satrapeLe fils du satrape, Henri Troyat

Edition : Grasset

215 pages

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur)

" Le jeune Léon Tarassov a dû fuir avec sa famille la Russie déchirée par la révolution bolchévique. Dans le Paris des années vingt, pris entre un univers familial que hante encore le passé russe et un univers français où tout est à découvrir, le jeune émigré doit s'inventer une vie nouvelle.

Les parents s'échinent à gagner quatre sous; le frère devient un scientifique, la s?ur une danseuse. Avec son ami Nikita, Léon tente d'écrire un roman d'aventures, tout en découvrant, entre les bras de la belle-s?ur de Nikita, les troublants plaisirs du fox-trot... Comment achever un livre lorsqu'une existence chargée de contrastes le déborde à tout instant ?

C'est sa propre jeunesse que nous raconte ici, tour à tour amusé et ému, le romancier de Tant que la terre durera, le biographe de Baudelaire et de Raspoutine, de Nicolas II et de Maupassant. En évoquant les joies et les angoisses de ce gamin tiraillé entre de deux mondes, il nous donne quelques clés essentielles de son métier de romancier et, peut-être quelques leçons de vie à l'usage de tous. "

 

Commentaire

J'ai beaucoup aimé cette autobiographie d'Henri Troyat, d'autant plus qu'ils ‘agit d'un auteur que je connais mal. L'occasion de combler un manque dans sa culture est toujours intéressante, vous ne trouvez pas ?

Première surprise : apprendre qu'Henri Troyat n'est en fait qu'un pseudonyme pour un jeune homme né en Russie. Si je ne l'avais pas lu de la main de Troyat / Tarassov lui-même, je n'y aurais pas cru, tant Henri Troyat semble lié à la culture et à la langue française.

Les détails des difficultés de la famille m'ont également secouée. le dénuement et la misère de ces gens qui, chez eux, vivaient dans l'opulence, montre à quel point la vie d'immigré était dure à cette époque. Des personnes qui, en Russie, faisaient partie des classes sociale les plus hautes, se trouvaient réduites, une fois en France, à mendier un emploi à gauche ou à droite afin de permettre à leur famille de manger.

Le jeune Léon a heureusement trouvé un moyen de s'évader, pour quelques heures par semaine, de cette ambiance morose : l'écriture. le jeune garçon a déjà une jolie plume, il est doué pour les études et, avec l'un de ses anciens camarades, il se lance dans l'écriture d'un roman, intitulé Le fils du satrape. le scénario en est alambiqué, parfois trop pour Léon qui montre déjà un réel talent pour deviner ce qui plaira ou non aux lecteurs.

Il est en quelque sorte très ironique de constater que c'est ce roman d'enfance, resté pour toujours inachevé, qui va mener Léon vers la carrière d'écrivain. Qui aurait cru que ce récit commencé à quatre mains, mais abandonné après quelque temps, par manque d'enthousiasme de la part de Nikita (l'ami de Léon), donnerait naissance à l'un des plus célèbres écrivains français ?

Un beau moment d'émotion passé en compagnie d'un grand monsieur !

 

Une nouvelle fois, merci à Anne pour ce prêt.