couv23240090Hamlet, William Shakespeare

Titre français: Hamlet

Edition: Oxford University World's Classics

416 pages

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Résumé

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark!

Le fantôme du défunt roi apprend à Hamlet, son fils, qu'il n'est pas mort de façon naturelle, mais assassiné par Claudius, le frère du défunt et nouveau roi du Danemark. Et Claudius a également profité de ce méfait pour épouser la veuve du roi, Gertrude.

Choqué par ces événements et par l'inceste auquel se livre sa propre mère, Hamlet décide de se venger. Mais il ne faut surtout pas que sa conduite éveille les soupçons et que le complot qu'il prépare à son tour soit deviné. Hamlet décide donc de se faire passer pour fou.

 

Commentaire

J'ai lu Hamlet pour la première fois à l'âge de 12 ans! Un peu jeune pour comprendre toutes les implications de cette pièce, j'ai quand même adoré l'ambiance générale qui se dégageait de cette lecture.

Tout se trouve dans cette pièce, tous les sentiments humains, les plus louables comme les plus vils: l'honneur, la loyauté, le courage, l'amitié, l'inceste, le meurtre, la jalousie, le complot, la vengeance. Hamlet est une sorte de condensé de la société, qui illustre la manière dont la race humaine se conduit lorsqu'elle est face à un drame.

Ce sont surtout les intériorisations des personnages qui rythment la lecture et marquent le lecteur. L'action en elle-même est très secondaire face à de longues et profondes réflexions, écrites comme des poèmes:

"Doubt thou the stars are fire;

Doubt that the sun doth move;

Doubt truth to be a liar;

But never doubt I love."   

Le personnage d'Hamlet en lui-même un personnage extrêmement dramatique, qui renvoit chacun de nous non seulement à sa propre conduite (ses doutes quant à la façon dont il conduit son complot peuvent s'appliquer à toute action humaine), mais également à sa propre solitude. Car malgré ses quelques amis et sa fiancée, la célèbre Ophélie, Hamlet donne l'impression d'être seul. Comme si le fait d'apprendre le meurtre de son père avait tracé une frontière invisible mais néanmoins très solide entre lui et le reste de l'humanité; comme si Hamlet était obligé de vivre loin des autres, si pas physiquement, au moins psychologiquement. On le sent perdu et on aimerait lui tendre la main pour l'aider à retrouver le chemin qu'il doit emprunter.

"To die, to sleep -

To sleep, perchance to dream - ay, there's the rub,

For in this sleep of death what dreams may come..."   

Hamlet se torture suivant lui-même en se lançant dans de nombreuses réflexions sur la légitimité de sa vengeance, sur la cruauté du destin qui l'a privé de son père. Et cette torture, ajoutée à sa prétendue folie, déstabilise ses interlocuteurs, jusqu'à mener Ophélie au suicide. Un malheur de plus pour ce prince qui peut presque être considéré comme déchu, tant sa vie semble irrémédiablement gâchée.

Hamlet est donc un drame, mais un drame magnifique, composé avec brio par Shakespeare, qui parvient à émouvoir son lecteur, à le révolter, à l'exalter, à lui faire ressentir une multitide d'émotions (parfois même contradictoires); tout en l'amenant à réfléchir sur sa propre place dans le monde. Du grand Shakespeare!

 

La tirade la plus connue:

"To be, or not to be: that is the question:

Whether 'tis nobler in the mind to suffer

The slings and arrows of outrageous fortune,

Or to take arms against a sea of troubles,

And by opposing end them?

To die: to sleep;

No more; and by a sleep to say we end

The heart-ache and the thousand natural shocks

That flesh is heir to, 'tis a consummation

Devoutly to be wish'd.

To die, to sleep;

To sleep: perchance to dream: ay, there's the rub;

For in that sleep of death what dreams may come

When we have shuffled off this mortal coil,

Must give us pause: there's the respect

That makes calamity of so long life;

For who would bear the whips and scorns of time,

The oppressor's wrong, the proud man's contumely,

The pangs of despised love, the law's delay,

The insolence of office and the spurns

That patient merit of the unworthy takes,

When he himself might his quietus make

With a bare bodkin? who would fardels bear,

To grunt and sweat under a weary life,

But that the dread of something after death,

The undiscover'd country from whose bourn

No traveller returns, puzzles the will

And makes us rather bear those ills we have

Than fly to others that we know not of?

Thus conscience does make cowards of us all;

And thus the native hue of resolution

Is sicklied o'er with the pale cast of thought,

And enterprises of great pith and moment

With this regard their currents turn awry,

And lose the name of action.--Soft you now!

The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons

Be all my sins remember'd!"

 

classique

Baby challenge Classique: 2/20

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