couv62900438La Chute du British Museum, David Lodge

Titre original: The British Museum is Falling Down

Edition: Rivages

242 pages

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

"Que fera Adam Appleby s'il perd encore à ce jeu qu'est la " Roulette du Vatican ", seule forme de contraception autorisée par l'Eglise ? Ce jeune thésard catholique est hanté par la peur d'être père pour la quatrième fois, et Barbara, son épouse, observe fébrilement la courbe des températures.

Dans son troisième roman, La Chute du British Museum, David Lodge s'amuse à nous raconter les pérégrinations d'Adam Appleby dans le brouillard de Londres, et fait du dilemme religieux et sexuel du héros la structure obsédante de ce livre. Cocasseries, parodies et pastiches font des tribulations d'Adam un roman des plus comiques. En un jour, le héros est propulsé dans une série d'aventures picaresques tournant autour du British Museum et sa vie en est incroyablement transformée."

 

Commentaire

Les premiers mots qui viennent à l'esprit quand on lit ce roman de David Lodge sont loufoque et délirant ! Il faut dire qu'on partage intimement les pensées d'Adam et que celles-ci sont plutôt embrouillées, vu son état de tension.

Mais, très vite, on trouve un certain ordre dans le fouillis que constitue la vie du couple Appleby. Une certaine logique s'installe également dans le déroulement bizarre des journées d'Adam qui, même s'il court dans tous les sens, donne l'impression de ne rien faire. Et les pointes d'humour qui accompagnent son étrange emploi du temps et sa vie de famille épuisante ajoutent au plaisir que l'on ressent en suivant les aventures de ce héros pas comme les autres.

Si le côté très "catholique" de l'histoire peut d'abord sembler rébarbatif, il s'efface bien vite au profit des multiples autres aventures des personnages. De fait, au bout de quelques pages, c'est la recherche, la littérature anglaise et les doctorants qui prennent le pas sur la religion. Et, justement, en parlant des doctorants, la façon dont Lodge les décrit n'est pas tendre et donne l'impression qu'il a envie de les rendre ridicules. Car ces hommes (pour la plupart), s'ils font semblant de passer leur temps avec le nez dans les ouvrages du British Museum, sont en fait plutôt fainéants. Adam et son ami Camel, par exemple, donnent l'impression de beaucoup parler, de beaucoup fumer, de boire beaucoup de boissons chaudes et de beaucoup téléphoner. Et pendant ce temps, leur travail de recherche attend... Et le pire, c'est qu'ils se plaignent que leur rédaction n'avance pas. Bien entendu, cette caractéristique des chercheurs décrits pas Lodge, loin d'être désagréable, fait justement sourire: au lieu d'être agacé par les jérémiades des personnages se plaignant du manque de progrès de leur thèse, on est plutôt amusé par les situations dans lesquelles ils se retrouvent du fait de leur paresse.

Pour ne rien gâcher, des références littéraires multiples viennent s'ajouter à l'humour de Lodge. Tous les grands auteurs sont là: Woolf (Adam rencontre Mrs Dalloway durant la folle journée qui nous est racontée!), Lawrence, Joyce, Kafka et bien d'autres sont mentionnés.

En bref, de l'humour et de la littérature anglaise. Que demander de plus ?