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La femme de Gilles, Madeleine Bourdouxhe

Edition : Labor

137 pages

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Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Jalousie, en milieu ouvrier, d'une femme trompée par son mari avec sa propre sœur. Signes dont on voudrait croire qu'ils nous leurrent, mais qui sont d'une clarté douloureuse. Travail quotidien, pour tout faire comme avant : la maison, les enfants. Patience, humiliation d'une femme pour garder auprès d'elle Gilles, le seul homme qui existe pour elle, pour le consoler quand l'autre se sera détachée de lui. Amour tellement grand, désir tellement fort qu'il a tout pris de son corps et qu'il ne restera plus rien à la femme de Gilles pour être elle-même. "

 

Commentaire

La femme de Gilles est un roman d’amour. Cela peut sembler une affirmation bizarre, mais c’est pourtant le cas. Malgré la dureté des conditions de vie et de travail qui nous sont racontées, malgré les soucis quotidiens (éducation des enfants, entretien de la maison, préparation des repas) et, surtout, malgré l’infidélité de Gilles.

Elisa est folle de son mari. Elle ne le montre pas. Elle ne le dit pas non plus, et on comprend qu’elle ne le pourrait pas car, à l’époque dont on nous parle et dans le milieu où évoluent les personnages, ces choses-là ne se disent apparemment pas. Mais on le ressent en lisant ce roman. Quand Gilles est là, Elisa oublie ses enfants et s’oublie elle-même : tout tourne autour de cet homme qui a pourtant décidé de tromper sa femme avec sa belle-sœur.

Elisa le sait mais, là encore, elle choisit de se taire. Sans doute une fois de plus à cause des conventions de l’époque, mais aussi et surtout parce qu’elle ne veut pas perdre son époux.

L’épouse blessée fait preuve d’une abnégation et d’une compréhension admirables. Moi qui d’habitude n’aime pas du tout les femmes soumises à leurs maris, j’ai adoré Elisa et je l’ai admirée. Son histoire de femme blessée m’a fait vivre des émotions d’une rare intensité.

Le destin d’Elisa étonne autant qu’il choque. On ne s’attend pas à une telle fin et, pourtant, elle est en totale adéquation avec le reste du roman. Il faut plusieurs minutes pour se remettre de cette lecture mais, une fois le premier choc passé, on se rend compte que Madeleine Bourdouxhe est restée cohérente en choisissant une telle conclusion.

Il est impossible de vous parler plus longuement de ce court roman car cela gâcherait la surprise de ceux d’entre vous qui ne l’auraient pas encore lu. Il ne me reste donc plus qu’à me permettre d’en conseiller la lecture à ceux qui ne l’aurait pas encore découvert : qu’on aime ou qu’on déteste les personnages de Madeleine Bourdouxhe, leur histoire est fascinante.

 

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Challenge de l'été 2014 : 4/20