Les Livres d'Aline

22 février 2020

Challenge British Mysteries

logo-Instagram-British-Mysteries-2020

Parce que les challenges, c'est la vie, et que j'adore les polars ET la littérature anglaise, je ne pouvais pas résister au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Le programme du challenge est très alléchant et, icing on the cake, un mois British Mystery est prévu entre le 1er et le 31 mars.

 

Voici les détails du challenge (très bien) expliqués par Lou : 

002

003

 

 

Attendez-vous donc à une avalanche de billets très british ! Pour ma part, j'ouvrirai les festivités avec Imogène (l'héroïne de Charles Exbrayat) et Agatha Raisin. 

Pour ceux d'entre vous qui seraient tentés par une participation, rendez-vous sur les blog de Lou et Hilde, sur leurs comptes Instagram (par ici pour celui de Lou ; par là pour celui de Hilde) ou sur la page Facebook consacrée au Challenge

 

logo-british-mysteries-pedro


Juste une trêve, Gaëlle Pennec

book-7114

 

Juste une trêve

Gaëlle Pennec

Editions Librinova, 156 pages

petit-coeur

 

Un extrait

" M’étant donnée la peine je veux vivre sans haine
Je veux vivre sans rênes je veux vivre sans gêne
Je veux vivre sans crainte je veux vivre sans feinte " 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) De Caracas à Houston, en passant par Paris et Mennecy…

Dans ce recueil de poésie, Gaëlle Pennec met en lumière des thèmes universels : l’enfance, l’adolescence, l’amour, la passion, le temps qui passe, la lutte pour se relever parfois des coups reçus, la mère, le père…

Cet ouvrage est aussi l’opportunité d’une introspection intime partagée avec le lecteur, amené lui aussi à faire le point sur son existence passée et présente.

Porté par une écriture sensible, ce recueil nous transporte de poème en poème pour un agréable voyage de l’esprit !

 

Mon avis

La poésie contemporaine me séduit de plus en plus.

Et ce recueil de Gaëlle Pennec est très séduisant. Sa couverture sobre et très belle y est d'ailleurs pour quelque chose ! Symbole du temps qui passe, cette horloge se marie à merveille avec la nostalgie qui se dégage des poèmes de l'auteure, écrits aux quatre coins du monde.

J'ai de plus en plus d'admiration pour les auteurs contemporains qui se lancent dans la poésie (ou dans les sonnets comme Pierre Thiry). C'est un genre qui n'est plus très répandu de nos jours et qui demande certainement beaucoup plus d'efforts que la prose : calculs du nombre de syllabes acceptables, travail sur les mots afin de respecter les rimes,... Les poètes, encore plus que les autres auteurs, doivent avoir non seulement un vocabulaire très étendu, mais aussi une certaine capacité à rendre un texte "musical" (si je puis dire), à le faire "sonner" correctement à l'oreille du lecteur. Et Gaëlle Pennec relèvent ces défis avec brio !

Pour moi, deux poèmes de ce beau recueil ont été de vrais coups de coeur.

001

J'ai d'abord beaucoup apprécié "J'étais hier", qui rappelle que grandir et vieillir ne devrait pas aller de pair avec la perte de l'émerveillement de l'enfance : il faut sourire, s'amuser, s'étonner comme lorsqu'on était petit ; ne pas perdre cette petite étincelle qui fait que quand est enfant, tout ce qui nous arrive est vu comme une belle aventure.

"Au nom des libertés" m'a également impressionnée. Ce poème regrette la perte de valeurs de nos sociétés modernes et le fait que, parfois, l'être humain préfère s'installer dans une vie confortable et sans risques au lieu de lutter pour ses libertés et pour ce qu'il croit juste.

Ces deux poèmes ne sont pas les seules pépites de ce recueil. De grandes émotions se dégagent de chaque texte : amour, douleur, chagrin, mélancolie, nostalgie. C'est beau et tragique à la fois, presque comme ces poésies classiques que l'on n'ose parfois pas découvrir tellement elles semblent intimidantes, mais qui ravissent l'oreille une fois que l'on a osé les aborder et que l'on en découvre les rimes délicates et soignées

Et, chez Gaëlle Pennec, les rimes sont très soignées. Courtes et percutantes, elles vont droit au but et expriment toute leur force en peu de mots. Mais quels mots ! Ils frappent l'imagination et emportent le lecteur dans un monde différent dans chaque poème. 

