La ferme des animaux, George Orwell
La ferme des animaux, George Orwell
Titre original : Animal Farm
Edition : Gallimard
151 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" Un certain 21 juillet eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : " Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. "
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. "
Commentaire
Quelle belle initiative que cette révolte des animaux !
Malheureusement, ce qui avait si bien commencé va mal se terminer. Les cochons, fiers de leurs connaissances et capacités plus importantes que celles des autres animaux de la ferme, vont devenir jaloux de leur autorité. Napoléon, en particulier.
C'esr ainsi que ce cochon, très modéré au début du roman et donnant l'impression de lutter pour le bien commun, va peu à peu se transformer en vrai tyran. Il dresse des chiots afin que ceux-ci, une fois grands, deviennent ses féroces gardes du corps. Et, en lisant les scènes pendant lesquelles Napoléon circule parmi les autres animaux de la Ferme des animaux, entourés de ses fidèles molosses, on ne peut s'empêcher de penser à Hitler suivi par toute sa bande de cinglés...
Le but d'Orwell est donc clair : prouver que tout régime politique, même bien intentionné au départ, peut dériver vers le totalitarisme s'il n'est pas sérieusement contrôlé.
Et la gestion des cochons, en plus d'être totalement injuste envers les autres animaux, ne vaut pas mieux que celle des humains. Au fil de l'histoire, la manière dont les cochons dirigent la Ferme est de plus en plus proche de celle de l'ancien propriétaire : les cochons s'installent dans l'habitation et dorment dans des lits, ils consomment de la bière et du whisky, envoient les visux chevaux à l'équarissage. Et, bien entendu, ils vivent dans l'opulence, avec tout le confort moderne, tandis que les autres espèces d'animaux travaillent...
Vous l'aurez compris, La ferme des animaux, malgré quelques passages humoristiques, est un récit très cruel. A ne pas lire quand on est un peu déprimé, ce récit est tout de même une allégorie très réussie de la politique et de ses déviances.
Quelques extraits :
" L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui les surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n'ait que sa peau pour tout bien. "
" L'Homme ne connaît pas d'autres intérêts que les siens. "
" Les cochons, à vrai dire, ne travaillaient pas : ils distribuaient le travail et veillaient à sa bonne exécution. Avec leurs connaissances supérieures, il était naturel qu'ils prennent le commandement. "
" Ces scènes d'épouvante et ces massacres, ce n'était pas ce que nous avions appelé de nos voeux la nuit où Sage l'Ancien avait exalté en nous l'idée du soulèvement. Elle-même se fût-elle fait une image du futur, ç'aurait été celle d'une société d'animaux libérés de la faim et du fouet: ils auraient été tous égaux, chacun aurait travaillé suivant ses capacités, le fort protégeant le faible, comme elle avait protégé de sa patte la couvée de canetons, cette nuit-là où Sage l'Ancien avait prononcé son discours. Au lieu de quoi, elle n'aurait su dire comment c'était arrivé- des temps sont venus où personne n'ose parler franc, où partout grognent des chiens féroces, où l'on assiste à des exécutions de camarades dévorés à pleines dents après avoir avoué des crimes affreux. "
Baby Challenge classique : 7/20
