Carrie, Stephen King
Carrie, Stephen King
Titre original : Carrie
Edition : J'ai lu
252 pages
Résumé
Carrie White est une jeune fille de seize ans peu ordinaire.
Elevée par une mère atteinte d'un fanatisme religieux hors du commun, Carrie a appris à devenir très discrète pour ne pas provoquer les fureurs de sa mère et pour éviter les moqueries de ses condisciples. Car, si l'ambiance à la maison n'est pas géniale à cause de sa mère, Carrie n'apprécie pas non plus ce qui lui arrive au lycée : avec ses vêtements démodés et sans forme, sa légère bigoterie héritée de son éducation par Mrs White et son mode de vie si étrange, Carrie est la tête de Turc toute trouvée.
Un jour, les brimades vont trop loin. Et Carrie redécouvre, à cette occasion, un pouvoir qu'elle possède depuis l'enfance mais qu'elle avait oublié : la télékinésie, pouvoir de déplacer des objets par la simple force de l'esprit. Carrie décide d'exercer ce pouvoir afin de le maîtriser le mieux possible et, qui sait, l'utiliser pour se défendre.
Lorsque le Bal de Printemps auquel elle assiste tourne une fois de plus à la moquerie collective dont elle est bien entendu la victime, Carrie décide de se venger de ces ados cruels qui la briment depuis si l'école primaire. Et le Bal de Printemps du lycée de Chamberlain tourne au carnage...
Commentaire
Carrie est le premier roman de Stephen King. Publié en 1974 aux Etats-Unis et traduit en français à partir de 1976, le roman n'a pourtant pris aucune ride. Le récit mêle l'histoire en tant que tel, racontée normalement par King, et des coupures de journaux (fictives) expliquant les causes de la destruction de Chamberlain. Cette écriture toute particulière permet de comprendre, dès le début ou presque, ce qui a provoqué la ruine d'une petite ville du Maine.
Carrie me fait un peu penser à Matilda, l'inoubliable héroïne de Roald Dahl. Comme la petite Verdebois, Carrie possède des pouvoirs de TK particulièrement puissants. Mais la ressemblance s'arrête malheureusement là : Carrie, c'est du Stephen King pur et dur. Alors que Matilda profite d'une vie agréable (et bien méritée) auprès de Miss Candy, Carrie n'aura pas la chance de voir sa vie s'améliorer.
Malgré une fin pessimiste au roman, certains éléments intéressants peuvent être soulignés. Carrie, cette jeune fille aux étranges pouvoirs fait partie des personnages les plus attachants de King. Etouffée entre une mère complètement cinglée et une vie scolaire des plus misérables, Carrie semble n'avoir aucune perspective d'avenir intéressante. On la plaint, et cette pitié que l'on ressent pour elle la rend humaine malgré ses pouvoirs. Petit à petit, alors que l'on en apprend plus sur la vie de Carrie, celle-ci devient sympathique. Comme le dit si bien Sue Snell, l'une de ses compagnes de classe qui regrette les brimades qu'elle a infligées à Carrie : " Personne ne s'est jamais demandé ce que c'était que d'être Carrie White 24 heures sur 24. "
Carrie supporte tout avec stoïcisme (ou presque) jusqu'au jour où... Ses digues mentales finissent par se briser, entraînant dans sa noyade personnelle la plupart des habitants de Chamberlain.
Quelques extraits :
" A la suite d'un drame qui a entrainé la mort de deux cent personnes et la destruction d'une ville entière, il est si facile d'oublier un simple détail : nous étions des enfants. Des enfants qui s'efforçaient de faire de leur mieux... "
" Son esprit avait... avait... elle cherchait le mot.
Avait... décollé... Pas exactement comme elle le souhaitait mais ce n'était pas loin. Une curieuse inflexion mentale s'était produite, une pulsation, un bref tressaillement, comme un frémissement de paupière.
Décolle. "
" Il avait dit qu'ils s'amuseraient bien, qu'il y veillerait. Eh bien elle aussi y veillerait. Les autres feraient bien de se tenir à carreau. Elle ne savait pas si son don particulier lui venait d'un Dieu de lumière ou d'un prince des ténèbres, et découvrant enfin qu'elle se souciait peu de connaître la réponse à cette question, elle se sentait envahie d'un immense soulagement, les épaules enfin libérées d'un fardeau qui l'écrasait depuis toujours. "
" C'est fou ce que les filles peuvent être garces quand elles s'y mettent, les garçons ne comprennent pas vraiment pas ça. Eux, tu comprends, ils asticotaient Carrie un moment et puis ils laissaient tomber, avec les filles..... ça n'arrêtait jamais et je ne me souviens même pas de l'époque où ça a pu commencer. "