Au centre du recueil, "Dans une aube incertaine" présente un format qui se rapproche plus du texte en prose que du poème. C'est comme une parenthèse entre deux séries de poèmes au format plus "classique". Comme si l'auteure nous permettait de nous reposer et de reprendre notre souffle avant de nous entraîner à nouveau dans le tourbillon d'émotions que sa poésie provoque.

Dernière qualité du travail de Gaëlle Pennec, et non des moindres, les références culturelles ne maquent pas. Les allusions à l'oeuvre de Marcel Proust sont nombreuses, avec une rime "A la recherche du temps perdu" dans le poème "C'est au coeur un prénom". Un joli texte intitulé "A l'ombre de Paris en fleurs", quant à lui, rappelle "A l'ombre des jeunes filles en fleurs". Ce poème au très beau titre contient d'ailleurs une rime malicieuse ("A l'ombre des jeunes gens qui pleurent") et est très musical, avec son rythme particulier et la répétition d'une sorte de refrain : c'est comme une vielle rengaine entêtante qu'une artiste comme Edith Piaf pourrait avoir chanté. 

D'autres poèmes plus "musicaux" pointent le bout de leur nez ici et là (notamment "A s'en donner la peine" et "Je te dirai Carmen", ce dernier faisant référence à l'opéra bien connu de Georges Bizet) et d'autres références littéraires accrochent l'attention des passionnés de lecture. Il est ainsi fait mention d'une lettre écarlate (toujours dans "A s'en donner la peine"), de Louis Aragon, de Rimbaud et Verlaine (dans "J'irai en solitaire", qui nous parle aussi d'Ulysse, de Merlin et de Lancelot).

Enfin, le poème "Moi j'ai cru" m'a rappelé une lecture d'enfance : ce poème parlant de la rue Mouffetard a fait ressurgir des souvenirs du roman de Pierre Gripari, La sorcière de la rue Mouffetard et autre contes de la rue Broca

800px-Fontaine_du_Pot-de-Fer     800px-Rue_Mouffetard

 

La rue Mouffetard

Source

Un grand merci aux Editions Librinova et à Amélie Marc pour cette belle découverte, que vous pouvez retrouver sur le site Internet de l'éditeur. Il contient d'ailleurs aussi une courte biographie de l'auteure (la curieuse que je suis adore en savoir plus sur les auteurs qui lui plaisent : je suis  donc comblée !)

 

En bref

Si vous aimez la poésie, je ne peux que vous conseiller ce magnifique recueil de Gaëlle Pennec ! C'est beau, c'est mélancolique, c'est musical. Une très douce parenthèse à savourer entre deux romans.

08 février 2020

North and South, Elizabeth Gaskell

couv31797046

North and South

Elizabeth Gaskell

Titre français : Nord et Sud

Editions Wordsworth, 448 pages

petit-coeur

Un extrait

“ But the cloud never comes in that quarter of the horizon from which we watch for it.”

 

Résumé

Margaret Hale a grandi chez sa tante, à Londres, où ses parents l’ont envoyée afin qu’elle ait une éducation « comme il faut ». A 18 ans, toutefois, il est temps pour elle de rejoindre ses parents à Helstone, dans la modeste maison familiale.

La mère de Margaret est issue de la petite noblesse, et son père est pasteur. Toutefois, ce dernier a caché un secret à sa femme et à sa fille : il compte quitter l’église et retourner à la vie civile. La famille devra donc quitter Helstone et s’établir dans un endroit plus modeste, où elle pourra vivre décemment malgré la modicité de ses revenus. Mr Hale a jeté son dévolu sur Milton, une ville industrielle du Darkshire (comté fictif), où il pourra devenir précepteur.

Son premier élève est John Thornton, un industriel de la ville, devenu riche grâce à un travail acharné et à une forte personnalité. Lorsque Margaret le rencontre, il ne lui plaît pas : elle n’aime pas les gens qui gagnent leur vie comme lui, grâce au commerce et à l’industrie, et le trouve aveuglés par ses préjugés. Quant à Thornton, il trouve Margaret bien trop fière pour sa modeste condition.

Petit à petit, les relations entre les deux jeunes gens vont évoluer.

