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Les Livres d'Aline
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28 août 2016

Souvenirs d'enfance, Marcel Pagnol

 

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Tome 1 : La gloire de mon père

Résumé (Présentation de l'éditeur) : " Marcel Pagnol raconte, en qualité de témoin, les personnages de son enfance et la vie dans la famille d'un instituteur d'Aubagne, qui va s'animer avec la location d'une bastide dans la garrigue de l'arrière-pays marseillais où ils vont passer les grandes vacances. Cette villa dont rêve Marcel depuis toujours se nommera la Bastide neuve, il y passera les plus beaux jours de sa vie.

On y voit comment le petit Marcel parvient à épanouir peu à peu sa personnalité, celle d’un fils aîné de Provence, passionné par la lecture et les aventures dans les collines, partagé entre son amour exclusif pour la belle couturière, éternelle jeune fille incarnée par Augustine, qui sera une mère tendre et discrète, et l’admiration pour son père, Joseph le maître d’école, anticlérical et anti-alcoolique, mais profondément humain. Il ne deviendra complètement son héros qu’en lui prouvant qu’il aime autant que lui ses chères collines, glorifié par un exploit de chasse. L’enfant se débat entre ses rêves et les découvertes parfois angoissantes de la réalité du monde où il vit : Les adultes peuvent aussi mentir...

Sentir qu’il est aimé et entouré, parvenir à être fier de ses parents et de lui-même est le défi même de cette belle et poignante histoire.... à la fois unique et universelle. "

 

CommentaireLa gloire de mon père est le premier tome d'une série dans laquelle Marcel Pagnol nous raconte (comme son nom l'indique) ses souvenirs d'enfance.

Et quels souvenirs ! On est immédiatement transportés au début du XXème siècle. Et même si la vie à cette époque ne devait pas être rose tous les jours, on ne peut s'empêcher de ressentir la grande douceur qui transparaît des pages de ce roman.

La plume de Pagnol est vive. Ses descriptions sont "colorées" et directes : il ne s’embarrasse pas de fioritures ou de métaphores inutiles et va droit au but (la preuve avec la description de l'une de ses maîtresses d'école, Mlle Guimard, que je vous poste ci-dessous). Avec, en plus, quelques touches d'humour, cela donne un récit très agréable à lire.

Les vacances du jeune Marcel et de sa famille à Aubagne sont des moments de pur bonheur, non seulement pour Marcel lui-même, mais aussi pour tous ceux qui lisent ce roman. Les jeux sans fin autour de la Bastide neuve, les cigales, le soleil... Pagnol nous décrit les bonheurs simples que peuvent ressentir tous les enfants et qui touchent encore les adultes nostalgiques de leur propre enfance.

 

Extraits"Mlle Guimard était très grande, avec une jolie petite moustache brune, et quand elle parlait, son nez remuait : pourtant je la trouvais laide, parce qu'elle était jaune comme un Chinois, et qu'elle avait de gros yeux bombés."

"Il faut dire qu'à cette époque, les microbes étaient tout neufs, puisque le grand Pasteur venait à peine de les inventer"

"Un parfum puissant s'éleva comme un nuage, et m'enveloppa tout entier. C'était une odeur inconnue, une odeur sombre et soutenue, qui s'épanouit dans ma tête et pénétra jusqu'à mon cœur. C'était le thym, qui pousse au gravier des garrigues. "

"De plus, je découvris ce jour-là que les grandes personnes savaient mentir aussi bien que moi, et il me sembla que je n'étais plus en sécurité parmi elles."

"Le thym, l'aspic, le romarin verdissant l'odeur dorée de la résine, dont les longues larmes immobiles brillaient dans l'ombre claire sur les écorces noires."

"Le plus étonnant, c'est qu'il ne s'appelait pas Jules. Son véritable prénom était Thomas. Mais ma chère tante ayant entendu dire que les gens de la campagne appelaient Thomas leur pot de chambre, avait décidé de l'appeler Jules, ce qui est encore beaucoup plus usité pour désigner le même objet."

 

 

Tome 2 : Le château de ma mère

Résumé (Présentation de l'éditeur) : " Le plus beau livre sur l'amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines. Marcel rencontre le petit paysan, Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées.

Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d'enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu'il considérait comme un diptyque, s'achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l'amitié avec le merveilleux Lili, sans doute le plus attachant de ses personnages. Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d'une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs. "

 

Commentaire : Ce deuxième tome des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol m'a plu tout autant que le premier.

On y retrouve la même douceur que dans La gloire de mon père. Et, en plus, Marcel y fait la connaissance de Lili, l'ami qui va lui apprendre à connaître la garrigue comme sa poche. De ce fait, les jolies descriptions ne manquent pas dans ce tome-ci également.

Mais les séjours de la famille Pagnol à la Bastide neuve ne sont pas aussi paisibles cette fois. Ainsi, le raccourci utilisé par la petite famille pour passer le weekend à Aubagne va se révéler être une bien mauvaise idée...

Le château de ma mère, comme son nom l'indique, est aussi l'occasion d'en apprendre plus sur Augustine, la mère de Marcel. Une jeune femme de santé fragile et vite effrayée, qui n'appréciera pas la mésaventure que j'ai évoquée ci-dessus en vous parlant du raccourci utilisé par les Pagnol... Malheureusement morte jeune, Augustine a fourni à son fils, par son destin tragique, une magnifique citation : "Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants."

 

Extraits :" Mais dans les bras d'un églantier, sous des grappes de roses blanches et de l'autre côté du temps, il y avait depuis des années une très jeune femme brune qui serrait toujours sur son coeur fragile les roses rouges du colonel. elle entendait les cris du garde, et le souffle rauque du chien. Blême, tremblante, et pour jamais inconsolable, elle ne savait pas qu'elle était chez son fils."

"Elle déclara qu'elle ne pouvait pas "monter à la villa", à cause du cousin Pierre, qui prenait une importance tout à fait injustifiée. Ce pompeur de biberons commençait à bavoter des sons informes, auxquels elle répondait de vraies paroles pour nous faire croire qu'il avait dit quelque chose. C'était un spectacle navrant.

De plus, devant ma mère émerveillée, elle retroussa les babines du petit animal, et nous montrant sur sa gencive un grain de riz, elle affirme que c'était une dent et qu'à cause de cette dent, elle craignait pour lui le froid, le vent, la pluie, l'humidité et surtout l'absence de Gaz."

"Dans les pays du centre et du nord de la France, dès les premiers jours de septembre, une petite brise un peu trop fraîche va soudain cueillir au passage une jolie feuille d'un jaune éclatant qui tourne et glisse et virevolte, aussi gracieuse qu'un oiseau.... Elle précède de bien peu la démission de la forêt, qui devient rousse, puis maigre et noire, car toutes les feuilles se sont envolées à la suite des hirondelles, quand l'automne a sonné dans sa trompette d'or."

 

 

Tome 3 : Le temps des secrets

Résumé (Présentation de l'éditeur) : " Marcel Pagnol grandit et poursuit de nouvelles vacances d’été dans les collines du Garlaban, ensuite ce sera le moment d’entrer au Grand Lycée de Marseille (le Lycée Thiers). Et entre cette rentrée de grand garçon et ce début des vacances, milles tracas, milles secrets vont venir émailler ces tendres moments à la Bastide Neuve.

Au fil des rencontres, Pagnol apprend avec fierté ce qu’est la vie, les amis, les chagrins. De cette période charnière après l’enfance inconsciente, "Le temps des secrets" donne les éléments de réflexion. "

 

Commentaire : Marcel grandit, effectivement. Et ce Temps des secrets porte bien son nom, puisque le jeune garçon commence à cacher certaines choses à son entourage. Marcel a rencontré une fille, Isabelle, et il en est très amoureux. Ses parents, pense-t-il, ne comprennent absolument pas ses sentiments. Alors, il leur dissimule certaines choses, notamment les jeux assez bizarres que la jeune fille met au point (Marcel étant son chien, il doit la suivre à quatre pattes).

