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Le Magasin des Suicides, Jean Teulé

Edition : Pocket

Nombre de pages : 157

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.. "

 

Commentaire

J'avais découvert ce roman il y a quelques années chez Niki, qui en avait apprécié l'humour noir (son très beau billet est ici).

Et, effectivement, le gros point fort de ce court roman, c'est son humour très noir. Au début, j'ai même craint un petit côté morbide mais il n'en est rien : Jean Teulé écrit magnifiquement bien, et sa plume fait des merveilles. 

En plus d'être rigoloLe Magasin des Suicides est aussi assez poétique. Et tout cela grâce à Alan, le plus jeune enfant du couple Tuvache. Car Alan a un gros défaut (du moins aux yeux de ses parents) : il est optimiste et toujours joyeux. Il chante, il accueille les clients en souriant et en leur disant bonjour. Et puis, il leur dit "au revoir", alors que chez les Tuvache, on dit "adieu" !

Vous imaginez donc le genre de quiproquos et de situations rocambolesques auxquelles on se retrouve confronté : un optimiste dans un magasin consacré au suicide, ça fait quelques dégâts.

D'ailleurs, en parlant du magasin, je dois avouer que l'imagination de l'auteur m'a bluffée : où a-t-il été chercher toutes ces "méthodes" de suicide ? Jean Teulé ne manque pas d'imagination et c'est vraiment amusant de lire l'inventaire des rayons du magasin et les noms parfois très poétiques des poisons.

Pour tenter ceux d'entre vous qui hésiteraient encore à découvrir ce beau roman (oui, oui : il est beau malgré son sujet qui peut sembler rébarbatif), lisez les quelques extraits que j'ai séléctionnés ci-dessous. Ils devraient achever de vous convaincre.

 

Extraits

" - Allô ? Ah, c'est vous, monsieur Tchang ! Bien sûr que je me souviens de vous : la corde, ce matin, c'est ça?... Vous ?... Vous vouliez nous ?... Je n'entends pas (le client doit appeler d'un portable). Nous inviter à votre enterrement ? Oh, c'est gentil ! Mais vous allez faire ça quand ? Ah, vous avez déjà la corde au cou ? Alors, aujourd'hui mardi, demain mercredi... donc la cérémonie aura lieu jeudi. Ne quittez pas, je demande à mon mari... "

" La vie est ce qu'elle est. Elle vaut ce qu'elle vaut ! Elle fait ce qu'elle peut elle aussi avec ses maladresses. Faut pas trop lui en demander non plus à la vie. "


" (Madame Tuvache s'adressant à Alan)
- Et puis cesse de chantonner (elle l'imite):
"Bon-zou-our!..." quand des gens arrivent. Il faut dire d'un air lugubre : "Mauvais jour, madame..." ou: "Je vous souhaite le grand soir, monsieur." Et surtout, ne souris plus! Tu veux faire fuir la clientèle ?... "

" On ne dit pas « au revoir » aux clients qui sortent de chez nous. On leur dit « adieu » puisqu'ils ne reviendront jamais. "

" Et puis, comme je dis toujours, on ne meurt qu'une fois, alors autant que ce soit un moment inoubliable. "