 

Mon avis

Nord et Sud était conseillé il y a quelque temps par les Editions Vintage comme étant le roman idéal pour les fans de Jane Austen et, plus particulièrement, pour ceux qui aiment Orgueil et Préjugés. J’étais donc impatiente de découvrir ce classique de la littérature anglaise.

Et c’est vrai que la personnalité des deux principaux protagonistes, Thornton et Margaret, est assez identique à celles de Darcy et Elizabeth. Dans les deux cas, l’un est rempli de préjugés et l’autre est fière, limite hautaine. [Spoiler, sélectionnez le texte pour le lire] Et puis, dans les deux cas, il y a une histoire d’amour entre ces deux personnes qui, au départ, ne s’aiment pas, mais finissent par tomber amoureux. Et il y a, de surcroît, la première demande en mariage de Thornton, refusée par Margaret.

Mais il y a aussi beaucoup de différences entre les deux histoires.

Nord et Sud est un roman « industriel », qui tire son titre de l’opposition entre le Nord, industriel et âpre, symbolisé par Thornton et le Sud, doux et campagnard, que Margaret idéalise pendant une bonne part du roman. L’ambiance générale du roman est donc très différente de celle d’Orgueil et Préjugés.

Arrachée à son village et à sa maison qu’elle venait seulement de retrouver, Margaret se retrouve dans une ville sombre et inconnue, où l’air empeste les différentes odeurs des fumées des industries de la ville, et au milieu de personnes bien différentes de celles qu’elle côtoyait habituellement : on comprend donc le mal du pays qui l’assaille au début du récit. Pourtant, Margaret s’adapte bien et finit par se faire des amis dans la classe ouvrière de Milton (ville pour la création de laquelle Elizabeth Gaskell s’est inspirée de Manchester, où elle vécut après son mariage).

Milton n’est pas le seul problème de Margaret : elle doit aussi prendre en charge des parents qui m’ont paru assez infantiles tout au long du roman. Avant de tomber malade, sa mère se plaignait déjà constamment et pleurnichait sur son passé de jeune femme riche et oisive, et Margaret devait sans arrêt la consoler ; une fois malade, Mrs Hale n’est pas plus agréable et, au lieu d’être reconnaissante des soins et de la patience de Margaret, elle pleure sur son fils, qu’elle n’a plus vu depuis des années. Les reproches ne manquent pas : que fait Margaret là, alors que Mrs Hale souhaite voir Frederick et rien que lui ? Margaret ne fait donc pas seulement preuve d’une très belle capacité d’adaptation : elle est également extrêmement patiente avec une mère capricieuse et difficile.

Quant à Mr Hale, il n’est pas mieux. Homme indécis, qui se referme très vite sur lui-même à la moindre difficulté, il se repose beaucoup sur sa fille qui, rappelons-le, n’a que 18 ans au début de l’histoire… Margaret doit s’occuper de son père comme d’autres s’occupent d’un enfant et, lorsque Mr Hale se retrouve veuf, il est éperdu de chagrin et trouve normal que sa fille s’épuise à tenter de le consoler.

Bref, dans la famille Hale, les parents sont apparemment incapables de se prendre en charge, tandis que les enfants ont les pieds fermement plantés sur Terre. Et Margaret semble encore plus indépendante et plus courageuse que son alter-ego « austenien », Elizabeth Bennet (qui n’est pourtant déjà pas mal dans son genre et pour son époque). Margaret est toutefois beaucoup plus réservée et plus fière qu’Elizabeth.

Les « amis » de Margaret sont heureusement bien plus agréables que ses parents. Ainsi, Nicholas Higgins, sous des dehors bourrus d’ouvrier du Nord, cache un cœur d’or. Ses filles sont aussi intéressantes, même si Mary n’intervient pas beaucoup dans le récit.

