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L'oiseau bleu tombé du nid

Lily Hétet-Escalard

Editions Librinova, 169 pages

 

Un extrait

" Cette histoire commence à l’heure où les oiseaux se taisent. La lune claire brille entre deux nuages et de grands échassiers gris se posent en silence dans les prés alentour.Cette histoire commence à l’heure où les oiseaux se taisent. La lune claire brille entre deux nuages et de grands échassiers gris se posent en silence dans les prés alentour. "

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur) " Quatre amis, Louise, Jean, Marie et Antoine forment deux couples happés par la brutalité de la 2nde Guerre mondiale. Leur vie bascule à la disparition de l’un d’eux, et plus encore à la Libération…

Un demi-siècle plus tard, Victor, biologiste marin de renom ressent vers la cinquantaine le besoin de partir à la quête de ses racines. Enfant abandonné, il a été placé en Suisse comme 100000 autres. Percera-t-il le terrible secret de ses origines ?

L’histoire de cette famille normande tisse une fresque bouleversante entre combats, résistance, espoir et folie.

Dans L’Oiseau bleu tombé du nid, Lily Hétet-Escalard rend un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont connu l’horreur de la guerre à travers les voix oubliées de l’Histoire. Un roman déchirant, inspiré d’une histoire incroyable mais vraie. "

 

Mon avis

Peut-on d'abord prendre 5 secondes pour admirer cette magnifique couverture ?

C'est fait ? Bon, passons aux choses sérieuses.

L’oiseau bleu tombé du nid est une fiction historique inspirée de faits réels : l’incarcération, en Allemagne et en Sibérie, de Jean, l’arrière-grand-oncle de Lily Hétet-Escalard.

L’auteure connaît donc bien son sujet et parvient à le rendre particulièrement émouvant, à travers des personnages auquel on s’attache très rapidement.

La première partie du roman est consacrée à l’histoire de deux couples : Antoine et Marie d'un côté, Jean et Louise de l'autre. Antoine et Jean sont amis d’enfance, Marie et Louise sont sœurs. Ces quatre-là étaient faits pour se rencontrer.

Le roman commence le soir du débarquement de juin 1944. N’écoutant que son bon cœur, Marie accueille pour la nuit un soldat américain... pour le plus grand malheur de Louise. Antoine participe à des actions menées par la Résistance et n’est donc pas là pour protéger sa femme et sa belle-sœur. Quant à Jean, il a été fait prisonnier par les Allemands plusieurs mois auparavant.

A partir de cette entrée en matière et avec beaucoup de pudeur, Lily Hétet-Escalard dénonce toute la cruauté d’une époque. Celle des convenances sociales, forçant une future mère à abandonner l’enfant qu’elle aimerait tant voir grandir. Celle des systèmes concentrationnaires et des goulags russes. Celle des « adoptions » via les couvents qui, dans le cas de Victor et des siens, servait surtout à fournir une main-d’œuvre gratuite aux fermes suisses. L’enfance de Victor m’a un peu rappelé le film Philomena et le roman Ce genre de petites choses de Claire Keegan : tous deux évoquent le sort des enfants nés de filles-mères irlandaises et ôtés à leur maman à la naissance.

Ici, heureusement, le destin de Victor est plus heureux : grâce à l’aide de gens plus humains que ses tortionnaires, il devient biologiste marin et œuvre contre le changement climatique.

C’est sur l’histoire de Victor que se concentre la seconde partie du roman. Il nous conte son enfance malheureuse, ses succès scolaires et la recherche de ses parents biologiques.

C’est d’ailleurs cette histoire, et celle de Jean, qui m’a le plus touchée.

Sur leurs routes respectives, l’homme et le petit garçon vont croiser d’autres malheureux, parfois plus atteints qu’eux : Max, le médecin qui vient en aide à Jean, le petit garçon roux, attaché comme un chien avec une laisse autour du cou… Comment certains êtres humains peuvent-ils être aussi cruels avec leurs semblables ? C’est une question que je me pose souvent au cours de mes lectures, mais à laquelle je n’ai pas encore trouvé de réponse.

 

Un grand merci à Summer, des éditions Librinova, pour ce magnifique roman.

Pour le découvrir à votre tour, ça se passe par ici.

 

En bref

Beau, poignant, édifiant, L’oiseau bleu tombé du nid a tout pour plaire. Les difficultés rencontrées par les différents personnages ne doivent pas empêcher les plus sensibles des lecteurs de découvrir ce récit doux et sensible, aux personnages formidables. Car l’auteure ne tombe jamais dans le mélodrame : toujours, une note d’espoir vient s’infiltrer dans les passages les plus sombres et les plus tristes. Comme une preuve de la grande résilience dont ont fait preuve tous ceux qui ont connu les deux Guerres mondiales.