Le palanquin des larmes, Chow Ching Lie
Le palanquin des larmes, Chow Ching Lie
Edition : J'ai lu
384 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" Mariée de force lors de l'avènement de la Chine nouvelle, la jeune écolière Chow Ching Lie, choisie pour sa beauté exceptionnelle par la plus riche famille de Shanghai, monte à treize ans sur le palanquin fleuri qui la conduira dans sa belle-famille: pour elle, ce sera le palanquin des larmes.
Ecrasée sous la tutelle d'une belle-mère tyrannique, Chow Ching Lie arrivera quand même à devenir une pianiste internationale.
En même temps que son drame personnel elle nous fait vivre à travers ses yeux d'enfant, ses larmes de jeune mariée et ses joies de mère, les bouleversements d'une Chine ancestrale face à la révolution de Mao Tsé Toung. "
Commentaire
J'ai beaucoup apprécié Vent d'Est, vent d'Ouest, de Pearl Buck, pour le dépaysement total que j'ai ressenti en lisant ce roman. Plusieurs personnes m'ont alors conseillé de découvrir Le palanquin des larmes de Chow Ching Lie. Ma sœur l'ayant dans sa bibliothèque, cela tombait plutôt bien.
On est loin, avec ce récit autobiographique, de la douceur de Vent d'Est, vent d'Ouest. L'histoire de Ching Lie, c'est du drame à l'état pur.
A 13 ans, alors qu'elle est douée pour les études et souhaite devenir pianiste, Ching Lie voit sa vie basculer. Elle est mariée de force à un homme qu'elle ne connaît pas et se voit forcée de cohabiter avec une belle-mère qui entend la voir respecter à la lettre les coutumes chinoises, lesquelles ne sont pas tendres pour les belles-filles de l'époque. Plus qu'une bru, Ching Lie va devenir la domestique de sa belle-mère et devra accomplir l'entièreté des tâches ménagères qui lui sont attribuées avant de se rendre à l'école, où elle continue tant bien que mal sa scolarité, malgré la fatigue, les frustrations et les brimades.
Loin de ne parler que d'elle et de centrer le récit sur ses propres malheurs, la jeune femme nous raconte aussi la Chine, ses traditions, son histoire et, surtout, ses bouleversements. Elle analyse les grands événements politiques du pays et c'est ainsi que l'on comprend qu'à cinq mois près, plus personne n'aurait pu obliger Ching Lie à se marier... Car avec l'avènement de Mao, les femmes chinoises voient leur condition s'améliorer quelque peu. Le destin est parfois cruel.
Le courage de Ching Lie est ce qui m'a le plus marquée dans ce roman. Petit à petit, la toute jeune épouse apprend à aimer son mari. Elle semble s'habituer à sa nouvelle vie et finit par mieux comprendre sa terrifiante belle-mère. Ching Lie devient aussi maman très jeune et, pourtant, se débrouille parfaitement bien avec son bébé. Tout cela demande, sans conteste, une forte personnalité.
C'est donc pleine d'admiration pour cette femme au destin peu banal que j'ai refermé ce roman. Il fait définitivement partie des récits qui ont marqué mon parcours de lectrice.