Le monde de Sophie, Jostein Gaarder
Le monde de Sophie, Jostein Gaarder
Titre original : Sofies Verden
Edition : Seuil
Traduction : Hélène Hervieu et Martine Laffon
Nombre de pages : 557 pages
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie ?
Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. "
Commentaire
Ce résumé ne dit pas grand chose du roman, n'est-ce pas ? Je vous ajoute donc un court résumé personnel.
Sophie Amundsen est une jeune fille de 14 ans qui vit en Norvège avec ses parents (son père est toutefois souvent absent car il est marin). Un beau jour, en rentrant chez elle, Sophie trouve dans la boîte aux lettres une épaisse enveloppe jaune qui lui est adressée. Il s'agit d'un cours de philosophie à domicile entièrement gratuit que lui adresse un certain Alberto Knox.
Le Monde de Sophie a passé beaucoup de temps dans ma PAL. Nous en avions lu des passages en secondaire, lors de cours où nous avions parlé de certains philosophes. Comme j'avais aimé les passages découverts en classe, ma maman m'avait acheté le roman.
Malgré cela, je ne l'avais encore jamais lu en entier. Au fil des ans, j'ai lu certains passages ou chapitres, notamment ceux consacrés aux philosophes les plus connus (Aristote, Platon, etc.) et ceux utile pour les cours de philosophies que j'ai dû suivre dans le cadre de mes études. Heureusement, Jostein Gaarder s'est apparemment rendu compte que ses lecteurs agiraient sans doute de cette façon, et il a prévu un index très facile à utiliser : il reprend les noms des philosophes présentés dans Le Monde de Sophie et les "mots-clés" de la philosophie. Du coup, il est très facile de feuilleter quelques pages du livre et de le ranger, jusqu'à la prochaine fois où il se révèlera utile.
Mais, cette fois, j'ai estimé qu'il était temps de le lire "en entier". Et j'ai bien fait, car ce roman est extrêmement instructif.
Le Monde de Sophie expose de façon très claire les théories de nombreux philosophes. Tous les grands noms sont là : Aristote et Platon, donc, mais aussi Socrate, Nietzsche, Sartre, Descartes,... Et Jostein Gaarder parvient à nous expliquer les grandes idées de tout ce beau monde sans jamais être ennuyant ou moralisateur.
Par contre, l'auteur met aussi en place, dans Le Monde de Sophie, une intrigue assez compliquée entre son héroïne, Sophie, et une mystérieuse Hilde, qui semble liée à Sophie alors que cette dernière ne la connaît pas. Je n'ai pas vraiment réussi à accrocher à cette partie de l'histoire et j'avoue que je n'ai pas trop compris non plus ce que cela venait faire au milieu de la philosophie.
Malgré ce léger bémol, Le Monde de Sophie n'est absolument pas une déception. Bien au contraire : j'ai apprécié cette manière d'aborder la philosophie et certains chapitres m'ont donné envie de découvrir les oeuvres de plusieurs auteurs. Des lectures sérieuses en perspective, mais certainement très intéressantes.
Extraits
" Mais c'est à nous de donner du sens à notre propre vie. Exister, c'est créer sa propre existence."
" La seule qualité requise pour devenir un bon philosophe est de s'étonner. "
" On ne nait pas homme, on le devient. "
" Freud a prouvé en quelque sorte que tous les hommes sont artistes. Un rêve est en soi une petite œuvre d'art, et chaque nuit nous rêvons. "
" L'enfant est sans préjugés, qualité première d'un grand philosophe. Il perçoit le monde tel qu'il est sans idées a priori qui faussent notre vision d'adultes. "
" - Nous ne vivons pas seulement à notre époque. Nous portons toute notre histoire avec nous. Rappelle-toi que tout ce qui est ici dans cette pièce a été un jour flambant neuf. Cette pitoyable poupée en bois du XVème fut peut-être fabriquée pour les cinq ans d'une petite fille. Par son vieux grand-père peut-être... Puis elle eut dix ans, Sophie. Elle devint adulte et se maria. Peut-être eut-elle aussi une fille à qui elle donna la poupée à son tour. Elle vieillit et, un jour, mourut. Elle avait pourtant vécu objectivement une longue vie, mais elle finit quand même par mourir. Et elle ne reviendra jamais. Au fond, elle ne fit qu'une courte visite sur terre. Mais sa poupée... eh bien, elle est encore là sur l'étagère.
- Tout devient si déprimant et dramatique quand tu présentes les choses sous cet angle...
- Mais la vie est à la fois déprimante et dramatique. On nous laisse pénétrer dans un monde merveilleux, nous rencontrer et nous saluer, même faire un bout de chemin ensemble. Puis nous nous perdons de vue et disparaissons aussi brusquement que nous sommes venus la première fois. "