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Le journal de L., Karine Carville

Edition :

Exemplaire numérique offert par l'auteure

Format : PDF (11.296 Ko)

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Résumé

L., c'est Léanne. Brillante architecte, elle travaille dans l'un des meilleurs cabinets, où elle occupe une place importante, puisqu'elle est le bras droit de son patron.

Mais Léanne cache quelques secrets. Pourquoi emporte-t-elle toujours avec elle un carnet à couverture de cuir bordeaux, dans lequel elle note le moindre événement de sa journée ? Pourquoi, d'un jour à l'autre, son humeur varie-t-elle autant ? Et, surtout, pourquoi refuse-t-elle toute relation amicale ou amoureuse avec d'autres personnes ?

 

Commentaire

Un grand merci à Karine Carville, qui m'a proposé de découvrir son nouveau roman en avant-première.

Et quel roman ! Ce Journal de L. m'a bluffée. Karine Carville y joue avec les sentiments de ses lecteurs. Elle nous emmène allègrement sur de nombreuses fausses pistes et ne nous révèle la véritable personnalité de Léanne qu'à la toute fin du roman, ou presque.

Mais reprenons depuis le début.

Dans les premières pages du récit, l'auteure nous présente Léanne. Peu de rebondissements ont lieu à ce moment-là, puisque en rencontrant Léanne, nous rencontrons aussi ses collègues, sa mère, ses (très peu nombreux) amis. Il faut don un peu de temps pour dresser le portrait de tout ce monde, et l'on a un peu l'impression de lire un vrai journal intime qui nous relate des événements quotidiens intéressants, mais somme toute très communs.

Et c'est là que Karine Carville étonne ses lecteurs. Car si elle consacre plusieurs pages de son roman à nous parler de la vie quotidienne de Léanne, c'est pour mieux nous surprendre ensuite. Quand la véritable intrigue du roman se met en place, on ne s'y attend pas du tout et elle nous surprend d'autant plus.

Ainsi, tout d'un coup, Léanne se met à changer d'humeur d'un jour à l'autre. Dès le début du roman, cette jeune architecte de talent semble légèrement névrosée : très control freak, elle note ses moindres faits et gestes dans son journal et s'amuse à relire ce qu'elle y a noté tous les soirs en rentrant chez elle. A ce moment là, malgré cette manie très envahissante, Léanne semble encore être une héroïne banale.

Ensuite, ce journal prend de plus en plus d'importance dans ses pensées et semble devenir une véritable obsession. Couplé aux sautes d'humeur de Léanne, ce fait a commencé à me trotter dans la tête et une petite question a lentement pris forme dans mon esprit : Léanne souffre-t-elle de problèmes psychologiques ?

Cette situation dure un long moment et culmine lors d'une certaine scène (attention, spoilers : sélectionnez le texte avec votre souris pour pouvoir le lire) : celle de la rencontre entre Léanne et Laurine, sa soeur jumelle décédée quelques années plus tôt. A ce moment-là, je me suis carrément dit que Léanne était folle à lier. Mais c'est parce que je ne connaissais pas encore les intentions de l'auteure. Car Karine Carville nous offre un roman bien plus sombre et une intrigue bien plus machiavélique que cela : une héroïne bonne à faire interner en hôpital psychiatrique, c'était trop facile à deviner et trop exploité par les auteurs qui veulent un peu pimenter leurs romans. Alors, Karine Carville a trouvé autre chose ; quelque chose de bien plus passionnant.

Du coup, la seconde moitié et la fin du récit deviennent beaucoup plus intense. Je n'ai plus vu le temps passer, je me suis réellement plongée dans le monde et dans la vie de Léanne, au point de parfois me sentir aussi prisonnière qu'elle de ce fameux journal. Ce simple carnet de cuir bordeaux devient presque un personnage à part entière du récit : il a occupé mon esprit autant que celui de Léanne et encore plus quand Karine Carville révèle enfin la véritable utilité de ce journal.

La fin du roman est sombre et dramatique. Mais pouvait-il en être autrement ? Une fin plus heureuse, où tous les personnages se réconcilient m'aurait déçue, car elle n'aurait pas été en phase avec le reste du récit.

Le journal de L. m'a donc fait passé un excellent moment. Avec ce nouveau roman, très différent d'Esteb, Karine Carville nous plonge dans une intrigue très psychologique, qu'elle maîtrise parfaitement de la première à la dernière page. Et, en parlant de dernière page, je décernerais une mention spéciale au bonus caché, dans lequel nous découvrons l'auteure aux prises avec l'un de ses personnages. Savoureux et humoristique, ce petit intermède permet de se détendre après de nombreux moments de tension pendant la lecture des aventures de Léanne.

 

Le site internet de Karine Carville est ici.