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Bilbo le Hobbit, J.R.R. Tolkien

PEB2269

 

Titre original : The Hobbit

Edition : Livre de Poche

Traduction : Francis Ledoux

Nombre de pages : 312

 

 

 

 

Résumé

Bilbo Baggins est un Hobbit. Il vit dans la Comté où il possède un trou de Hobbit (le logement de ce sympathique petit peuple) particulièrement confortable.

Un beau jour, alors que Bilbo est installé au soleil devant sa porte, Gandalf le magicien engage la conversation. le magicien manoeuvre si bien qu'il parvient à se faire inviter pour le thé du lendemain par le petit Hobbit, qui regrette aussitôt son offre d'hospitalité.

goutte devant sa porte ! Car Gandalf a de grands projets en ce qui concerne le Hobbit et il a volontairement "oublié" de préciser que les Nains l'accompagnerait pour honorer l'invitation au thé de Bilbo.

En réalité, les Nains sont en route pour la Montagne Solitaire, l'un de leurs anciens fiefs. Smaug le Dragon en a pris possession depuis plusieurs années déjà et s'est en même temps emparé des richesses des Nains de la Montagne. La petite troupe qui s'invite chez Bilbo espère donc tuer Smaug et récupérer le légendaire trésor de la Montagne Solitaire.

Gandalf, de son côté, a décidé que Bilbo devait les accompagner comme "cambrioleur". Effrayé, Le Hobbit s'évanouit en apprenant ce que l'on attend de lui : son sang Baggins est épuvanté par les aventures. Mais Bilbo a aussi quelques gouttes de sang Took dans les veines et cette vieille famille est réputée pour son courage et son excentricité. Gandalf le sait et comprend qu'il ne faudrait qu'un léger coup de pouce du destin pour que le sang Took de Bilbo prenne le dessus...

 

Commentaire

Bilbo le Hobbit a été publié en 1937 et pourtant, le récit des aventures du Hobbit n'a pas pris une ride.

Si Bilbo a été la première publication de Tolkien, ce n'était pourtant pas sa première expérience comme écrivain, puisque le professeur Tolkien avait commencé à rédiger son Silmarillion dès 1910 ! Pour la petite histoire, Le Silmarillion a d'ailleurs été proposé par Tolkien comme suite à Bilbo le Hobbit lorsque ses éditeurs, Allen & Unwin, lui ont réclamé un second roman. Les éditeurs ont toutefois refusé le manuscrit du Silmarillion, expliquant à Tolkien que le public souhaitait une nouvelle histoire de Hobbit. Et voilà comment la trilogie du Seigneur des Anneaux a vu le jour.

Ces trois oeuvres (Bilbo, Le Silmarillion et Le Seigneur des Anneaux), bien que très différents, sont pourtant intimement liées et cela se sent dans Bilbo le Hobbit. Ce récit des aventures du Hobbit est très léger et très humoristique, différent de la prose habituelle de Tolkien. Et pourtant, les aventures de Bilbo font souvent allusion à ce qui suivra (Le Seigneur des Anneaux) et à ce qui les précède (Le Silmarillion), même s'il existe parfois des variations entre ces trois récits.

Le chapitre Enigmes dans l'obscurité est très important pour qui souhaite découvrir l'oeuvre de Tolkien, puisqu'il raconte la découverte de l'Anneau par Bilbo et sa rencontre avec Gollum :

" Très lentement, il [Bilbo] se redressa et se mit à tâtonner à quatre pattes jusqu'à ce qu'il eut touché la paroi du tunnel ; mais, ni en montant ni en descendant, il ne put rien découvrir, rien du tout ; aucune trace de gobelins, aucune trace de nains. La tête lui tournait, et il était loin d'être certain de la direction qu'ils [Bilbo, Gandalf et les Nains] suivaient au moment de sa chute. Il devina de son mieux et rampa un bon bout de chemin, jusqu'au moment où sa main rencontra soudain un objet qui lui parut être un minuscule anneau de métal froid, gisant sur le sol du tunnel. C'était un tournant de sa carrière, mais il n'en savait rien. Il mit l'anneau dans sa poche presque machinalement, l'objet ne paraissait certes d'aucune utilité sur le moment. "

" Au plus profond de ces lieux, près de l'eau noire, vivait le vieux Gollum, une créature petite et visqueuse. Je ne sais d'où il était venu, j'ignore qui et ce qu'il était. C'était Gollum aussi ténébreux que les ténèbres, à l'exception de deux grands yeux pâles et ronds dans son visage mince. "

On voit bien, grâce à ce second extrait, que Le seigneur des anneaux n'était pas encore écrit et pas même projeté par Tolkien : l'origine de Gollum reste incertaine, tout comme sa relation avec l'Anneau.

L'allusion la plus nette au Silmarillion, celui de ses textes que Tolkien préférait, est beaucoup plus précise, ce qui prouve que ce récit était déjà bien avancé lorsque le professeur a composé Bilbo :

" Les banqueteurs étaient des Elfes de la Forêt, naturellement. Ces elfes ne sont pas méchants. S'ils ont un défaut, c'est la méfiance envers les étrangers. Malgré la puissance de leurs sortilèges, ils étaient, même à cette époque, circonspects. Ils différaient des Grands Elfes de l'Ouest [les Eldar], et ils étaient en même temps plus dangereux et moins sages. Car, pour la plupart (...) ils descendaient des anciennes tribus qui n'allèrent jamais en Féerie de l'Ouest [Valinor]. Là se rendirent et vécurent durant des siècles les Elfes Légers, les Elfes Profonds et les Elfes Marins ; ils y acquirent davantage de beauté, de sagesse et de savoir (...). Dans le Vaste Monde, les Elfes de la Forêt traînaient dane le crépuscule de notre Soleil et de notre Lune (...) "

Tout est déjà là...

Toutefois, Bilbo le Hobbit ne doit pas effrayer les détracteurs du Silmarillion. Les aventures du Hobbit et des Nains sont un classique de la littérature jeunesse et le ton employé par Tolkien pour les raconter n'a rien à voir avec le sérieux de ses autres oeuvres. Même si, au cours de leurs aventures, nos héros se retrouvent bien souvent en facheuse posture, Tolkien parvient à glisser quelques touches d'humour qui font sourire et laisse présager un dénouement heureux pour ses personnages. Les embûches rencontrée en chemin par la petite troupe sont là pour amener un certain nombre de rebondissement au récit et pour maintenir le lecteur en haleine, pas pour faire pleurer les enfants qui se risqueraient à le lire ; elles ne sont donc pas destinées, comme c'est le cas des aventures de Frodon dans Le seigneur des anneaux, à souligner la noirceur des temps décrits.

Finalement, c'est à une jolie promenade dans les Terres du Milieu que nous convie Tolkien avec son Hobbit. Les descriptions du paysage traversé sont magnifiques, la nourriture avalée par nos héros (quand ils ne sont pas à court de provisions, ce qui arrive souvent) est alléchante et leur quête donne plutôt l'impression d'un bon bol d'air agrémenté d'un charmant pique-nique. Bien sûr, des gobelins et des trolls viennent gâcher les réjouissances. Mais c'est peut-être mieux comme cela. Bilbo le Hobbit ne serait peut-être pas entré dans la légende si Tolkien s'était contenté de nous décrire une petite promenade entre amis...

 

Lagaffe

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