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Le Roman d'Oxford, Javier Marías

Titre original: Todas las almas

Edition: Gallimard

330 pages

 

Résumé

Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom, nous raconte les deux années académiques qu'il a passées à Oxford, où il a enseigné la littérature espagnole.

Le professeur s'ennuie dans cette ville qu'il trouve monotone. Il est aussi très intrigué par ses collègues, en particulier par Clare Bayes, dont il devient l'amant, sans toutefois connaître beaucoup de détails de la vie de cette femme.

 

Commentaire

Javier Marías me rappelle Marcel Proust, puisque tous deux maîtrisent la technique de la phrase longue de sept pages! Ce n'est pas spécialement déplaisant, mais le lecteur se perd parfois en route.

Le professeur est donc resté deux ans à Oxford. Le problème, c'est que le récit est tellement long qu'on a l'impression que le narrateur a réussi à piquer la pierre philosophale à Harry Potter afin de pouvoir séjourner 3947 ans dans la cité universitaire britannique!

Les différents protagonistes de l'histoire sont décrits d'une façon tout à fait particulière: l'auteur remplit des pages et des pages de description à leur sujet, sans toutefois parvenir à nous faire réellement connaître l'un d'eux (pas même le narrateur). C'est peut être un effet voulu, puisque le professeur se plaint justement de ne toujours pas connaître ses collègues au bout de deux années de séjour sur place.

Autre technique très employée: les expressions voilées. Ainsi, en parlant de l'enfance aux Indes de Clare Bayes, on préfère mentionner, en parlant de la nurse indienne de Clare, une "femme à la peau brune qui porte de longues robes très colorées". Ok, donc, Clare Bayes avait bien une nurse indienne et celle-ci portait un sari. C'est peut-être plus simple expliqué comme ça.

J'ai aussi l'impression que l'auteur tente d'étaler sa culture et la richesse de son vocabulaire. Sans être un génie, je pense avoir un vocabulaire assez large, mais j'ai pourtant eu parfois du mal à suivre. C'est comme si moi, par exemple, je me mettais à vous parler de "la puissance métaphysique du mensonge comme vérité allégoriquement philosophique illustrant la platitude de la race humaine en tant qu'espèce zoologiquement développée et qu'objet d'analyses scientifiquement épistémologiques". Ca ne veut rien dire et c'est barbant! La seule différence entre l'auteur et moi, c'est que ses phrases à lui veulent dire quelque chose. Mais elles sont tout aussi barbantes et le vocabulaire qu'il emploie a tendance à "larguer" le lecteur en route.

Evidemment, j'ai peut-être lu ce livre à un mauvais moment: en plein blocus de Pâques et, plus spécialement, après avoir fini un travail assez difficile en droit social (je voulais me détendre en lisant, c'est râté!). Autant dire que la métaphore comparant Cromer-Blake (un prof d'Oxford) à la figure paternelle et maternelle du narrateur, mais sans qu'il le soit tout à fait vu qu'il n'a pas connu ce narrateur quand il était enfant et ne peut donc remplir tout à fait ce double rôle de figure paternelle et maternelle... m'a agacée et fatiguée.

Si vous souhaitez le lire, accrochez-vous. Et tâchez aussi de le lire à un moment où vous êtes calme et reposé!