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20 août 2014

Tragedy at Law, Cyril Hare

RO60062171Tragedy at Law, Cyril Hare

PEB2269

Edition : Faber and Faber

Nombre de pages : 289

 

 

 

 

Résumé

Le juge Barber commence son circuit de la High Court of Assize. Après quelques heures de présence seulement, des événements étranges commencent à se produire dans l’entourage du magistrat. Il reçoit des lettres anonymes, conduit en état d’ivresse et renverse un piéton (qui s’avère être un célèbre pianiste), reçoit des chocolats empoisonnés…

Lorsque Barber est assassiné après sa dernière audience aux Assises, plusieurs personnes sont soupçonnées. Parmi celles-ci se trouve Frank Pettigrew, un ancien rival de Barber. Lorsqu'ils étaient plus jeunes, les deux hommes étaient intéressés par la même femme, Hilda, mais cette dernière a choisi d’épouser Barber.

 

Commentaire

Mon édition, offerte par Niki, n’a pas un cadre rouge au niveau du titre : il est vert. Mais j’avoue que je n’avais pas envie de sortir l’appareil photo, de trouver un endroit suffisamment ensoleillé pour prendre la photo, de la transférer sur l’ordinateur, etc. Parmi mes souvenirs de vacances, j’ai ramené un rhume et cela me rend un peu fainéante.

Assez parlé de moi : Tragedy at Law est bien plus intéressant.

Cyril Hare était le nom de plume d’Alfred Alexander Gordon Clark. Ce dernier était lui-même magistrat, ce qui explique la qualité de Tragedy at Law.

J’ai adoré ce roman, qui fourmille de détails concernant la procédure. L’intrigue se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, et Cyril Hare y fait référence à plusieurs reprises. Etant donné les restrictions de l’époque (1942), même le barreau et la magistrature devaient parfois se passer du « décorum » déployé lors de leurs apparitions. Au début du roman, Barber se plaint d’ailleurs de l’absence des trompettistes qui accompagnent normalement son arrivée lorsqu’il s’apprête à siéger dans une ville.

La description de la procédure (et le vocabulaire juridique qui va avecuntitled, j'aime, j'aime !) n’est pas le seul point fort de Cyril Hare : ses personnages sont également excellents. J’ai bien aimé Pettigrew, cet avocat désabusé et au bord de la ruine étant donné son manque de clientèle. Et j’ai adoré détester Barber, ce bonhomme pompeux et hypocrite, qui profite des connaissances juridiques de son épouse (elle a elle-même étudié le droit mais n’a jamais pratiqué) pour renforcer sa position professionnelle. Barber est tellement vaniteux qu'il m'a, à plusieurs reprises, rappelé le Capitaine Mainwering de Dad's Army : tous deux profitent des connaissances des autres pour se faire valoir (ils sont du genre à vous dire « j’ai fait l’erreur exprès pour vérifier si vous alliez le remarquer ») mais Mainwaring est sans doute moins conscient de sa valeur personnelle.

Evidemment, on se doute bien qu'un tel homme va s'attirer des ennuis. Et les petits incidents qui se succèdent (Barber est responsable d'une accident de la circulation qui m'a semblé assez suspect, on lui envoie des lettres anonymes et des chocolats emposionnés) ne font que renforcer cette impression. Le destin du bonhomme n'est donc pas étonnant... (même si la catastrophe met beaucoup de temps à se produire => roman déconseillé à ceux qui recherchent de l'action et encore de l'action).

Par contre, en ce qui concerne l'enquête en elle-même, les choses se révèlent plus compliquées. Du moins pour moi qui suis et serai probablement toujours incapable de deviner l'identité du coupable dans un roman policier. Je n'ai sans doute pas assez joué au Cluedo quand j'étais petite (je préfèrais Trivial Pursuit et Abalone :-)).

Une dernière chose est à relever : l’humour, voire l’ironie dont l’auteur fait preuve à plus d’une reprise. Il n’hésite pas à ridiculiser plusieurs fois ces personnages, en particulier Barber (encore lui). Celui-ci se réfère plus d’une fois à ses illustres collègues et à la tradition qu’ils ont établie… alors qu’ils n’ont rien établi du tout : c’est Barber lui-même qui souhaite bénéficier de certains privilèges sans oser l’avouer. Vous voyez donc à quel point le bonhomme est vaniteux ? Mais la grande force de Hare c'est de ne jamais en faire trop : malgré ses mauvais côtés, le juge Barber n'est jamais profondément agaçants comme peuvent l'être certains personnages rendus ridicules par leur auteur. Avec Barber, on a plus tendance à rigoler qu'à s'énerver.

Ce mélange d’humour et d’enquête, de détails juridiques et de personnages hauts en couleurs est réellement parvenu à me séduire. Dorénavant, j’ouvrirai l’œil lors de mes virées en librairie / bouquinerie afin de trouver d’autres romans de Cyril Hare.

Merci Niki pour cette nouvelle découverte !

 

Le billet de Niki est ici.

Et si certains d'entre vous veulent en apprendre plus sur la Court of Assizes, voici une page qui est très bien faite (en anglais).

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Commentaires
L
Bonjour,<br /> <br /> <br /> <br /> Je découvre cet article - et ce blog - avec un peu de retard, mais je souscris entièrement à votre opinion! C'est vraiment regrettable que ce chef-d'oeuvre n'ait jamais été traduit en français, quoique sa structure un peu particulière l'explique sans doute en partie (les éditeurs aiment les polars "carrés" et un livre où le meurtre ne survient qu'au dernier tiers a dû les rebuter) Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire depuis d'autres livres de Hare, mais les deux publiés chez Rivages sont formidables, notamment "Meurtre à l'anglaise" et je vous les recommande de tout coeur ainsi qu'à vos lecteurs/lectrices.
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A
@Suzanne<br /> <br /> J'espère qu'il te plaira ! :-)
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S
Dès que je passe en librairie, je me le procure si il est en magasin sinon je le commanderai. Merci Aline
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M
Merci infiniment Aline ! Je viens de commander « Meurtre à l'anglaise ». Je t'en donnerai des nouvelles après lecture. Merci, merci. :)
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A
@ Marion<br /> <br /> Eh bien, apparemment, il n'a pas été traduit. J'ai trouvé cette page sur le site des éditions Payot et Rivages et elle ne contient que deux romans : http://www.payot-rivages.net/index.php?id=7&infosauteur=Hare%2C+Cyril<br /> <br /> <br /> <br /> Il a pourtant une bibliographie plus importante sur Wikipédia : <br /> <br /> Tenant for Death (1937)<br /> <br /> Death Is No Sportsman (1938)<br /> <br /> Suicide Excepted (1939)<br /> <br /> Tragedy at Law (1942)<br /> <br /> With a Bare Bodkin (1946)<br /> <br /> The Magic Bottle, a children's book (1946)<br /> <br /> When the Wind Blows (US title The Wind Blows Death, 1949)<br /> <br /> An English Murder (1951)<br /> <br /> The Yew Tree's Shade (US title Death Walks the Woods, 1954)<br /> <br /> The House of Warbeck, a play (1955)<br /> <br /> He Should Have Died Hereafter (US title and also title of some UK reprints Untimely Death, 1958)<br /> <br /> Best Detective Stories of Cyril Hare (US title Death among Friends, 1959, edited by Michael Gilbert)
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