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Journal

Katherine Mansfield

Editions Folio, 507 pages

 

Un extrait

" Le génie, au départ, consiste essentiellement à savoir accepter une discipline. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) Morte à trente-quatre ans, le 9 janvier 1923, Katherine Mansfield nous livre quinze ans d'une vie qui se veut toute pureté, sincérité, recherche de la Vérité. Cette quête de la vraie vie à travers l'art et l'amour, l'apprentissage de la douleur physique et morale, les difficultés d'un couple, paraît tout aussi frémissante aujourd'hui qu'hier, sinon plus. Un livre justement célèbre, et qu'on lit avec amour.

 

Mon avis

Confusion, exaltation, mélancolie.

Ce sont trois mots que je retiens pour résumer ce Journal et son contenu.

Katherine Mansfield voulait d'abord être musicienne, avant de souhaiter écrire. Et certains extraits du début de ce journal (notamment ceux concernant son voyage de quelques semaines avec son père, qui l'emmène camper dans les campagnes néo-zélandaises) sont comme des notes prises au vol, que la jeune fille aurait consignées « pour plus tard », comme matériau lui permettant d'élaborer un futur récit.

C'est donc un beau mélange des genres : Katherine y parle de ses rêves, de ses voyages, de ses sentiments, de ses lectures (elle note les extraits qui lui ont plu), de ses espoirs, de sa famille, de ses cours de musique, de ses rendez-vous. Et elle met son âme à nu dans ces pages : on y fait la connaissance d'une jeune adolescente exaltée, passionnée, qui souhaite à tout prix « vivre » (dans le sens le plus fort et le plus douloureux du terme). C'est presque comme si une prémonition l'avait saisie : sachant qu'elle va mourir jeune, l'adolescente veut tout connaître tant qu'elle en a le temps… Quand on connaît le destin de Katherine devenue adulte et morte à 34 ans, certains passages donnent un peu froid dans le dos. La fin du journal, en particulier, est assez triste, puisqu'elle a été rédigé durant les derniers jours de Katherine Mansfield.

J'ai beaucoup apprécié les notes qu'elle prenait à propos de ses lectures, les passages dans lesquels elle parle de ses influences littéraires, comme ce moment où elle diversifie ses centres d'intérêts et ne lis plus seulement Oscar Wilde : elle liste les auteurs qu'elle lit et qu'elle trouve importants pour se forger une certaine culture littéraire.

D'autres passages sont plus difficiles à lire car, à certains moments, Katherine est comme plongée à l'intérieur d'elle-même, sans que nous puissions accéder à ce qu'elle ressentait quand elle a jeté ses pensées sur le papier : il est alors très difficile d'entrer dans ce Journal et de suivre le déroulement des sentiments dont son auteur nous parle.

Enfin, d'autres pages encore, mettent franchement mal à l'aise. C'est notamment le cas lorsqu'elle parle de sa famille, au début du Journal : qu'une si jeune fille puisse ressentir tant de mépris (presque de haine) pour ses parents est un peu étonnant. Elle les trouve vulgaires et communs, parce qu'ils ne s'intéressent pas à la musique et à la littérature, comme elle ; elle leur en veut parce qu'ils la font revenir en Nouvelle-Zélande après un séjour à Londres, qu'elle a adoré. Et de ce fait, elle se sent comme une étrangère dans sa propre famille et utilise parfois des mots très durs pour parler de ses proches.

Malgré ces quelques passages difficiles, ce Journal était une bonne lecture : il montre la précocité et le talent d'une toute jeune fille qui deviendra une grande écrivaine.

 

Si vous appréciez Katherine Mansfield, n'hésitez pas a faire un tour sur le site de Tante Fi, qui connaît bien l'auteure et en parle merveilleusement bien. 

Voici le lien vers ses principaux billets consacrés à cette grande dame de la littérature :

Katherine Mansfield dans la lumière du Sud de Gisèle Bienne

Les nouvelles de Katherine Mansfield

Portraits de femmes de Pietro Citati

 

En bref

Le Journal de Katherine Mansfield est une vraie plongée dans l'intimité d'une jeune fille souhaitant écrire. Il illustre le parcours presque initiatique que cette jeune adolescente a dû suivre avant de devenir la romancière que l'on connaît.