couv25340502

En caravane, Elizabeth von Arnim

102296414_o

Titre original : Caravaners

Edition : 10/18

Nombre de pages : 376

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Journal intime et fictif d'Otto von Ottringel, baron et officier prussien - qui, en ce début de XXe siècle, jette sur le reste du monde (les femmes, les étrangers, les pasteurs, bref, tout ce qui n'est pas de son " rang ") un regard condescendant -, ce roman raconte la randonnée burlesque que notre énergumène entreprend en roulotte à travers le Kent et le Sussex en compagnie de sa femme, d'un groupe d'autres Allemands et de quelques Anglais. Notre narrateur va en effet, sans même s'en rendre compte, transformer le périple de ses compagnons en un enfer quotidien mais - pour le plus vif plaisir du lecteur - absolument désopilant. En caravane relate un voyage bien réel que l'auteur effectua en 1906, en compagnie du romancier E.M. Forster et de son premier mari dont elle trace ici un mordant portrait ! "

 

Commentaire

Une fois de plus, Elizabeth von Arnim est parvenue à me séduire avec ce roman au charme très bohèmeLes personnages sont totalement amusants, malgré leurs petits défauts.

Le narrateur est Otto von Ottringel, officier prussien persuadé que des vacances dignes de ce nom doivent se dérouler en toute quiétude et, surtout, être empreintes d'ordre.

Malheureusement pour lui, fasciné par l'une de ses compatriotes dont la sœur a épousé un anglais, il perd tous ses moyens et se laisse embarquer, avec son épouse, dans un voyage en roulotte.

Dès le début du périple, Otto se montre peu coopératif : il critique tout et tout le monde, geint et se plaint à tout propos et s'esquive dès que possible dès que commencent les corvées de la vie en commun telles que préparer et servir le repas ou encore faire la vaisselle. Pour Otto, ces tâches sont réservées aux domestiques et aux femmes, pas aux officiers de l'armée prussienne.

Edelgard (l'épouse d'Otto), par contre, apprécie le voyage et commence même à se rebeller : elle porte les mêmes tenues que ces Allemandes qui ont renié leurs origines en épousant des Anglais et, comble de l'horreur, répond à Otto, chose qu'elle n'aurait jamais osé faire avant ces terribles vacances !

Otto regrette donc bien vite son impulsivité. D'autant que la météo se ligue contre nos amis : seuls quelques jours de beau temps rendent l'expérience de la roulotte agréable.

Ce qui est surtout très amusant dans ce roman, c'est que le narrateur ne se rend pas compte de son caractère épouvantable. Tout le monde le fuit, l'antipathie grandit de plus en plus à son égard, mais Otto reste persuadé qu'il est un homme parfait. Si le voyage est un échec retentissant, ce n'est pas de sa faute : c'est la bande de romanichels (pourtant des nobles anglais) qui l'accompagne qui est en tort !

Même si ce personnage est absolument tyrannique, le récit est savoureux à souhait ! Elizabeth von Arnim se moque des défauts d'Otto en les exagérant jusqu'à la caricature, pour notre plus grand plaisir.