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Prenez soin du chien

J.M. Erre

Editions Buchet/Chastel, 294 pages

 

 

Un extrait

" Et tout ce beau monde, par une secrète alchimie mêlant chaleur, fatigue et biture, se lança dans un concours fleuri d'improvisation poétique sur l'inépuisable thème de la mère prostituée. "

 

Résumé

(Présentation de l’éditeur) Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Fluche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne...

Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

 

Mon avis

C’est loufoque, totalement délirant, et j’ai adoré ! Entre deux lectures plus sérieuses, ce roman de J.M. Erre m’a fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais.

Max Corneloup et Eugène Fluche m’ont vraiment amusée : leur « relation » très particulière les pousse à s’épier l’un l’autre, persuadés qu’ils sont que leur vis-à-vis est un assassin sanguinaire. Et au final, les deux hommes finissent par réellement s’espionner. Leurs comportements respectifs les mènent à la limite de la paranoïa et c’est à ce moment-là que des cadavres apparaissent dans le récit… La suspicion qui, jusque-là, ne régnait qu’entre Fluche et Corneloup gagne alors tous les habitants des numéros 5 et 6 rue de la Doulce-Belette et donne lieu à des situations plus rocambolesques les unes que les autres.

Les personnages créés par J.M. Erre sont tous plus ou moins bons pour l’asile psychiatrique, ce qui ajoute encore un peu de piment à l’intrigue et de gaieté au récit en général.

L’histoire est tragique, mais toujours avec humour et légèreté : c’est savoureux et réjouissant !

Pour une fois, je suis parvenue à deviner l’identité du coupable (champagne ?), mais ses motivations sont restées mystérieuses jusqu’à la fin lorsque notre homme ou notre femme (je ne veux spoiler personne) se dévoile.

Ce mix du polar et du roman épistolaire me laissera donc un excellent souvenir : il fait partie des romans que je relirai avec plaisir.

 

C'est grâce à Niki que j'ai découvert J.M. Erre et ses oeuvre : son avis est ici.

 

En bref

Prenez soin du chien est un véritable ovni littéraire ! Mêlant de façon très parodique une intrigue policière, le style épistolaire et une fin digne des films noirs, ce roman rafraîchissant ne se prend jamais au sérieux mais reste pourtant efficace du point de vue du suspense. Cerises sur le gâteau, l’humour y est omniprésent et un chat mangeur de végétaux (comme mon Pablo) fait une courte apparition.