couv16355045Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

Edition : Pocket

Nombre de pages : 156

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" « Dans ce livre atroce, j'ai mis tout mon coeur, toute ma tendresse, toute ma religion, toute ma haine. » Étranger dans un monde qui le refuse, maudit et damné, Baudelaire n'a pas d'autre choix que d'explorer l'enfer et le mal. Puisque la vie n'est qu'extase et horreur, partage inégal entre Dieu et Satan, le poète la transfigure dans une contrée imaginaire ou le désespoir et la beauté se confondent. Il s'évade dans les paradis artificiels du haschisch, de l'opium et du vin, ceux de la luxure et du vice. L'ennui, la mort et la pourriture le hantent, jusqu'à la folie.

D'autres évasions s'offrent à lui, des navires, des ports, des océans, vers des pays lointains ou tout est luxe et beauté. Les Fleurs du mal sont le journal intime, le cri de terreur et de jouissance du poète. Fleurs maladives qui annoncent toute la littérature moderne et dont le parfum et les poisons ne cessent de troubler les générations. "

 

Commentaire

J'ai un aveu à vous faire : je n'aime pas trop la poésie. Je garde de mauvais souvenirs de mes cours de versification française, pas tellement à cause de ma prof de français (qui était quelqu'un qui parvenait à rendre le pire des sujets passionnant) mais à cause de ma voisine de classe de l'époque. Elle se mêlait sans arrêt de mes exercices de versification ("mais non, c'est pas comme ça ! Madame, venez par ici, Aline fait n'importe quoi.") Je l'entends comme si j'étais encore dans ma classe de cinquième secondaire. Et, bien fait pour elle, mes exercices étaient toujours bon. N'empêche qu'elle a réussi à me faire garder un très mauvais souvenirs de certains poèmes...

Mais j'ai suffisamment entendu parler des Fleurs du mal pour être intriguée par cet ouvrage, malgré ma méfiance pour les poètes et leurs oeuvres. J'en ai encore entendu parler récemment au journal télévisé (où les journalistes avaient fait un reportage sur les livres mis à l'index). J'en ai parlé avec ma soeur, qui a dû le lire pour son propre cours de français. Et son avis m'a rassuré, puisqu'elle m'a affirmé qu'elle avait trouvé ces poèmes fascinants.

Enfin, je me suis aussi souvenue de cette scène du film Chocolat, où Armande (interprétée par Judi Dench) offre Les Fleurs du mal à son petit-fils, pourtant pas amateur de poésie. Vu la tête que fait le gamin, Armande se rend compte que son cadeau n'est pas le bienvenu et elle répond à son petit-fils : " Ce n'est pas ce genre de poésie. ".

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Et bien, Anne (ma soeur) et Armande avaient raison : Les Fleurs du mal est un ouvrage passionnant. Les poèmes parlent, pour la plupart, de la mort et des femmes, de l'amour et de la sensualité, tous ces sujets se mêlant souvent en un seul texte. Ce que j'ai surtout retenu et apprécié de ces poèmes, ce sont les nombreuses allusions aux parfums. Chez Baudelaire, les femmes sont belles et portent des parfums lourds qui fascine (et même obsèdent) ceux qui les entourent.

En général, le poète aime comparer l'amour et la mort, n'hésitant pas à rappeler aux femmes qu'il aime qu'elles mourront un jour et finiront par se décomposer jusqu'à finir méconnaissables. Macabre, n'est-ce pas ? Mais tellement différent de ces poèmes de mes cours de versification, que Baudelaire est presque parvenu à me réconcilier avec la poésie. Ce n'est certes toujours pas mon genre littéraire préféré, mais une petite incursion dans ce genre de littérature de temps à autre ne sera pas de refus à l'avenir.

Je n'ai qu'un seul regret en ce qui concerne cet ouvrage : la couverture, que je ne trouve pas très réussie. D'autres éditions possèdent des couvertures bien plus jolies ou tout simplement mieux adaptées au contenu.

  

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Extraits

" Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,

Traversé çà et là par de brillants soleils;

Le soleil et la pluie ont fait un tel ravage,

Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. "

 

" Homme libre, toujours, tu chériras la mer!

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

dans le déroulement infini de sa lame

et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. "

 

" Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

 

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,

Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé. "