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Les Livres d'Aline
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1 mai 2012

L'élégance du hérisson, Muriel Barbery

couv42857339L'élégance du hérisson, Muriel Barbery

Edition: Gallimard

413 pages

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans, je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, ke me suiciderai."

 

Commentaire

Sensation douce-amère avec ce roman dont je n'ai pas vraiment compris l'objectif, à part peut-être nous abreuver de stéréotypes gratuits jusqu'à nous dégoûter de la race humaine. Les personnages sont de vrais clichés ambulants, à tel point qu'ils en deviennent grotesques et pathétiques.

Mais commençons par le commencement. Une des premières choses qui m'a énervée, ce sont les prénoms des filles Josse. Qui Muriel Barbery croit-elle ridiculiser en appelant celles-ci Colombe et Paloma? Les lecteurs ou les parents du duo? Si elle vise les lecteurs, avec moi, c'est râté: j'avais six ans quand j'ai appris que le mot espagnol paloma signifiait colombe en français!! Vingt-deux ans plus tard, le duo Colombe/Paloma a pour moi autant de subtilité qu'un duo Marie/Maria. Ce manque de finesse dans le choix des prénoms des personnages a tout de suite ruiné, en ce qui me concerne, les prétentions à l'intellectualisme du reste du texte: les beaux mots (car ils sont beaux, ça je le reconnais) et les références littéraires multiples ont été noyés par cet agacement ressenti dès les premières pages en entendant parler du duo de colombes.

Autre problème: le nombrilisme de cette Colombe bis (Paloma, donc) qui, parce qu'elle est surdouée, se considère comme la seule personne véritablement digne d'intérêt en ce bas-monde et a une très nette tendance à mépriser tout et tout le monde. Et malgré son Q.I. impressionnant, la gamine devrait sérieusement revoir certains de ses jugements: dans son genre, elle se montre aussi égoïste et élitiste que les gens qu'elle méprise.

De plus, je suis peut-être idéaliste, mais j'ai envie de croire à la bonté de l'être humain. Alors, lire plus de 400 pages où les gens se détestent les uns les autres, c'est dur! Surtout que les stéréotypes sont légion: les pauvres sont humbles et méprisés, les riches sont méchants et indifférents.

Les nombreuses tirades de Renée et Paloma sur l'Art, le Beau et l'Esthétique n'ont rien arrangé: ces passages sont souvent lourds et sans intérêt, surtout qu'ils sont aussi en complète opposition avec le reste du texte. Car, aussi bien Paloma que Renée méprisent le monde extérieur, les autres, la société. Or, sans société, pas d'Art! Cette discipline qu'elle porte aux nues est donc issu de cette société qu'elles abhorrent: où est la logique?

Tout le monde est malheureux dans ce roman, en particulier nos deux héroïnes, mais on a l'impression qu'elles le cherchent: en se mettant à l'écart de la société, en toisant tout le monde du haut de son piédestal, on s'isole et, à force de se sentir seul, on ne peut que devenir amer...

Au final, pourtant, Renée m'a moins agacée que l'horrible Paloma. La concierge m'a aussi semblée beaucoup plus intelligente: loin de se révolter continuellement, elle s'amuse, joue de son statut pour tromper son entourage et mieux se cacher. Renée, malgré les difficultés de sa vie, a trouvé une sorte d'équilibre, de sérénité.

En bref, le seul personnage que j'ai vraiment apprécié est Kakuro Oru. Le raffinement de ce japonais m'a fait l'effet d'une grande bouffée d'air frais au milieu de cette horrible société dépeinte par Barbery. Un second point positif, que j'ai déjà mentionné plus haut: les beaux mots. Le langage châtié utilisé par l'auteur apporte un grand sentiment de paix et de calme au milieu de certaines littératures actuelles, moins soigneuses au niveau du langage.

 

D'autres blogueuses vous en parle: Niki, Suzanne et Perrine.

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Commentaires
A
Je devrais peut-être le relire dans quelque temps... Je suppose que si quand on apprécie pas un livre, c'est parfois parce qu'on ne le lit pas au bon moment. <br /> <br /> <br /> <br /> En tout cas, je suis ravie qu'il t'ait plu. :-) C'est toujours agréable d'être séduit pas une histoire, surtout quand on l'a abandonnée plus tôt et qu'on la redécouvre par après.
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I
C'est l'inverse de mon côté : j'ai fini par beaucoup apprécier cette histoire et les personnages du roman. Mais le langage utilisé m'a quelque peu indisposée... au point de m'en faire abandonner la lecture une première fois quelques années plus tôt.
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A
J'ai écrit un commentaire tout à fait subjectif, tu sais ;-). Ce qui m'a surtout laissé une mauvaise impression, c'est la façon dont chaque personnage nourrit des préjugés à l'égard des autres.
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-
Tu mets un coup dur à ma belle impression de ce roman. Il faudra que je le relise, mais sur le moment, j'avais vraiment été enchantée par cette lecture...
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A
Tiens, je n'ai pas vu le film. Je devrais peut-être essayer. ;-)
Répondre
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