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Nineteen Minutes, Jodi Picoult

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Edition : Pocket Books

Nombre de pages : 656

 

 

 

 

Résumé

(Présentation de l'éditeur, traduction personnelle)

" Sterling est une petite ville ordinaire du New Hampshire. Il ne s'y passe jamais rien, jusqu'au jour où un lycéen se rend à l'école avec un véritable arsenal dans son sac à dos et commence à tirer. Cet événement ne change pas seulement la vie des lycéens, mais celle de toute la ville.
La fille du juge chargée de siéger lors du procès du jeune homme est sans doute le meilleur témoin, mais elle est amnésique depuis la fusillade. Elle dit ne rien se rappeler de ce jour-là. Mais est-ce vrai ? "

 

Commentaire

Ce livre est terriblement poignant ! Surfant sur le sujet des adolescents harcelés par leurs condisciples, Jodi Picoult écrit un roman très réaliste et particulièrement déstabilisant.

Grâce aux flash-backs utilisés par l'auteure, on apprend à mieux connaître Peter Houghton, le jeune homme responsable de la fusillade du lycée de Sterling. Et, franchement, on finit par totalement comprendre son geste. Et je ne spoile rien en vous l'affirmant, car à la minute où on fait la connaissance de Peter, on comprend que sa motivation est sûrement liée à l'attitude des autres lycéens à son égard.

Depuis son entrée en maternelle, Peter a servi de souffre-douleur aux autres enfants de Sterling. En plus, comme c'est une petite ville, les familles se connaissent toutes et les enfants sont scolarisés dans les mêmes écoles depuis la maternelle jusqu'au lycée. Peter n'avait donc aucune chance d'échapper à ses bourreaux, qu'il a côtoyé pendant 12 ans au moment où il décide de les tuer.

Ce qui m'a le plus déstabilisée, c'est que je n'ai ressenti aucune pitié pour certaine des victimes de Peter. Je me suis attachée à ce dernier et le verdict du procès m'a tracassée jusqu'à la dernière page. Mais en ce qui concerne certaines des victimes de Peter (ceux qui se sont moqués de lui, en fait), je me suis juste dit "c'est bien fait". Comment plaindre un gars qui ne peut plus avoir de bourse sportive pour aller à l'université parce que son épaule a été endommagée par une balle alors qu'il a passé sa scolarité à terroriser Peter et d'autres élèves non populaires ? 

Je n'ai moi-même jamais été victime de harcèlement à l'école (heureusement) mais, depuis cette lecture, je comprends combien ceux qui le sont ou l'ont été peuvent en souffrir. Le clivage entre étudiants populaires et non populaires est tout à fait intenable à Sterling High : les populaires vont jusqu'à se rendre coupables d'actes totalement répréhensibles sur la personne des autres (Peter et d'autres garçons ayant été plusieurs fois enfermés dans leur casier).

Que dire des autres personnages ?

Et bien, moi qui suis une grande fan des magistrats et avocats dans les romans, pour une fois, j'ai détesté Alex Cormier, la juge (et mère de Josie, l'une des condisciples de Peter) qui devait normalement juger Peter. Elle m'a semblé réellement stupide. Quant à sa fille amnésique, je l'ai trouvée antipathique avant même que la fusillade éclate. Josie est nunuche et fait partie du petit groupe qui a fait de la vie de Peter un enfer : deux bonnes raisons pour qu'elle m'énerve !

J'espère que ce roman existe en français et que certains d'entre vous pourront le découvrir. Il vaut vraiment la peine d'être lu, mais préparez-vous à finir révoltés par certains passages : les injustices sont nombreuses au fil des 600 et quelques pages de ce roman.