couv14135266Vampire et célibataire, Queen Betsy tome 1, MaryJanice Davidson

Titre original : Undead and Unwed (Undead, book 1)

Edition : Milady

337 pages

 

 

Résumé

Betsy, jeune femme superficielle, passionnée par les chaussures de créateurs, vient de perdre son emploi de secrétaire lorsque, le soir de la même journée, elle meurt fauchée par une voiture. Du moins, a-t-elle l'impression d'être morte... jusqu'au moment où elle se réveille à la morgue, dans son propre cercueil !

Betsy est en réalité devenue vampire suite à une agression dont elle a été victime quelques mois auparavant. Il semblerait que les effets de cette attaque par des créatures surnaturelles se soient produits à retardement, suite au " décès " de Betsy.

Alors qu'elle essaye de s'habituer à sa nouvelle vie, Betsy rencontre Sinclair, un vampire particulièrement séduisant, qui souhaite que la jeune femme se joigne à lui dans son combat contre Nostro, le vampire de plus de 400 ans qui règne sur le monde des Non-Morts. Betsy déteste Nostro mais, n'appréciant pas vraiment Sinclair, elle hésite à rejoindre l'un de ces deux camps. Pourtant, d'après Sinclair et Tina (l'une des vampires fidèles à Sinclair), Betsy serait la Reine des Vampires, dont la venue a été annoncée plusieurs siècles auparavant par le Livre des Morts...

 

Commentaire

Ne vous fiez pas à ce résumé très solennel (il faut bien être sérieux, de temps en temps), le récit des aventures de Betsy est tout sauf barbant !

Vampire et célibataire semble, en effet, avoir été écrit pour se moquer gentiment des récits de bit-lit très en vogue actuellement dans la littérature pour jeunes adultes. Plus d'une fois, le mythe du vampire en prend pour son grade, notamment lors des rencontres entre Betsy et Nostro. Véritable caricature, celui-ci ne porte que du noir et siège sur un trône, avec pour seul résultat de ressembler à un Dracula de bas-étage, mal fagoté, chauve et ventripotent.

Betsy, dont le vrai nom est Elizabeth Taylor (inutile de préciser qu'elle préfère son surnom), est, de son côté, très éloignée des héroïnes habituelles de la bit-lit. Loin d'être une guerrière ou une asociale attirée par les créatures surnaturelles, Betsy est une fille ordinaire, très attentive à son look et parfois un peu stupide. Elle a la langue bien pendue et rend plusieurs vampires complètement fous avec son bavardage incessant, souffre de problèmes de concentration et entend continuer à mener sa vie comme elle l'entend malgré sa transformation en vampire.

Ce premier tome des aventures de Betsy est donc très agréable à lire et, malgré un certain manque d'action (la bagarre entre vampires n'éclatant réellement que dans le dernier quart du roman), on ne s'ennuie pas. Betsy est très attachante et son humour imprègne tout le récit. Plus s'une fois, j'ai souri (ou même ri) en découvrant ses réactions face aux vampires qui croisent sa route. Sa passion des belles chaussures n'était pas pour me déplaire non plus et les détails donnés sur les différentes marques présentes dans son dressing " spécial chaussures " m'ont semblés très alléchants.

Deux points négatifs sont pourtant à souligner en ce qui me concerne. Sans être particulièrement prude, j'ai trouvé certains détails concernant la sexualité des vampires très osés. Ainsi, je n'ai pas compris l'intérêt de lier les morsures des vampires au sexe, comme c'est le cas tout au long du roman. De plus, il ne faut pas non plus oublier que, depuis la sage Twilight, les récits de vampires sont plutôt destinés à un jeune public ; or, ce Queen Betsy n'est pas vraiment adapté à ce type de lecteurs. Dans son billet consacré au même livre, Hana Pouletta souligne, à juste titre, que la couverture peut être trompeuse : avec ses couleurs vives et son design très jeune, elle pourrait attirer des ados à partir de 12 ans... qui risqueraient d'être très choqués par certains passages.

Enfin, j'ai trouvé les détails de la transformation de Betsy peu clairs. Pourquoi a-t-elle été attaquée par les Monstres de Nostro, qui sont pourtant enfermés sous bonne garde dans la propriété de celui-ci ? Les Monstres, particulièrement affamés, ont-ils réussi à s'échapper ? Nostro connaissait-il la prédiction sur la Reine et a-t-il deviné qu'il s'agissait de Betsy, provoquant sa transformation pour contrôler le vampire qu'elle deviendrait ? Tout cela reste très flou. Comme il s'agit d'une saga, espérons que les autres volumes apportent certaines précisions.

 

Quelques extraits :

" La voiture me percuta à soixante kilomètres heure (ça, ce n’était pas mortel) et me projeta contre un arbre (ça, ça l’était beaucoup plus). "

 

" - Le temps est notre ennemi, ajouta Sinclair.
Comme si toutes les femmes dans la trentaine ne le savaient pas ! "

 

" Ce n’était pas ma dernière nuit sur terre : elle avait eu lieu l’avant-veille. Pas la peine de m’apitoyer sur mon sort. J’avais été une fille bien sage toute ma vie et maintenant, j’allais en être récompensée, bordel ! Je n’avais pas du tout l’intention d’errer comme un zombie, à terrifier les gens et à faire comme si j’avais toujours ma place en ce bas monde.
- Dieu, commençai-je tout en essayant de garder l’équilibre. C’est moi, Betsy. Je viens te rendre une petite visite. Prépare la chambre d’ami !
Je sautai alors du toit et combattis l’envie de me mettre en boule avant de percuter le bitume, tête la première, comme prévu. Ce qui ne l’était pas du tout, c’était cette douleur insupportable à la tête et le fait que ne me retrouvais ni inconsciente, ni auprès de mon pote le bon Dieu.
Gémissant, je me pris la tête entre les mains. Lorsque mon mal de crâne commença à se calmer, je me mis debout… pour me faire rouler dessus par un camion poubelle matinal.
Je n’eus que le temps de voir les lèvres du conducteur horrifié articuler « Nom de Dieu ! Madame, attention ! » ou quelque chose dans le genre, avant que mon front ne percute la calandre du véhicule. Je me sentis alors glisser comme un pigeon qui a aurait percuté un pare-brise et tombai par terre, sur le cul. Ça faisait moins mal que la calandre, mais de peu.
Pendant un long moment, je restais allongée sur la route, à me demander sérieusement s’il fallait que je me relève. En définitive, je me dis que je ne pouvais pas rester là pour l’éternité (j’étais de toute façon incapable de reposer en paix où que ce soit) et me redressai lentement. Lorsque, debout, j’époussetai ma jupe de vieille et dégageai les cheveux de mon visage, conducteur fit marche arrière et se tira sans demander son reste. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir : je devais faire peur à voir. Mais avait-on déjà entendu parler d’un camion poubelle en délit de fuite ? 

Je ne m’avoue pas facilement vaincue. Me jeter dans le Mississippi se solda par un échec : je découvris que je n’avais plus besoin de respirer. Après une demi-heure dans le fond vaseux du fleuve à attendre patiemment de me noyer, je décidai d’abandonner et de remonter sur la berge. Le plus étrange, c’est que je ne sentais pas le froid alors qu’il ne devait pas faire plus de 5°C et que j’étais totalement trempée.
M’enterrer avec un câble électrique dans les mains n’eut pas plus de résultat (sauf pour mes cheveux – un vrai désastre !).
Je bus alors une bouteille entière d’eau de Javel, mais le seul effet secondaire fut un curieux cas de gorge sèche… J’avais une de ces soifs ! "