tournée vers le bien-être, comme l’aurait dit mon père… "
" J'ai compris, tout à coup, que la vie que j'avais vécue pendant des années, la vie normale, dans une maison individuelle de province, était définitivement terminée. Pourrais-je la recréer ? Pouvais-je imaginer la reconstruire avec une autre femme ? Que faisais-je à Miami ? Croyais-je vraiment que je pourrais changer ma vie ? Changer de cap ? Ou peut-être pour plus de vérité, voulais-je en changer ? En avais-je le courage ? Ou était-ce simplement le fruit de mon imagination ? "
" Le soir, aucun Cubain ne restait enfermé. Tout le monde sortait pour se promener, bavarder dans la rue, s'asseoir devant la maison et regarder passer la vie. Ou encore traîner avec ses meilleurs copains, pour avoir quelqu'un avec qui partager ses chagrins. "
" La nuit tombait sur La Havane. Le crépuscule et le clignotement des premiers lampadaires transformaient la ville, dissimulaient les cicatrices des façades qui s'écaillaient et qui faisaient alors penser à de merveilleuses femmes âgées. Dans cette ambiance magique de la nuit tiède, tout était permis et possible. "
Challenge Thrillers et Policiers scandinaves
The Haunted House, Charles Dickens
The Haunted House, Charles Dickens in The Oxford Book of English Short Stories, A.S. Byatt
Edition : Oxford University Press
480 pages pour l'ouvrage de 37 nouvelles
Résumé
John doit, pour des raisons de santé, s'éloigner de Londres. Il compte passer quelques mois dans la calme et verdoyante campagne anglaise et l'un de ses amis, au courant de ce beau projet, lui signale être passé tout à côté d'une maison semblant idéale pour abriter notre héros. Il conseille donc à John d'aller y jeter un coup d'oeil.
C'est ainsi que le jeune homme se rend dans le Nord et aperçoit pour la première fois The Poplars, la maison en question. John apprend qu'elle peut être louée entièrement meublée pour un loyer raisonnable.
Un seul problème semble se présenter, mais il est de taille : d'après les habitants du village voisin, The Poplars serait hantée...
Commentaire
Cette nouvelle m'a laissée une impression douce-amère.
Les premières pages sont passionnantes, très Dickens, avec le style bien particulier à cet auteur : léger et humoristique par moments et plus graves lorsque les circonstances l'exigent. Certains extraits du début sont ainsi très amusants, comme celui-ci, où John nous parle de son voyage en train et de l'homme avec lequel il partage son compartiment :
" That opposite man had had, through the night - as that opposite man always has - several legs too many, and all of them too long. "
(" L'homme assis en face avait eu, toute la nuit - comme tout homme assis en face - plusieurs jambes de trop, toutes trop longues. ")
Mais la rencontre avec le fantôme est particulièrement décevante. Le narrateur, John, se lance à la poursuite du spectre et se retrouve transporté dans une sorte de délire orientaliste où il côtoie tout d'un coup des califes et leurs harems... L'impression qui finit par dominer, c'est que John a consommé des substances illicites avant de croiser le fantôme ! Pour une histoire de maison hanté qui s'annonçait très prometteuse, c'est plutôt dommage.



















