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Le Père Noël ne devrait pas faire ça

Aldo Axel Da Cruz

Editions Librinova, 89 pages

 

Un extrait

" En effet, depuis l’origine du monde, je suis le bouc émissaire idéal du malheur des hommes sur terre. J’en ai marre et fatigué de ça. Les humains sont des êtres d’habitude. Ils devraient prendre leur part de responsabilité. Cela fait tellement longtemps que j’étudie l’homme que je le connais mieux que celui-ci ne se connait lui-même. Les humains ont des besoins donc demandent quelque chose. Moi, j’offre des solutions à vos besoins, c’est la loi du marché comme diraient les néolibéraux, n’est-ce-pas !

C’est trop facile de me faire porter toute la faute et tout le chapeau. Surtout qu’à chaque fois, l’homme avait le choix, il a toujours eu le choix. Mais sa vanité l’emporte, et il ne veut pas l’assumer. Jésus est le seul, l’unique que j’ai tenté et qui n’a pas succombé.

Pour preuve je l’ai laissé quand il m’a demandé de me retirer. Il avait le choix et j’ai respecté son choix. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) " Situé dans le plat pays des Hauts de France, Delajoie est un village paisible. Le mal ne semble pas y avoir prise. Jusqu’à ce soir du réveillon de Noël où le Père Noël fait une visite surprise à la famille de la vieille Osirace. La tentation et l’envie pénètrent dans le cœur de la famille : les membres de la famille ont quatre heures pour choisir entre l’honneur et la misère, le crime et la fortune. Le Père Noël désire vérifier scientifiquement cette théorie selon laquelle, lorsque l’être humain est tenté, il y a de fortes chances qu’il succombe. L’homme naît-il bon ou mauvais ? À travers les pensées des membres de la famille, c’est une plongée au plus profond des âmes, où tourbillonnent pulsions, frustrations, angoisses et rêves, qui nous est offerte… "

 

Mon avis

Chez Aldo Axel Da Cruz, le Père Noël est enrôlé par le Diable ! Et franchement, avec l’année 2020 que l’on vient de passer, on y croirait presque, n’est-ce pas ?

Le but de Luce (petit nom de Lucifer qui, pour l’occasion, se fait passer pour un renne), c’est de prouver que les humains sont des êtres faibles et sans volonté, qui ne peuvent pas résister à la tentation. C’est la raison pour laquelle il a accosté un homme qui a tout perdu (son entreprise, sa fortune, sa femme et ses filles), afin de lui proposer un marché : le retour à sa vie d’avant, à condition que l’individu prenne l’apparence du Père Noël et parte tenter une famille apparemment bien sous tous rapports.

Le Diable compte s’attaquer à la famille d’Osirace, vieille femme pieuse et vertueuse, qui considère que la famille est la chose la plus importante au monde. Pour faire tomber cette famille de son piédestal, Luce emploie une méthode très simple qui consiste à offrir à ses membres beaucoup d’argent. Si la famille veut garder les 33 kg de lingots d’or proposés par Luce, ils devront toutefois se plier à une exigence qui, en apparence, semble très simple (mais qui ne l’est pourtant pas) : l’un d’eux devra mourir.

Osirace, plus fine que ses enfants, ne se laisse pas prendre au piège et reconnaît tout de suite le Père Noël pour ce qu’il est. Mais sa progéniture, fascinée par la somme proposée, réfléchit sérieusement à la proposition et se lance dans des débats passionnés sur tous les rêves qu’une telle somme permettrait de réaliser. Il ne reste plus qu’à choisir une victime...

Voilà une lecture de saison pas comme les autres ! Très ironique et pleine de réflexions sur la condition humaine et les choix que chacun peut poser (grâce aux nombreuses références philosophiques placées de-ci de-là), le récit est, contrairement à toute attente, assez amusant à suivre, car on se demande jusqu’à la fin si la famille d’Osirace se laissera vraiment séduire par la proposition de Luce. Et si c’est le cas, qui sera la victime ?

Les discussions de la famille sont donc à la fois intéressantes et intrigantes, car elles permettent non seulement de comprendre les motivations de chacun, mais aussi de réaliser (en même temps qu’Osirace), que la famille « parfaite » a bien des défauts.

J’ai aimé le petit nom de Luce (mignon, pour un diable, non ?) Et j’ai aussi beaucoup apprécié les nombreuses références littéraires et philosophiques que l’auteur dissémine tout au long de son roman.

Et Aldo Axel Da Cruz nous fait d’ailleurs un beau cadeau de Noël à sa façon, puisqu’une liste des citations de son roman est disponible en postface (avec le nom des auteurs et tout ça). Inutile de préciser que ma wish-list va encore gonfler…

 

Un grand merci à Marie des Editions Librinova pour cette chouette découverte !

Si, comme moi, vous souhaitez vous mettre dans l'ambiance de Noël en lisant des livres de saison, ce roman très sympa est disponible par ici.

 

En bref

Si vous aimez Le Père Noël est une ordure et les livres, vous devriez, comme moi, apprécier Le Père Noël ne devrait pas faire ça, puisque l’histoire combine le même genre d’humour que le premier et de nombreuses citations extraites de romans et ouvrages tous plus tentants les uns que les autres. Voilà donc de quoi alimenter sa liste au Père Noël si celle-ci n’a pas encore été envoyée !

 

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