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A tous les râteliers

Giorgio Scerbanenco

Editions 10/18, 253 pages

 

Un extrait

" Un médecin, c’est le policier du corps, la maladie, c’est presque toujours un criminel à découvrir, à suivre pas à pas. Tu as pu être un bon médecin parce que tu es un policier comme ton père. "

 

Résumé

Duca Lamberti est un ancien médecin, radié de l'Ordre pour avoir euthanasié l'une de ses patientes. Sorti de prison, il se retrouve sans emploi et désoeuvré.

Le père de Lamberti était policier : l'ancien médecin a donc des contacts avec les services de police milanais. Ceux-ci vont lui être bien utiles lorsqu'il se retrouve plongé dans une affaire assez douteuse, à l'occasion de laquelle un homme lui propose sa réintégration dans l'Ordre des médecins contre une hyménoplastie pratiquée sur une jeune femme devant se marier.

 

Mon avis

A tous les râteliers est un « vieux » polar, écrit en 1966. Pourtant, à la lecture, à part quelques détails (comme l'absence de téléphones portables), on pourrait presque se croire dans le Milan d'aujourd'hui.

Duca Lamberti se retrouve aux prises avec une bande organisée, spécialisée dans des trafics divers. L'ex-médecin va très vite se prendre au jeu et commencer à se poser des questions sur son propre avenir : si on lui donne l'occasion de réintégrer l'Ordre des médecins, que fera-t-il ? Veut-il réellement redevenir médecin, ou préférerait-il marcher dans les traces de son père et intégrer les services de police ? Ce polar propose donc plus qu'une enquête policière, puisqu'on suit un personnage principal très caustique, qui porte un regard assez ironique (presque désabusé) sur sa propre vie et sur son pays.

Les personnages créés par Scerbanenco sont tous très hauts en couleurs, même si l'auteur n'est pas spécialement tendre avec les femmes. Seule Susanna semble trouver grâce à ses yeux, peut-être parce qu'elle est Américaine et non Italienne. Toutes les autres sont soit vieilles avant l'âge, soit extrêmement vulgaires. Ce n'est pas trop choquant, pourtant, car étant donné le milieu dans lequel évoluent ces femmes, on comprend pourquoi l'auteur les dépeint de la sorte.

Nous suivons, à travers les 250 et quelques pages de ce polar, trois histoires de vengeance liées entre elles. Le tout donne un récit très intelligent, dans lequel tout se joue dès la Seconde guerre mondiale…

 

En bref

A tous les râteliers est un polar assez noir et aussi très graphique, avec de belles descriptions de l'atmosphère milanaise et de moins beaux passages, où les détails des crimes commis ne nous sont pas épargnés. Le récit est très réaliste et bien écrit et l'enquêteur peu banal de Scerbanenco est très intéressant à suivre.

 

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