Seul problème avec cette classe ouvrière avec laquelle se lie Margaret : Elizabeth Gaskell « imite » l’accent du Nord dans son écriture. C’est une manie qu’ont certains écrivains et que je trouve particulièrement désagréable (Niki aussi !), notamment parce qu’elle ralentit considérablement la lecture et qu’elle oblige à deviner le sens de certains mots. C’est ainsi que, dans la bouche des ouvriers de Milton, « all » devient « a’ », « she » devient « hoo », « you » devient « yo’ » et « maybe/perhaps » devien « mappen »... Les longues tirades durant lesquelles Higgins explique le fonctionnement du syndicat, les raisons de la grève des ouvriers et leurs relations avec les patrons des industries, qui pourraient être intéressantes, deviennent de ce fait agaçantes : on a presque hâte que le bonhomme (au demeurant très sympathique) disparaisse du récit pour être débarrassé de son patois (malheureusement utilisé par d’autres que lui)

A part ce léger problème de langage, j’ai apprécié les personnages secondaires de ce roman tout autant que Margaret et Frederick Hale, John Thornton et Mrs Thornton. Tous ceux-ci très réalistes, avec leurs défauts, leurs colères, leurs passions, leurs émotions : ils sont plus proches des « vraies » personnes que des personnages de romans. Et forcément, on s’y attache.

Dans Nord et Sud, il y a donc toute une galerie de personnages qui gravitent autour de Margaret Hale et John Thornton, ce qui distingue encore ce roman de Gaskell de celui d’Austen. Et ces personnages sont, pour la plupart, de pauvres ouvriers du Nord de l’Angleterre. Les conflits entre ces derniers et leurs patrons sous-tendent donc tout le récit et apportent une certaine richesse à l’histoire qui n’est donc pas qu’une simple romance. Et si ce roman de Gaskell est si bien écrit et si agréable à lire, c’est justement à cause de cette perspective plus « large », du fait que le récit est bien plus [Spoiler, sélectionnez le texte pour le lire] qu’une histoire d’amour entre deux jeunes gens que tout semble opposer.

 

En bref

Récit à la fois beau et douloureux, tendre et dur, triste et joyeux, Nord et Sud porte bien son titre, car l’histoire d’Elizabeth Gaskell semble opposer de nombreux sentiments. Ce roman intense tire sa qualité de ses personnages et de ses descriptions de la révolution industrielle et de la lutte des classes.

 

Les Vieux

Challenge Les Vieux de la PAL : PAL 2012

 

03 février 2020

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

couv46940194

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Joël Dicker

Editions de Fallois, 863 pages

 

Un extrait

" (...) la vie est une succession de choix qu'il faut savoir assumer ensuite. "

 

Résumé

Marcus Goldman est un jeune auteur à succès. Son deuxième roman peine toutefois à voir le jour, et il risque la rupture de contrat s’il ne fournit pas au plus vite un nouveau manuscrit à son éditeur.

Désespéré, Marcus reprend contact avec son ancien professeur et ami, Harry Quebert, lui-même auteur à succès. Ce dernier l’invite à passer quelques jours dans sa maison de Goose Cove, dans le New Hampshire, afin d’y retrouver l’inspiration.

Une fois sur place, Marcus n’arrive pas à mieux écrire. Ne sachant plus que faire, il fouille le bureau d’Harry, espérant y trouver le secret de son talent d’écrivain. Il trouve, dans une boîte, le manuscrit du second roman d’Harry, Les Origines du Mal, mais aussi une lettre rédigée par une jeune adolescente, Nola Kellergan.

Marcus apprend alors que Harry a eu une aventure avec Nola, alors que cette dernière n’avait que 15 ans et que lui-même en avait 34. Nola a ensuite disparu et n’a plus donné signe de vie depuis 33 ans.

Choqué, Marcus décide de ne plus penser à cette information. Jusqu’au jour où Harry Quebert est arrêté : un corps a été retrouvé enterré dans son jardin de Goose Cove et l’enquête révèle qu’il s’agit de celui de Nola Kellergan.

 

Mon avis

Cela faisait cinq ans que ce petit pavé m’attendait dans ma PAL. Il était donc temps que je l’en sorte, d’autant que je n’en ai entendu que du bien.

Et j’ai vraiment apprécié cette lecture. Après un début un peu long (les déboires de Marcus et ses années de lycée et d’université), Joël Dicker parvient vraiment à accrocher l’attention, grâce à l’histoire de la disparition de Nola Kellergan.