Mais les affres de l'amour ne sont pas la seule préoccupation de Marcel. Le jeune garçon doit présenter l'examen des bourses afin de pouvoir intégrer le lycée. La fin des vacances marque donc la période des révisions intensives et des examens. Après tout, Joseph étant maître d'école, Marcel a intérêt à obtenir de beaux résultats lors de son examen...

La douceur est toujours au rendez-vous dans ce troisième tome, même si Marcel y est plus rebelle (sans doute à cause de l'adolescence qui se profile à l'horizon).

 

Extraits : " Dans le silence humide et tiède, sous la lumière couleur d'étain, au chuchotement de la pluie, le battement confidentiel de la pendule fabriquait patiemment nos minutes communes, et je sentais profondément la douceur de nous taire ensemble. "

" Je finis par conclure que l'amour qui rendait fou était une affaire de grandes personnes, et surtout de femmes. " 

" C'est ainsi que cette année-là, j' appris à fouler le blé noir sous l'antique rouleau de pierre creusé de rainures et traîné par le précieux mulet ; puis, du bout de la fourche en bois d'alisier, je lançai dans le vent la paille fatiguée : le grain nu grêlait à mes pieds, la paille retombait plus loin, et la balle légère s'envolait en longues traînées blanches à travers les branches des oliviers. "

 

 

Tome 4 : Le temps des amours

Résumé (Présentation de l'éditeur) : " C'est sans la moindre inquiétude, mais au contraire avec une véritable joie que je quittai la maison, un matin d'octobre, pour la rentrée au lycée, où j'étais admis en cinquième A2. Personne ne m'accompagnait : le cartable au dos, les mains dans les poches, je n'avais pas besoin de lever la tête pour regarder le nom des rues. Je n'allais pas vers une prison inconnue, pleine d'une foule d'étrangers : je marchais au contraire vers mille rendez-vous, vers d'autres garçons de mon âge, des couloirs familiers, une horloge amicale, des platanes et des secrets... Mon entrée dans la cour fut triomphale: je n'étais plus le « nouveau » dépaysé, immobile et solitaire, qui tourne la tête de tous côtés, à la recherche d'un sourire, et peut-être d'une amitié : je m'avançai dans ma blouse en loques et, aussitôt, agneau, Nelps et Vigilanti s'élancèrent vers moi en poussant des cris. "

 

Commentaire : Ce quatrième tome semble moins bien construit que les trois autres, plus brouillon. Mais c'est bien normal puisque, comme je l'ai appris en lisant les annexes, ce roman a été publié à titre posthume. Marcel Pagnol n'a pas eu le temps de le retoucher comme il l'a fait pour les autres.

Dans cet ultime volume, la famille Pagnol est moins présente. Marcel parle surtout du lycée et des amis qu'il fréquente. Il nous parle des diverses aventures vécues en compagnies des autres jeunes garçons, des disputes lors des récréations, des chahuts dans les classes et des heures d'étude.

Le récit est toujours aussi agréable : j'ai eu l'impression de lire une sorte de Petit Nicolas un peu désuet. Car Marcel, malgré ses bons résultats, n'est pas toujours sage !

 

Extraits : " La preuve que Dieu est ami des joueurs de boules, c'est que les feuilles des platanes sont proportionnées à la force du soleil. "

" Ce n'est que bien plus tard que je découvris l'effet le plus surprenant de ma nouvelle vie scolaire : ma famille, ma chère famille, n'était plus le centre de mon existence. "

" Les invités affluaient. Des jeunes filles anémiques, vêtues de rose tendre, suivies de mères énormes en toilettes de jeunes filles, avec des fleurs aux corsages ; des messieurs graves et ennuyés, gantés de beurre frais et surmontés de claques à dix reflets.
Des professeurs à lorgnon, de vieilles dames à réticules. Des directrices de lycée et d'écoles supérieures, si bien coiffées qu'elles n'osaient remuer. Des normaliennes au buste concave, enfin des lycéens, en assez grand nombre. Belloche, au ventre somptueux, Babeille, toujours souriant, Havet se répétant intérieurement les dates importantes du ministère Polignac, et enfin Peluque, méconnaissable avec des escarpins vernis, une cravate pareille à une bannière et un chapeau de paille aux vastes bords. "

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