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The Cider House Rules, John Irving

Titre français : L'oeuvre de Dieu, la part du diable

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Edition : Black Swan

Nombre de pages : 731

 

 

 

Résumé

Wilbur Larch dirige un orphelinat perdu dans une petite bourgade du Maine. Mais le fait que l'institution soit isolée arrange plutôt bien le Docteur Larch, qui s'y livre à des avortements, opérations interdites au début du XXe siècle.

Larch, qui se fait vieux, s'inquiète pour l'avenir de sa clinique. Mais, heureusement pour lui, Homer, un jeune orphelin, semble inadoptable. Larch décide donc d'apprendre à Homer tout ce qu'il sait : non seulement l'oeuvre de Dieu (l'accueil des orphelins), mais aussi la part du diable (les avortements).

 

Mon avis

John Irving fait partie de mes valeurs sûres, de ces auteurs vers lesquels je me tourne quand je ne sais plus quoi lire. Parce que je sais qu'il ne me décevra jamais (Stephen KingP.G. Wodehouse et J.R.R. Tolkien - entre autres - font partie du même "groupe" --> ai-je un faible pour les plumes masculines ?)

Après avoir lu A Little Life d'Hanya Yanagihara, je me suis trouvée désemparée lors du choix de ma lecture suivante. Et donc, tout naturellement, je me suis tournée vers un roman d'Irving. J'avais envie de lire celui-ci depuis des années, donc ça tombait plutôt bien.
Et j'ai bien choisi car, bien qu'assez long, ce roman est passionnant à lire.

On y retrouve tout le talent de John Irving pour mélanger les genres : on est ému par la situation des orphelins, on rit des remarques du Dr Larch, on est effrayé par la terrible Melony... Et surtout, l'auteur nous fait réfléchir sur un sujet sensible : le droit (ou non) à l'avortement. Car le Dr Larch ne fait pas que diriger un orphelinat : il pratique également des avortements à une époque où cette pratique médicale est encore illégale (l'histoire se déroule dans le Maine des années 40). 

John Irving présente les choses avec beaucoup de subtilité, finalement, car ses personnages sont partagés : certains estiment que l'avortement devrait être un droit, d'autres qu'il s'agit d'une abomination. Et entre les deux se trouve Homer Wells.

Cette manière de laisser le lecteur se faire sa propre opinion à propos d'un sujet sensible est quelque chose que j'apprécie beaucoup chez John Irving. Il ne nous impose pas son propre point de vue (après tout, il dit lui-même qu'il est un romancier et pas un théoricien), mais donne malgré tout de nombreux éléments sur un sujet, afin de nous permettre de nous forger notre propre opinion.

Bien sûr, L'oeuvre de Dieu, la part du diable traite aussi de bien d'autres sujets : l'amitié, la guerre, le traumatisme subi par les enfants abandonnés... Le tout avec beaucoup de délicatesse et d'humour, mélange très personnel à Irving. 

Si vous ne l'avez pas encore lu, lancez-vous : même si c'est un pavé, il est très passionnant et se lit assez vite.