Je ne dirais pas que le style de l’auteur est sensationnel (question écriture, il y a mieux), mais l’intrigue est vraiment passionnante à suivre et les personnages que l’on découvre dans le roman sont tous intéressants à leur façon. A la fin du roman, on se rend compte que la plupart d’entre eux sont menteurs, manipulateurs… et très tristes. Tous semblent être passés à côté de quelque chose qui aurait changé leur vie, y compris le grand Harry Quebert. Et leurs défauts ne les rendent pas particulièrement plus sympathiques, mais participe à l’ambiance particulière de ce roman, qui nous décrit le petit microcosme d’Aurora comme un endroit où la violence ne se déploie qu’à l’abri des regards, afin de se protéger soupçons et ragots des voisins.

Comme d’habitude, j’avais deux suspects en vue qui n’étaient pas les bons. Par contre, j’avais deviné que Marcus et le sergent Galahowood partaient sur une fausse piste en soupçonnant [spoiler, sélectionnez le texte pour le lire] Luther Caleb. En général, les suspects très « évidents » ne sont jamais les bons et ceux qui paraissent avoir beaucoup de mobiles sont les plus innocents : c’était le cas ici aussi. Mais je dois tout de même reconnaître que le dénouement m’a choquée : il est assez sombre et violent, pour tout le monde.

 

En bref

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert était donc une bonne lecture, malgré quelques longueurs. C’est un polar d’un genre assez spécial, mais très « accrocheur » : l’intrigue est construite de telle façon qu’on a très envie de vite connaître la fin, pour enfin connaître cette fameuse « Vérité » dont on nous parle dans le titre du roman.

 

Les Vieux

Challenge Les Vieux de la PAL : PAL 2014

02 février 2020

A tous les râteliers, Giorgio Scerbanenco

13551209

A tous les râteliers

Giorgio Scerbanenco

Editions 10/18, 253 pages

 

Un extrait

" Un médecin, c’est le policier du corps, la maladie, c’est presque toujours un criminel à découvrir, à suivre pas à pas. Tu as pu être un bon médecin parce que tu es un policier comme ton père. "

 

Résumé

Duca Lamberti est un ancien médecin, radié de l'Ordre pour avoir euthanasié l'une de ses patientes. Sorti de prison, il se retrouve sans emploi et désoeuvré.

Le père de Lamberti était policier : l'ancien médecin a donc des contacts avec les services de police milanais. Ceux-ci vont lui être bien utiles lorsqu'il se retrouve plongé dans une affaire assez douteuse, à l'occasion de laquelle un homme lui propose sa réintégration dans l'Ordre des médecins contre une hyménoplastie pratiquée sur une jeune femme devant se marier.

 

Mon avis

A tous les râteliers est un « vieux » polar, écrit en 1966. Pourtant, à la lecture, à part quelques détails (comme l'absence de téléphones portables), on pourrait presque se croire dans le Milan d'aujourd'hui.

Duca Lamberti se retrouve aux prises avec une bande organisée, spécialisée dans des trafics divers. L'ex-médecin va très vite se prendre au jeu et commencer à se poser des questions sur son propre avenir : si on lui donne l'occasion de réintégrer l'Ordre des médecins, que fera-t-il ? Veut-il réellement redevenir médecin, ou préférerait-il marcher dans les traces de son père et intégrer les services de police ? Ce polar propose donc plus qu'une enquête policière, puisqu'on suit un personnage principal très caustique, qui porte un regard assez ironique (presque désabusé) sur sa propre vie et sur son pays.

Les personnages créés par Scerbanenco sont tous très hauts en couleurs, même si l'auteur n'est pas spécialement tendre avec les femmes. Seule Susanna semble trouver grâce à ses yeux, peut-être parce qu'elle est Américaine et non Italienne. Toutes les autres sont soit vieilles avant l'âge, soit extrêmement vulgaires. Ce n'est pas trop choquant, pourtant, car étant donné le milieu dans lequel évoluent ces femmes, on comprend pourquoi l'auteur les dépeint de la sorte.

Nous suivons, à travers les 250 et quelques pages de ce polar, trois histoires de vengeance liées entre elles. Le tout donne un récit très intelligent, dans lequel tout se joue dès la Seconde guerre mondiale…

 

En bref

A tous les râteliers est un polar assez noir et aussi très graphique, avec de belles descriptions de l'atmosphère milanaise et de moins beaux passages, où les détails des crimes commis ne nous sont pas épargnés. Le récit est très réaliste et bien écrit et l'enquêteur peu banal de Scerbanenco est très intéressant à suivre.

 

Planisphère_océan_pacifique

Challenge Globe-trotteurs : Ukraine