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Monsieur Kraft ou la théorie du pire, Jonas Lüscher

Titre original : Kraft

Edition : Autrement

Nombre de pages : 272

 

 

 

Résumé

(Quatrième de couverture)

« Kraft contemple la Silicon Valley, cette vallée mystique, lieux de culte étranges où naissent les créatures digitales. »

Richard Kraft, professeur de rhétorique allemand, malheureux en mariage et financièrement aux abois, est invité à participer à un concours de philosophie organisé dans la Silicon Valley. Sujet : prouver que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, grâce à la technologie. Kraft hésite, mais le prix est doté d'un million de dollars...

Le voici donc qui s'envole pour le pays des start-up, des apps et des millionnaires excentriques. Plus qu'un nouveau monde, c'est une révolution intérieure qui l'attend.

Après Le Printemps des barbares, ce nouveau roman aussi drôle que grinçant confirme le talent de Jonas Lüscher. "

 

Mon avis

Quelle surprise que ce roman de la rentrée littéraire 2017 !

Tout est bien qui commence bien, même si Richard Kraft ne semble pas mener une vie idéale. Sa vie conjugale est compliquée et sa situation financière n'est pas brillante : le professeur Kraft assume en effet deux ménages et quatre enfants en tout, puisqu'il est divorcé et remarié. Tout son salaire y passe ! Aussi n'hésite-t-il pas longtemps lorsque l'un de ses ami lui propose une participation à un concours organisé par un mécène de la Silicon Valley. Le million de dollars promis au vainqueur de ce concours fait rêver Kraft et son épouse Heike : avec une telle somme, chacun sera libre de partir vivre sa vie de son côté en oubliant ce mariage raté qui est le leur.

Mais notre (anti-)héros déchante bien vite, car le sujet du concours ("Tout ce qui est, est bien") ne le passionne pas vraiment. 

Il faut bien avouer que Kraft est à la fois pessimiste et malchanceux, deux traits de caractère qui ne le poussent pas vraiment à être d'accord avec la proposition de base du concours... Comment tout ce qui est pourrait être bien, étant donné le cours qu'a pris son existence ?

De mésaventure en quiproquo, Kraft s'emmêle de plus en plus les pinceaux et ne parvient pas à rédiger l'exposé qui fera de lui un millionnaire en dollars. Il n'ose plus répondre aux coups de téléphones de Heike, restée en Allemagne, et s'appesantit sur son passé, tentant de comprendre pourquoi il bloque sur une proposition de départ aussi simple que celle proposée par l'organisateur du concours.

Jonas Lüscher nous décrit, dans ce roman, des personnages très humains, qui rencontrent des problèmes de tous les jours. Et, après une longue plongée dans de la fantasy (je sortais de ma lecture des Cités des Anciens de Robin Hobb lorsque j'ai découvert ce roman), j'ai trouvé agréable de renouer avec une histoire plus terre-à-terre.

De plus, l'ironie et l'humour noir sont au rendez-vous, ce qui n'était pas pour me déplaire. J'ai retrouvé, chez Lüscher, un petit peu de ce mordant que j'avais déjà rencontré dans Quelle famille de Will Sharpe (encore une lecture dont je dois vous parler).

Du fait de ce côté assez humoristique, la fin du roman m'a totalement prise par surprise. Avec Kraft, je m'attendais à tout... sauf à ça ! 

Un grand merci à Babelio et aux Editions Autrement pour cette découverte.

 

Pour découvrir ce roman, c'est par ici.

 

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