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La mort est mon métier, Robert Merle

Edition : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 448

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi... "

 

Commentaire

Voilà un roman à la fois troublant et bouleversant. Sans être un coup de cœur (car le sujet est dur), il fait partie de ceux qui m'ont marquée.

Nous faisons la connaissance de Rudolf Lang en 1913, alors qu'il est âge de 13 ans. Le jeune garçon souhaite entrer dans l'armée, comme pas mal de ses ancêtres avant lui, mais son père a décidé qu'il devait devenir prêtre. Ni Rudolf ni sa mère n'osent s'opposer à cette décision. Car le père de Rudolf est un homme cruel, qui terrorise sa femme et ses trois enfants.

Durant l'entre-deux-guerres, Rudolf adhère au parti national-socialiste allemand. C'est donc tout naturellement qu'il devient SS et finit par rencontrer Himmler.

Himmler, séduit par la rigueur, l'obéissance et les capacités d'organisateur de Rudolf, le nomme chef des camps de concentration d'Auschwitz et Birkenau. Rudolf est ensuite chargé, dans le plus grand secret, de mettre au point la "solution finale"...

Je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi ce roman est bouleversant. Vu le sujet traité, vous comprendrez que cette lecture est parfois difficile, surtout vers la fin, lorsque Robert Merle décrit les étapes franchies par les SS dans leur recherches sur le gazage des Juifs.

Malgré l'inhumanité des SS, j'ai eu du mal à haïr Rudolf. Je m'attendais à le détester, à le trouver ignoble. Mais c'est impossible, parce que Robert Merle nous permet de connaître Rudolf depuis son plus jeune âge. Son enfance et sa jeunesse, si elles n'excusent certainement pas ses actes, permettent toutefois de les comprendre. Si Rudolf est devenu un SS hyper obéissant (au point d'obéir à n'importe quel ordre qui lui est donné), c'est à cause de l'éducation que lui a donné son père. D'ailleurs, au plus il vieillit, au plus Rudolf adopte certaines manies qui caractérisaient son père. C'est une preuve de plus que son éducation a marqué Rudolf et que, même s'il déteste son père, il ne parvient pas à se détacher tout à fait de ce qu'il a vécu étant petit.

C'est une sensation très déstabilisante d'avoir presque pitié d'un SS... Et pourtant, c'est un peu cela que l'on ressent quand on découvre les relations entre Rudolf et son père.

Le roman est parfaitement bien documenté sur le plan historique. Il est basé sur la vie de Rudolf Höss, le commandant du camp d'Auschwitz et sur les écrits d'un psychologue américain (Gustave Gilbert) qui a rencontré Höss durant le procès de Nuremberg.

Si vous aimez les romans historiques et que la Seconde Guerre mondiale vous intéresse particulièrement, n'hésitez plus et lisez ce roman. Mais armez-vous de courage, car certaines descriptions sont dures...