Lignes, Ryû Murakami
Lignes, Ryû Murakami
Titre original : Line
Edition : Philippe Picquier
Nombre de pages : 269
Résumé
(Présentation de l'éditeur)
" Que deviennent les hommes lorsque leur propre humanité a fini par déserter ? Victimes d'une solitude extrême, en proie à leurs pulsions violentes, les passants qui hantent Lignes s'entrecroisent, sans que leurs destins s'en trouvent modifiés ou enrichis. Tout au plus pourra-t-on remarquer une cicatrice de plus, un espoir déçu supplémentaire. La désincarnation est telle que Ryû Murakami rend la compassion presque impossible et bien que l'on soit assailli par la froide vacuité de ses personnages, la sympathie à leur égard n'est pas chose évidente. L'exposé n'en est que plus magistral, la stérilité du monde ici dépeint contamine la lecture, hésitant entre vertige et nausée. Lignes est un roman perturbant, car la violence machinale qu'il met en scène n'a ni vocation spectaculaire, ni visée moraliste. Aucune provocation de la part de l'auteur, dont la finesse et la fluidité narrative laissent s'écouler de la façon la plus naturelle possible cette nuit ordinaire à Tokyo. "
Commentaire
En ce moment, j'ai vraiment l'impression d'aller de déception en déception. Je choisis mal mes lectures, apparemment. Ou alors, je ne suis pas dans l'état d'esprit pour apprécier ce que je lis.
Lignes commençait pourtant bien. Ce n'est pas le genre de roman que j'ai l'habitude de lire. Déjà rien que le fait de se retrouver dans le Japon contemporain me dépaysait pas mal, car je ne lis que peu de livres dont l'action se déroule en Asie.
Les petits chapitres, se concentrant sur chacun des personnages étaient intéressants également. Cela faisait penser à un recueil de nouvelles, et j'aime beaucoup les nouvelles : ce genre de littérature me permet, comme me l'a appris Milly, de lire une nouvelle de temps en temps sans perdre le fil conducteur de l'ouvrage.
Alors, pourquoi cette déception ?
Pour trois raisons :
1) La cruauté envers les animaux. C'est quelque chose que je ne supporte absolument pas ;
2) La cruauté des personnages entre eux. L'auteur n'hésite pas à décrire des scènes de violence vraiment révoltantes et je ne comprends vraiment pas pourquoi certaines de ses "victimes" ne se sont pas défendues face à leur bourreaux. Cela aurait amené un certain équilibre au récit, mais Murakami fait l'inverse : il nous conte le mythe de David et Goliath sauf que, chez lui, c'est systématiquement Goliath qui l'emporte... ;
3) Par-dessus tout, la grande solitude de chacun des personnages est devenue presque déprimante vers la fin.
Je suis satisfaite d'être venue à bout de ce roman car, comme je l'ai dit plus haut, ce n'est pas un genre de littérature que j'ai l'habitude de lire. Et le fait de sortir de temps en temps de ma zone de confort ne peut pas me faire de mal ; je l'ai déjà fait et j'ai découvert des romans qui figurent aujourd'hui parmi mes préférés. Mais je ne recommanderais pas la lecture de ce roman.
La lecture est un loisir, elle est là pour nous faire passer de bons moments, voire pour nous permettre de nous interroger sur certaines facettes de notre existence. Elle n'est pas là pour nous déprimer ou nous dégoûter du genre humain.
