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Brooklyn, Colm Tóibín

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Titre français : Brooklyn

Edition : Penguin Books

Nombre de pages : 256

 

 

 

Résumé

Eilis Lacey vit en Irlande, dans les années 50. A l'époque, la recherche d'emploi se révèle ardue et la jeune fille ne travaille que le dimanche. Même si Eilis semble s'en accommoder, sa soeur, Rose, souhaite lui trouver un autre emploi.
Par le biais d'un prêtre, Rose arrange le départ d'Eilis pour Brooklyn. Cette dernière n'a pas envie de partir, mais se plie à la volonté de sa soeur.

 

Commentaire

L'écriture de Colm Tóibín, simple et belle à la fois, m'a tout de suite plu. L'auteur nous fait tout de suite entrer dans le vif du sujet en nous décrivant tout d'abord la vie d'Eilis dans la petite ville d'Enniscorthy. On comprend bien vite que la famille Lacey n'a pas été épargnée par les difficultés et que les trois femmes de la famille qui vivent toujours en Irlande (Eilis, Rose et leur mère) doivent se serrer les coudes.

Très vite aussi, on constate qu'Eilis est assez passive face aux événements de sa vie. Elle ne semble jamais oser révéler ce qu'elle pense ou ce qu'elle souhaite, par peur de décevoir les autres ou de sembler irrationnelle. La jeune fille se retrouve donc, un peu contre son gré, sur un paquebot à destination de l'Amérique.

Eilis semble toutefois s'adapter relativement bien à ses nouvelles conditions de vie. Même si elle souffre fortement du mal du pays, elle s'intègre assez bien : elle a un emploi, suit des cours du soir et, surtout, rencontre Tony.

Les conditions de vie d'Eilis à Brooklyn s'améliore donc peu à peu. On la voit évoluer et mûrir, mais elle reste toutefois indécise et ne sait jamais comment réagir aux événements de la vie quotidienne. Eilis réfléchit beaucoup et aime analyser ce qui lui arrive pour tenter de savoir comment se comporter, mais elle donne l'impression de ne jamais réagir de façon adéquate. Elle hésite, réagit de façon inappropriée, se tait quand elle devrait parler... J'ai plusieurs fois eu pitié d'elle et j'ai trouvé que cette vie que d'autres choisissaient à sa place est assez cruelle. 

Malgré cette indécision, le personnage n'est pas antipathique : Eilis n'est pas l'une de ces héroïnes qui agacent, loin de là. Sa jeunesse et le fait qu'elle soit déracinée contre son gré de sa ville natale plaident pour elle et justifient ses défauts.

Un drame familial ramène Eilis à Enniscorthy et bouleverse la vie qu'elle a (péniblement) construit à Brooklyn. Cette partie du roman révèle à quel point la situation de la jeune fille est compliquée : elle n'est pas de Brooklyn, mais elle n'est plus tout à fait chez elle à Enniscorthy, où plusieurs de ses amies lui font remarquer à quel point elle est devenue sophistiquée. 

Et, une fois de plus, les autres semblent décider de la vie d'Eilis pour elle. Sa mère, en particulier, la mène apparemment par le bout du nez et souhaite organiser la vie de la jeune fille comme elle l'entend. Eilis se laisse faire parce que c'est plus facile mais, comme toujours, elle doute et réfléchit.

Eilis hésite : rentrera-t-elle à Brooklyn ou restera-t-elle en Irlande ? A vous de le découvrir !