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Harbour Street, Ann Cleeves

Edition : Pan MacMillan

Nombre de pages : 384

 

 

 

 

Résumé

Nous sommes dans le Northumberland à quelques jours de Noël.

Le sergent Joe Ashworth a assisté aux "Carols" de l'école de sa fille Jessie. Père et fille prennent ensuite le métro pour rentrer chez eux.

Les rames du métro sont bondés, tout le monde semblant s'être décidé à faire son shopping de Noël au même moment. Joe est agacé par la foule mais (sans doute grâce à ses réflexes de policier) observe la foule autour de lui. Il est notamment agacé par une bande d'adolescents qui se conduisent mal. Il remarque aussi une femme d'environ soixante-dix ans (septante pour mes compatriotes et moi ;-)) qui monte dans la rame et s'assied sur le dernier siège libre... où Joe voulait amener Jessie ! Agacé par cette femme, Joe remarque pourtant son élégance. L'inconnue ne fait pas son âge et est encore très belle.

Quelques minutes plus tard, une annonce est diffusée dans les rames de métro : les wagons ne peuvent plus circuler étant donné la neige qui s'accumule sur les voies. Un service de bus est mis à disposition des passagers, qui sont priés de descendre à la prochaine station.

Joe et Jessie sont parmi les derniers à descendre. Mais la jeune fille remarque qu'un passager est encore assis, une femme et, plus précisément, celle que son père a remarqué. Celle-ci semble s'être endormie et ne pas avoir entendu l'annonce. Jessie s'approche donc d'elle pour l'éveiller. Mais Margaret Krukowski n'est pas endormie : elle a été poignardée...

 

Commentaire

Vera Stanhope est une enquêtrice comme je les aime. Elle connaît son boulot et le fait bien. Mais elle fait également confiance à son instinct pour mener ses enquêtes.

Mais, pour ceux d'entre vous qui ne la connaîtrait pas encore, voici une petite description de cette D.I. (Detective Inspector) bourrue mais sympathique. Vera est petite et boulotte. Elle aime la malbouffe et l'alcool. Elle s'habille un peu n'importe comment, au grand désespoir de son sergent, Joe Ashworth (qui est lui-même très soigné). Gentille et compatissante avec les victimes, les pauvres et les plus faibles, Vera peut aussi être de mauvaise humeur... auquel cas Joe et Holly (cette dernière étant l'un des membres de l'équipe d'enquêteurs de Vera) n'ont qu'à bien se tenir ! 

Dans Harbour Street, Vera enquête donc sur le meurtre de Margaret Krukowski, une femme dont on sait peu de choses au début. Patiemment, Vera et son équipe vont donc fouiller le passé (plutôt trouble) de la victime, afin de comprendre qui a bien pu la tuer et, surtout, pourquoi.

Cette enquête va mener les policiers dans divers milieux : l'Eglise, une maison d'accueil pour femmes en détresse (notamment ex-prostituées ou ex-toxicomanes), une maison d'hôtes,... Vera se sent comme un poisson dans l'eau parmi ces gens : elle parvient à se "mettre au niveau" de tous, adoptant le bon ton, trouvant les bons mots avec tous ceux qu'elle interroge. On ne peut certes pas en dire autant de ses deux adjoints. Joe et Holly ont visiblement les dents longues et ont tendance à se considérer eux-mêmes comme "trop bien" pour certaines tâches que leur supérieure leur confie. Alors, Vera s'énerve, elle parle sèchement et râle. Certains le prennent mal mais tant pis pour eux. Vera est comme ça et c'est à prendre ou à laisser !

Mais Vera Stanhope n'est pas simplement un bon flic / une femme au fort caractère. C'est aussi un être humain, avec tout ce que cela comporte : des failles, des regrets et des souvenirs. La solitude de Margaret Krukowski, qui se révèle petit à petit aux enquêteurs fait réfléchir Vera, qui se rend compte que sa vie n'est pas plus remplie que celle de la victime. Elle aussi est seule, sans mari et sans enfants et ne comprend pas trop comment cela lui est arrivé. Sans doute parce qu'elle s'investit trop dans son travail...

L'ambiance de Harbour Street est presque intimiste par moments. On partage les réflexions des personnages, on découvre des pans entiers de leur passé. Certains passages font oublier le roman policier, car Ann Cleeves nous détaille tellement bien la vie de tous les jours (spécialement dans la maison d'hôtes) que l'on a presque l'impression de lire un sympathique conte de Noël. Car oui, l'ambiance de Noël est bien là elle aussi malgré l'enquête policière.

Pourtant, c'est bien un polar. Et un bon polar ! Si vous ne connaissez pas encore Vera, laissez-vous séduire.