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L'homme du lac, Arnaldur Indridason

Titre original : Kleifarvatn

Edition : Points

405 pages

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Il dormait au fond d'un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l'eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d'inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l'homme du lac ? L'enquête révélera au commissaire Erlendur le destin tragique d'étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi. "

 

Commentaire

J'ai lu L'homme du lac dans le cadre d'une lecture en duo avec Lyria, du Café la Jasette. Très motivant, ces lectures en duo. :-)

Erlendur et ses fidèles acolytes, Erlinborg et Sigurdur Oli, se trouvent plongés dans une intrigue que l’on peut clairement qualifier de politique. Alors qu’ils n’ont pas l’habitude de ce genre de problème dans leur pays, ils se retrouvent confrontés à des histoires d’espionnage entre ambassades rivales.

La découverte d’un squelette dans le lac de Kleifarvatn amène en effet Erlendur et ses collègues à s’intéresser à un groupe de jeunes socialistes ayant été invités à étudier à l’université de Leipzig au moment où l’Allemagne entamait à peine sa reconstruction, dans les années 1950

Une telle intrigue pour un polar permet à Indridason de nous plonger dans deux pays différents, à deux époques différentes. Lors de certains chapitres, nous nous retrouvons en Islande, de nos jours. Et d’autres chapitres, racontés par Tomas (un étudiant islandais, membre du parti socialiste), se passe en 1950, quand l’Allemagne de l’Est tentait (plutôt vainement…) de recouvrer son niveau de vie d’avant la seconde guerre mondiale.

C’est une période de l’histoire que je connais mal, aussi était-ce très intéressant de découvrir l’ambiance de l’époque « de l’intérieur », grâce aux chapitres consacrés à ces étudiants islandais qui suivent des cours à Leipzig. Au travers de chapitres flash-back au cours desquels Tomas et ses amis vivent certaines aventures plus que désagréables en Allemagne, nous découvrons les problèmes auxquels ces jeunes devaient faire face : passionnés par la doctrine socialiste, ils devaient s’engager à respecter la doctrine du parti (attention, spoilers : sélectionnez le texte avec votre souris pour pouvoir le lire) (y compris la surveillance mutuelle et la dénonciation) pour pouvoir rester à l’université et continuer leurs cours.

Comparé à cette ambiance sombre et oppressante qui caractérise les chapitres « allemands » du roman, les passages consacrés à l’enquête d’Erlendur sont presque joyeux. Peut-être parce que, pour une fois, c’est l’été dans un roman d’Indridason. Cette saison ne plaît d’ailleurs pas beaucoup à Erlendur, qui préfère la nuit froide et sombre de l’hiver. Plus adaptée à son humeur, sans doute.

Erlendur est encore et toujours hanté par la disparition de son jeune frère et s’entête à vouloir résoudre cette énigme du squelette du lac de Kleirfavatn, parce qu’il sait comme personne se mettre à la place des gens qui ont perdu la trace d’un ami ou d’un proche. Erlendur sait que ce squelette vivait quelque part, entouré par des personnes qui n’ont plus eu de ses nouvelles et qui se demandent sans doute encore ce qu’il est arrivé à leur proche/ami. Il s’acharne donc, là où Sigurdur Oli et Elinborg semblent moins concernés. (attention, spoilers : sélectionnez le texte avec votre souris pour pouvoir le lire) Elinborg a cependant une bonne excuse : elle vient de publier un livre de recettes de cuisine qui remporte un succès certain.

Les enfants d’Erlendur sont également présents. On entend parler d’Eva Lind (elle n’est pas là « physiquement », comme dans d’autres romans de la série) et Sindri Snaer rend plusieurs fois visite à son père.

Tout ces détails sur la vie quotidienne des enquêteurs (attention, spoilers : sélectionnez le texte avec votre souris pour pouvoir le lire) (les relations entre Erlendur et ses enfants, la cuisine d’Elinborg, le couple de Sigurdur Oli) donnent au roman une ambiance assez calme. Les recherches des enquêteurs se font sans précipitation et, si le suspense est bien au rendez-vous, l’action n’est pas spécialement le point fort de ce polar, que j’ai trouvé plutôt intimiste ; sans doute à cause des passages consacrés à Tomas, racontés à la première personne. Le manque d’action et de rebondissements ne doit toutefois pas effrayer les amateurs potentiels : ce polar est passionnant. Une fois commencé, impossible de le lâcher, car on se demande forcément quels rapports peuvent entretenir l’Islande contemporaine et l’Allemagne de l’Est des années 1950. Et comme Indridason connaît bien son boulot de conteur, il ne nous le révèle pas tout de suite, histoire de faire durer le suspense.

L’homme du lac était donc une excellente lecture et n’a fait que conforter ma décision de continuer ma découverte des polars d’Indridason.

 

L'avis de Lyria est par ici.

 

Fait partie de la série Commissaire Erlendur Sveinsson

Tome 1 : Synir duftsins (non traduit)

Tome 2 : Dauðarósir (non traduit)

Tome 3 : La Cité des jarres

Tome 4 : La Femme en vert

Tome 5 : La Voix

Tome 6 : L'homme du lac

Tome 7 : Hiver arctique

Tome 8 : Hypothermie

Tome 9 : La rivière noire

Tome 10 : La muraille de lave

Tome 11 : Etranges rivages

Tome 12 : Le Duel