couv25658046Antigone, Jean Anouilh

Edition : La Table ronde

Nombre de pages : 123

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.»
Jean Anouilh. "

 

Commentaire

J'ai découvert Antigone durant mes études secondaire, mais je ne peux pas dire que j'ai beaucoup retenu de cette lecture. Je l'ai un peu bâclée car j'avais un important travail de physique à préparer et à remettre. La seule chose dont je me souviens, c'est qu'à l'époque, Antigone m'avait étonnée car elle était loin des héroïnes classiques que nous avions découvertes avant elle : l'Iseult  de Tristan et Iseult ou la Chimène du Cid, par exemple.

Antigone a un physique que l'on pourrait qualifier de « difficile ». Et la pauvre a la psychologie qui va avec : c'est une jeune fille torturée, qui vit tout de façon intense et refuse la demi-mesure. Antigone est volontaire et presque têtue, elle est le symbole du libre arbitre, de la libre pensée. Elle suit ses envies et ses instincts et en accepte les conséquences qui se révèlent pourtant dramatiques pour elle.

Ce qui est également marquant dans cette œuvre, c'est son contexte historique : la première représentation de cette pièce eut lieu le 4 février 1944, en pleine occupation allemande. Quand on sait cela, on se rend compte alors combien les valeurs véhiculées par l'Antigone d'Anouilh (courage, honneur, honnêteté et bien d'autres) sont puissantes et importantes. Rien que pour cela, cette pièce vaut la peine d'être lue au moins une fois.

Les sentiments que cette œuvre fait naître lorsqu'on la lit sont si puissants qu'il est difficile de mettre des mots sur ce que l'on ressent. De l'admiration pour Antigone et son courage. de l'agacement, parfois (mais rarement), à la voir aussi butée, aussi décidée à braver les interdits édictés par Créon (son oncle, le roi de Thèbes). On a envie de lui crier « Fais ce qu'il dit ou au moins fais semblant d'être d'accord avec lui, ne t'oppose pas, sauve ta peau ! » Mais on finit par comprendre qu'Antigone n'est pas comme cela. Elle n'est pas lâche. Elle est prête à tout pour aller jusqu'au bout de ce qu'elle estime être juste. Antigone est une véritable héroïne.

Créon, de son côté apparaît d'abord comme un homme sympathique, qui aime les bonheurs simples et ne souhaite pas se compliquer la vie. Mais, bien vite, son dialogue avec Antigone nous fait remarquer une autre caractéristique de sa personnalité. Créon change facilement d'avis. Il veut sauver Antigone et lui demande de faire ce qu'il dit. La jeune fille, fidèle à elle-même, refuse. Et elle semble presque soulagée et fière de Créon lorsque celui-ci assume enfin son rôle de souverain et (attention, spoilers) décide de faire exécuter sa nièce.

Antigone n'est donc pas seulement une héroïne : elle oblige les autres à se conduire, si pas en héros, du moins de façon décente et honnête.

Autant prévenir tout de suite pour que ceux qui souhaitent lire cette pièce de théâtre ne soient pas surpris : ne vous attendez pas à un décor purement classique. On a beau se trouver à Thèbes, Créon porte une veste et une chemise et les frères d'Antigone sont décrits comme de joyeux lurons portant le pantalon et fumant des cigarettes.

 

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